‹ De l'endocardite maligne pneumococciqueChapitre 14 sur 21 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Du point de vue de l’anatomie pathologique, il n'existe pas de différences essentielles entre l’endocardite pneumococcique et les autres endocardites malignes. Cependant deux faits sont à remarquer : 1° le caractère des lésions; 2° leur localisation.

1° LES LÉSIONs. — Macroscopiquement, les lésions typiques sont très étendues, formant souvent de grosses masses pouvant avoir deux centimètres et plus de hauteur, un centimètre de diamètre à la base. Souvent elles sont pédiculées, en chou-fleur, et leur volume comme leur forme les a fait décrire, parfois, sous le nom de polypes du cœur, de corps cystoïdes, de concrétions globuleuses. Elles sont généralement de couleur grise, parfois rosée ou jaunâtre, de consistance légèrement molle, assez friables, plutôt denses. Les valvules qui en sont le siège peuvent être complèetement détruites.

À l'examen histologique on reconnaît les lésions ordinaires de l’endocardite végétante : le tissu valvulaire est désorganisé, l’endothélium disparu par places, le tissu sous-endothélial est infiltré de lymphocytes, par places de polynucléaires et néo-formations vasculaires. Le tissu conjonctif valvulaire est en dégéné-

rescence hyaline. En surface on trouve des bourgeons fibrino-leucocytaires souvent en voie d’organisation fibreuse et parfois entre eux des ulcérations avec détritus fibrinoïdes et leucocytaires.

Enfin, très souvent on peut y décéler des diplocoques encapsulés, prenant le Gram, du type pneumocoque et dans nos deux observations personnelles, ceux-ci fourmillaient littéralement.

2° LEUR SIÈGE. — Comme le gonocoque, le pneumocoque présente une certaine affinité pour le côté droit du cœur.

Or il est de notoriété courante que dans les endocardites malignes infectieuses, considérées en général, la prédominance des lésions du cœur gauche est plus que considérable : ainsi Osler sur 200 cas trouve ces lésions dans 176, soit 88 fois pour cent ; Jochmann sur 22 cas dans 19, soit 86 fois pour cent ; Lenhartz établit que le côté gauche du cœur est touché dans 86 % des cas, le cœur droit 12 %, les deux côtés à la fois 2 %.

Déjà M. Netter, tout en affirmant l’immunité relative du cœur droit vis-à-vis du pneumocoque, reconnaissait la plus grande fréquence des lésions de ce côté qu’il relève dans 1/6 au lieu de 1/19 des cas. Preble retrouve la même proportion. Mais Locke affirme que le pneumocoque ne touche pas plus souvent le cœur droit que les autres germes.

Personnellement sur les 36 observations dont nous

faisons état nous relevons :

23 fois des lésions du cœur gauche (soit 62 %) ;

10 fois des lésions du cœur droit (soit 30 %)

3 fois des lésions des deux cœurs (soit 8 %).

Le tableau suivant montre d’ailleurs mieux encore

le siège par rapport aux valvules :

Cœur gaucke :

Valvuleeniirale eee 11 fois Valvulé AOFTQUER EE 7 fois Valvules aortique

et mitrale (ensemble) .... 4 fois Undefended space . . ........ 1 fois

Cœur droit :

NaIVUIeNTIeUSDI de ee 10 fois Valvule pulmonaire ........ O0 fois

Cœur droit et gauche :

Valvules aortique, mitrale, tricuspide (ensemble) LT Ie Re

Valvules tricuspide et aortique (ensemble) EM RS RS EE OR ONE

Valvules aortique et pulmonaire (ensembless ses Sa es

23 fois

10 fois

Page 1