DIAGNOSTIC
Le diagnostic de l’endocardite pneumococcique est loin d’être toujours aisé ; sauf les cas rares où se produisent des embolies, les signes essentiels sont fournis par les modifications qu’on observe au niveau du cœur grâce à une auscultation fréquente et minutieuse, et surtout par l’hémoculture.
L'hémoculture fournit en effet un indice capital : elle affirme la nature pneumococcique de la septicémie, les constatations cliniques permettant de poser le diagnostic probable de l’endocardite, la certitude n’en étant fournie en fin de compte que par l’autopsie.
Nous nous permettrons de rappeler que le pneumocoque est, on le sait, très difficile à cultiver et à conserver dans les milieux usuels : son milieu d’élection est le bouillon T, de Nicolle, Truche et Cotoni, eau peptonée, salée et glucosée, de préparation facile ; l'ensemencement du sang prélevé aseptiquement (15 à 20 cm) devra se faire dans un grand volume de bouillon T préalablement porté à 37° (150 cm par exemple). Mis à l’étuve à 37° qui est la température optima du pneumocoque, on observe rapidement (24 heures) un trouble plus ou moins dense du bouillon.
Si nous insistons à ce point sur l’hémoculture, c’est que nous la considérons comme capitale au point de
vue du diagnostic : elle s’est montrée, en effet, constamment positive (sauf dans 2 cas), dans tous les cas que nous rapportons.
En résumé, le diagnostic sera basé, d’une part sur la notion d’un épisode pulmonaire aigu antérieur, d’autre part sur la constatation d’une septicémie que l’hémoculture révèlera à pneumocoques, aux symptômes de laquelle viendront se surajouter des signes physiques, variables, manifestations soit de l’endocardite elle-même (souffle systolique, et surtout souffle diastolique), soit d’une de ses complications (méningite, embolies).