‹ De l'Enophtalmos TraumatiqueChapitre 3 sur 20 · AGRÉGÉS EN EXERCICE · texte numérisé non relu

AGRÉGÉS EN EXERCICE

MM. GüÉRIN, ÎÏ &x. MM. ZILGIEN. MM. JAcQuEs.

HAUSIALTER, À #à. GuiLoz, À {. LAMBERT.

FÉVRIER, K, À 4. FROELICH, À 4. ANDRE.

ETIENNE SCIIUHL, À 4}. BOGIN.

AGRÈGÉS LIBRES : MM SCHLAGDENHAUFFEN, e, | © RonMER, [4 V'AUTRIN, AO REMMANES PO PARISOT NE:

M. F.. LAMBERT DES CILLEULS $, À &, Secrétaire.

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La Facullé a arrêté que les opinions émises dans les dissertations qui lui sont présentées doivent étre considérées comme propres à leurs auteurs, el qu'elle entend niles approuver ni les improuver.

Introduction

Au début de nos études médicales, nous eûmes l’occasion d'observer, dans le service de M. le professeur agrégé Rohmer, un jeune homme atteint d’énophtalmos traumatique. Ce cas nous intéressa vivement alors, et lorsqu'en janvier dernier notre Maître nous le proposa comme sujet de thèse, nous acceptâmes avec grand plaisir. La question n'avait pas encore été traitée, et les quelques ophtalmologistes qui avaient observé des cas d'énophtalmos s'étaient contentés de les rapporter sans les étudier plus à fond.

Nous avons entrepris sur les conseils de notre Maître quelques expériences physiologiques et essayé dans la faible mesure de nos moyens d’élucider la véritable pathogénie de l'énophtalmos et le traitement rationnel qui lui convient.

Mais, avant d'aborder le sujet même de notre thèse, nous tenons à nous acquitter, partiellement au moins, de la grande dette de reconnaissance que nous avons contractée envers nos Maîtres de la Faculté.

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Nos premiers remerciements iront à M. le professeur Weiss, qui nous fait aujourd’hui le grand honneur de présider notre thèse. Si, durant plus de trois années, nous avons mis à profit les riches trésors de son enseignement privé, nous avons reçu de lui, à sa clinique, de telles marques de sympathie, que nous en garderons toujours un souvenir ému.

M. le professeur agrégé Rohmer s'est montré pour nous d’uneextrème bienveillance. Après nous avoir inspiré l’idée de notre travail, il ne nous a ménagé ni ses avis, ni ses encouragements ; aussi est-ce un devoir bien doux que nous remplissons, en lui exprimant ici notre plus vive gratitude.

Nous n’oublierons pas les savantes leçons de M. le professeur Bernheim, l'éminent elinicien qui fut notre premier maître et dont la si suggestive méthode laissera toujours en nous les traces les plus profondes.

Qu'il nous soit permis d'exprimer notre respectueuse reconnaissance à MM. les professeurs Gross et Spillmann pour l'intérêt qu'ils nous ont constamment témoigné, et à MM. les professeurs Herrgott, Guilloz et Zilgien pour la bienveillance avec laquelle ils ont accueillis comme externe dans leurs services.

M. le professeur Meyer a bien voulu nous faciliter la partie physiologique de notre travail, en nousouvrant toutes grandes les portes de son laboraloire, en nous aidant même de ses précieux conseils ; nous ne saurions trop l'en remercier.

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M. le professeur agrégé Février a été pour nous plus qu'un maître. Lors d'un grave accident, il nous à prodigué ses soins affectueux, et depuis il n'a cessé de nous donner des marques de sympathie. Qu'il veuille bien croire à notre entier dévouement.

Nos plus sincères mercis à MM. les professeurs Schmitt, Nicolas, Haushalter, Schuhl près desquels nous avons toujours trouvé le plus aimable accueil.

MM. les docteurs Viller, Génot, Bouchon nous ont gracieusement reçu, dès le début de nos études, dans leur clinique de lhôpital de Toul. Nous sommes très heureux de trouver ici l’occasion d'affirmer tout ce que nous leur devons.

Nous adressons également nos vifs remerciements à M. le professeur Darier, de Paris, qui a eu la grande obligeance de nous communiquer quelques observations.

Remercions aussi les docteurs Stanichewsky, R. Engel, et Schæchter qui avec leur complaisance bien connue et leur grande connaissance des langues étrangères nous ont facilité les traductions. |

M. des Cilleuls, secrétaire de la Faculté, a toujours été d’un bien vouloir charmant, en particulier lorsqu'il s’est agi de nous préciser le prosramme des examens du nouveau régime d’études que nous inaugurions avec notre cher camarade le docteur Aubry, seul survivant de notre première année.

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Le meilleur souvenir à nos bons amis ; aucune expression ne saurait rendre ici les sentiments que nous éprouvons pour eux.

Définition — Division du Sujet

L'énophtalmos est comme son nom l'indique l'enfoncement du globe oculaire dans l'orbite. Cet enfoncement peut être spontané où traumatique. Nous nous attachsrons exclusivement dans ce travail à décrire l’enfoncement produit par un traumatisme. EF par traumatisme nous voulons désigner non pas le traumatisme volontaire que produit le chirurgien en ouvrant un phlegmon rétrobulbaire ou en enlevant une tumeur de l’orbite ce qui amène consécutivement un énophtalmos cicatriciel, mais le traumatisme produit par une chute ou un coup intéressant la région de l'orbite.

Cette lésion toute particulière semble au premier abord assez rare, mais si l’on en juge par les publications de ces dernières années, elle serait assez fréquente comparativement à l’énophtalmos spontanée.

Après avoir recherché dans la littérature les observations qui ont trait à l’'énophtalmos traumatique, nous en étudierons les différentes parti-

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cularités au point de vue étiologique ; puis nous essaierons de les grouper suivant les symptômes dominants qui accompagnent la légion principale : l’énophtalmie.

Cette classification a son importance car bien des auteurs n’admettent pas comme digne de ce nom toute énophtalmie traumatique qui s'accompagne de luxation dans le plan vertical ; tandis que pour d’autres l’abaissement de l'œil dans l’antre d'Hyghmore par exemple est considéré comme rentrant dans la définition générale de l'énophtalmos. Nous tâcherons, d’assigner une limite, assez étendue du reste, à ce que l’on peut faire rentrer dans cette définition.

Puis nous passerons en revue les différentes théories pathogéniqueés, toutes plus ou moins acceptables et donnant des faits une interprétation plus ou moins rationnelle. Gette question est encore bien controversée à l'heure actuelle et les ophtalmologistes les plus compétents émettent chacun leur opinion différente suivant le cas qu'ils ont pu observer. C'esten réunissant toutes les observations, en analysant, comment s'est produit le traumatisme, qu'elles ontété les suites immédiates et éloignées que l’on pourra se rendre compte de la véritable pathogénie de ce syndrome si particulier. Des expériences ont été faites sur le cadavre par Maklakow (1), mais il n’a pu reproduire l'énophtalmie telle qu’on l’observe sur le

(1) Maklakow jun., Clin. Opht., 1898, n° 4.

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vivant. D'autre part jusqu'ici on n’a pas encore eu l’occasion de faire l’autopsie d'un malade atteint d'énophtalmos traumatique.

Nous avons essayé de reproduire la lésion sur des chiens et de rechercher les différents moyens capables de produire l’énophtalmie. Nos expériences nous ont conduit à quelques hypothèses vraisemblables que nous espérons voir prouver par les observateurs qui nous succéderons.

Le diagnostic et le pronostic ne nous arrêterons pas longtemps et nous arrivons au traitement. Celui-ci est à notre avis la question la plus importante pour lophtalmologiste, malheureusement elle a été laissée de côté dans presque tous Jes cas. Si par des opérations ou des moyens physiques et rnédicaux on pouvait guérir l’'énophtalmos non pas seulement d'une manière palliative et esthétique mais d’uae façon définitive en rendant à l'œil ses fonctions primilives, on auraié fait un grand progrès.

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Historique

En recherchant dans la littérature les observations d'Enophtalmos traumatique, la plusancienne que nous trouvons est celle mentionnée par Henri Smetius de Leda (1), professeur de médecine à Heidelberg, dans un écrit paru en 1575.

Nous ne trouvons plus aucun autre cas avant celui rapporté par Himly (2) en 1843.

Puis nouvelle période stérile jusqu'en 1878 où Nieden (3) publie une nouvelle observation.

Mais ce n’est guère qu'à partir des années 1883 et 1892 que les ophtalmologistes publient leurs observations en plus grand nombre. Dans ces deux dernières années quelques auteurs font connaître de nouveaux cas et cherchent ainsi à faire connaître plus spécialement cette lésion qui malgré cela doit passer encore bien souvent inaperçue. En effet il est bien peu probable que les trau-

(1) Smetius de Leda, in Thèse Neulen, Greifswald, 97. (2) Himly, Krankh. und Misbild. des Auges, 1843, I, p 395. (3) Nieden, Klin. Mb, XIX, p. 72.

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matismes aient une prédilection plus marquée depuis ces dernières années pour les yeux des personnes susceptibles de se rendre à une clinique d'ophtalmologie. I nous paraît bien plus vraisemblable d'admettre que malgré l'observation publiée par Smetius de Leda en 1575, et les réflexions qu'il y avait jointes, l’enophtalmos traumatique a passé inaperçue pour ces contemporains el ses successeurs.

Il est bien difficile souvent pour un &bservateur inexpérimenté et dont l'attention n'est pas spécialement attirée de reconnaître l’enfoncement d’un œil de quelques millimètres.

D'autre part bien souvent l’'énophtalmie en ellemême amène peu de gêne et le patient ne vient consulter que pour des lésions surajoutées qui lui paraissent ainsi qu'au médecin d’une importance capitale.

Espérons qu’à l’aveniril n’en sera plus de même et qu'aux trente-neuf cas que nous avons pu réunir s'en joindront bientôt d’autres, ce qui permettra de déterminer enfin d’une façon précise la pathogénie de cette affection encore mal définie et d'appliquer un traitement rationnel et approprié à chaque cas particulier.

Observations

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