‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 14 sur 262 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

nos codes et le nombre presque infini de nos prescriptions-légales effrayent le public et le détournent d'une étude à coup sûr laborieuse et qui peut sembler superflue. Mais dans ce vaste réseau de nos lois, qui embrassent la vie moderne en sa prodigieuse complexité, il en est un certain nombre d'un caractère général, qui règlent les principaux rapports des citoyens entre eux, et qui président aux actes les plus importants de la vie civile.*Ce sont les lois sur les naissances, les mariages, les décès, la propriété, les successions, les contrats, les échanges, etc. Celles-là, tout citoyen doit les connaître, et elles devaient par suite entrer dans le programme de l'instruction obligatoire : d'abord pour répondre aux légitimes exigences de ce principe, que nul ri est censé ignorer la loi, ensuite pour affranchir autant que possible les citoyens de la nécessité de consultations souvent coûteuses; enfin parce que ces lois sont empreintes de cet esprit de justice et d'égalité, que la Révolution française ambitionnait de propager dans le monde, et qu'elle a au moins réussi à faire prévaloir dans la législation française. C'était un service à rendre au peuple et à la République que de répandre un enseignement, dont tous les deux doivent tirer honneur et profit. Cet enseignement lui-même réclamait un complément indispensable.

La classe ouvrière, qui vit surtout dans les villes, qui a constamment sous les yeux le spectacle du

f luxe x de ses splendeurs, de ses folies, qui est solli-

citée par des tentations sans cesse renaissantes-; qui r malgré la création et la propagation des caisses d'épargne et de retraite,- des sociétés de secours mutuels, de crédit, de prévoyance, est encore en grande partie à la merci des chômages, des accidents et des maladies, la classe ouvrière est naturellement tourmentée du désir d'arriver au moins à Faisance par des chemins rapides ; elle s'irrite parfois des * lenteurs de l'épargne quotidienne, qui peut tout au plus l'arracher à la gêne ; elle prête une oreille complaisante à ceux qui lui parlent d'une révolution nouvelle, non pas d'une révolution politique cette fois, mais bien sociale, c'est-à-dire de l'éternelle utopie du partage des biens.

Mais ce ne sont pas seulement des passions communes à tous les hommes et ravivées soit par la . fatalité des situations, soit par l'influence des milieux, soit par des excitations intéressées qui favo- • risent la propagation des doctrines subversives ; c'est aussll'ignorance profondpet assurément involontaire des conditions de la vie sociale, des lois qui règlent les rapports entre la production et la consommation, entre le travail et le capital. Sans doute la presse ne cçsse de montrer et de démontrer l'absurdité de ces théories funestes, dont l'application, si jamais par malheur eile venait à se faire, ne pourrait procurer à leurs partisans que quelques jours à peine de jouissances ensanglantées, pour les replonger en-

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