‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 15 sur 262 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

suite dans une misère plus profonde et dans .une inévitable servitude. Mais les journaux et les livres s'adressent à des hommes faits, dont l'esprit est déjà prévenu* que les souffrances du présent, que les déceptions du passé, que la perspective d'un avenir mal assuré peuvent rendre sourds à la voix du bon sens. Ces doctrines du reste ont aussi leur presse, . leurs écrivains, leurs orateurs. Le devoir de l'État était tout tracé. Il fallait s'adresser à l'enfance et tourner au profit de la société cette force dont, la religion tire un si grand parti, celle que donne au premier occupant la virginité de l'esprit, cette disposition naturelle à s'imprégner des premières idées, à garder dans toute leur fraîcheur les impressions premières, en un mot* la force de l'éducation. II -n'y avait rien de mieux à faire, car il est plus facile de , prémunir l'esprit contre des idées fausses que de les en extirper. Ainsi, la diffusion, par l'enseignement primaire, des notions essentielles de l'économie politique est donc une œuvre de préservation et de conservation sociales.

De son côté, la science avec ses découvertes, ses inventions, avec son inépuisable fécondité, son activité infatigable, provoque à la réflexion les esprits les plus engourdis; elle assiège les yeux et l'esprit de ses merveilles renaissantes, eHe remplit les villes, elle va chercher le payfcan jusque dans les villages les plus reculés, et, lui mettant sous les' yeux les prodigieux effets de l'a vaptur et de l'électricité, elle le -

tourmente du désir d'en pénétrer les secrets. Elle lui apporte aussi des machines ingénieuses jjpur simplifier et accélérer les travaux des champs, elle lui invente des engrais nouveaux, elle s'ingénie à combattre les fléaux qui menacent ses récoltes. Il y a comme une lutte gigantesque engagée entre la nature et la science, pour la domination. '

Ne devait-on pas mettre les générations nouvelles en état de comprendre la transformation qui s'opère sous leurs yeux et dont le but, le caractère principal est de réduire par degrés le rôle et l'importance de la force physique dans les travaux de tout genre et d accroître sans cesse la part de l'intelligence et du savoir? Sous ce rapport aussi, les programmes répondent à un besoin incontestable et incontesté. L'ouvrier était autrefois une machine vivante ; maintenant il en est souvent le conducteur, le régulateur ; il faut qu'il la comprenne, qu'il en connaisse les ressorts, le jeu, les dangers, qu'il soit en état de la juger, de la corriger, et, s'il est inventif, de la perfectionner. Peut-il remplir ôe rôle sans une certaine culture scientifique ? ^es innombrables applications de la science et de l'art à l'industrie n'exigent-elles pas de l'ouvrier des connaissances variées ? Fallaitril enfin, au milieu du progrès général, laisser tant d'hommes dans une Complète ignorance au sujet du sol qui les porte, des végétaux qui les nourrissent, des animaux qui les -servent, des phénomènes atmosphériques qui les entourent , qui les charment et les ef-

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