‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 159 sur 262 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

partir des lieux que l'enfant habite pour le conduire

par degrés jusqu'aux contrées les"j>Lus lointaines.

Cette marche est du reste indiquée par le programme lui-même pour le cours élémentaire i 1° Géographie locale (maison, rue, hameau, commune, canton, etc.). Elle va de la partie au tout; elle part d'un point, pris pour centre, et par une série de cercles successivement agrandis, elle arrive aux confins du monde ; on peut l'appeler analytique.

Mais il en est une auJtre, tout aussi naturelle, tout aussi nécessaire et qui suit l'ordre inverse ; elle va du tout à la partie; elle commence par embrasser l'ensemble, et par degrés descend au détail ; c'est la méthode synthétique.

Ces deux méthodes répondent aux deux mouvements contraires mais également spontanés de l'intelligence ; elles s'entr'aident, se complètent et se tempèrent l'une l'autre ; leur concours assure le développement normal de l'esprit, il en maintient l'équilibre, il donne aux sciences un double "caractère de précision et de grandeur. C'est ce qu'ont bien compris les auteurs des programmes ; car à la suite du passage cité plus haut on lit : Géographie générale (la terre, sa forme, son étendue, ses grandes divisions, leurs subdivisions).

De ces deux méthodes dont le caractère est si nettement indiqué et l'application si formellement prescrite, il en est une dont on abuse dans nos écoles, c'est la première ; quant à la seconde, la

méthode synthétique, on en use avec une timidité extrême. Cependant, 6ans vouloir en aucune manière contester la valeur de la première, on peut affirmer de la méthode synthétique, qu'elle est plus propre que l'autre h donner à l'esprit de la force, de Tétendue, et la véritable notion des choses. Car, en habituant l'esprit à embrasser un tout avec ses divisions et ses subdivisions, à observer la disposition, les proportions et la dépendance mutuelle des parties, elle fait concevoir une idée plus juste de leur importance relative et de leur valeur réelle.

Y a-t-il invraisemblance à dire que la faiblesse de l'Enseignement primaire tient en grande partie à ce que les maîtres s'attachent trop étroitement au détail et ne s'élèvent pas assez fréquemment à des vues générales? C'est ainsi notamment qu'en histoire, en géographie, en littérature, on se tient trop constamment près des faits pour les bien apprécier; on ne se place ni assez loin ni assez haut pour en saisir la suite, l'enchaînement et la portée. Cette habitude engendre de continuelles erreurs de jugement et même de conduite, qu'il s'agisse de l'ensemble des connaissances humaines, de la science avec ses divisions, de la littérature avec ses genres, de l'art avec ses formes, de l'enseignement avec ses degrés et ses ordres; qu'il s'agisse de la société avec la hiérarchie de ses corps constitués ou élus ; qu'il s'agisse enfin des hommes eux-mêmes, de leur rang, de le ur rôle et de leur valeur.

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