CHAPITRE XXXIV
divisions toutes faites et données par la nature ellemême, il y a l'enfance, la jeunesse, la maturité, la vieillesse; il y a les passions qui remplissent et troublent le cours de la vie, il y a les événements heureux ou malheureux qui le traversent ou le changent, les efforts soutenus ou intermittents de la volonté qui en dispute ou en saisit la direction. Ainsi dans l'histoire.
Ces divisions naturelles doivent, elles aussi, elles surtout, être marquées par la chronologie; mais il faut qu'elles viennent en dernier lieu ; il faut que l'esprit ait déjà embrassé la suite des temps, qu'il voie les siècles à leur place dans l'ensemble, et les règnes à leur place dans les siècles, et que ces premières lignes soient bien tracées, bien arrêtées, bien imprimées dans les esprits, pour que les divisions nouvelles qui arrivent par-dessus les autres, qui commencent dans telle ou telle partie d'un siècle, à telle ou telle année d'un règne pour aller finir ici ou là à des distances plus ou moins grandes, ne causent aucun trouble dans la mémoire et ne brouillent pas les souvenirs.