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Accroissement au 31 décembre 1904:
"[.a consommation de l'alcool s'est accrue en Belgique jusqu'en 1895. En 1850, elle était de 5,85 litres par habitant ; en 1S70, de 7,86 litres, et en 1895, elle arrivait au chiffre exorbitant de 10,50 litres. A partir de ce moment, elle décroît d'année en année. En 1898, elle n'était plus que de 8,60 litres; en 1002, de 8,45 litres, et en 1903, elle était tombée à 5,37 litres; — En même temps le nombre des livrets à la caisse d'épargne va en augmentant, lui
1895, il s'élevait à 1,339,255; en 1898, à 1,508,148; en 1902, à 1,975,480; et en 1903, il atteignait le nombre de 2,089,448."
Les heureux résultats produits en Belgique par l'enseignement et la propagande antialcooliques dans les écoles sont tellement considérables et frappants, que dans la circulaire de M. Doumergue rappelée plus haut, le Ministre cite la Belgique comme un exemple de ce qu'on peut attendre de l'enseignement de la tempérance à l'école, et il donne en même temps quelques-uns des chiffres que je viens de rapporter.
L'année même où le frère Maurice présentait son intéressant rapport au Congrès de Liège, le Gouvernement Belge adressait aux Gouverneurs de Provinces une nouvelle circulaire en vue d'amener les communes à inscrire à leur budget annuel une petite subvention qui servirait à fonder des prix spéciaux aux maîtres qui se seraient le plus distingués dans l'enseignement antialcoolique. La circulaire constate la diminution énorme de la consommation de l'alcool en Belgique, et elle attribue les trois quarts de cette décroissance à l'enseignement antialcoolique à l'école.
J'arrive à la Norvège.
Au mois d'août 1906, une des plus puissantes Sociétés de tempérance du Royaume Uni, The Scottish Tempérance Législation Board, qui a son siège à Edimburg, Ecosse, envoyait en Norvège une Commission extraordinaire chargée d'étudier les lois de ce pays concernant le commerce des liqueurs. Les Commissaires étaient M. James Seth, professeur de philosophie morale à l'Université d'Edimburg, MM. John Mann, John Cowan et Hector Munro Eerguson, riches capitalistes occupant de hautes positions sociales en Ecosse. *
Les membres de la Commission firent sur place une enquête minutieuse et complète, et en attendant de présen-
ter un rapport détaillé de leur mission ils viennent de publier, sous forme de conclusions, un rapport provisoire "lis ont constaté, disent-ils, que le peuple norvégien qui, il y a moins de cinquante ans, tenait le premier rang sous le rapport de l'ivrognerie, est aujourd'hui la nation la plus sobre de la terre.1 '
Or ils attribuent ce miracle à deux causes principales, qui sont en quelque sorte la conséquence Tune de l'autre: au sentiment réel de la tempérance dont le peuple est fortement imprégné, qui n'est que la conséquence d'un enseignement antialcoolique poussé à son suprême degré de perfection. "De là une formation pondérée de l'opinion, qui a permis aux pouvoirs publics de mettre en pratique une législation efficace."
Ces notes sur la Norvège sont extraites d'un mémoire préparé en [909 par feu Edmond Rousseau, Secrétaire de la Ligue antialcoolique de Québec. M. Rousseau entretenait une correspondance avec M. Seth, l'un des Commissaires de Norvège, et je sais par M. Rousseau, qui d'ailleurs le déclare clans son mémoire, que M. Seth, lui adressant le rapport provisoire de la Commission, confirmait, dans une lettre, l'entière véracité des allégations ci-haut.
L'exemple des Etats-Unis n'est pas moins frappant que celui de la Norvège, de la Belgique et de la France.
Personne n'ignore la lutte acharnée qui se poursuit aux Etats-Unis contre l'alcool. C'est le pays de la prohibition. A l'heure actuelle, la plupart des Etats de la grande Fédération sont sous ce régime, qui de plus en plus devient le régime commun chez nos voisins, et paraît devoir s'étendre, dans un avenir assez rapproché, à tout le territoire américain. Ht dans certains Etats où la prohibition n'est pas encore inscrite aux Statuts, des villes se font le précurseur du futur régime en se l'imposant à elles-mêmes; ainsi la ville de Worcester, dans le Massachusets.
Evidemment, rétablissement de lois prohibitives n'est pas le fait de quelques hommes; de telles lois ne deviennent possibles, mais surtout permanentes et générales que si elles sont demandées par la voix du peuple. Aussi bien est-ce le peuple américain qui veut la prohibition et l'a déjà obtenue en plusieurs Etats- Le sens de l'abstinence totale et le sentiment prohibitif sont développés aux Etats- Unis plus peut-être qu'en aucun pays au monde.
.Mais comment donc s'est affiné ce sens et développé ce sentiment? qui a fait du peuple américain un peuple atix convictions antialcooliques si ardentes qu'elles le font exiger de ses législateurs l'abolition des buvettes et une guerre sans merci à l'alcool?
Voici la réponse.
En ce temps-là — c'était il y a trente ans, — il vint à l'esprit d'une femme américaine, Mde Mary H. Hunt, de Boston, qu'un des moyens les plus propres à combattre l'intempérance et à faire triompher l'idée de prohibition était de donner aux enfants dans les écoles des leçons sur les effets pernicieux de l'alcool, de telle sorte que parvenus à leur majorité et devenus citoyens américains, ils fussent (b^ électeurs antialcooliques et des voleurs prohibitionnistes.
A l'une des Conventions de la National Woman's Christian Tempérance Union elle développa son projet, que VUnion endossa avec enthousiasme, s'engageant à travailler à son entière réalisation.
Cependant, la Trésorière de VUnion n'avait pas d'argent pour entreprendre une telle campagne. N'importe! Sans argent, sans manuels scolaires de tempérance, sans lois statutaires qui obligeassent à cet enseignement, ni même à l'enseignement de la physiologie et de l'hygiène, Mde Hunt, soutenue par une grande Ame et un viril courage, inaugura par tous les Etats-Unis une croisade en faveur de l'enseignement de l'hygiène antialcoolique. Les
enceintes les plus diverses: églises, salles publiques — les enceintes parlementaires elles-mêmes retentirent durant des années de ses plaidoyers en faveur de l'enfance.
Après bien des essais infructueux et à travers mille difficultés, des manuels furent enfin préparés, et des éditeurs, Barnes & Sons, de New York, risquèrent l'aventure de les éditer.
Le résultat? Les uns après les autres les Etats de la République décrétèrent l'enseignement, dans les écoles, de l'hygiène, et par ce moyen de l 'antialcoolisme. C'est ce que demandait Mde Hunt. Et la conséquence de cet enseignement ? Mde Hunt voulait former des électeurs tempérants et des voteitrs prohibitionnistes — l'Ecole lui a formé la génération actuelle des citoyens américains, que nous voyons avec stupeur balayer du sol de leur patrie les buvettes et tous les débits d'alcool.
Franchissant la ligne 45e, passons au Canada, et d'abord établissons un compte exact quoique sommaire de la situation de renseignement antialcoolique dans ebacune des Provinces du Dominion, pour enfin arriver à notre Province où nous établirons une enquête plus complète.
Xouveatl-Brunswick. Le X.-IL a renseignement antialcoolique obligatoire depuis une vingtaine d'années. Les enfants reçoivent d'abord tin enseignement oral, puis, lorsqu'ils sont plus avancés, on leur met entre les mains un manuel approprié et approuvé, entr'autres le Tempérance Lesson Book du Dr Richardson. Dans les High Schools le cours de tempérance se continue, et dans les' Ecoles modèles et les Ecoles normales les élèves-maîtres sont formés à cet enseignement. La loi est assez bien observée, les manuels donnent satisfaction, et aux examens la tempérance fait l'objet de questions spéciales.
Xoiivelle-Ecosse. Enseignement antialcoolique égale-ment obligatoire depuis [892. Enseignement oral pour les jeunes élèves, des manuels pour les plus avancés. Ceuxci reçoivent l'enseignement sous la rubrique de l'hygiène et de la physiologie. Ecoles modèles et Ecoles normales pourvues aussi de cet enseignement. Examens obligatoires. D'après les rapports officiels il appert que l'enseignement antialcoolique dépend pour beaucoup de la bonne volonté du personnel enseignant. Cependant, la loi est généralement observée, et les manuels sont satisfaisants.
Ile du Prince Edouard. Même législation scolaire antialcoolique que dans les autres Provinces Maritimes, avec une application peut-être plus générale et des résultats plus consolants.
Ontario. En 1887, pour faire droit à une requête largement signée, le Gouvernement décréta l'enseignement antialcoolique obligatoire, et le manuel du Dr Richardson fut approuvé à cet effet. Ce n'est qu'en 1893 que cette matière prit place parmi les matières des examens. En même temps le manuel de Richardson était remplacé par celui du Dr Nattrass Physiology and Tempérance, ce qui était un progrès. Malheureusement, le nouveau programme d'études de 1894 annula pratiquement l'enseignement antialcoolique en négligeant de le sanctionner par des examens. C'est le statu quo depuis lors. Les Sociétés de tempérance font de persévérants efforts auprès du Gouvernement et du personnel enseignant pour tacher d'améliorer la situation.
• Manitoba. Enseignement facultatif,' donné par un bon
nombre d'instituteurs et d'institutrices à l'occasion du cours de physiologie et d'Tiygiène. Pas de manuel approuvé ni d'examen. Des efforts sont également tentés pour obtenir davantage.
— io —
Àlberta H Saskatchewan. Enseignement obligatoire, non toutefois dans les High Schools'. Dans les Ecoles
modèles et les Ecoles normales les élèves sont formés à cet enseignement. Le livre du Dr Nattrass est autorisé comme livre du maître. Les élèves n'ont pas de manuel, ri il n'y a pas d'examen sur cette matière- Dans ces Provinces également une campagne se poursuit pour rendre plus efficace l'enseignement antialcoolique.
Colombie anglaise. Pas d'enseignement obligatoire ; celui-ci n'est donné que si les citoyens le demandent. Le Surintendant lui-même veut obtenir une législation plus sérieuse sur cette matière, et ce, pour tous les cours. Actuellement, il semble que l'enseignement antialcoolique, lorsqu'il est donné, ne Test qu'aux élèves du cours modèle. Dans la Colombie comme ailleurs où renseignement antialcoolique n'est pas obligatoire ni sanctionné par des examens, cet enseignement dépend beaucoup de la bonne volonté de l'instituteur.
Québec. Chez nous, l'enseignement se trouve dans une situation spéciale. Dans les autres Provinces l'instruction publique relève du Gouvernement. Ici elle relève du Conseil de l'Instruction publique, Comité catholique et Comité protestant.
Comité protestant. En 1886, l'enseignement de l'hygiène et de la physiologie, et par cet enseignement celui de la tempérance, fut inscrit au programme d'études pour chacune des classes des cours élémentaire, modèle et académique, lue demi-heure par semaine y était consacrée, et les ouvrages de la série "Rames Pathfinder" furent autorisés comme manuels.
En 1898, un nouveau programme d'études est préparé, duquel, pour des motifs de surcharge, sont éliminées comme obligatoires certaines matières, par exemple le français et l'hygiène, lesquels deviennent facultatifs, et soumis seulement à l'examen de l'Inspecteur des Ecoles
supérieures. Le résultat a été que depuis lors l'enseignement antialcoolique est très négligé. Tout ce qu'on peut
maintenant attendre est un enseignement oral, et cela jusqu'au cours académique seulement. Pas de manuel autorise. La \V. C. T. U. de la Province de Québec fait des efforts pour obtenir une législation efficace, mais sans résultat. La \V. C. T. U. a publié en anglais et en français un Catéchisme de tempérance à l'usage des écoles de la Province de Québec contre la bière, l'alcool, le tabac. Il ne paraît pas être en usage dans les écoles. C'est plutôt un ouvrage de propagande.
Comité catholique. Il ne paraît pas que jusqu'en 1905 ce Comité ait fait aucun règlement touchant l'enseignement antialcoolique. En 1905 et 1906 la croisade de tempérance est inaugurée, et les lettres épiscopales demandent et imposent cet enseignement dans les écoles. Il est permis de penser que Nos Seigneurs les Evêques, membres du Conseil de l'Instruction publique, saisirent le Comité catholique de cette grave question.
En tout cas, le 13 septembre 1905, le Comité catholique adopte le rapport suivant du sous-comité chargé de l'examen des livres classiques: "Ce sous-comité est d'avis que la diffusion de ce manuel (le "Petit Manuel antialcoolique" du chanoine Sylvain) sera très utile aux points de vue moral et hygiénique ; mais comme ce n'est pas un livre de classe proprement dit, il n'est pas dans ses attributions de le recommander comme tel."
En 1906, le 31 janvier, le même sous-comité fait rapport au Comité "qu'ayant pris connaissance du livre intitulé Alcool et Alcoolisme par M. Edmond Rousseau, ce sous-comité est d'avis que la diffusion de ce livre sera très utile aux points de vue moral et hygiénique." Et le rapport est adopté.
La même année 1906, à la session du printemps, le 25 mai, les Règlements du Comité catholique, ayant été
refondus, sont sanctionnés. Pour la première fois le mot "alcoolisme" est inscrit au Programme, parmi les leçons d'hygiène du cours primaire intermédiaire, 5e ou 6e année.
Le 17 avril 1907, la Ligue antialcoolique de Québec adopte une motion proposée par un de ses membres, Thon. L.-P. Pelletier, touchant l'enseignement obligatoire de la tempérance. Après plusieurs considérands, la motion conclut à ce "qu'il soit résolu de s'adresser au Comité catholique du Conseil de l'Instruction Publique de cette Province, le priant de vouloir bien encourager l'enseignement antialcoolique dans les écoles publiques, et ce sous telle forme qu'il croira opportune."
A sa séance du 15 mai suivant, le Comité catholique prit communication de la résolution de la Ligue de Québec, ainsi que d'une lettre de M. Edmond Rousseau, secrétaire de la Ligue. Alors, .Mgr l'archevêque de Montréal, secondé par l'hon. Thos Chapais, propose et il est adopté:
"Que, relativement à l'article du programme d'études concernant l'alcoolisme, ce Comité croit nécessaire de faire donner, dans les écoles, un enseignement antialcoolique, et prie M. le Surintendant d'envoyer aux instituteurs et aux institutrices une lettre annuelle pour les guider dans leurs leçons et leurs conseils pratiques aux élèves sur le danger que ce fléau fait courir aux individus, à la famille et à la société. Cet enseignement devra faire l'objet de l'attention spéciale de MM. les Inspecteurs dans leurs visites, et ceux-ci seront invités à en parler dans leur rapport officiel."
A la session d'automne de 1907, le Comité adopte le rapport du sous-comité approuvant la 4e édition d'Alcool cl Alcoolisme, augmentée de questions et réponses à la suite de chaque chapitre. Voici les termes du rapport : "Le sous-comité est d'avis de recommander ce livre pour l'usage des instituteurs et des institutrices dans les écoles
de la Province." ("est un progrès sur la recommandation du même ouvrage en 1906.
En 1908, à la -session du printemps, fut soumis au Comité catholique le "Rapport des Délégués de la Commission Scolaire catholique de Montréal sur leur Mission Pédagogique en Europe". La Commission a enquêté sur l'enseignement antialcoolique. Le rapport conclut que cet enseignement "devrait être organisé (dans nos écoles) régulièrement, suivant la méthode suivie avec succès en plusieurs endroits.
"Un programme détaillé est donné aux maîtres, suivant qu'ils enseignent un cours intermédiaire ou supérieur, et ils doivent expliquer les effets de l'alcool sur l'individu, sur la famille, sur la société, etc. (voir programme de Belgique). Nous encourageons l'achat de tableaux démontrant l'effet de l'alcool sur l'organisme humain; mais nous ne voulons nullement de ceux qui, dans le but de montrer l'ivresse odieuse, la représentent telle qu'elle est. Ce serait une mesure antipédagogique; elle pourrait faire naître chez l'enfant le désir d'imitation.
"Pour organiser l'enseignement antialcoolique dans les écoles de Paris, on fit d'abord des conférences dans les écoles primaires ; puis dans quelques écoles commerciales. A ces dernières conférences, les instituteurs et les institutrices furent spécialement invités^ Il fallait, en effet, préparer le personnel au nouvel enseignement. MM. les docteurs Roubinovitsh, Marillier et Legrain s'acquittèrent admirablement de cette tâche. La même chose ne pourrait-elle pas se pratiquer ici?"
Aucune mesure n'a encore que je sache été prise pour répondre à ce vœu de la Commission.
A son tour, M. C.-J.- Magnan, Directeur de l'Enseignement Primaire, qui a fait cette année même un voyage officiel d'études pédagogiques en Europe, dans le rapport qu'il présentera au Comité catholique, consacrera tout un
chapitre aux méthodes et a l'efficacité de l'enseignement antialcoolique en France et en Belgique. Toutes ces lumières accumulées ne devront pas manquer d'éclairer la voie à une législation similaire clans notre Province.
Le dernier acte officiel du Comité catholique a été de recommander, le 11 mai 1909, le Petit Catéchisme de Tempérance et de Tuberculose, par feu Edmond Rousseau, comme livre du maître.
On le voit, — et il >icd de le taire observer — le Comité catholique a jusqu'ici plus fait pour la cause de la tempérance que le Comité protestant. Il a inscrit l'alcoolisme parmi les leçons à donner sur l'hygiène pour le cours primaire intermédiaire, et sans nul doute l'enseignement de l'hygiène au cours académique comporte aussi celui de l'antialcoolisme, bien que le mot ne se trouve plus au programme de ce cours. Surtout il a adopté la motion de Mgr Bruchési. Le Comité catholique a en outre donné de bonnes notes au Petit manuel antialcoolique du chanoine Sylvain, ainsi qu'à Toux-rage Alcool et Alcoolisme du regretté Edmond Rousseau ; qui plus est, il a formellement approuvé comme livres du maître ce dernier ouvrage et le Catéchisme Ve Tempérance et de Tuberculose du même auteur. C'est beaucoup, car désormais se trouve écartée du chemin législatif scolaire sur l'antialcolisme l'ardue question de manuels appropriés, du moins celle des manuels à l'usage du professeur.
Il paraît, en effet, que la question du manuel à donner aux «'-lèves a ('-té un obstacle — et peut-être le principal — à l'inscription de l'enseignement antialcoolique au programme des études. Cet obstacle n'a-t-il pas disparu avec la publication du Catéchisme d'Edmond Rousseau? Et de livre du maître pe manuel n'est-il pas en tous points digne de devenir livre de l'élève?
Et d'abord, c'est un véritable livre classique, condition Miellé pour qu'un ouvrage puisse être approuvé comme
manuel scolaire - condition que le Comité catholique n'a pu reconnaître à l'opuscule plein de mérites du reste de M. le chanoine Sylvain. Fallût-il une transformation considérable de cet opuscule pour en faire un manuel classique, que les qualités si appréciées du Manuel antialcoolique rendraient M. Sylvain justifiable Je tenter cette heureuse transformation. Sans nul doute ce manuel ainsi refondu ne le céderait alors en rien comme classique à celui de M- Rousseau.
De fait, le Catéchisme de Tempérance et de Tuberculose répond admirablement à tous les desiderata d'un manuel scolaire. Bref, bien que plus développé que le manuel du chanoine Sylvain — il comprend une question pour chaque jour scolaire, — très simple, bien qu'il ne se contente pas d'affirmer mais qu'il motive ses allégations, très clair en même temps et à la portée de toutes les jeunes intelligences. L'auteur a eu l'ingénieuse pensée d'écrire ce petit livre en collaboration avec ses jeunes enfants. Il leur lisait son texte et ne s'arrêtait à une rédaction définitive que lorsque ses enfants avaient par eux-mêmes, ou avec peu d'explications, parfaitement compris. En outre, les épreuves du Catéchisme furent soumises à plusieurs personnes compétentes, soit dans l'enseignement, soit dans Tantialcoolisme. Sur les suggestions très précises de ces hommes du métier les épreuves furent encore remaniées et perfectionnées. Et le Catéchisme a cet avantage d'être à la fois un manuel antialcoolique et un manuel antituberculeux. A ce dernier point de vue il commande encore l'attention des éducateurs soucieux d'aider au mouvement qui se produit actuellement contre la peste blanche. Tuberculose et alcoolisme sont frère et sœur; l'alcoolisme est l'engrais de la phtisie, selon le mot d'un grand médecin.
La question de l'enseignement antialcoolique n'a pas été agitée qu'au sein du Comité catholique du Conseil de
l'Instruction publique. Le Gouvernement a lui-même
été saisi de la question. L'an dernier, 1908, la Ligue antialcoolique de Québec, avec l'appui en particulier de Mgr l'archevêque de Québec et de Mgr l'évêque de \'icolet, organisait un vaste pétitionnemenl auprès des Gouvernements Fédéral et Provincial, à l'effet d'obtenir, à même les deniers publies, la distribution, dans les écoles de la Province, de livres d'enseignement antialcoolique. Déjà les évêques avaient, croyons-nous, demandé au Gouvernement de distribuer à tous les maîtres et maîtresses un livre (Alcool et Alcoolisme ) approuvé par le Conseil de l'Instruction publique, portant le sceau du Conseil, et qui resterait la propriété de l'école, La Ligue de Québec appuya cette demande par 700 requêtes venant d'autant de villes et de villages de la Province, et signées par 200- 000 citoyens, membres des Sociétés de tempérance.
Le Gouvernement n'a encore rien fait pour répondre à ces requêtes, sauf qu'il a exprimé son entière bonne volonté à servir la cause de l'enseignement antialcoolique, et qu'il aurait, d'après un journal ministériel de Québec (septembre 1908), "mis à l'élude un plan général d'enseignement au moyen de traités pédagogiques et de cartes murales, tle manière que toutes les écoles de la Province soient autant de sanctuaires où notre jeunesse apprendra à se prémunir contre les dangers des liqueurs enivrantes."
Heureusement que l'initiative religieuse n'a pas attendu l'initiative gouvernementale pour faire de nos écoles autant de "sanctuaires" de tempérance
L'enseignement antialcoolique se donne en effet dans nombre d'écoles, ici depuis quatre ans, là depuis trois ans, ailleurs depuis deux ans, un an. L'Eglise a pris cetteinitiative. Plusieurs évêques de la Province ont tour à tour décrété cet enseignement, spécifiant qu'il aurait lieu jusqu'à nouvel ordre au moyen du Manuel du chanoine Sylvain. Ht pour assurer l'exécution de leur volonté,
certains évêques ont eux-mêmes acheté ce manuel pour les écoles de leur diocèse. Ainsi Mgr de Chicoutimi avec
quelques curés en a acheté 55,000 exemplaires; Mgr des T rois-Rivières 28,000; Mgr de Québec 14,000; Mgr de Rimouski 5,000. Dans ce diocèse toutefois renseignement non plus que la prédication de la tempérance n'ont été ordonnés; mais en fait des missions de tempérance se donnent, et l'antialcoolisme est enseigné, surtout dans les écoles (15) tenues par les Sœurs du Saint-Rosaire^. A Montréal, la Commission scolaire a acheté 5,000 exemplaires du Manuel antialcoolique pour distribution gratuite dans les écoles. (1)
A la suite des évêques et pour entrer dans la voie ouverte par eux, des hommes dévoués à la cause ont, à plus d'une reprise, traité de l'enseignement antialcoolique devant des auditoires d'instituteurs et d'institutrices.
Ainsi, les membres de l'Association des Institutrices catholiques de la Province, section de Québec, avaient en 1906 l'avantage d'entendre à leur convention annuelle, à Québec, traiter cette question au point de vue pratique de la méthode d'enseignement.
Mais pour nous en tenir à Alontréal, c'est Sa Grandeur Mgr Bruchési lui-même qui, à la 122e Conférence de l'Association des Instituteurs catholiques de Montréal, le 2O janvier 1906, prononçait un discours où il disait: "Je viens vous demander de vous faire les apôtres de la grande cause qui nous intéresse tous: celle de la tempérance. Je compte sur vous, Messieurs, d'une manière particulière pour la préparation d'une génération de tempérants et de sobres, et nous les préparerons ensemble." Et Mgr expose à l'assemblée son projet; il rappelle aux instituteurs l'influence qu'ils peuvent exercer à l'école en instrui-
(1) Notes sur la diffusion du Manuel antialcoolique ibligeamment fournies par M. le chanoine Sylvain.
sant l'enfant sur les conséquences funestes de l'intempérance, puis il suggère des moyens de combat. Il compare les 120 écoles de Montréal à ses 400 buvettes où Ton fait des ivrognes, et il s'écrie: "Ce sont des écoles aussi! Ce qu'on y enseigne, vous le savez; c'est là que se perdent l'honneur et la loi; c'est là qu'on contracte l'habitude de la boisson et de tous les vices qui en sont la conséquence. Nous allons lutter contre ces maux épouvantables... et le pays et l'Eglise nous en devront une éternelle reconnaissance." (1 )
L'an dernier encore, le 31 janvier [908, à la 126e Conférence de la même Association, AI. A. Létoitrneau, Principal de l'Ecole Saint-Denis, traitait de l'Alcoolisme ci l'Ecole.
Peu après, en février, c'est M. l'abbé Perrier, Inspecteur des Ecoles catholiques de Montréal, qui dans un rapport appuie sur cet enseignement, dont il trace même les grandes lignes: "On pourrait utiliser les conclusions suivantes adoptées dans une conférence d'instituteurs en France, il v a quelques années:
"(t) Démontrer les effets nuisibles de l'abus des boissons fermentées, de l'usage habituel des boissons distillées, du simple usage des boissons alcooliques;
"(2) Déraciner les préjugés et les habitudes répandus sur l'action fortifiante des boissons alcooliques;
"(3) Rappeler constamment les accidents irrémédiables que cause l'usage des spiritueux, les malheurs et les souffrances qu'amènent pour lui-même, pour les siens et pour la société les excès où un homme se laisse entraîner;
"(4) Agir sur le cœur de l'enfant plus encore que sur son intelligence. Le convaincre par l'exemple;
"(5) Faire concourir toutes les branches de l'enseignement à l'œuvre antialcoolique;
(1) Enseignement Primaire, mars 1006.
"(6) Utiliser les tableaux de statistique, l'imagerie antialcoolique (2) (il faudrait d'abord Tacheter), comme puissant moyen de persuasion ;
"(7) Développer, favoriser la constitution de Sociétés de tempérance, de ligues contre l'usage des spiritueux."
Tel est le programme que proposait M. l'abbé Perrier aux éducateurs de Montréal.
On le voit, la question de l'enseignement antialcoolique n'est pas chose étrangère à notre personnel enseignant ; à maintes reprises on y a attiré son attention, et il n'est pas un instituteur ou une institutrice qui pourrait plaider ignorance totale en cette matière. Appels des évêques, prédications et conférences antialcooliques, conférences pédagogiques, littérature de tempérance distribuée à foison partout, que sais-je enfin — l'opinion publique entière profondément orientée vers la tempérance — tout cela n'a pu manquer d'éveiller dans l'âme de nos éducateurs primaires et autres le sentiment de la part si large de responsabilité qui leur incombe dans la lutte antialcoolique.
Mais il convient par-dessus tout de mentionner les inlassables efforts de la revue V Enseignement Primaire pour tenir sans trêve devant la pensée du personnel enseignant de notre Province le sujet de l'antialcoolisme. Les conférences pédagogiques sur la tempérance, les rapports, les documents officiels ayant trait à cette matière ont toujours trouvé place dans V Enseignement Primaire depuis quatre ans. En outre, le zélé directeur de cette revue, M. C.-J. M'agnan, a de temps à autre pris sur lui d'appeler l'attention des instituteurs et des institutrices sur l'enseignement antialcoolique. Enfin et surtout, depuis six ans,
(2) Les Sœurs du Saint-Rosaire, de Rimouski, viennent d'éditer un tableau mural d'images antialcooliques, qui a aussi été réduit en un fascicule de 16 pages.
sous ta rubrique d'**Enseignement spécial'*, cette revue contient clans tous el chacun de ses numéros des dictées, des phrases à analyser, des sujets de rédaction, et depuis trois ans en plus des problèmes, ayant trait à l'alcoolisme
— On ne peut en dire autant de l'Educational Record, revue protestante qui correspond à notre Enseignement Primaire.
Or cette dernière, on le sait, est reçue dans les quelque 6,500 écoles catholiques de la Province, et généralement
— les Inspecteurs d'école le constatent — le personne! enseignant s'en inspire pour son enseignement", et y puise les sujets des devoirs scolaires5.
X 'est-il pas permis de conclure que nos éducateurs ayant, depuis quatre ans, vécu et enseigné au sein d'une atmosphère saturée d'idées de tempérance, ils se trouvent eux-mêmes imprégnés de ces idées, et tout orientés vers l'enseignement antialcoolique? Et cela ('tant, comment ne pas conclure à l'opportunité d'une législation scolaire antialcoolique ?
Le terrain est préparé. C'est le temps ou jamais, semble-t-il, pour le Comité catholique, de reconnaître officiellement ce qui se fait dans les écoles, en prenant la tète du mouvement pour généraliser et canaliser les efforts individuels et locaux vers un but nettement défini, par la sanction de méthodes pédagogiques bien déterminées.
A l'heure actuelle, l'enseignement antialcoolique, légalement ignoré, s'appuie sur la direction imprimée par Nos Seigneurs les Evêques, aussi sur la docilité de messieurs les curés à cette direction, sur le zèle des Commissions scolaires, et surtout sur la libre coopération du personnel enseignant. Le fondement, pour solide qu'il soit, offfet-il les garanties qu'y ajouteraient la reconnaissance légale et la sanction officielle du Comité catholique? Non, sans doute, et il est à redouter que l'initiative privée se lasse de n'être pas autrement soutenue, et que la bonne
volonté du personne] enseignant ne faiblisse sous la fatigue d'efforts, que souvent ne semblent pas récompenser les résultats apparents et immédiats obtenus chez l'enfant, et que la loi de son côté regarde comme non avenus parce qu'elle ne les sanctionne point.
11 me reste, pour embrasser l'objet de ce rapport, à rechercher quel est le meilleur mode d'enseignement antialcoolique. — Bien présomptueux serais-je de sembler tracer leur voie à nos législateurs; je ne le serai pas, je crois, de présenter à ce Congrès quelques idées communes à beaucoup de personnes bien pensantes et d'ailleurs très au fait de la question que je traite.
lu d'abord, l'enseignement antialcoolique peut être donné de triple façon.
i. — Comme enseignement spécial, de même sorte que la grammaire, l'arithmétique, etc., et avoir sa place quotidienne au tableau des leçons.
2. — Comme leçon fondue dans une autre matière: par exemple le catéchisme, l'hygiène, etc.
3. — Comme enseignement occasionnel. Dans cette méthode la tempérance n'a pas une heure spéciale, ni de manuel particulier ; elle ne tombe sous aucune rubrique du programme d'études, mais tout ce qui s'enseigne lui profite : une leçon d'arithmétique comme une leçon de catéchisme. Elle est l'orient vers lequel est tourné sans cesse ou à l'occasion l'esprit des élèves.
Laquelle de ces méthodes semble la meilleure? dans quelle mesure l'adopter? Je vais essayer de répondre a ces questions, ou plutôt je vais dire ce qu'on en pense là où l'on pense à ces choses.
L'enseignement antialcoolique incorporé à une autre matière, comme il l'est actuellement à l'hygiène pour le cours intermédiaire, paraît être tout à fait insuffisant.
Aussi, n'est-il pas à souhaiter qu'il soit étendu .sous cette forme aux cours élémentaire et académique; il est plutôt à souhaiter qu'il disparaisse de la place actuelle qu'il occupe au programme. 11 peut en effet être là comme un leurre. De fait, les instituteurs et les institutrices se seront conformés à l'obligation que leur impose le programme d'études d'enseigner l'antialcoolisme si, au cours des huit années que comporte le programme, une fois, la 5e ou la 6e année (cours intermédiaire) ils ont enseigné aux élèves quelques notions que ceux-ci peuvent apprendre en une heure. Une heure en 8 ans! — Je répète qu'à la rigueur il peut en être ainsi, et l'enseignement antialcoolique aura été donné dans toute l'intégrité exigée par le programme.
Qu'on détrône donc cette prétendue méthode d'enseignement, si élastique qu'elle permet de n'enseigner aucunement la tempérance tout en étant scrupuleusement fidèle au programme d'études qui impose cet enseignement.
Que mettre à la place? L'enseignement spécial donné durant les huit années des études?
11 ne paraît pas que ce soit possible. Le programme est déjà surchargé, assurc-t-on, et il répugne au Comité catholique d'y ajouter; et le tableau des heures est lui-même tellement rempli qu'il semble difficile d'y intercaler, du moins quotidiennement, un nouvel item-
D'ailleurs, cet enseignement spécial de tous les jours est-il nécessaire pour former des convictions antialcooliques chez l'élève, et surtout pour former en lui un cœur et une Ame de tempérant ? Pour ma part, je n'en suis pas persuadé. N'est-il pas même à redouter — un peu — qu'une méthode aussi sévère ne soit fastidieuse pour l'élève? S'il en était ainsi, le but poursuivi serait manqué, et l'enfant aurait appris une doctrine qui l'aura éclairé, il est vrai, sur les funestes effets de l'intempérance, mais ne l'aura pas attiré a la pratique île la tempérance. Je
donne cette idée pour ce qu'elle vaut ; peut-être pourraiton la creuser avec avantage.
Mais si renseignement antialcoolique de huit ans et de tous les jours ne me paraît guère possible, non plus que très désirable, il n'en va pas de même de cet enseignement donné la dernière année de chacun des trois cours primaires.
Beaucoup d'enfants quittent l'école soit après le cours élémentaire, soit après le cours intermédiaire ou modèle. Peu poursuivent leurs études jusqu'au cours académique. En somme, à peu près 30,000 enfants, garçons et filles, dans notre Province, laissent l'école, en juin de chaque année, pour n'v plus jamais revenir. Ne serait-il pas nécessaire que ces 30,000 enfants reçussent, la dernière année de leur stage scolaire, un enseignement spécial qui les prémunît de façon plus directe contre les séductions de l'alcool ?
Le Catéchisme de M. Rousseau est précisément distribué en autant de demandes et réponses qu'il y a de jours de classe dans une année scolaire; il suffirait donc d'un enseignement journalier de 10 ou 15 minutes pour repasser ce manuel dans une année.
Il pourrait être aussi décidé, selon que l'écrivait M. Magnan dans le no de mai 1907 de V Enseignement Primaire, "que les exercices scolaires à base antialcoolique fussent fixés un ou deux jours déterminés, chaque semaine (pour les finissants de chaque cours). Ce jour ou ces jours-là : lecture, dictée, analyse, arithmétique, comptabilité, hygiène, etc., tout roulerait sur l'éducation antialcoolique."
Il est utile de noter que les autres enfants plus jeunes du cours profiteraient eux aussi, indirectement, de cet enseignement donné à leurs aînés. Or ces leçons se donnant annuellement aux finissants, il arriverait que tous les
élèves, par contre-coup, <-t sans qu'ils aient à rien étudier — sauf la dernière année — en recueilleraient les fruits.
Outre cet enseignement direct d'une année pour chaque cours, il .semble opportun que soit aussi décrété l'enseignement occasionnel — qui ne surchargerait en aucune façon le programme des études. On connaît cette méthode; c'est celle qui paraît surtout en vigueur en France. A l'occasion et par le moyen de toutes les matières du programme d'études, l 'antialcoolisme est enseigné, f'ai préconisé cette méthode et en ai détaillé l'application facile, dans une conférence que j'ai eu l'honneur de donner en iqo6 devant l'Association des Instituteurs catholiques, section de Québec.
Cet enseignement occasionnel est très fécond en résultats, il est possible, aisé même, mais encore faut-il pour qu'il se donne partout et toujours, qu'il soit officiellement décrété, là cela ne suffirait pas à en assurer la pratique. Il faudrait, comme fait le Ministre de l'Instruction publique en France, que des circulaires du Surintendant du Conseil vinssent fréquemment y attirer l'attention du personnel enseignant, en insistant sur l'application des diverses matières du programme — tantôt sur l'une, tantôt sur une autre' — à cet enseignement antialcoolique. Il faudrait encore, pour (pie l'enseignement — direct et occasionnel — reçût toute son efficacité, qu'il fût sanctionné par l'inscription parmi les matières des examens — de tous les examens, ceux du brevet également — , et qu'enfin MM. les Inspecteurs d'écoles eussent à faire rapport sur cette matière.
Ces messieurs y sont disposés, car ils sont entièrement gagnés à la cause de l'enseignement antialcoolique. Ils déclaraient, en effet, dans leur mémoire présenté au Conseil Exécutif, à la Législature et au Comité catholique de l'Instruction publique, après leur Convention des rr et 2 août [906: l< L'Association des Inspecteurs est tout à fait
sympathique à la croisade en faveur de la tempérance-
Chacun de ses membres s'engage à favoriser ce mouvement dans la mesure de ses moyens."
Nous avons vu qu'une motion de Sa Grandeur Mgr Bruchési, contenant en principe tous les desiderata plus haut exprimés, fut adoptée en 1907 par le Comité catholique. Il reste au Comité à donner une suite efficace à celte motion qu'il a unanimement approuvée, en réglementant l 'enseignement antialcoolique.
Nos Seigneurs les Evêques le veulent, l'opinion publique le demande, le personnel enseignant y est préparé, le pays en a besoin.
Espérons donc qu'il y aura bientôt un nouveau pas de fait vers un enseignement plus efficace de l'antialcoolisme, et une sanction imposée à cet enseignement.
Ce jour-là, la Province de Québec prendra place à côté de la France, de la Belgique, de la Norvège et des Etats- Unis dans l'éducation antialcoolique sérieuse de l'enfance et dans la régénération du pays par la formation de citoyens sobres et prémunis contre les dangers de l'alcool. Ajoutons que notre personnel enseignant réussira dans cette noble tâche beaucoup mieux que le personnel enseignant de certains autres pays, parce que chez nous il y a un élément de succès qui ne se rencontre plus partout : la religion et la morale chrétienne à l'école.