‹ De l'enseignement antialcoolique a l'ecoleChapitre 1 sur 11 · DE · texte numérisé non relu

DE

Par LE R. P. HUGOLIN, 0. F. M.

MONTREAT

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PAR LE R. P. HuGoux, Ô:F. M.,

au premier Congres de boranee de Montréal, <

Loue Partie ouest, tenu à Ville-Saint-Pierre,

le 25 octobre 1909.

RE Aie,

Ce ‘rapport a pour objet l’enseignement antialcoolique . à l’école. Ce n’est pas un programme que je présente; Je . désire plutôt rappeler [’ importance de cet enseignement et dire Rigitiative pre en d’ autres pays en se matière. “

È re possible et souhaitable de cet enseignement dans Pa-

Revenir.

Est-il besoin d’insister sur le rôle de premier ordre que ou tenir l'école dans la Me Ré aies Pour en

a : SR éducation en main, et je changerai Lie Se pect du monde, ”’ et la nécessité de former une génération sobres prémunie contre les séductions de l'alcool, et aguer-. É. rie Du les futurs cab ue Gel ennemi de notre.

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certains congrès antialcooliques comme celui-ci, mais de portée mondiale, comme je VIle Congrès international contre l’abus des boissons alcooliques tenu à Paris en 1809, on a prétendu amoindrir le rôle de l’école et mettre én doute l'importance de l’enseignement antialcoolique. Je me hâte d'ajouter, pour ne pas me donner l’air de chercher le paradoxe, que l'efficacité de l’enseignement spécial seule a été contestée, et encore était-ce avec des palliatifs tels que vraiment l’auteur de cette opinion risquée se trouve à plaider en somme en faveur de l’école. Je cite:

‘Il est inutile de vous démontrer que l'instruction, même l'instruction éducatrice, est très surfaite. Bien que: convaincu, moi aussi, que nous autres instituteurs nous pouvons avoir une grande influence sur les générations futures—pourvu que nous donnions notre cœur à nos élèves et les regardions et traitions comme nos enfants, — je ne suis pas assez naïf pour m'imaginer être plus puissant à la fois que l’hérédité et le milieu. L'influence de l'éducation est-elle si grande sur les enfants de dégénérés que par elle l’action de la dégénération s'arrête? Voici une question à laquelle je n’oserais pas répondre affirmativement.. Une nutrition et un habillement insuffisants, une mauvaise demeure, un traitement sans amour, ce qui est souvent le sort des enfants des prolétaires, et tant d’autres tristes circonstances ont un effet démoralisant et corrupteur sur le caractère de nos élèves. Si nous autres instituteurs nous étions en état de neutraliser ces effets dé-

moralisants, — ce serait superbe, pour l’enfant, pour la SOGICte et: ee pour notre propre vanité, mais j'ai grand”-

peur qu'il n’en soit pas ainsi!

‘Et c’est justement ce doute qui me fait voir tout de suite un grand danger en un parti qui attend tout ou presque tout de l'éducation à l’école, aussi dans notre lutte contre l'alcoolisme. Les hommes de ce groupe diront donc (et ils le disent!) : Si nous avons l’enfant, à nous Pa-

ue hors de là rien ne dos a et être fait pour ra propagation de la cause de la tempérance. C'était la crainte de ce ‘. danger-là qui me poussait à écrire déjà dans mon rapport

| = pour le Congrès de Bruxelles èn 1897: Que, pour cette raison, on ne dise pas toujours : l’école, l’école ! mais

__ qu'on commence par être abstinent soi-même et par gagner À son voisin ou son ami pour la cause, afin que le travail. des instituteurs soit vraiment prospère.—

. “Si nous nous efforçons sérieusement de chercher vrai- . ment pour l’enfant ce qu’il y a de meilleur, il nous faut

“ intervenir partout où se font sentir des influences nuisibles à l’enfant dans son corps et dans son Âme ct qui, à peut-être, le corrompent jusqu’au fond pour toute sa vie — Ds et pour beaucoup de vies après lui encore. Agissons aussi #00 ? sur les parents, afin que l’atmosphère dans laquelle l’enfant respire chez lui soit aussi pure que possible. Et 104 hésitons pas non plus à collaborer, de tout notre cœur de et avec dévouement, à tout ce qui peut faire de ces parents de véritables éducateurs.” (1) | D'où il ressort seulement que l’enseignement sans la

conviction et l'exemple des instituteurs et des institutrices serait un non-sens, et que l’enseignement, même soutenu te : ou sincères convictions et des parfaits exemples de ceux-là, ne suffirait pas à lui seul à nous justifier d'attendre tout er Hpême beaucoup de l’école, si les parents et l'entourage ee des enfants ne concourent à cette éducation à tout le moins __enne Jui nuisant pas, et si les citoyens ne coopèrent de

leur côté à la formation antialcoolique de l’enfance en

“5 à son nain moral.

api

Et l’auteur du rapport cité ne veut pas que l’on donne | une autre portée à ses paroles, ni qu'on le juge opposé en principe à l’action scolaire antialcoclique. Il nous en prévient :

‘‘Conclure de tout ce qui précède que je suis d'avis que provisoirement il faut renoncer à faire de la propagande parmi les enfants, serait tout à fait contraire à mon intention: mon travail à l’école et mes efforts pour per: suader à mes collègues de donner à leurs enfants l’exemple de l’abstinence sont là pour démentir une pareille conclusion. Avertir du danger qu’il y a à surfaire notre influence sur les enfants, voilà le but de cette introduction.

‘‘Assurément, à côté de la propagande pour les adultes il faut pour les enfants un avertissement sur le danger menaçant, il faut l’enseignement qui fait connaître l’ennemi, et surtout l'exemple de l’instituteur, qui seul peut donner force et chaleur à ses paroles et animer l’enfant à faire de même. Si ces deux pouvoirs, école et famille, collaborent, 1l y aura sans doute plus de chance pour que la génération future grandisse meilleure que la génération ACIDE ER se

Oui, l'idéal serait que l’école et la famille collaborent à la formation antialcoolique de l'enfance. Hélas! il n’en va pas toujours de la sorte, d’où les avertissements de M: Van der Woude. Et c’est sans doute par des préoccupations de même ordre sur l’influence pernicieuse extra-scolaire que doit s'expliquer le fait suivant.

Lors de l'enquête royale instituée en 1892 sur le Trafic des liqueurs au Canada, 300 circulaires furent adressées par les commissaires enquêteurs à tous les juges et magistrats du Dominion, personnages sans doute très éclairés. Ces circulaires portaient une série de questions, parmi lesquelles celle-ci qui nous intéresse directement: “Dans votre opinion, la diffusion plus générale de faits et d'informations parmi toutes les classes, par les écoles, les

t ive not option locale pour

* nr y eut 161 réponses, en fe LASER F0 70 aifirmeatives, 7 ; 46 négatives,

ne | 36 imprécises.

ré qui m'étonne, ce ne sont pas les 79 réponses favo- re : rables à l’ enseignement antialcoolique, ce sont les 46 qui 15 Jui préfèrent la prohibition ou même l'option locale, et les ; 36 qui ne savent que choisir.

Certes, enlever la boisson à un buveur est plus radical ie de l’amener à v renoncer en formant ses convictions. Reste à savoir si le moyen est aussi efficace. Pour ma ie part, je ne le crois pas. Mais je ne veux pas m'égarer ici

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dans une thèse anti-prohibitive. Au reste, on peut croire

que les 46 juges dissidents avaient plus en vue les adultes que les enfants dans leur préférence donnée à la prohibition, et que si on leur eût ainsi posé la question: “Croy- 2 ez-vous à l'efficacité de l'éducation antialcoolique ? DE EEE

LA 161 réponses il y eût eu 161 oui.

Et c’est bien le sentiment unanime des éducateurs et des tempéranciers militants. Pourrait-il y avoir deux opion ions sur un tel sujet ? Le our de vues ne DEUVRRE

“tout à ïe heure.

Au. reste, l'enseignement antialcoolique à été l’un des

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| Report of the : Royal Commission, 1805, p. . 56.

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nements ont compris le bien fondé de fleurs réclamations en décrétant cet enseignement, le pays se libère de façon indiscutable de la tyrannie de l'alcool.

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