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I. Édition de 1647, P- ^^7 e

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l'espagnol et dont quelques-uns sont entrés dans notre langue, on peut ajouter alcoran, dont on s'est avisé, seulement à partir du xviii* siècle, de supprimer l'article arabe pour en faire le Coran, ce qui faisait dire avec raison à Charles Nodier, fort opposé à toute innovation dans le langage : « Doit-on reléguer l'ancien nom de Valcoran au nombre des mots passés de mode? oui, si l'on ét^nd ce principe aux mots alambic, algèbre, almanach, et à leurs codérivés, autrement ce sera là une réforme inutile comme toutes les réformes partielles 1. »

Parfois d'ailleurs l'addition de al ajoute au mot primitif une nuance toute particulière : ainsi Valchimie et la chimie sont deux sciences fort différentes.

Nous avons déjà vu que les pronoms français ont en réalité trois genres, comme en latin, et qu'ils conservent des traces de déclinaison. Il importera d'insister dans la grammaire historique sur toutes ces particularités et d'expliquer par là beaucoup de faits importants qu'on ne remarque pas, ou dont on ne peut se rendre compte.

Autre s'emploie, soit comme sujet, soit comme complément ; mais autrui est toujours complément d'un verbe ou d'une préposition, et n'est jamais sujet d'une phrase. Cette forme indique un cas régime de notre ancienne langue ; et malgré

I. Examen critique des Dictionnaires de la langue française. — Paris, Delangle frères, 1829, in-8<>, p. 29.

les rcvolutions que celle-ci a subies, la persistance de son génie est telle, que l'emploi du mot n'a pas sensiblement varié, et que le plus ignorant n'oserait dire : u Autrui m'attaque, autrui me blâme. »

L'étude historiqne de la grammaire facilitera singulicrement la connaissance approfondie du verbe français.

Après l'avoir comparé au verbe latin, d'où il est presque partout tiré, elle nous fera connaître le petit nombre de points par lesquels il en diffère.

Le futur n'a aucun rapport avec le futur latin. Nul ne songerait à tirer d'amabo, j'aimerai, ou de Icgam, je lirai. Il a été créé avec beaucoup de régularité, mais par un procédé différent et tout particulier. Nous avons avancé qu'il se forme de l'infinitif français (page 43). C'est là un fait réel et non une invention grammaticale. Quand nous disons : fai à marcher, j'ai à lire, j'ai à recevoir, j'ai à rendre, il y a dans ces phrases une idée de futur; elles sont la transcription dans un ordre inverse du futur français qui se compose tout simplement du présent du verbe avoir ajouté à un infinitif : Je marcher ai, je lir(e) ai, je recevfoijr ai, je rendr(e) ai.

Le conditionnel , qui n'est point tiré non plus des langues classiques, s'est formé par un procédé analogue.

La connaissance de l'origine et de l'histoire des autres parties du discours, notamment des prépo-

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sitions et des adverbes, en précisera le sens, et guidera dans l'emploi qu'on en doit faire.

Sans multiplier ici outre mesure les exemples des applications de détail, contentons-nous d'indiquer la théorie de la négation, si obscure dans nos grammaires françaises, mais complètement élucidée par un excellent traité de M. Schweighaeuser*, mis à profit dans une large mesure par M. A. de Chevaliets.

Il en résulte qu'il n'y a en français que deux mots réellement négatifs de leur nature : ne et non.

Tous ceux qui s'y trouvent ordinairement joints, et auxquels on est porté à donner aussi une signification négative, ne la renferment pas en réalité en eux-mêmes.

Pas, point, dont nous nous servons tous les jours; goutte, qui s'emploie dans la locution familière ne voir goutte; mie, que La Fontaine nous a conservé dans le dicton picard qui termine Le Loup, la Mère, & l'Enfant 3 :

Biaux chires leups n'écoutez mie Mare tenchent chen fieux qui crie,

sont de purs substantifs qui désignent un espace fort restreint, une très-petite quantité de substance, et qui , à cause de cela , ont été choisis comme compléments de la négation.

1. De la négation dans les langues romanes du midi et du nord de la France. — Paris, Didot, 1852, in-S".

2. Origine et Formation de la langue française. — Paris, 1853-1857, 5 vol. in-80, tome III, page 324 et suivantes.

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