I. Voj-ez ci-dessus, pages 6 et
PTSSI^Sjj ANS l'immense exploration de notre V^ \t> V langue, entreprise depuis le commenw \>i\l cernent de ce siècle, et dont nous ^ rWàr venons de tracer la trop rapide CJ./o'.^JS)] esquisse, il y a eu bien des tâtonnements, des défaillances et des erreurs; encore aujourd'hui beaucoup de portions de cette tâche importante restent à accomplir; une observation plus attentive et plus délicate mettra en lumière des filons inconnus ou à peine soupçonnés. Néanmoins l'essentiel est fait ; et il est qrand temps d'introduire dans l'enseignement pratique et journalier les notions incontestables qui , exposées dans des ouvrages volumineux, ou mêlées à de longues polémiques, sont difficiles à étudier pour la plupart des lecteurs et surtout pour les jeunes gens.
Nous tâcherons de remédier à ces inconvénients à l'aide d'une suite de petits traités, rédigés d'après un plan commun. Ils contiendront pour chaque sujet particulier : le résumé de l'état actuel de la science, les principes essentiels, les conséquences qu'on en peut tirer; et ils feront connaître, par des exemples bien caractéristiques, sinon tous les
faits, da moins leurs sîries diverses et leurs catégories principales.
Nous aurons soin d'ailleurs de donner à la fin de chaque ouvrage, à partir de l'Histoire de l'origitie et de la formation de la langue française, une bibliographie étendue du sujet traité, afin que les esprits curieux, mis en goiit plutôt que rassasiés par ces études encore nouvelles, puissent facilement vérifier nos assertions, contrôler notre travail, et pousser leurs recherches au delà djs limites relativement restreintes que nous serons forcé de nous imposer.
Si on allègue qu'un enseignement de ce genre n'est pas absolument nécessaire dans toutes ses parties pour la simple intelligence de la langue actuelle, on ne saurait nier du moins qu'il aura l'avantage considérable de la rattacher plus étroitement à celle de nos grandes époques littéraires, et qu'il contribuera peut-être en quelque chose à discrJditer les phrases banales, les métaphores inexactes et les expressions exagérées. Il sera surtout de nature à rendre plus intelligibles les étrangetés apparentes de langage et de style des grands écrivains du xvi* et du xvii* siècle, il en expliquera les motifs ; et l'on ne sera plus exposé à croire, sur la foi des grammairiens, que nos plus illustres auteurs classiques ne savaient pas le français.
Sil en est ainsi, qui trouvera là de la superfétation et du luxe? Qui sera tenté de soutenir que savoir bien parler sa langue, être capable de
l'écrire suivant la portée de son intelligence, enfin entrer en communication directe et absolue avec les plus beaux génies de son pays, ne devrait pas être le but principal d'une éducation vraiment nationale?
Imprimé PAR J. CLAYE