‹ De l'enseignement du pianoChapitre 5 sur 108 · I. Ecole du mécanisme · texte numérisé non relu

I. Ecole du mécanisme

force et le parfait ensemble des mains forment la plus grande difficulté de l’étude des gammes. La cause de ce manque d’ensemble et de cette inégalité réside dans la main gauche qui, outre sa faiblesse relative, est, en général, moins exercée que la main droite. Pour rétablir l’équilibre entre les deux mains il sera donc utile, avant de les mettre ensemble, d’étudier la main gauche séparément et dans un mouvement très-modéré. » A cette recommandation je dois en ajouter une autre : celle de parcourir quatre octaves, afin que la gamme soit mesurée et que le temps fort tombe successivement sur le premier, le deuxième, le troisième et le quatrième degré. De cette manière on évite de placer sur la tonique un accent qui, se reproduisant de sept en sept notes, enlève à l’exécution d’une gamme la carrure et l’aplomb qu’elle doit avoir. Je crois inutile d’ajouter qu’il faut insister sur l’étude des quatre gammes mentionnées précédemment, gammes dans lesquelles le 3® et le 4® doigt occupent la position gênante dont j’ai signalé la cause.

J’arrive aux procédés particuliers par lesquels on parvient à triompher des obstacles qui peuvent se rencontrer dans une étude ou dans un morceau. Ces procédés varient nécessairement et il serait difficile de tracer ici des règles bien précises. Toutefois il est des principes dont on ne saurait s’écarter sans danger, et ceux que nous avons posés précédemment pour l’étude du mécanisme ici encore recevront leur entière application; tant il est vrai que pour acquérir un véritable talent il faut, préalablement, avoir surmonté toutes les difficultés matérielles que présente la gymnastique des doigts.

Avant d’étudier l’ensemble d’un morceau , avant d’en rechercher la meilleure interprétation, le style, la couleur, le caractère, il est un travail préparatoire tout à fait indispensable. Ce travail consiste à convertir en exercices tous les passages qui renferment une difficulté au point de vue seul du mécanisme. Ces passages seront étudiés lentement, quelquefois les mains séparées, et en comptant à haute voix, si la mesure

présente des complications de valeurs. Après les avoir pris un à un, on les réunira deux par deux, trois par trois, toujours lentement, jusqu’au moment où ils seront suffisamment sus pour pouvoir être enchaînés dans leur ensemble. Ces exercices préparatoires quelquefois même seront modifiés à dessein : tantôt en ajoutant une tenue, pour mieux délier les doigts rebelles; tantôt en retournant le trait, c’est-à-dire en étudiant le trait en descendant, s’il est ascendant, et en montant, s’il est descendant. Tout cela, pour être bien compris et bien rendu, demande^ non-seulement du soin, de l’application, mais, plus encore, de 1 intelligence et un certain esprit inventif. Je ne saurais trop recommander ce genre de travail ; et, je ne crains pas de l’affirmer, chez l’élève qui n’aura pas su s’y soumettre l’exécution manquera toujours de précision et de solidité.

Maintenant quel sera le nombre d’heures que l’élève emploiera chaque jour à l’étude du piano? Comment le travail sera-t-il distribué dans ce nombre d’heures?

A la première question on peut répondre qu’une heure par jour, partagée en deux demi-heures, suffira pour l’enfant qui commence l’étude de la musique, car il faut, avant tout, éviter la lassitude et le dégoût qu’elle fait naître invariablement. Mais, une fois que l’élève aura franchi les notions élémentaires, deux heures de travail deviendront nécessaires pour que ses progrès prennent un certain essor. Plus tard, quand il touchera à l’adolescence, si l’on découvre en lui une aptitude qui fasse pressentir, pour l’avenir, de brillants résultats ; s’il est doué d’un caractère ardent et sérieux tout à la fois ; si un attrait irrésistible le ramène incessamment à son piano; avec trois heures et même quatre heures par jour ces résultats, comme de raison, seront plus rapidement obtenus. Si, enfin, il se destine au professorat; s’il rêve de devenir, plus tard, un artiste distingué; s’il a l’ambition, bien légitime, de conquérir un grand talent, il trouvera, de luimême, l’emploi d’une cinquième et d’une sixième heure.

Examinons maintenant la manière de distribuer le travail dans le nombre d’heures que l’élève consacrera à l’étude du piano.

Pour l’enfant qui commence il n’y a rien à préciser. Seulement, — ainsi que je l’ai déjà recommandé, — il est indispensable qu’à son étude, nécessairement très-élémentaire, il soit assisté d’une personne qui suivra régulièrement les leçons du professeur, afin de mieux se pénétrer de son mode d’enseignement. Cette surveillance, pour être exercée utilement, demande beaucoup de douceur et une patience inaltérable.’

Le nombre d’heures, consacrées chaque jour au piano, doit être divisé en Etudes dont la durée n’excèdera jamais une heure et demie, afin d’éviter la fatigue et d’obtenir par là des résultats plus certains. Nous allons présenter, sous la forme de tableau synoptique, cette division par Etudes et, dans chacune d’elles, la distribution du travail de l’élève.

U' étude.

2® étude,

ire étude.

2* étude.

3® étude.

I rc étude.

2' étude.

3' étude,

I” étude, j 2® étude.

3e étude.

4' étude.

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