I. H. de Balzac
De l’influence des études musicales et du genre d’instruction nécessaire à un professeur.
On a dit et répété tant de fois que l’étude de la musique adoucit les mœurs, qu’il devient superflu d’insister sur une vérité si généralement admise. Cet art, — qui jouit de l’heureuse prérogative de ne pouvoir exprimer des sentiments bas ou haineux, — cet art, en effet, quand il est aimé avec ferveur, cultivé avec amour, étouffe en nous le germe des mauvaises passions, élève l’âme, l’améliore et la purifie. Shakespeare se prononce d’une manière peut-être trop absolue, quand il affirme que l’homme qui
est insensible au charme de la musique est, par cela même, fourbe et pervers h C’est aller, sans doute, un peu loin; car on peut très- bien ne rien comprendre à une symphonie de Beethoven, et, malgré cela, n’étre pas moins un parfait honnête homme. Pour rester dans le vrai, il faudrait présenter la question sous un autre aspect, et dire sans crainte d’énoncer une erreur ; cc Celui qui déteste la musique peut n’être pas méchant, mais celui qui l’aime, celui dont l’âme s’émeut aux accents d’une belle mélodie, celui-là est toujours bon. »