I. The man that hath no music in hitnself
Nor is not moved with concord of sweet sounds,
Is fit for treasons, stratagems, and spoî's;
The motions of his spirit are dull as night,
And his affections dark as Erebus :
Let no such man be trusted!
(Shakespeare. — The Merchant of Venice, — act. V, SC. I.)
L’homme qui n’a pas de musique en lui — et qui n’est pas ému par le concert des sons harmonieux — est propre aux trahisons, aux stratagèmes et aux rapines. — Les mouvements de son âme sont mornes comme la nuit, — et ses affections noires comme l’Erèbe. — Défiez-vous d’un tel homme ! (Traduction de François-Victor Hugo.)
ENSEIGNf’MKNT DU' PIANO
Si la musique exerce sur l’âme une action bienfaisante, l’étude de cet art, réduite à elle seule, n’étend pas, il faut bien le reconnaître, une influence aussi directe sur les facultés de l’intelligence. Cela s’explique ; la musique parle moins à l’esprit qu’au sentiment. Mais on ne saurait trop s’en convaincre, le sentiment est, tout à la fois, plus délicat et plus profond quand l’esprit est cultivé. 11 faut donc l’exercer sans cesse, l’orner, l’étendre, l'assouplir par l’étude, le fortifier par la méditation, et le rendre aAsi accessible à toutes choses. L’artiste véritablement digne de ce titre; celui qui, se plaçant à la hauteuii de sa mission, considère le professorat comme un sacerdoce et non comme un métier vulgaire, sera irrésistiblement entraîné, par 'ses tendances naturelles, dans cette voie intelligente et féconde. Une instruction variée deviendra pour lui la source intarissable des plus douces jouissances, En outre, cette instruction le rehaussera dans rappréciaflon de chacun, et l’entourera d’une certaine considération, trop souvent refusée
à celui qui se renferme uniquement dans l’exercice de sa profession. -
Ce principe admis, quelle sera la mesure, quel sera le caractère des connaissances particulièrement utiles à une personne qui a pour objectif l’enseignement du piano?
Nous supposons, tout d’abord, qu’elle possède le degré d’instruction répandu généralement dans les classes moyennes. Si ce n’est fait déjà, elle le complétera par l’étude d’une langue vivante, soit l’italien, Tallemand ou l’anglais, — cette dernière langue plus particulièrement, — car dans le nombre des élèves qui lui seront confiés, il se rencontrera souvent de jeunes Anglaises et de jeunes Américaines, pour lesquelles la démonstration en français pourrait quelquefois rester insuffisante.
Avant d’étendre et de généraliser ses connaissances, avant d’en élargir le cercle, un jeune professeur doit acquérir d’abord celles qui se rattachent directement à son art. La théorie musicale sera l’objet d’une étude approfondie!. Cette étude