AVANT-PROPOS
quité ont, avec raison, désespéré de réussir dans leurs recherches ; cependant ils ne se sont point rebutés, et la lassitude ne nous fera point abandonner les nôtres, Nous n’avons même d'autre dessein , dans ces discussions pour et contre, que de mettre à portée nos propres juges, d'en rer ou d'en exprimer quelque chose de vrai ou qui se rapproche de la vérité, La seule différence entr'eux et nous , c’est qu'ils se croient parvenus à la certitude , qu'ils ne doutent point de l'évidence de leurs principes ; tandis que nous trouvons beaucoup de choses probables que nous pourrions admettre aisément , mais que nous n’osons affirmer. Nous sommes plus libres et plus dégagés , parce que notre jugement est indépendant, et que nous ne sommes forcés par aucune nécessité de défendre impérieusement tout ce qu'on voudroit nous prescrire. Les autres se trouvent liés d’avoir pu choisir la meilleure opinion. Dans un âge encore trop foible, ou par déférence pour un ami, ou par les charmes de l’éloquence du seul maïtre qu'ils ont d’abord entendu, les jeunes gens,
qui, sans lumière, jugent de ce qu'ils ne con-
AVANT-PROPOS. iij
noissent point , se crampon nent à la première secte, comme à un rocher sur lequel la tempête les auroient jetés. Ils ajoutent foi, disent:ls, à un homme qui leur paroït un sage; je les approuverois s'ils pouvoient être juges des sen tences d'Hippocrate, sur lesquelles { ou je me trompe fort) les praticiens les plus expérimentés sont seuls juges compétents : mais supposons nos jeunes élèves en état de prendre un parti, ce ne seroit qu après avoir tout écouté, après avoir passé en revue toutes les opinions ; au contraire, ilsen jugent d’après les discourset l'autoritéd’un seul homme. Je ne sais comment la plüpart des médecins aiment mieux se tromper, et défendre opiniâtrément le système qu’ils ont embrassé, que d'examiner sans obstination, la doctrine la plus constamment d'accord avec elle-même.
Dans le premier Mémoire, nous ferons connoître impartialement , par les discussions des points les plus importans de la science, l’utiité mdispensable d'un cours spécial de la doctrine d'Hippocrate ; dans le second, nous citerons textuellement les lois et réglemens qui ont été proposés pour le perfec-
iv AVANT-PROPOS.
tionnement de l’art médical. En m'étayant de tous les titres qui me donnent des droits à l'estime et à la bienveillance de mes collègues, je me suis cru suffisamment autorisé de leurs témoignages, pour embrasser la défense de l’une de nos institutions , dont la suppression est un deuil pour l'humanité, J'ai repoussé toutes les attaques inconsidérées des adversaires de la doctrine du vieillard de Cos ; mon unique desir sera toujours de faire fructifier les progrès de la science, ét de réunir sous la bannière d'Hippocrate , tous ceux qui se consacrent à l’art de guérir. Si jai réussi dans cette noble tâche, je dirai, avec un poète célèbre :
Exegi monumentum aere perenrius.
Horar,
AVE AQAAUUVUVUVUVVV