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DE LIE'GE DÉCEMBRE

Que l'on désapprouve les vues que j'ai exposées dans ma dernière brochure, intitulée : Considérations sur ï organisation des collèges \ cela ne m'étonne point ; cela ne devait pas m'étonner. On peut combattre mes vues, ai-je dit ', mais non suspecter mes intentions.

Mon but constant est de contribuer, autant que je le puis, à fortifier les études moyennes. Si d'autres ont à cet égard des vues meilleures que les miennes, qu'ils les fassent connaître, et mon but n'en sera pas moins atteint.

Aussi avais-je pris la résolution de m'abstenir de toute polémique à ce sujet, me soumettant d'avance au

' Louvain, octobre, 1845.

** V. plus haut p. 82.

jugement qui serait prononcé entre mes critiques et moi. Malheureusement je n'avais pas tout prévu. Que l'on juge de ma surprise, lorsque je trouvai ma pensée dénaturée, travestie, couverte même de ridicule, et cela dans an journal qui s'adresse à des milliers de lecteurs, dont la plupart n'auront sans doute jamais l'occasion de jeter les yeux sur ma brochure. Que faire en pareille circonstance, sinon réclamer auprès du public et le prier de ne pas me juger irrévocablement sans m'avoir entendu ?

Voici les faits. Ayant acquis la conviction que les études moyennes étaient généralement faibles dans notre pays, je publiai en 1B42 quelques réflexions sur ce sujet. J'avais pour but de signaler les causes de cette faiblesse et d'indiquer les moyens d'y remédier. Je fus amené naturellement à parler de la méthode à suivre dans l'enseignement, et je me permis de donner à cet égard quelques conseils que moi-même j'avais mis en pratique dès 1823. Parmi ces conseils il s'en trouvait quelques-uns que j'avais recueillis de la bouche d'un de mes anciens professeurs ; mais je ne fis pas mention de cette circonstance, pensant que le moment n'était pas venu de prononcer le nom d'un homme, dont le souvenir pouvait blesser encore la susceptibilité de plus d'un de mes lecteurs.

En 1843, M. Marlin, dans une lettre à M. J. Gendebien, osa écrire ces lignes ^ : «.... Telle est aussi l'opi- « nion du célèbre Jacotot,que nous ferions mieux d'étu- (( dier, mais d'étudier profondément, que d'accabler de « nos dédains superbes.» Aussitôt je résolus d'unir ma

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voix à celle cruii homme distingué, professeur de rhétorique, préfet des études dans un des collèges le plus renommés de notre pays. J'adressai donc quelques ynots à M. Marlin pour le féliciter, et en môme temps je déclarai tout ce que je devais de reconnaissance à M. Jacotot. Mais je ne m'arrêtai pas là. Je me hasardai à demander si, en présence d'une tombe, les préventions nombreuses, que l'on avait nourries depuis un quart de siècle contre M. Jacotot, ne perdraient rien de leur vivacité, et si l'on ne consentirait pas à étudier de sang froid des maximes, qui avaient, il est vrai, été présentées sous des formes paradoxales, mais qui pourtant pouvaient n'être pas sans valeur. Enfin je fis entrevoir le parti que, selon moi, les professeurs des collèges pourraient tirer de la méthode de Jacotot. J'étais imprudent peut-être ; et cependant le petit nombre des journaux, qui voulurent bien rendre compte de ma seconde brochure, ne dirent mot de M. Jacotot.

Au mois d'octobre de la présente année, je proposai quelques modifications à introduire dans l'organisation des collèges et je m'attachai à démontrer que ce plan de réforme était propre à fortifier les études moyennes. Or, quel était à mon égard le devoir d'un critique sincère et éclairé ? c'était, me semble t-il, d'examiner ce plan, d'en faire ressortir les avantages et les inconvénients, en un mot, de l'approuver ou de le désapprouver. Or, écoutez : « M. Baguet voudrait une réforme « dans l'enseignement moyen, réforme basée sur le « système de Jacotot, connu sous le nom ^ Enseigne- « ment universel. » Tel est le commencement d'un article assez étendu que renferme la dernière livraison du Journal histoynqiie et littéraire.

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Me voilà donc jugé par un écrivain, chez qui d'anciennes préventions se sont tout-à-coup ranimées, et ce jugement sera colporté dans tous les coins du royaume et mis sous les yeux d'un grand nombre de personnes qui ne me liront jamais. On répétera : « M. Baguet veut appliquer le système de Jacotot à (( l'enseignement moyen, » et tout sera dit.

Il faut être juste cependant. Je ne me suis pas entièrement trompé lorsque j'ai supposé que l'acharnement des adversaires de Jacotot s'était un peu calmé. Je n'ai point oublié l'article qui parut le 9 août 1823 dans le n"" 188 du Courrier de la Meuse. Il commençait ainsi : « De tous les livres"que nous avons lus, depuis « que nous lisons des livres, le livre de M. Jacotot ^ « est le plus amusant, le plus ennuyeux, le plus utile, (( le plus inutile, le plus extraordinaire, le plus com- « mun, le plus important, le plus frivole, le plus riche, (( le plus pauvre, le plus humble, le plus orgueilleux, {( le plus court, le plus long, le plus nouveau, le plus (( vieux, le plus sage, le plus fou, et, pour tout dire en « un mot, le livre de M. Jacotot réunit tout. » Voici la fin de cet article : « Fort bien, diront nos lecteurs, « mais en résumé qu'est-ce que Yenseignement imiver- (( sel ? A cette question nous nous trouvons extrême- « ment embarrassés et ce n'est pas sans raisons. a M. Jacotot dit lui-même que ce n'est pas dans son « livre qu'on peut l'apprendre, et que pour s'en former « une idée nette il faut assister à ses leçons. Que nos « lecteurs veuillent donc bien nous excuser, car nous c( n'avons pas assisté aux leçons de M. Jacotot, et,

' Intitulé : Langue maternelle.

« comme ce bon maître nous avertit qu'il ii en sait pas « plus que nous, il est probable que nous n'y assiste- « rons jamais. »

Rapprochons de ces extraits un passage de l'article du Journal historique et littéraire et Ton mesurera aisément l'intervalle qui sépare le langage de 1823 du langage de 1845 (p. 340). « Nous le répétons, il eût mieux valu peut-être ne pas rappeler certaines singularités de l'enseignement universel et laisser dormir jusqu'au nom de M. Jacotot. Il y a, dans sa méthode, des principes vrais, excellents, d'une application facile et sûre. S'attacher de préférence à un auteur choisi, l'apprendre par cœur, le comprendre parfaitement non-seulement en gros mais aussi en détail, y rapporter d'autres auteurs, comparer sans cesse, se rappeler à mesure qu'on avance ce qu'on a déjà vu et entendu, voilà sans doute les exercices infiniment utiles et qu'on peut conseiller à tous les maîtres indistinctement. Combien de fois n'avonsnous pas eu l'occasion de les recommander nousmêmes, ou de recommander les ouvrages écrits d'après cette méthode ? En général les personnes qui ont bien appris une langue, qui savent 1 écrire avec pureté et avec aisance, sont arrivées par des exercices de ce genre au but qu'elles ont finalement atteint. C'est en choisissant bien leurs modèles, en s'y attachant, en les copiant de leur main, qu'elles se sont familiarisées et identifiées avec eux, qu'elles ont fini parles imiter avec succès. Cette méthode n'avait donc, au fond, rien de nouveau, et les maîtres vraiment dignes de ce nom ne l'ignoraient pas avant l'apparition de M. Jacotot et de son enseignement

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« universel. Du reste, c'est en faire l'éloge suivant « nous, et c'est ainsi que nous l'entendons. Mais « c'était une raison en même temps pour recommander « les exercices vraiment utiles de cette méthode, sans « rappeler les bizarreries et les exagérations dont elle « s'était montrée accompagnée. »

Arrivons maintenant, continue le Journal historique, à la troisième brochure de M. Baguet. — Un moment, s'il vous plaît ; concluons une trêve, avant de recommencer la lutte. Vous accordez qu'il y a des exercices vraiment utiles, infiniment utiles dans la méthode de Jacotot et qu on peut conseiller à tous les maîtres indistinctement ; ne l'oubliez ^as. De mon côté, pourvu que je sois personnellement justifié à vos yeux de ce que je nai 2^cis laissé do7-7nir le nom de M. Jacotot, je passe condamnation sur le reste. J'avoue que j'ai eu tort de 7'appeler certaines si7igidarités de Ve^iseigyiement universel et les bizarreries et les exagérations dont cette méthode s'est montrée accompagnée. J'en conviens ; j'aurais dû attendre encore un quart de siècle.

Nous voilà donc, Monsieur l'éditeur, en position de nous entendre. Il ne me reste plus maintenant qu'à prouver que dans le compte que vous rendez de ma troisième brochure vous dénaturez ma pensée. Je vais tâcher de suivre vos raisonnements.

J'avais posé comme fait que les collèges dans lesquels on enseigne spécialement le grec et le latin ne suffisent plus aux besoins de la société actuelle. Vous n'admettez pas cette assertion ; vous l'appelez une suppositio7i et vous affectez de supposer à votre tour que j'ignore que les collèges (dans le sens que vous donnez à ce mot) sont spécialement destinés à l'ensei-

gnement des langues anciennes. Ce n'est là qu'un malentendu.

Plus loin vous avancez que je blâme le mode de distribution des cours en six ans ; que je ne blâme que cela ; que cependant je ne dis pas s'il y a trop de classes ou s'il y en a trop peu ; qu'enfin je consens à conserver le nombre fatal de six. Vous deviez après cela, Monsieur, m'envoyer aux petites maisons. Vos lecteurs en savaient assez sur mon compte ; ou plutôt il fallait continuer et conclure ainsi de ces prémisses : « la réforme que M. Baguet propose n'est donc pas « une réforme, puisque tout reste sur le même pied. »

Vous donnez, dites-vous ensuite, le plan que j'ai tracé des trois cours de langues anciennes ; mais votre lecteur qui ignore que, voulant être court dans le tableau qui renferme ce plan, je renvoie à ce que je dis plus loin relativement aux matières faisant l'objet des études pendant chacune de ces trois années, répétera avec vous : toujours la grammaire latine et la grammaire grecque, toujours Xénophon et César, César et Xénophon et rien de plus. Autant valait dire que je fais mention quelque part d'un collège où l'on n'enseigne que Télémaque, Cornélius Nepos et Xénophon.

Je dois dire, en passant, un mot de cet établissement ; c'est du collège de Dinant que j'ai voulu parler. C'est à propos de ce même collège que j'ai dit ' que l'on avait essayé de distribuer l'enseignement de chaque branche en un certain nombre de sections, en n'assignant chacune de ces branches qu'à un ou deux professeurs. Je ne doute pas, ai-je ajouté, que cet essai ne

* V. plus haut Réflexions sur renseig-nement moyen, p. 3G.

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réussisse et qu'il ne soit possible de l'étendre avec fruit à d'autres établissements. Vous avez soin (p. 338) de me rappeler ce passage de ma première brochure et de terminer avec complaisance vos citations par ces paroles : « Nous regrettons que M. Baguet ne nous ait « pas fait connaître aujourd'hui les résultats obtenus « dans le collège dont il s'agit ; car les faits parlent « toujours plus haut que les préceptes et les conseils. » Je répondrai franchement qu il n'y a pas eu de résultats obtenus, par la raison bien simple que l'autorité supérieure de laquelle dépendait le collège dont il s'agit n'a pas jugé opportun de mettre à exécution le plan qui avait été arrêté-pour 18^1:2 et que je croyais déjà réalisé. C'est par suite de cette circonstance que les professeurs de cet établissement, voulant obtenir, autant que possible, les avantages qu'ils s'étaient promis de la nouvelle distribution des cours, s'astreignirent à observer rigoureusement la mesure d'après laquelle, dans les ditïerentes classes, toutes les connaissances acquises se rapportent à un seul auteur principal pour chaque langue. Quoi ! Monsieur l'éditeur, vous qui vous êtes tant occupé d'enseignement, est-ce sérieusement que vous semblez méconnaître l'avantage d'avoir des professeurs spéciaux dans les collèges ? Pourquoi donc l'Athénée de Bruges (vous le savez) n'a-t-il qu'un professeur de grec, deux professeurs de français et trois professeurs de latin, malgré la distribution des cours de langues anciennes en sept années, distribution contre laquelle je m'élève de toutes mes forces ?

J'arrive à la conclusion que vous tirez de l'exposé de mon plan. Il en résulte, dites- vous, que les cours de

langue maternelle et de mathématiques seraient de six ans et celui des langues anciennes de trois ans.

J'avais dit très-clairement que, d'après mon projet, il y aurait dans l'enseignement moyen deux degrés, deux sections distinctes, se succédant l'une <à l'autre, et que la langue maternelle serait la base de l'enseignement dans la première section. C'était en ce sens aussi que j'avais dit, ce qui vous effraie, que la langue maternelle, après avoir servi de hase à V enseignement primaire, serait encore le pynncipal objet de Vétude dans les collèges.

Je croyais avoir fait entendre non moins clairement que la base de l'enseignement dans la deuxième section (je ne me suis pas occupé des sections industrielles, commerciales, etc.) serait l'étude des langues anciennes. Et, parce que je recommande de continuer des exercices de rédaction en langue maternelle pendant les trois années de la deuxième section, vous concluez que dans les collèges réformés d'après mon plan le cours de langue maternelle serait de six ans !

En outre, parce que j'ai présenté une répartition des cours de mathématiques dans les deux sections, de manière à satisfaire aux exigences des différentes carrières dans lesquelles on voudrait entrer soit au sortir de la première section, soit au sortir de la seconde, vous dites que le cours de mathématiques serait de six ans ! Vous n'ignorez cependant pas que ce cours de mathématiques, quelle qu'en soit la division, n'empêchera aucunement que la langue maternelle dans une section, comme les langues anciennes dans l'autre, ne soit l'objet principal des études.

Vous le voyez. Monsieur l'éditeur, je ne fais qu'user

de mon droit de défense en montrant combien ma pensée se trouve dénaturée dans votre journal. Car je me soucie peu que vous blâmiez, par exemple, les exercices de rédaction en langue maternelle, dont je demande la continuation pendant les années consacrées spécialement à l'étude des langues anciennes. Il est d'ailleurs peu de vos lecteurs, j'en suis certain, qui diront avec vous que nous savons déjà en grande partie la langue maiernelle en inettant le pied au collège ; il en est beaucoup au contraire qui ne me reprocheraient même pas de demander (ce qui n'est pas dans mon plan, comme vous le supposez,) une étude de six années entiers pour la langue maternelle.

Je le répète, combattez mes vues, mais ne me prêtez pas des pensées qui ne sont pas les miennes. Je vous laisse libre après cela de ne point approuver l'explication que 'dans ma deuxième brochure j'ai essayé de donner du principe de l'égalité des intelligences, explication que je pouvais cependant étayer d'une autorité que vous respectez sans doute \ Mais je me suis contenté d'une simple explication, parce qu'il me suffisait pour le moment de pouvoir dire aux professeurs,. comme je l'ai dit en etfet (p. 21) : a Vous ne pouvez vous résou- « dre à admettre comme principe Végalité des intelli- « gences, malgré l'explication donnée ? eh bien ! essayez « d'agir avec vos élèves comme si ce principe était « vrai, et vous verrez quels beaux résultats vous obtien- « drez. »

A votre tour, vous me laisserez sans doute libre de ne pas admettre avec vous (p. ;^39) qiien fait d^éducation

' S. Thomas d'Aquin.

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et cV enseignement, pour faire quelque chose de bon, cest précisément du principe contraire qitil faut partir.

En ai-je dit assez, Monsieur, pour prouver que ceux de vos lecteurs (et le nombre en sera grand) qui ne me regarderont qu'à travers votre journal me verront entièrement travesti ? Et ne suis-je pas en droit de dire avec la loi romaine : incivile est 7iisi totâ lege perspectâ de partibiis legis judicare et respondere?

Vous savez mieux que moi qu'il suffit souvent de détacher un passage d'un écrit quelconque, de l'isoler sans même y changer une seule lettre, pour mettre ce passage dans un faux jour et le faire juger défavorablement. Eh ! n'est-ce pas ce que vous faites, lorsque (p. 342) vous présentez hors de son cadre une pensée qui n'est plus que ridicule ? la voici : « entre autres avan- « tag^s qu'on retirerait, suivant lui, de la réduction (( des cours de langues anciennes, il fait observer qu'elle « serait de nature à calmer l'exaspération que tant de « personnes manifestent encore de nos jours contre le « grec et le latin. »

Mais ce n'était pas assez pour vous de saper successivement toutes les bases de la réforme que j'ai proposée ; pour l'anéantir complètement et d'un seul coup, vous faites jouer la mine. Ah ! Monsieur, que vous connaissez bien vos lecteurs, lorsque vous posez ces questions (p. 343) : « Croit-on que les lettres auraient « à se louer d'un semblable changement ? Pense-t-on « que Ieducation morale y gagnerait ? » A ces questions vous répondez : « Nos réflexions se pressent ici « en foule ; mais il nous sera permis de nous en mon- « trer sobres aujourd'hui. » Et moi aussi je dirai en présence de pareilles insinuations : mes réflexions se

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pressent en foule, et le lecteur intelligent comprendra pourquoi je m'abstiens de les exprimer.

Nous voici à la fin de votre article. Je ne terminerai pas sans vous remercier de la bienveillance avec laquelle vous regrettez vivement de ne pouvoir adopter la réforme proposée par un professeur d'un mérite éminent, de devoir au contraire la repousser de toutes vos forces. Bien plus ; je consentirais volontiers à paraître au pied de votre tribunal, prêt à répondre à l'interrogatoire qu'il vous plaît de me faire subir, si cet interrogatoire n'était pas entièrement hors de la question. Que mes lecteurs en jugent, le voici ; il fait suite à votre phrase que je viens^e reproduire : « Sans entrer « à ce sujet dans une discussion que nous croyons « inutile, nous osons prier M. Baguet d'observer que, (( vu sa position ancienne et sa position actuelle, on ne « manquera pas d'en appeler à sa propre expérience. (( M. Baguet, dira-t-on, a occupé la première place au « collège de Louvain ; a-t-il appliqué sa réforme à cet (( établissement ? A-t-il manqué d'autorité pour cela ? « M. Baguet est aujourd'hui professeur de langues « anciennes à l'Université catholique ; est-ce d'après le « système de l'enseignement universel qu'il donne ses « cours ? Se borne-t-il à l'explication d'un auteur a unique soit latin soit grec ? Il y a un collège spécia- « lenient attaché à l'Université de Louvain ; n'est-ce « pas là qu'il faudrait commencer par introduire la (( réforme, pour la montrer ensuite avec ses résultats .« à nos petits séminaires et à tous nos collèges ? »

Je le demande, que font ici et ma position ancienne au collège de Louvain et ma position actuelle à l'Université catholique ? Les vues que j'ai émises sur l'ensei-

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gnement moyen sont-elles bonnes ou sont-elles mauvaises ? Voilà le véritable terrain de la discussion. Que puis-je donc voir dans les questions qui me sont adressées sinon des insinuations nouvelles que je ne me permettrai pas de qualifier ? En ce qui me concerne personnellement, est-il nécessaire que je dise que dans ma carrière professorale je n'ai jamais eu et je ne puis jamais avoir d'autre autorité que celle d'adapter à mes cours particuliers la méthode d'enseignement, au moyen de laquelle je crois pouvoir le mieux remplir le mandat qui m'est confié ?

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