‹ De l'enseignement primaire en BelgiqueChapitre 42 sur 59 · CHAPITRE VI. — RÉSULTATS SCIENTIFIQUES ET MORAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — RÉSULTATS SCIENTIFIQUES ET MORAUX

mais il ne faut pas leur accorder trop d'attention , car en général les concours n'ont qu une valeur administrative.

Il faut attacher plus d'importance au résultat pratique de l'enseignement. Sur le chiffre des enfants qui avaient quitté l'école , en 1863 , 33.6 ^o , en 1866 , 32. 1 7o seulement (un tiers à peu près) avaient fait un cours complet d'études. Pour diminuer l'impression fâcheuse que ces chiffres pourraient laisser dans l'esprit du lecteur , il importe d'observer qu'ils ne prouvent pas que les deux autres tiers des élèves aient quitté l'école totalement dépourvus d'instruction primaire (lecture, écriture, calcul élémentaire).

Le recensement, fait au 31 décembre 1866 , a donné, quant à l'instruction primaire , des résultats inattendus. Qu'on en juge d'après le tableau suivant que j'extrais du grand travail de la statistique officielle, qui paraîtra prochainement :

Provinces.

Habitants sachant lire et écrire.

Habitants.

Proportion par 100.

Habitants ne sachant pas lire et écrire.

Habitants

Proportion par 100.

Luxembourg . .

Namur ....

Anvers ....

Liège

Brabant ....

Limbourg . . .

Hainaut ....

Flandre occidentale Flandre orientale .

Le Royaume . .

Plus de la moitié de la population serait donc pion-

DE l'enseignement PRIMAIRE DEPUIS 1842. 301

gée dans l'ignorance primaire. S'il en était réellement ainsi, il importerait de porter à un tel mal des remèdes énergiques ; et , je n'hésite pas à le dire , s'il était démontré que les moyens persuasifs restent stériles ou inefficaces, l'intérêt suprême de la société légitimerait l'introduction de l'enseignement obligatoire pour les enfants âgés de sept à quatorze ans.

Je ne sais sur quelles bases les statisticiens officiels ont établi leurs calculs. J'ignore, par exemple, s'ils ont compris parmi les habitants ne sachant ni lire ni écrire les enfants qui ont atteint « l'âge d'école » et qui forment un contingent considérable de la population. Dans tous les cas , pour diminuer l'importance morale du mal que le recensement a révélé au point de vue de la loi de 1842, il convient de déduire du chapitre de l'ignorance primaire les enfants qui n'avaient pas l'âge de sept ans et les habitants qui avaient dépassé l'âge de quarante ans en 1866, parce qu'ils avaient quatorze ans en 1842, à l'époque où la loi sur l'enseignement primaire fut promulguée. Je suis persuadé qu'en faisant ces réserves , on obtiendrait, dans la statistique générale, des résultats plus consolants.

Depuis longtemps , on juge des progrès de l'instruction primaire par le degré d'instruction dont font preuve les citoyens appelés au tirage au sort pour le service militaire. Voici un tableau complet pour la Belgique depuis 1840 :

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