De l'enseignement professionel A. Corbon
Pour deux raisons qu’on ne manquera pas de trouver excellentes, le petit traité qui suit est fait exclusivement en vue des professions manuelles.
La première de ces raisons est que l’enseignement professionnel fait bien plus défaut aux enfants des classes ouvrières qu’à la jeunesse destinée aux professions libérales.
La seconde raison, plus solide encore que la première, est que l’auteur' n’est pas compétent pour apprécier l’enseignement professionnel offert à la jeunesse lettré.
Cela dit, le traité en question est divisé en deux parties, — l’une, pour montrer comment, sous l’effet d’influences fâcheuses^ le travailleur ne sait pas ou ne veut pas faire emploi normal de ses facultés, — l’autre, pour montrer comment les facultés du jeune travailleur pourraient se développer et s’employer utilement sous l’influence d'un bon enseignement professionnel préparatoire.
Ce livre s’adresse tout à la fois aux ouvriers soucieux de l’élévation des classes laborieuses, et aux personnes qui, dispensées de faire œuvre de leurs dix doigts, sont néanmoins sympathiques aux travailleurs de la main.
Il soulèvera probablement, en dépit du sentiment qui l’a dicté, plus de réclamations de la part des ouvriers, qu’il n’obtiendra d'adhésions, il est certain qu’il Froissera plus d’un gros préjugé ayant cours dans l’atelier ou dans la ferme; mais, outre que les préjugés, de leur nature, ne sont guère respectables, ceux dont il sera question ici ne le sont à aucun titre. L’essentiel est que, tout en protestant. Je travailleur fasse son profit de ce qui est dit dans ce petit livre ; car tout ce qui y est dit tend directement à augmenter, sous tous les rapports, la valeur des classes
laborieuses Si, en fin de compte, l’ouvrier
trouve blessantes certaines affirmations, rien ne l’empêchera de s’octroyer un certificat d’exception, pourvu qu’il reconnaisse l’exactitude du fait affirmé, en ce qui touche le grand nombre, et qu’il se sente disposé à réagir contre certaines tendances professionnelles qui infériorisent le peuple travailleur.
Si, en dehors de la classe ouvrière, ce petit livre parvient aux mains de personnes qui puissent, à un titre quelconque, favoriser les progrès de l’enseignement accessible aux enfants des masses laborieuses, il leur fournira peut-être d’utiles renseignements et des raisons suffisantes pour les déterminer à s’occuper, sans retard, de l’amélioration et de l’extension de l’enseignement professionnel préparatoire. C’est-à-dire qu’il leur offrira l’occasion de prouver la sincérité de leur sympathie pour les masses ouvrières, en môme temps que leur amour du bien public.