‹ De l'enseignement professionel A. CorbonChapitre 13 sur 13 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

J’ai peut-être trompé l’atlenle de certaines personnes qui, naïvement, s’imaginaient trouver dans ce petit livre un enseignement complet des professions diverses. Je renvoie ces personneslà aux nombreux et volumineux Manuels qui existent eu librairie. Il n’est jamais entré dans ma pensée de résumer ceux-ci dans un petit ni dans un gros volume, par la raison toute simple que je tiens pour parfaitement illusoire l’enseignement professionnel par les livres, et pour sérieux seulement l’enseignement pratique.

On trouvera peut-être aussi que je ne suis pas entré suffisamment dans les détails de l’organisation de l’enseignement pratique dans les écoles primaires et secondaires; mais, outre qu’il est bon de laisser aux esprits préoccupés de cette

qiieslion le soin de chercher les moyens divers d’application, j’avais, pour mon compte, mieux à faire.

J’avais h mettre en lumière certains faits et certaines possibilités qu’une longue expérience })Ouvait seule me révéler.

j’avais donc à mettre en évidence :

Premièrement, les influences principales qui s’opposent au développement et à la mise en valeur des facultés de la jeunesse ouvrière ;

Secondement, les faits tendant à constater la irès grande insuffisance de mise en valeur des facultés de V homme considéré comme producteur ;

Troisièmement, des preuves nombreuses que I homme, au travail, s’il vaut moins qu’on ne croit généralement, pourrait valoir beaucoup plus que ne supposent même ceux qui ont la meilleure opinion de la valeur humaine ;

Quatrièmement enfin, l’efficacité d’un enseignement professionnel pratique, accessible aux enfants de toutes les classes sociales, tant pour développer les facultés physiques en général, que pour solliciter la révélation des aptitudes particulières, et en préparer la sérieuse mise en valeur.

En deux mots, j’ai voulu faire apprécier rénorme quantité de forces perdues, et indiquer le mo^Tn le plus puissant pour arrêter cette incroyable déperdition des valeurs humaines.

Je m’csiimcrais fort heureux si j’avais réussi h frapper les esprits de ce fait déplorable et de cette consolante possibilité.

J’aurais voulu pourtant ajouter à mon travail, pour le compléter, un chapitre consacré à l’éducation simultanée des trois ordres de facultés do l'homme, pour montrer comment ces facultés sont étroitement solidaires, si étroitement solidaires que les incultes ne permettent pas aux cultivées d’arriver à leur développement normal. J’aurais eu là l’occasion et le plaisir d’attaquer encore un gros préjugé fort enraciné dans lo monde savant ; mais le temps me manque et la place aussi.

Concluons donc que l’enseignement de tous les degrés doit s’adresser avec la môme sollicitude aux trois ordres de facultés, et qu’en particulier renseignement professionnel pratique est un excellent moyen de combler la grosse lacune de renseignement ordinaire.

Je ne reviendrai pas sur les difücultés matérielles de l’organisation d’un pareil enseigne-

nient. Il n’est plus d’obstacles insurmontables ' depuis qu’on a mené à bonne fin tant de gigantesques ' entreprises, devant lesquelles celle-ci est vraiment une petite affaire. Mais fût-elle plus grosse, qu’il n’ÿ aurait nulle raison d’y renoncer. Lorsque nous voyons, par exemple, qu’on ne recule pas devant la nécessité d’aller à six mille lieues chercher le guano, ni devant ce travail inouï du drainage, pour mettre la terre en valeur, nous ne saurions croire qu’un veuille marchander toujours les moyens, beaucoup moins coûteux, de mettre en valeur les facultés créatrices de toutes choses.

Mais il faut d’abord des exemples qui édifient complètement la puissance sociale, et si ce petit livre pouvait inspirer la pensée d’en créer, j’esliiuerais que je n’ai pas tout à fait perdu mon

temps...

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