CHAPITRE PREMIER
LES PRÉPARATIONS A l'iNTÉRIEUR
Ce sont sans doute les préparations les plus éloignées du but, les plus indirectes aussi, elles ont d'ailleurs l'avantage d'être en même temps utiles pour d'autres résultats qu'elles cherchent ; aussi on les voit plus rarement figurer dans le programme pacifiste ; c'est pour ce motif que nous y insisterons davantage, car elles nous semblent très topiques et fondamentales ; c'est par les infiniment petits que le monde a été formé et se renouvelle tous les jours, c'est de même par l'imperceptible, Pinitial et le quotidien que les grands mouvements sociologiques qui éclateront ensuite vibrent et se propagent. Jusqu'à ce moment-là, les efforts sont vains, le succès reste apparent et artificiel ; au contraire, lorsque l'idée intérieure s'est élaborée, son extériorisation, sa réalisation, vient surprendre par sa sùrclé et sa rapidité extrêmes.
DB LA SOT.UTIOIt PACIFtSTS Q^
Voici, suivant nous, les principales préparatioas internes i u Iriomplie de l'idée pacifiste.
" Ln préparation scolaire.
11 faut commencer par le commencement, comme dirait ^ M. Prudhomme, rien de si vrai que ce truisme. Pour in-vl culquer une idée, idée pour ainsi dire à long terme, dans ■ l'esprit d'un peuple, on doit prendre chaque individu tout enfant pour faire sur sa pensée une impression durable; aucun argument vicLorieuï, aucune leçon de choses et d'expérience ne pourrait plus tard équivaloir à cette impression première qui reste gravée pour toujours. On désapprend difficilement ce qu'on a appris dans sooçnfauce ; or. il s'agit ici de désapprendre, car parmi la science bienfaisante on a appris quelque chose de mauvais qui a, pour ainsi dire, passé dans le sang, c'est ce que nous allons facilement démontrer ; par là m^me on a oublié d'apprendre ^^^ne chose salutaire, à la Fois d'instruction et d'éducation. ^^BI ne faut pas s'étonner si plus tard, devant des esprits ^Hansi façonnés, l'idée paciUsle rencontre une grande ré- ^^Bltance, souvent invincible, d'autant plus que ces éduca- ^^Rons s'accumulent héréditairement et que l'enfant porte dans sa ment;dilé le poids de tous les préjuges, non seulement qu'on lui a enseignés, mais qu'on avait enseignés
lO DE l'ensemble DES MOYENS
à son père et à son aïeul, poids qu'il ne peut plus soulever. En vain, d'autre part prêchera-t-on la vérilé pacifiste aux adultes; s'ils ont enseigné le contraire à leurs enfants, l'œuvre sera vaine, il faudra à chaque instant la renouveler, comme ce travail que la fabuleuse Pénélope avait le soin de détruire chaque nuit. C*est par l esprit de Venjanl qu il faut commencer les réformes profondes.
Mais en quoi son éducation est-elle contraire maintenant à l'idée pacifiste et comment pourrait-on y faire pénétrer celle-ci ? Il ne s'agit pas d'ailleurs seulement de celle donnée à l'école, mais de celle antérieure et de celle postérieure qui se puisent dans la famille même.
Partout aujourd'hui, ce que l'on cherche, plus ou moins consciemment, à inspirer à l'enfant, c'est l'admiration pour la guerre, le mépris de la paix, et ce qui est plus dangereux, c'est qu'on mêle à ces idées pernicieuses les plus nobles sentiments. Si ce mélange n'existait pas, un peu de réflexion de sa part, la pitié, une certaine paresse mêlée de terreur prendraient peut-être le dessus, mais il a honte de les écouter, car le courage et l'humeur belliqueuse lui semblent indivisibles. Ce qu'on exalte devant lui par les propos, les jouets, les jeux, ce sont les exercices violents qui rappellent le soldat ou la bataille ; le jouet, classique pour ainsi dire, fut longtemps le tambour, la trompette, le sabre ; il est encore belliqueux, mais déjà tempéré par l'in-
. SOLUTIO>i I>\CI1'ISTK
tlrodnclioii du joucl scienlifiquc. Dons Ica l'coIcs et les col-
I, leeoijpdcpoingest cnlionnciir, c'est le minimum de
Bianifestationdcla comLalivïté; il se convertit plus tard en
iriinadea. I.cs revues sont les grands spectacles que parfois
VWme les adultes préfèrent à lous les autres. On a dit
^souvent que l'enfance est cruelle, rien de plus exact, et
^cette cruauté est excitée encore par l'imagination guidée
! seus, par la tolérance des maitres, par le sourire
Piîndulgent des parents, par l'admiration des camarades.
%e plus fort est plus estimé par tous que le plus savant.
(Cependant celte force ne s'exeicc pas de la façon la plus
loyale, c'est-à-dire contre un plus fort ou un autre enfant
3e force égale; ainsi que, plus lard, le plus fort clierche k
frapper le plus faible, et souvent plusieurs se réunissent
îontre un. Ce n'est pas tout. L'instruction elle-même,
LS.sa direction générole, se tourne du cùté de la guerre.
y exalte le courage, ce qui est exceUent, mais surtout
ourage physique, vaniteux et retentissant, non le yè-
agtable héroïsme ; il implique la cruauté et par le mélange
^'une vertu et d'un vice dans la plus pernicieuse mixture,
1 intoxique l'idée morale; les deux éléments étaient
iôurtant parfaitement séparables, comme nous l'établirons
k TLeure. La conséquence est que le pacifisme va
lemblcr entaché de lâcheté, c'est-îi-dirc de ce qui, à bon
répugne le plus h l'homme dès renfancc. Un nuire
mélange non moins vénéneux, c'est celui qui se fait entre l'idée de guerre et l'idée de patrie. Quoi de plus beau que cette dernière, et de meilleur, de plus moralisant pour l'enfant, ainsi que pour l'homme ! D'autre part, quoi de* plus démoralisant et de plus sauvage que l'idée de la guerre! Et cependant, de par l'éducalion donnée, elles vont se trouver indissolublement unies et pour la vie ( tière. Le pacifiste, l'ennemi de la guerre, apparaîtra comme un mauvais patriote, ce qu'il n'est pas, et, au contraire, le militarisme sera la profession supérieure et les vertus n litaires, les suprêmes vertus. A cûté du courage, de la pa» trie, ou plutôt au-dessus, régnera l'honneur, point l'bonncur en général qui est la Une Heur de la vertu ot ^ l'héroïsme, mais un honneur spécial, souvent faux, tout cas ostentatoire et orgueilleux, qui fait fonclion de remplacer tout le reste, celui du duelliste, de l'homme qm joue sa vie et celle des autres par une indifférence bnitalt ou par une exaltation momentanée, non avec réflexion ( sacrifice. Cette trilogie, le courage, la patrie, Vlionnear^ qui bien comprise est ce qu'il y a peut-cire de r en l'homme, est déformée, retournée, devient la boussole du mal de deux façons, en ce qu'elle n'est plus q rodie d'elle-même et en ce qu'elle exclut l'iiltruiime et le fond de celui-ci, la pitié.
Telle est l'éducation faite à l'enfant, elle détermine ëcB
ydée.s poiiv tniilc la suilc dt- sa vie. Si. plus tard, la raison,
n'cxpérjencc lui enseignent le contriiire. il les écoutera un
, on le croira convaincu, mais par un esprit de
"retour, pour ainsi dire raécanirjuc, il reviendm Lût ou
tard aux impressions premières.
Ce n'est pas seulement l'éducûtlon, c'est l'instruction roprement dite qni est en ce sens. Ce qu'on apprend 'a fènfant dons l'hisloire, ce n'est ni l'évolution des inslituni la biographie' des savants et des hommes ver- , mais toujours et uniquement les batailles, les sièges, S conquêtes, les invasions, les brillants Taits d'armes, la Eie des généraux et des j>uerriers illustres ; le reste n'csiste Bst reléf;ué il un airière-plnn qu'on peut à peine apercevoir. De nos jours, il est vrai, on a modifié ce programme, mais seulement dans l'enseignement secondaire et ;e sens que l'histoire n'est plus seulement la biographie hommes, mais c'est là tout. Ce qui apjiaratt k cbaque e de l'hisloiro exicmc au moins, c'est le général et le at ; le monarque lui-mâme passe avec un simple nom ne simple date, s'il n'est pas ou s'il n'a pas été général ou prou. Le livre scolaire fourmille de descriplions Wgiqucs que l'élÈve ne comprend m^rne pas, niais 1 admire de confiance cl qui le suggcstionne^it, d'aut plus qu'on lui en cacbe tous les cùtéa sombres jwur lui on laisser \oii' que les côtes lumineux ; les armées
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marchent dans la gloire, on ne s'aperçoit pas qu'elles s'avancent aussi dans le sang. S'il faut narrer quelque fait cruel qu'il serait trop partial de taire, on le raconte en deux ou trois mots « telle ville a subi les maux de la famine pendant le siège et ceux d'une épidémie, elle a été prise après un vif combat, puis mise à sac, on a passé tous ses habitants au fil de répée » et c'est tout ; c'est a l'imagination de l'élève h développer. Il ne développe pas. Il ne regarde pas non plus le champ de bataille qui, pour lui, n'est couvert qu'en bloc de morts, de mourants et de blessés. Il semble qu'ils vont tous ressusciter bientôt ; ils sont tombés avec grâce, majestueusement et morts d'un seul coup. On n'insiste pas sur leur agonie, on ne les voit pas écrasés sous les pieds des chevaux ou sous ceux de leurs propres camarades dans un sauve-qui-pcut sauvage. 11 n'est question ni d'ambulances, ni d'amputations. C'est ce qu'il faut voiler et on le voile tout à fait. Il n'est pas étonnant dès lors que l$i guerre n'ait, pour l'enfant, pour le jeune homme, que du prestige. Sans doute, il sera plus tard désabusé, mais, malgré l'expérience, ce qu'on lui a enseigné, il l'enseignera à son tour. Au collège, ces idées sont un peu tempérées depuis quelque temps, parce que l'intelligence s'ouvre d'elle-même et qu'à coté du livre classique il y en a d'autres qui découvrent les vérités cachées, mais il n'en est pas ainsi à Técole ; le préjugé reste entier
ins le moimiro corri'ctif, c'i'st < it demeuri: si cliaiivin ci que, n
•p qui lail que le peuple
iDlf^Ti' In fonction de clialr
à canon qu'il y remplil, il aime et admire la r;iierre, ce
qui est un des plus grands ohslades a lelallisseniont de
la pnix. C'est ce qui l'ail, d'autre part, que, dons les classes
dites dirigeantes, au sortir du collège, le rêve unanime
est d'entrer aux dcolea spéciales qui aboutissent k la ma-
rine de guerre cl à l'aimée. Ce sont les seules professions
^aristocratiques et toutes les autres ne sont considérées,
■ miïme les plus honorables, que conlme un refuge pour
(ceux qui auront échoué là définit ivemcnl.
lié bien f c'est cette éducation, cctl« instruction qu'il
Maut changei' avant tout au collège et encore plus h l'école
P,6t ce doit être l'œuvre du professeur et surtout de I insli-
iuteur. A cepoint de vue, ce dernitr a Lulre ks mains
Kl' avenir du monde; s il pii>clie la pai\ la paix régnera
l^bientùl; s'il adinire et lait admuur la gueirc, s d rcsie
même indifférent, la pni\ ne régnera jamais ou elle le fera
Q temps si éloigné que ce terme disparait au dclJi de
l'horizon social.
Mais comment fera-t-il pour y parvenir? Deviendra-t-il Erapôtre de la paix ? Nullement, car il doit partout et taup jours rester neutre. On ne lui demandera que deux points i las agir, même virtuellement, en faveur de la [guerre; a" rétablir partout la vérité. L'un et l'autre se
I>E t EWSEMBIB DUS MOYEtfB
tiiTinenl. Tout J'alxiril, îl fera jeux, ni dans leurs leçons, i
1 sorte ([lie ni dans iei dans leur conduite, élÈvcs ne soient guidés par la gloriole militaire, le prestïfl de la force, l'amour du panache el du bruit. On n admirera plus dans leur combalivilé. On ne leur nriett^ plus iiicessaniuienl sous les yeux les images éclatantes d champs de bataille, des revues, des costumes chamarië On ne leur vantera plus sans cesse la gloire des comball l'avancement rapide en cas do guerre, la faveur dontfl monde entoure celte sélection traditionnelle et légendairi Ou estimera davantage et aussilAt ils estimeront, i fant imite, les héroïsmes d'un autre emploi, on prérére celui qui sauve à celui qui tue, à courage égal et même g courage inégal, car le premier est pur de toute cniaui L'altruisme, le dévouement utile, le sacrifice, les v civiles apparaîtront à leur tour. A càté du courage d on ne doit pas cesser de faire l'éloge, la pitié vicndj prendre une place. Le moindre acte de cruauté sera | primé et surtout blâmé. L'nme de l'enjaid sera
Voilà ce qui concerne' lV(iuca(ion. L'œuvre de Vin tion ne sera pas moins grande. 11 faut tout d'abord t truire la confusion pernicieuse qui s'est faite entre l'a' de la guerre ei sa cruauté d'un côté, et le courage, le i trintismc. l'honneur de l'autre, et démontrer r le raisonnement que par des e.icraplcs combien il (
dp dîlTi'rpTirc cnirc l'fs (lru\ groupes ; tnnt qu'on ne l'aura pas fait, tous ics enVirts seront vains, car c'est i 'apparence d'une verlu ijui proltgc le plus loufftonips un vice. Dans ce but on distinguera avec soin les uns des autres le pur courage physique voisin de la cruauté et le courage moral, le chauvinisme et le patriotisme, lo fnuï point d'honneur cl l'honneur vrai. Par exemple, le courage du sauveteur qu'on ne récompense c<?pendnnt que dp décorations InfArieurcs. n'est'it pas aussi grand que le courage militaire ? 11 en csl de même de celui du médecin quand il risque sa vie pour guérir et du savant qui compromet aussi la sienne dans la recherche de découvertes scientifiques: aujourd'hui ces .vertus semblent pAles, parce qu'elles ne sont pas maculées do sang, mais cette tache est-elle donc nécessaire^ Le vrai patriote aime mieuit sa pairie et lui est plus utile que le chauvin qui la compromet. Enfin l'honneur est certes ce qu'il y a do plus exquis pour l'homme, mais, comme toutes les choses esquises, il subit des contrefaçons à cause de cette qualité même, l.e Taux point d'honneur est bien plus admiré que l'honneur véritable ; il a ses institutions cruelles ou pui5rites : le duel, la lionle des positions lionnftM ot médiocres. Lorsqu'on aura fait partout ce di^part, l'enFant le fera à son tour et n'admirera plus ce qu'if doit mépriser, ne mépriwra plus ce qu'il doit admirer. De ce côti^ encore sa mentalité sera recliliée et comme reconstruite.
i8 DE l'knsemule des moyens
Ce n'est pas loul. Parmi loules Jes sciences il en csliinc qui, au point de vue podagogicpie en particulier, a une importance extrême, Tliomme s'y voit comme dans un miroir ; c'est elle qui donne les plus frappantes leçons de choses. Il suffit de rechercher tout ce qu'elle contient pour avoir toute la vérité morale, et comme corollaire, toute la honte. Elle parle dès qu'on l'écoute et elle va tout dire, mais ce qui est grave et ce qui est un vice de l'instruction, on l'empcche de parler, que dis-je, celui qui la raconte redit souvent le contraire de ce qu'elle a dit, ou plus exactement tait la moitié de ses paroles. Nous avons indiqiié comment cela se réalise, en ce qui concerne la guerre, lié hien ! il faut renverser un tel état. Qu'on laisse enfin parler Vliistolre librement, et bientôt l'auréole militaire aura disparu, la guerre n'aura plus aucun prestige et le terrain sera déblayé pour fonder la paix. Le livre scolaire, l'enseignement oral du professeur et de l'instituteur dévoileront les dessous, de la guerre, ses horreurs de toute sorte, son immoralité, dans la mesure où on peut la raconter, sans doute, h des enfants, mais sans entièrement la taire, ses cruautés, ses injustices, ses hontes, ses h\chetés. 11 suivra le soldat depuis son entrée sur le champ de bataille, décrira ses transes, ses pitiés, ses fureurs nécessaires, la griserie de la poudre sans laquelle il ne pourrait s'élancer, l'obligation de tuer pour no pas vive tué, la
DE LA sOLLiTioN i'Ar;iFiSTE 19
t- clievaiiclirp sur les mouranis. les attaques dp, dix contre un, les embuscades et les pièges tendus, la fusilladedirigi'e J'en baut par les masses armées sur des soldats sittii^s plus bas sans aucune défense possible, les cris, les imprécations plus vraies que les mots dits historiques, les fuites sans vGi'gogne, les soldats (inint les uns sur les autres et sur leurs cliefs, l'enlèvement du diatiip de bataille, les mourants placés au-dessus des morts ou au-dessous, la soif, la fièvre, les amputations, les tronçons d'hommes, le désir de mourir, la terreur de souffrir encore : plus loin les prîft-vations et les horreurs d'un siège, les assauts, la princ, la (Bise à sac ; les balles pénétrantes causant d'horribles blcs- I, tournant dans lu chair conime la vis dans l'écrou, n, a supprimées verbalement et qui toujours repaissent ; ailicui's. les inolTensifs atteints h leur taur sous H^ille prétextes, parce qu'ils cachent les leurs ou défendent Eeurs vivres ou sont voisins de corps francs ; la faim et la jronnaut l'œuvre de la guerre. Voilà ce qu'il rimera décrire, ou la vérilc dissimulée se vengera par la per- [fiétuité de cette guciTe.
De n'est pas seulement du présent qu'il faut faire
elte peinture evuclc ; on doit plonger dans le passé où la
kideur est plus complète. Ce n'est que depuis peu de temps
juerre ne se fait que de soldat à soldat. Autrefois
»lle englobait la population tout entière. Les enfants, les
LENSEMJILE DES MOYENS
l'emmrs y preniiictit pari... passivement, on se vengeait sur OUÏ de la résUtance de l'ennemi. En oulre. la gutsre ' était plus cruelle ; si elle détruisait moias rapidement, elle : faisait plus soulïrir, et il j avait entre elle et celle i derne la même différeoce qu'entre la douleur et la mort, a cette dernière vaut incomparablement mieux. Le tableau 1 de la guerre dans l'histoire est donc encore plus sombre | que celui de la guerre en actualité. Du reste, nous ve tout 11 l'heure que ce n'est pas seulement à l'école qu'ellsl pourra être combatlue efllcacement par sa seule description. 1
Mais une objection naît tout de suite et des plus gra Quelque désirable que soit l'avènement de la paix, ai de pouvoir l'obtenir, il faudra bien se défendre en d'attaque et sauver sa patrie. Comment le pourra-t-a on démantèle le courage ? Avec celle éducation pacifiste, J l'enfant devenu adulte ne voudra plus se battre, on Iq^ aura donc seulement inspiré une dangereuse Iftcbelfi. ' aura désarmé d'avance les siens en Ips exposant et en s'i posant à tous les coups. Une telle éducation doit de suivre et non précéder raboittion de la guerre.
Nous ne le pensons pas. Sans doute, si cette éducation ne comprenait que l'borreur du péril, elle sérail malfaisante, mais elle ne devra impliquer que l'horreur de lo cruauté, ce qui est bien différent. Le maître inspirera à l'onfant, de la manière la plus vive, son admiration pour
k SOLDTIOV PACIFISTE
[fous les autres actes de courage, ceux, par uxciiiplo. de iauveUge aujourd'hui un peu dédaignés. Le courage civil, D courage stolcjue, passif d'abord, aclif à l'occasion, sera I sommet de l'édiGcc moral, mais toujours en Kjompagaie de la pitié, vertu qui n'est pas de moindre valeur. liCa occasions ne manquent pas de l'exercer ni de la muer. Bien plus, parmi ces exercices de courage entrera ie de la patrie comme le plus saint des devoirs, 9 la défense seulement, là se trouvera la limite préis doute, en Ikit, il est souvent difficile de distinpier entre la guerre offenaivc et la guerre déicnsive, mais l'agit ici du principe. On fera ressortir toute l'horreur fi l'attaque, tout l'héroïsme de la défense. Grâce à cette Çiptilsion, l'opinion publique n'admettra plus bientôt que if guerre strictement défensive, ce sera un pas important r l'abolilion totale de la guerre.
" Lejournat, te n
, k lltcâlre el l'histoire.
[ Noua avons insisté sur l'éducation et l'instruction paci-
e de l'enfant el du jeune homme, parce que c'est IJi,
antnous, le point essentiel de la préparation à l'abo-
n de la guerre. Mais il s'agit aussi de préparer la gé-
t«tion présente dont l'éducation est terminée. D'autre
irt, il ne faut pas croire que l'éducation mentale cesse au