‹ De l'entéro-anastomoseChapitre 19 sur 47 · OE · texte numérisé non relu

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conséquence du résultat immédiat de l'opération ellemême. Ou l’on s’attaque à des néoplasmes, et la question de succès immédiat se double et se complique d’une question de survie.

Quels que soient les résultats immédiats d’une entérectomie suivie d’entérorraphie pratiquée pour un cancer de l'intestin, il ne faut pas oublier les chances possibles d’une récidive qui, après quelques semaines, quelques mois au plus d’une guérison apparente et trompeuse, aménera la mort du patient. Les observations d’entérectomie pour tumeur maligne de l'intestin, dans lesquelles les opérès ont conservé pendant un certain temps une santé parfaite, un état général excellent, sont rares. Nous ne trouvons guère parmi les faits publiés que les cas suivants : chez une opèrée de Martini, la guérison se maintenait après 53 mois : dans un cas de Wolkmann, la mort par récidive n’est arrivée qu’un an et demi après l’excision d’un carcinome de PS iliaque : l’opérè de Bryant a fait, au bout d’un an, de la récidive dans la plaie de son anus artificiel : Maydl a vu, chez son malade, la mort venir après un an : le fait de Reybard, le premier en date et l’un des plus beaux, comporte une survie semblable : un malade de Bloch, opéré pour un cancer de VS iliaque, succombe onze mois et demi après l'intervention à un cancer secondaire du foie. Cet exposé des résultats de lentérectomie pour cancerne sont pas faits pour encourager le chirurgien dans cette voie.

Parmi les faits publiés comme cas de guérison complète, il n’en est pas un d’ailleurs qui ne tombe sous le coup de la critique, et l’on à vu assez souvent des

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erreurs de diagnostic sur la nature de la tumeur, pour conserver un doute sur les plus évidents. La sûreté du diagnostic n'est que relative, et les cas ne manquent pas, de tumeurs intestinales considèrées tout d’abord comme malignes, et qu’un examen ultérieur plus sérieux et mieux conduit a révélées comme étant des tumeurs bénignes ou des produits inflammatoires évoluant localement sans donner naissance à des lésions de voisinage et ne pouvant récidiver après ablation. Cest ainsi que s’expliquent la plupart des guëérisons durables que la statistique moderne a recueillies pour le compte de l’entérectomie. Hochenegg (1) a publié un fait de ce genre, dans lequel une tumeur du cœcum isolée dans la cavité abdominale par un procédé spécial après résection et iléo-colostomie, diminua suffisamment dans la suite pour qu’on pût en faire l’ablation.

Bouilly a communiqué, le 11 juillet 1887, à la Socièté de Chirurgie, l'observation d’une femme opérée avec. succès au mois de dècembre 1886, pour une tumeur du cœcum considérée comme étant un lymphadènome. En juillet 1891, c’est-à-dire 4 ans après l’opération, la malade était en excellent état. Mais quelque temps après, dans un mémoire communiqué de concert avec Hartmann à la société anatomique, Pilliet, après avoir repris l’examen de la pièce, reconnaissait qu'il s'agissait d’une tuberculose lymphoïde du coœcum.

D'ailleurs, quels qu’en soient les résultats éloignés, l’entérectomie, considérée au point de vue de ses seuls

1. Hochenegg. Communicat. au Collège médical dé Vienne, 12 février 1894,

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résultats immédiats, est une opération d’une gravité réelle et dont les consèquences immédiates sont loin d’être simples et bénignes.

Bien que les perfectionnements apportès aux procédés opératoires aient avantageusement modifié les statistiques d'autrefois, en permettant de réaliser dans des conditions d’antisepsie meilleures, avec des sutures plus parfaites et une rapidité plus grande, la délicate opération de l’entérorraphie et les sutures intestinales dans leurs diverses modalitès, si nous considérons les statistiques publiées récemment, nous voyons cependant que l’entérectomie, entre les mains de Billroth et de Czerny, a donné une mortalité de 59 pour 100 dans les obstructions chroniques.

Czerny, cité par M. Jalaguier (1), a fait 9 opérations d’entérectomie pour rétrécissements ou cancers, avec 4 guérisons et 5 morts.

Au congrès de Berlin de 1890, puis dans un mémoire publiè en 1891, et comprenant les résultats de 124 opéraions sur l’estomac et l'intestin pratiquées à sa clinique, de novembre 1878 à juin 1890, Billroth (2) donne les chiffres suivants : |

41 résections de l'intestin grêle pratiquées par Billroth, Von Hacker, Salzer, Von Eiselsberg, ont toutes été suivies de succès. Mais il faut dire que sur les 11 opérations 9 furent faites pour des anus contre nature d’ori-

1. Jalaguier. Art. Occlusion intestinale. Traité de chirurgie. 2. Billroth. Loc. cit. et Doyen. Arch province. de chirurgie, 1592. M. der, Contribution à l'étude de la chirurgie de l'estomac et de Vin-

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