‹ De l'entéro-anastomoseChapitre 6 sur 47 · RÉTRÉCISSEMENTS DE L’INTESTIN · texte numérisé non relu

RÉTRÉCISSEMENTS DE L’INTESTIN

L’étude des rétrècissements de l'intestin et des symptômes auxquels ils donnent naissance est de date récente, et malgré les nombreux travaux publiés sur le sujet, on n’a pas fait entièrement la lumière sur les difficultés du diagnostic, diagnostic sur lequel reposent tout entières les indications opératoires dans leurs nombreuses modalités. Nous allons chercher à préciser les éléments de ce

diagnostic d’après les observations récentes que nous avons pu recueillir.

Les rétrécissements de l'intestin doivent être divisès en deux classes :

Les rétrécissements simples ; Les rétrécissements cancèreux.

Les rétrécissements simples sont d’une variêté infinie, les traumatismes, les étranglements herniaires, les ulcérations des entèrites chroniques et de la dysenterie, la Syphilis et surtout la tuberculose sont les causes principales qui peuvent les déterminer. Les rétrécissements

tuberculeux entrent pour une large part dans cette énumération. Cest ainsi que Czerny a pratiqué trois fois la résection intestinale pour des rétrécissements tuberculeux de la valvule ïiléo-cœcale, et Billroth, a également résèquè six fois le cœcum dans des cas d’occlusion dus à des lésions tuberculeuses. Mais parmi les rétrécissements simples, il est une classe toute spéciale, remarquable par son étiologie et les interventions opératoires qu’elle réclame : l’étude en remonte à quelques années à peine, et les observations en sont rares : ce sont les rétrécissements qui succèdent aux invaginations chroniques guéries spontanément. Dans son Traité de pathologie Kæœnig (1) signale ce fait : « On voit, dit-il, certains individus recouvrer une santé parfaite à la suite de l’invagination, tandis que chez d’autres il reste des rêtrécissement de l'intestin se manifestant par des rétentions de matières fécales, des diarrhées, des coliques. » Dans sa thèse de 1878. Rafinesque (2) écrivait : « Un procédé de guérison, que Rilliet était tenté d'admettre pour réel, et que quelques faits tendraientà faire accepter est le suivant : La rétraction et l’atrophie des cylindres invaginès arrivent à ne plus produire qu’un rétrécissement du calibre de l'intestin compatible avec la vie. » Et il en rapporte quatre observations, une de Rilliet, une personnelle, une de Velpeau et une de Nicaise.

Dans son Ætude sur l'intervention chirurgicale dûns

1. Kœnig. Traité de pathologie. T. if, p. 298. 2. Rafinesque. Etude sur les invaginations intestinales chroniques,

Th, Paris, 1878.

l’invagination chronique, M. Boïffin (1) a rapporté uncas de ce genre, où une invagination, survenue dans l'enfance et guërie spontanément, avait laissé un rétrécissement cylindrique, fort long, amenant des accidents tardifs d’obstruction. Dans un second cas, les troubles remontaient seulement à quelques mois.

Un autre mode de rétrècissement se rencontre quelquefois. Dans les typhlites et pérityphlites chroniques, les lésions de voisinage marchent de pair avecles lésions intestinales. Le cœcum s’immobilise dans la fosse iliaque, et la région iléo-cœcale tout entière est englobée dans le processus inflammatoire. Les brides cicatricielles, les adhérences multiples rendent alors impossible une intervention radicale que réclament les troubles digestifs, les accidents d’obstruction, les suppurations chroniques et l’état général du malade.

Il est encore un autre genre de rétrécissements qu’on ne saurait passer sous silence. Ce sont les rétrécissements qui succèdent aux hernies étranglées et qui peuvent se produire de deux façons: ou, au niveau d’un point . de sphacèle untravail lent de cicatrisation et derétraction cicatricielle consécutive, détermine une diminution du calibre de l'intestin, ou les deux parties de l’anse étranglée sont accolées par des adhérences développées entre les tuniques séreuses juxtaposées : il en résulte une coudure, et le bout supérieur se remplissant de matières et comprimant par sa distension le bout inférieur, ferme le passage aux contenta intestinaux. A la Société de chi-

Page 1