‹ De l'entéro-anastomoseChapitre 9 sur 47 · Hausmann. Du cancer de l'intestin. Thèse Paris · texte numérisé non relu

Hausmann. Du cancer de l'intestin. Thèse Paris

trophie compensatrice: une dilatation qui peut devenir considérable s'établit lentement, à moins que la forme chronique ne se change brusquement en obstruction aiguë. Cette sorte de poche peut s’enflammer et s’ulcèrer au contact prolongé des matières, et, en dèterminant une inflammation de voisinage, provoquer la formation d’adhérences péritonéales, qui rendront la résection problèmatique ou impossible, D'autre part l’extrémité inférieure de l'intestin dans toute la partie située au-dessous du rétrécissement subit le sort de tous les organes soumis à un moindre travail. Le cours des matières étant en partie interrompu, elle se rêtracte et s’atrophie, si bien qu’après avoir pratiqué lentérectomie, alors que le chirurgien se prépare à réunir par entérorraphie circulaire les deux bouts divisés, la différence de calibre est telle qu’il en résulte des difficultés considérables pour l'exécution de cette opération.

Dans les cas de rétrécissements cancéreux, le mêsentère est envahi par le processus morbide: des noyaux cancéreux se développent dans les ganglions et dans le péritoine. Enfin, si une occlusion aiguë éclatant brusquement n’amène pas rapidement la mort, la généralisation se fait et la cachexie cancèreuse emporte le patient.

Il importe donc, lorsqu'on se trouve en présence d’un cas de rétrécissement de l’intestin d’établir aussi rapidement que possible un diagnostic exact, afin de prévenir par une prompte intervention, les complications localeset générales qui se produisent fatalement tôt ou tard. Cest la principale condition de succès de l'intervention chirurgicale, c’est aussi sa pierre d’achoppement ; car, si les

moyens ne manquent pas, pour la suppression de Pobstacle, encore faut-il arriver à temps pour que l'application des procédés opératoires soit possible, sans faire courir au malade des dangers sérieux, et lui assurer encore une guérison durable. C’est en raison de l'insuffisance de leurs connaissances surla symptomatologie desrétrécissements intestinaux que les chirurgiens d’autrefois n’ont rien mis en pratique pour leur traitement, et que beaucoup de médecins d'aujourd'hui privent leurs malades de l'intervention salutaire. C’est grâce aux études récentes qui ont révélé cette symptomatologie, que l’ona pu réaliser de nos jours les opérations considérées autrefois comme des tentatives insensées et criminelles, et procurer à un nombre considérable de malades la guérison radicale autrefois inconnue.

Cette connaissance des symptômes des rétrècissements est de date récente. Alors que les lèsions anatomo-pathologiques étaient connues dès le commencement de ce siècle, c’est de nos Jours seulement que date l'étude sérieuse de la symptomatologie.

Il est des rétrécissements intestinaux qui évoluent silencieusement, et ne révèlent pendant longtemps leur existence que par des troubles digestifs vagues qui ne permettent pas de poser de prime abord un diagnostic exact. Des observations nombreuses prouvent en effet que dans bien des cas il n’y a aucune relation directe à établir entre le rétrècissement de l'intestin ei les phénomènes

observés. Rafinesque (1) l’a montrè pour l’'invagination

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