‹ De l'Entorse Interne du Genou: Arrachement du ligament latéral interneChapitre 4 sur 23 · DU MÊME AUTEUR · texte numérisé non relu

DU MÊME AUTEUR

Retrécissement syphilitique de la trachée (Société médicale des Hôpitaux, 13 mars 1906).

Retrécissement de l’uretère {avec le Dr Collet. (Soc. des sc. médicales, 23 mars 1906).

Tumeur de la dure-mère, probablement due à un goître métastatique (En collaboration avec le Dr Porot. Province Médicale 1906).

Occlusion intestinale au coùrs d’une tuberculose iléo-cæcale; ulcérations gastriques probablement tuberculeuses (Avec le Dr Desgouttes (Lyon Médical 1907).

Pyonéphrose tuberculeuse sur un rein unique. Absence d'utérus (Soc. des Sc. méd., 2a mai 1907).

Actinomycose de la joue (Soc. nat. de Médecine, 11 novembre 1907).

Tumeur bizarre siégeant à la partie antéro-interne de la cuisse gauche (Soc. sc. méd., décembre 1907).

Gastrectomie pour cancer (Soc. sc. méd., janvier 1908).

Salpingo-ovarite suppurée et suppuration pelvienne ; castration abdominale totale exclusion du petit bassin (Soc. sc. médic., 12 février r908).

Entorse du genou par abduction et rotation externe avec arrachement de l'insertion supérieure du ligament latéral) interne (Gangolphe et Thévenet. Soc. sc. méd., 8 juillet

A Re

Sporotrichose (Villard, Bonnet et Thévenert. Soc. sc. méd., 18 nov. 1908).

Tumeur de l'ovaire(Soc: sc. méd., 20 mai 1908).

Fracture sus malléolaire (Soc sc. méd., 1" juillet 1908).

Hydronéphrose calculeuse s'accompagnant d'ictère par compression et simulant une tumeur du pancréas. Néphrectomie trans-péritonéale (Soc. sc. méd., 17 février 1909).

Deux cas de lithiase du cholédoque (Soc., des sc. méd., 10 février 1909).

De la prostatectomie sus-pubienne en deux temps. Cystostomie préalable. Prostatectomie secondaire (En collaboration avec le Dr Molin). (Bulletin “rédical, 1907). |

Les pleurésies dans les maladies du cœur (Revue générale). (En collaboration avec le D' Roubier). (Gaz. H6p).

Abcès extra-dure mériens (Revu2 générale). (En collaboration avec le D' Roubier). (Gaz. Hôp. 1a06).

Les abcès symptomatiques du cancer du gros intestin (rectum excepté) (Revue générale, Gaz. H6p 1908).

Contribution à l'étude de la jéjunostomie (En collaboration avec le D' Delore). (Archives générales de Chirurgie 1908).

Traitement de l'anus contre nature (En coliaboration avec le Dr Delore). (Lyon Chirurgical 1908).

Des résections intestinales dans la hernie étranglée (En collaboration avec le D Delore). (Revue de Chirurgie 1909).

Entorse dugenou par abduction et rotation externe. Arrachement de l'insertion supérieure du ligament lateral interne (En collaboration avee le D' Gangolphe). (Revue de Chirurgie 1909).

Ï. — INDRODUCTION. — HISTORIQUE

Dans cette étude nous nous occuperons uniquement des entorses du genou qui s'accompagnent d’une lésion du ligament latéral interne.

Nous laisserons donc de côté les autres variétés d’entorse, ainsi que les fuxations du ménisque, en tant que lésions indépendantes de l’entorse que nous décrivons.

L'’affection que nous allons décrire a été peu étudiée. La première étude expérimentale en a été faite par A. Bonnet; elle a été entreprise à un point de vue très général; nous rapporterons plus loin le résultat de ses expériences.

Puis, en 1907, M. Gangolphe présentait à la Société de chirurgie de Lyon le malade qui fait l’objet de notre première observation. En même temps, il disait que cette affection avait pour substratum anato-

RE Ti de mique un arrachement osseux représentant l'insertion supérieure du ligament latéral interne. Il ajoutait que cet accident pouvait donner lieu à des phénomènes d’arthrite chronique.

Sur ses conseils, nous avons entrepris des recherches expérimentales et cliniques sur l'entorse interne du genou par arrachement du ligament latéral interne. Nous sommes arrivés à des résultats un peu différents des lésions qu'il avait décrites. De plus, les suites éloignées de l'entorse interne du genou nous ont montré que cet accident, en apparence bénin, devait mériter plus d’attention. L’arrachement du ligament interne du genou psut donner lieu à des phénomènes d’arthrite chronique, assez graves et souvent rebelles, si on ignore leur véritable cause, qui peut être variable, entorse récidivante, proliférations Synoviales, corps étrangers articulaires, méniscite traumatique.

Avant d'entreprendre cette étude, nous devons remercier notre collègue et ami Bonnet, qui a bien voulu dessiner nos pièces expérimentales et M. le D' Arcelin, médecin radiographe, à l’obligeance de qui nous devons nos radiographies.

Si nous ouvrons un traité ciassique nous trouvons l'entorse du genou étudiée avec une foule de lésions et de symptômes, accumulés sans ordre, et ne donnant qu’une idée clinique très vague de l'affection. Pour nous les ligaments du genou sont puissants et bien individualisés et à la lésion de chacun de ces organes doit correspondre un type clinique bien défini. En pratique les lésions de chacun de ces or-

ae ganes sont rarement associées, car l'individu blessé s'arrête au premier. traumatisme et, généralement, la force vulnérante n'a pas à agir secondairement à une première rupture ligamentaire sur un nouveau ligament. C’est pourquoi, dans les recherches expérimentales, on doit s'arrêter aussitôt la production d’une première lésion, sinon les désordres obtenus n'ont plus qu’un intérêt expérimental. En nous ba: sant sur ces principes nous avons vu des lésions constantes, bién localisées, répondant à un type clinique défini. Nous avons ainsi isolé une variété d’entorse du genou qui doit être considérée, comme une des pius fréquentes. Son histoire clinique et son évolution ont une individualité propre, qui avait échappé jusque là aux différents expérimentateurs.

A. Bonnet est un des premiers auteurs qui ait fait une étude expérimentale de l'entorse du genou. Mais le chirurgien lyonnais s’est placé dans des conditions purement expérimentales, très éloignées de ce que l'on voit en clinique. [Il agissait avec une grande violence, et obtenait des désordres étendus que l’on n’observe pas dans la pratique courante.

C'est ainsi que « dans une premièr2 série d’'expériences, la cuisse étant maintenueimmobile, reposait sur un plan solide par unede ses faces latérales jusqu'au niveau de l'articulation. Bonnet portait alors la jambe dans une abduction violente jusqu'à produire un angle de 450 ouvert en dehors. Après ce mouvement forcé, la jambe reste dans l’abduction, elle est en même temps portée dans la rotation en dedans. Le jumeau interne est déchiré, le ligament

sine latéral interne est arraché à son insertion fémorale, le liÿament postérieur est déchiré dans sa moitié interne. Le ligament croisé antérieur est détaché du fémur, le postérieur conserve encore des adhérences avec cet os et le tibia.

Dans une deuxième série d'expériences le mouvement forcé de tfexion latérale de la jambe sur la cuisse a été produit d'une autre manière: les extrémités supérieure et inférieure du membre, reposant sur un plansolide par une des faces latérales, de manière que la partie moyenne ne fût pas soutenue, Bonnet appuyait fortement sur l’un des côtés de l’articulation jusqu à ce qu’il entendit les craquements caractéristiques de la rupture des tissus, et qu'il se produisit, dans le sens de la pression, un angle rentrant au niveau de la jointure. Des fractures des os, des arrachements, des déchirures des muscles et des ligaments ont été la suite de ces violences.

A. Sur les cadavres d'adultes de bonne constitution, les ligaments latéraux sont arrachés à leur insertion fémorale, le ligament postérieur est en partie déchiré,les ligaments croisés sont détachés du fémur ou plus rarement du tibia.

B. Sur les sujets avancés en age, ou même les adultes de mauvaise constitution, à système osseux très friable la même expérience brise inévitablement les extrémités articulaires. Le tibia a été fracturé 6 fois sur 8, et le fémur 2 fois seulement. Il n’est même pas rare d'observer seulement l'écrasement de la surface articulaire du tibia du côté où les os sont pressés l’un contre l'autre.

SVT

C. Sur les cadayres des jeunes sujets, on observe au lieu de la fracture des extrémités articulaires, le décollement des épiphyses ».

Si nous avons cité Bonnet aussi longuement, c'est pour montrer que nos expériences ne ressemblent pas du tout à celles faites par ce chirurgien. Ainsi Bonnet supprime tout mouvement de rotation de ja jambe sur la cuisse; il use de traumatismes considérables, déterminant de grands désordres. Ces résultats n'ont qu'une valeur expérimentale, car, dans la pratique, il se produit toujours, de concert avec le mouvement d'abduction, un mouvement de rotation de la jambe sur la cuisse d'amplitude variable. Lorsqu'il a voulu étudier les effets de la rotation de la jambe sur la cuisse, il a immobilisé le fémur et s’est servi du pied comme d'un levier pour faire tourner la jambe, il a obtenu des fractures.

Segond a montré l'importance des mouvements de rotation dans la rupture des ligaments. Mais ces expériences sont encore trop théoriques. « Pour étudier, dit-il, les désordres anatomiques qui se produisent dans le genou sous l'influence d’une rotation forcée de la jambe, nous avons toujours eu soin de prendre la jambe à pleine main pour la porter en rotation forcée. Pendant que nous produisions ce mouvement un ou deux aides immobilisaient le fémur. En procédant ainsi nous avons presque toujours produit des lésions dans le genou ». Et il conclut: « Ce qu'il faut retenir, c’est que si la jambe est fléchie audelà de l'angle droit, ce n’est plus tel ou tel mouvement de rotation qui commande les lésions, mais

LARMES bien la situation du talon relativement à la cuisse. Si le talon se porte en dehors de la cuisse, c’est vers le ligament latéral interne que se produisent les lésions. C'est au contraire vers les liens articulaires externes que se produisent les lésions si le talon est porté en dedans de la cuisse ».

La critique de cesexpériences est aisée. M. Segond étudie les différentes lésions produites par la rotation de la jambe sur la cuisse, la jambe étant étendue, fléchie à angle droit ou fléchie au-delà de l'angle droit. Ce sont des lésions dues à des mouvements de rotation pure. Il nous semble imprudent detransporter en clinique des résultats expérimentaux obtenus dans des conditions aussi schématiques; car, dans une chute, en même temps qu'il se produit un mouvement de rotation de la jambe, il se produit des mouvements d’adduction ou d’abduction, combinés généralement à la flexion forcée, due au poids du corps qui représente la force qui agit sur les ligaments.

Ce qu'il faut surtout remarquer, c'est que dans son article intitulé « Recherches cliniques et expérimentales sur les épanchements sanguins du genou par entorses », M. Second avait pour out de rechercher les causes de l’hémarthrose; à ce sujet il a repris les expériences de Bonnet qu'il a confirmées ; la en outre produit, pour la première fois, par la rotation de la jambe, une lésion qui siège en arrière du tubercule de Gerdy. Il insiste sur cette lésion pour montrer quelle peut produire l'hémarthros: et, incidemment, pense qu'elle doit être fréquente dans

HS l’entorse en se basant sur ce fait, qu'il croit que, dans une chute, la jambe se tord en dedans. Or, nous pen- Sons au contraire pour des raisons de statique normale, la simple observation et la clinique confirmant notre manière de voir, que, dans un faux pas,le genou se porte en dedans, la jambe tourne en dehors et les lésions se font au niveau de l'appareil ligamentaire interne. Quoiqu'il en soit, les auteurs des traités ont encore exagéré les conclusions de M. Second, et ils ont décrit, comme lésion habituélle de l’entorse du genou, une lésion exceptionnelle, que M. Segond n'avait obtenue que 17 fois sur 38 genoux en se plaçant dans les conditions les plus favorables.

Le même auteur pense que l'hémarthrose est due surtout aux lésions intra-articulaires, ligament adipeux entre autres; dans nos expériences, nous n'avons pas trouvé de lésions à ce niveau, bien que les observations que nous rapportons se soient toujours accompagnées d'hémarthrose. D'ailleurs les lésions expérimentales observées au niveau du ligament latéral interne sont bien suffisantes pour expliquer l'hémorragie.

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