‹ De l'Entorse Interne du Genou: Arrachement du ligament latéral interneChapitre 5 sur 23 · II. — ANATOMIE · texte numérisé non relu

II. — ANATOMIE

Avant d'aborder l'étude expérimentale de l’entorse du genou par abduction et rotation externe de la jambe, il nous semble utile de décrire quelques détails anatomiques qui n’ont pas encore été signalés par les auteurs ou sur lesquels ils ont peu insisté.

UT Ces notions nous serviront à mieux comprendre la variété d’entorse que nous étudions.

Le ligament latéral interne est décrit de façon assez variable suivant les auteurs. Poirier, avec raison, le divise en deux portions : une portion antérieure ou ligament latéral interne proprement dit, et une portion postérieure ou ligament interne accessoire.

Le ligament latéral interne proprement dit s'insère en haut au-dessous du tubercule du troisième abducteur, et sur son versant antérieur. Il est donc beaucoup plus près du tubercule que ne le figurent certains auteurs. Les fibres tendineuses du troisième adducteur et du ligament se confondent presque à leur insertion. Ceci a une certaine importance, car nous verrons plus loin que, lorsque le ligament latéral interne, dans l'entorse du genou, arrache son insertion osseuse, 1l enlève avec iui les fibres les plus inférieures du tendon du troisième adducteur. En arrière ses fibres ne dépassent guère le niveau de ce tubercule. En outre leurs insertions se font souvent suivant une ligne courbe à convexité supérieure, les fibres occupant la partie médiane du ligament et constituant sa portion principale s’insérant le plus haut.

Ce sont donc ces fibres qui auront à supporter l'effort principal dans les mouvements d’abduction de la jambe. Ainsi s'explique que, dans nombre de cas où nous avons obtenu un arrachement partiel du ligament, ce sont les fibres médianes qui ont été arrachées; celles qui occupent les parties latérales du one ayant gardé leurs insertions fémorales.

Eire

Tandis que l'insertion supérieure du ligament forme un faisceau compact, l'insertion inférieure est, au contraire, dispersée. Le ligament à ce niveau s'étale, perd toute épaisseur, les fibres s’écartent parfois les unes des autres et représentent pour ainsi dire, une gouttière embrassant dans sa concavité la crête interne du tibia. De plus l’adhérence de ces fibres avec le tibia se fait sur une grande étendue, elles acquièrent ainsi une solidité plus grande, et à ce niveau, nous Îles trouverons toujours rompues, jamais arrachées. Ces conditions nous expliquent encore que nous nayons jamais trouvé d'arrachement osseux à ce niveau.

Le bord antérieur du ligament est assez net, il forme un relief arrondi, facile à isoler des parties voisines dans sa portion supérieure ou sus-méniscale. Le ligament lui-même dans cette portion supérieure s’isole facilement de la capsule et il est possible de passer le manche du scalpel entre lui et la capsule. À sa partie toute supérieure, on constate dans près de la moitié des cas l’existence d’une petite bourse séreuse de la dimension d'une pièce de 50 centimes, séparant la face profonde du ligament de Ia capsule articulaire.

Dans sa portion inférieure ou sous-méniscale le ligament est moins net, ses limites moins distinctes, mais il est encore possible de l’isoler de la capsule.

Le bord postérieur du ligament se confond plus ou moins en arrière avec le ligament latéral interne accessoire.

Le ligament latéral interne est constitué par deux

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