CONDITIONS D'EXPÉRIENCE
10 Abduction simple de la jambe, le membre étant dans l'extension complète. — Deux aides maintiennent l'un le bassin, l’autre la cuisse.
Si l'on a à faire à un sujet de vigueur moyenne la rupture du ligament latéral interne est impossible. On produirait plutôt un écrasement du plateau tibial et une fracture trabéculaire.
20 Abduction simple de la jambe fléchie sur la cuisse de 45 à 90°. — L’arrachement du ligament ne se fait qu'au prix de gros efforts.
30 Abduction simple de la jambe, la jambe fléchie sur la cuisse au delà de l'angle droit.
La rupture est diflicile, mais se fait plus facilement que dans les conditions précédentes.
C'est dans ces conditions que nous avons fait nos premières recherches expérimentales. Elles nous ont montré que les différences dans la difficulté à obtenir l'arrachement du ligament latéral interne tiennent à ce fait que, si la jambe est fléchie, il est impossible à un homme placé dans les conditions ordinaires de porter la jambe en abduction sans qu'il se produise un certain degré de rotation en dehors de la jambe. La rotation est d'autant plus marquée que la jambe est plus fléchie; elle est nulle quand le membre est en extension complète. La rupture du ligament latéral interne est donc d'autant plus facile que la rotation est plus étendue.
C'est en partant de cette idée que nous avons
De.
modifié notre manière de faire et surtout en nous basant sur l’interrogatoire des malades. En effet, ceux-ci se font le plus souvent leur entorse à la suite d’un faux pas. Le pied appuyé par la partie interne de son talon antérieur, c'est-à-dire au niveau de la tête du premier métatarsien, le genou se porte en dedans en même temps qu’il se produit une flexion de la jambe. Il y a dans ce mouvement une rotation en dehors considérable de la jambe sur son axe due à la rotation externe du pied qui a supporté le poids du corps au début de la chute.
C'est ce mouvement que nous avons reproduit en nous plaçant dans les conditions expérimentales suivantes : un aide fixe le bassin en appuyant sur les épines iliaques ; nous saisissons alors fortement le pied au niveau de la tête des métatarsiens ; la jambe étant fléchie au delà de l'angle droit, un genou est appuyé à la face externe du condyle fémoral pour fixer la cuisse et nous portons brusquement le pied en dehors.
Il se produit un craquement assez fort qui annonce la rupture du ligament. Le plus souvent l'expérience réussit à la première tentative. Ainsi, en se rapprochant le plus possible des conditions cliniques, on peut seul, et d’une seule main, produire l’arrachement du ligament latéral interne. Dans de telles conditions, l'expérience a beaucoup de chances de répondre à la réalité.
En somme, on produit une flexion de la jambe avec abduction et rotation en dehors en se servant du pied comme levier.
Lésions anatomiques. — Les lésions constatées sont d’un type à peu près constant, quoique variable d'intensité. On observe depuis l’arrachement partiel ou total de l'insertion supérieure du ligament latéral interne jusqu'à un arrachement osseux, comprenant toute la région qui sert à cette insertion; c’est alors un véritable arrachement tubérositaire.
Désinsertions partielles.— Arrachement ligamentaire. — Pour décrire ces désordres, nous irons de la lésion la plus simple à la plus étendue. Le premier degré de l’entorse interne du genou répond à une désinsertion partielle de l'extrémité supérieure du ligament. Ce ligament a une largeur d'environ 6 à 8 millimètres et présente une disposition variable. Les fibres les plus élevées, c’est-à-dire celles qui prennent leur insertion le plus haut sur le condyle fémoral, répondent ordinairement à la partie la plus épaisse et la plus résistante du ligament. Elles occupent soit la partie antérieure, soit la partie moyenne du ligament. Dans les désinsertions partielles, ce sont toujours ces fibres qui sont déchirées. On pourrait ainsi distinguer deux types d'arrachement partiel,selon que c'est la partie antérieure ou la partie moyenne du ligament qui est arrachée. Lorsque c'est la partie moyenne du ligament qui est arrachée (fig. 1 et 2), on voit les fibres antérieures et postérieures conserver leurs insertions; entre ces deux trousseaux fibreux le tissu spongieux est mis à nu. La plaie est limitée en bas par l'extrémité supérieure des fibres désinsérées qui sont restées unies et qui
SEE gardent fixées à leurs extrémités de fines particules osseuses.
Lorsque c’est la partie antérieure du ligament qui est arrachée, les fibres les plus antérieures sont lar-
Désinsertions partielles du ligament latéral interne
1. Tendon du 3° adducteur ; 2. Demi-membranenx; 3. Patte d’oie; 4. Aïleron interne; 5. Jumeau interne; 6. Tubercule du 3° adducteur; 7. Ligament latéral interne; 8. Insertion supérieure du ligament ; 9. Ouverture de la synoviale; 10. Ménisque interne; 11. Déchirure du ligament siégeant au ras du bord supérieur du ménisque ; 12. Déchirures longitudinales du ligament interne.
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gement séparées de leur point d'insertion et cette distance diminue à mesure qu'on se rapproche des parties intactes. En même temps, elles sont écartées du fémur et présentent un mouvement de torsion, indice du mouvement de rotation suivant lequel s'est effectué l'effort. |
Désinsertion totale du ligament (Fig. 3 et radiographie 2). — Dans ce cas, le ligament latéral interne est totalement désinséré à son extrémité supérieure ; la portion principale,ou ligament latéral interne proprement dit, est nettement séparée de sa portion accessoire intacte. Quelques déchirures longitudinales les séparent l'une de l’autre. La surface d'insertion supérieure du ligament est mise à nu, le tissu spongieux est découvert. On trouve de fines granulations osseuses attachées à l'extrémité des fibres du ligament ; mais jamais ces débris de tissu osseux ne forment une lame compacte, comme dans l'arrachement osseux. La surface osseuse découverte a sensiblement les dimensions d’une pièce de vingt centimes.
La radiographie ne donne rien dans ces cas, lorsqu'elle est faite peu après le traumatisme. Mais si elle est faite à un intervalle éloigné de quelques mois, et lorsqu'on se trouve en présence d’un sujet jeune, on obtient un résultat positif. On voit, comme dans la radiographie 2, qui est celle du malade de l'observation X, une ombre accolée au bord interne du fémur et s'étendant du point d'insertion du ligament latéral interne à l'extrémité inférieure du fémur. Cette ombre est la prolifération osseuse qui