L. OLTjIER. — DE l’entorse JUXTA-ÉPIPHYSAIRE
préoccupés, mais encore aux yeux des expérimentateurs qui ne s’y sont pas arrêtés, bien qu’ils les aient nécessairement produites dans toutes leurs expériences sur les disjonctions dites épiphysaires.
V. Ces désordres consistent dans les lésions suivantes : écrasement, tassement, fractures trabéculaires du tissu spongieux; inflexion, torsion, infraction de la mince coucbe compacte périphérique, et comme conséquence de ces ruptures : expression du suc médullaire ; épanchements sanguins dans le tissu spongieux et sous le périoste plus ou moins décollé.
VI. Si l’effort continue : dépresion permanente de la couche compacte périphérique du côté delà flexion (encoche juxta-épiphysaire), fracture par arrachement, tension et déchirure du périoste du côté de l’extension. C’est à ce moment que se préparent et que bientôt s'effectuent la fracture ou le décollement de la diaphyse et sa luxation hors de la gaine périostique.
VII. L’entorse juxta épiphysaire est généralement sans gravité et se réduit à une torpeur douloureuse qui disparaît bientôt d’elle-même ; mais si l’enfant n’est pas soigné, et s’il est scrofuleux ou héréditairement prédisposé aux tubercules, l’entorse juxta-épiphysaire sera l’origine fréquente d’ostéo- myélites hâtives ou tardives, qu’expliquent le tassement et les fractures trabéculaires du tissu spongieux. Toutes les formes d’ostéo-rriyélite peuvent être la suite des lésions de l’entorse juxta-épiphysaire.
VIII. L’entorse juxta-épiphysaire donne lieu à une tuméfaction plus ou moins douloureuse, mais très nette de la région juxta-épiphysaire, les articulations voisines restant libres. C’est le symptôme caractéristique de cette lésion. Il est dû à la tuméfaction du périoste décollé et à l’hyperplasie de sa couche ostéogène.
IX. Ce qu’on a appelé pronation forcée douloureuse, torpeur douloureuse des jeunes enfants, s’explique par l’entorse juxta-épiphysaire.
X. Pour prévenir les dangers de l’entorse juxta-épiphysaire, il n’y a qu’à immobiliser le membre pendant un temps suffisant. Il faut donc examiner soigneusement chez les enfants les membres qui ont été le siège d’un mouvement forcé ou qui ont souffert dans une chute, et si l’on constate une tuméfaction juxta-épiphysaire, douloureuse ou indolente, soigner ces enfants jusqu’à ce que l’os ait repris son volume normal.