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CHAPITRE IV

DE l'obésité

Nous venons d'étudier Tentpaînement et montrer les modifications que font subir à Torganisme le régime et lexercice dirigés d'une façon méthodique pour obtenir un maximum de forces et maintenir dans un équilibre parfait l'économie toute entière; pour être complet, nous allons dire quelques mots d'un régime qui, sans aucune prétention s portique, vise aussi à la diminution de la graisse et au développement du muscle, mais dans un simple but thérapeutique, ce qui constitue le traitement de l'obésité. C'est toujours le même entraînement, quoique moins intensif, puisque dans les deux cas on cherche h diminuer les masses adipeuses qui étouffent le muscle et le gênent dans sa fonction contractile.

Voici, par exemple, un sujet gras, obèse, qui veut faire disparaître son tissu graisseux. Pour arriver à ce résultat, il est obligé de suivre un régime et de faire de l'exercice. Les régimes proposés pour faire maigrir sont très nombreux, chaque auteur a préconisé le sien. En somme tout se borne, nonobstant les théories, h la mise en pratique de l'ancien principe d'Hippocrate : Faire de l'exercice à jeun surtout et ne pas trop manger. A la campagne, il y a fort peu d'obèses, surtout parmi les hommes; pourquoi? parce que le paysan travaille beaucoup et mange relativement peu. On sait,

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du reste, avec quelle facilité on obtient chez Taninial rengraissenient ou l'amaigrissement, selon la manière dont on règle le travail et la nourriture. II est presque inutile de faire remarquer que la graisse dispanalt en beaucoup moins de temps qu'elle ne met h se produire. A Tétat sauvage, pendant la période du rut, les animaux, à la suite des longs jeûnes que leur imposent leurs courses vagabondes et leurs luttes entre eux, maigrissent considcrablenient, sans que le muscle arrive jamais à souffrir. Le cheval de course préparé pour les grandes épreuves sportives a perdu son tissu graisseux; tout ceci prouve la facilité avec laquelle les êtres vivants réagissent sous l'influence de Texercice et de la nourrilure. 11 se produit du reste chez Thomme qui n'est pas soumis à un entraînement rigoureux, comme chez les animaux, des oscillations de poids, très curieuses à noter. Chez le sujet parfaitement en forme, ces oscillations ne s'observent plus; et cependant cet état idéal de l'organisme que donne l'entraînement intensif doit être entrecoupé par des périodes de repos, dût-on faire un peu de graisse pendant ce laps de temps.

Nous ne connaissons pas les causes de l'obésité. L'influence héréditaire est indéniable. Pour M. le professeur Debove, c'est un trouble du système nerveux qui aboutit en définilive à un ralentissement de la nutrition. Voici ce qu'il dit à ce sujet [Semaine médicale, 13 mars 1901) : « La quantité d'aliments que nous ingérons tous les jours n'est pas exactement proportionnelle à nos besoins. Lorsque nous dépassons notre ration d'entretien, une certaine partie des aliments absorbés est détruite par une série de dédoublements et d'oxydations ; s'il en était autrement, un sujet qui dépasserait tant soit peu sa ration quotidienne d'entretien s'accroîtrait indéfiniment. Il y a donc un appareil régulateur qui préside à

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la destruction des matières ingérées en excès et qui modère les combustions pendant les périodes de jeûne pour maintenir 1 équilibre de la nutrition. Or, tout appareil régulateur, quel que soit son mode de fonctionnement, appartient au système nerveux; c'est donc un appareil nerveux qui est dérangé chez les gens obèses ».

11 y a des obèses par excès ou par défaut, selon que le chiffre de l'urée est ausrmenté ou diminué, mais il v a aussi dans la catégorie des gens gras, point important à noter, les musclés et les non musclés.

Les premiers supporteront plus facilement que les autres Texercice. J'ai vu des hercules obèses et très forts qui certainement auraient m<aigri très vite s'ils avaient voulu s'astreindre à une diminution de nourriture et surtout de boissons. Telle n'est pas la condilion de certains autres obèses qui, eux, sont complètement atrophiés ; chez ces derniers, la question de l'exercice devient très difficile à régler, car ils ont une véritable horreur pour le mouvement, leur système musculaire étant complètement envahi par la graisse et leur cœur surchargé par les tissus adipeux. .

D'une manière générale, un sujet obèse ne doit pas maigrir trop vite; il peut en résulter des accidents tels que : le rein flottant, l'affaiblissement du cœur. Ce qui augmente encore la difficulté du traitement, c'est que presque tous les adipeux ont une véritable apathie intellectuelle ; la force de la volonté a chez eux considérablement diminué et cependant il serait nécessaire qu'ils en eussent une très forte, d'abord pour suivre scrupuleusement leur régime, ensuite pour se livrer à l'exercice d'une façon régulière et aux pratiques hydrothérapiques.

Plusieurs régimes ont été indiqués pour arriver à l'amaigrissement. Les plus connus sont ceux de Ban-

ting, Deniuth, Artel, Germain Sée, Hobin, Oujardin- Beaumetz. Voici parfaitement résumé dans le petit formulaire Gilbert et Yvon le traitement préconisé par ce dernier auteur [Hygiène thérapeutique , p. 420). Réduction des boissons. Repousser les aliments trop aqueux, réduction à leur minimum des féculents. Défense absolue de la pâtisserie, pain très léger. Le malade doit peser tous ses aliments et se limiter aux poids suivants :

Premier déjeuner à huit heures : 25 grammes de pain, 50 grammes de viande froide (jambon ou autre); 200 grammes de thé léger sans sucre.

Deuxième déjeuner à midi : 50 grammes de pain, 100 grammes de viande ou de ragoût ou deux œufs, 100 grammes de légumes verts, salade, 14 grammes de fromage, fruits à discrétion.

Dîner à sept heures : pas de soupe, 50 grammes de pain, 100 grammes de viande ou de ragoût, 100 grammes de légumes verts, salade, 15 grammes de fromage, fruits à discrétion.

Purgatîous répétées, exercices corporels, massage, bains de vapeur.

Voici le régime suivi par un médecin de trente -neuf ans, obèse et goutteux, qui a maigri en quatre mois de plus de 30 kilog. ; pesant au début 119 kilog. 500, il pèse aujourd'hui 89 kilog. 400. Le régime suivi a été le suivant :

« Premier déjeuner : Une tasse de thé au lait.

» Repas de midi : Une ou deux tranches de viande, un peu de légumes ou dé salade, 100 à 150 grammes de pain, un peu de fromage, fruits à discrétion, une tasse de café noir sans sucre.

» Repas du soir : Un demi -litre de lait chaud sucré, 30 à 50 grammes de pain, fruits à discrétion ». (Debove, Semaine médicale, 13 mars 1901).

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