COISSIDÉRATIONS SUR LES TROIS GYMNASTIQUES
qués que d'une manière empirique. Enfin cette gymnastique violente, faite de suspension, éminemment congestive, comme dit M. le D' Gaminade, ne convient nullement à Tenfant. Nous sommes parfaitement d'accord. Mais elle est très utile chez le jeune homme et la gymnastique française, la gymnastique des agrès, devient pour lui indispensable. Je ne pense pas qu'on puisse avoir un beau développement de poitrine si on n'a pas fait, par exemple, des barres parallèles. Qui oserait dire que les anneaux, la massue, ne donnent pas de biceps? Donc la gymnastique des agrès est mal enseignée, appliquée trop tôt : Voilà le mal.
2' Gymnastique anglaise. — La gymnastique anglaise comporte les exercices exécutés en plein air et les sports. Elle met surtout en mouvement le train inférieur. Elle comprend, la marche, Talpinisme, la course, le saut, le canotage, les jeux : foot-ball, cricket, etc. C'est surtout une gymnastique respiratoire qui convient parfaitement à Tadolescent, mais qui elle aussi demande à être faite avec un certain ménagement pour ne pas forcer le cœur.
S'' Gymnastique suédoise, — La gymnastique suédoise, dont on a tant parlé dans ces dernières années et qui a été créée par Ling, est faite surtout d attitudes et de mouvements actifs et passifs. Elle localise Taction musculaire selon Teffet à obtenir, c'est un vrai formulaire de gymnastique. Elle repousse l'effort et sa devise est de ne gêner en rien la circulation et la respiration. Par conséquent ici pas d'agrès, pas d'acrobatie, mais des mouvements réglés d'une manière tout à fait scientifique, comme durée, comme intensité et agissant sur des groupes musculaires déterminés. Cette gymnastique hygiénique, mais surtout médicale, qui s'inspire de l'ancien principe d'Hoffman : « motus optima medicina corporis », a été employée avec succès dans le traite-
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ment de différentes maladies ; dans les aifeolions du cœur, selon la méthode d'Œrtel qui n'a pas craint de proposer deux sortes de moyeiîs l)ien audacieux ; des ascensions graduées sur des terrains en pente, et des bains de vapeur dans les affections respiratoires (traitement prophylactique de la tuberculose), dans les affections gastro-intestinales et du système nerveux.
H y a en somme, dans la gymnastique, à considérer deux choses sur lesquelles, du reste, nous ne cessons de revenir: le volume du muscle ou musculature et la force. Or, les agrès de la gymnastique française donnent bien le muscle, et les poids, la force. Mais pour développer par cette dernière méthode chaque muscle, il faut des appareils nombreux et variés, des haltères, des massues, de grandes et petites barres, des anneaux, etc. ; de plus, tous les mouvements aux agrès sont très pénibles, c*est presque toujours le poids du corps, c'est-à-dire une masse considérable, qu'on est obligé de soutenir avec les deux mains, quelquefois avec une seule ; il en résulte que ces exercices violents demandent beaucoup d'eflbrts et ne peuvent être accomplis que par des sujets d'élite et seulement pendant une certaine période de la jeunesse. De plus, avec les agrès, il est impossible de doser la quantité de force que Ton veut employer. Avec les haltères, les massues, c'est plus facile, mais il faut alors une série très complète de poids et de mils que tout le monde ne peut pas posséder et qu'il est difficile de traîner après soi dans ses déplacements.
C'est pour obvier à toutes ces difficultés qu'on revient aujourd'hui beaucoup à la gymnastique sans agrès avec simple effort de traction sur un caoutchouc ou sur une poulie. Dans ces conditions, en effet, il n'y a pas de fatigue musculaire, comme il y en a déjà pour tenir l'haltère ou la massue à une certaine hauteur; on ne fait travailler que le muscle que l'on désire et on dose
CONSIDERATIONS SUR LES TROIS GYMNASTIQUES iO
exactemeut la quantité de force que Ton veut employer. A ce point (le vue la gymnastique avec les appareils à traction présente un immense avantage. Ainsi, par exemple, quand on veut faire travailler les grands pectoraux et les grands dorsaux, il faut de toute nécessité, dans la gymnastique française, la corde lisse, les barres parallèles ou les anneaux. Mais alors le mouvement est très dur. C'est un poids énorme, le poids du corps, c'està-dire 130, 140 ou 180 livres que les muscles sont obligés de mouvoir. 11 y a eflbrt lent et prolongé et fatigue rapide. Au contraire attachez un poids de 30, 40, 50 ou 60 livres à une corde qui roule sur une poulie, en tirant, vous exercerez les pectoraux, et immense avantage, vous pourrez répéter dix fois de suite le mouvement si vous le voulez
Pour moi je dirai maintenant, en manière de résumé, que je prends ce qu'il y a de bon dans les trois méthodes, et j'ajoute : marchez, courez, sautez, faites de Tesciîme jusqu'à 16 ou 18 ans. Abordez les agrès de 18 à 22 ans, de 22 à 35, faites ce que vous voudrez, c'est-àdire tous les tours de force compatibles avec la vigueur de votre constitution !