‹ De l'entraînement complet et expérimental de l'hommeChapitre 31 sur 53 · QUELQUES APERÇUS DANALYSE PHYSIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

QUELQUES APERÇUS DANALYSE PHYSIOLOGIQUE

Toujours est il que la dilatation des vaisseaux périphériques entraîne comme conséquence immédiate une chute considérable de la pression du sang dans les artères. Cet effet a été constaté directement par MM. Chauveau et Marey dans leurs expériences sur le cheval. Un manomètre étant mis en rapport avec Tartère faciale et indiquant une certaine valeur de la pression moyenne du sang dans le système aortique, on fit courir Tanimal et quand il fut ramené on constata que la pression s'était considérablement abaissée dans Tartère. Mais en même temps que s'était abaissée la tension artérielle, les variations de cette tension sous Tinfluence des systoles du cœur, autrement dit le pouls artériel, avaient acquis une amplitude beaucoup plus grande. Ce fait s'explique facilement, comme Ta montré M. Marey, par la chute même de la pression qui a créé des écarts beaucoup plus considérables entre les minima auxquels retombe la pression dans les intervalles diastoliques et les maxima auxquels elle s'élève à chaque impulsion cardiaque.

ces phénomènes peuvent lenir à une cause loule difTérenle : Taug^menlalion de fréquence des battements du pouls peut être un effet de l'écoulement plus facile du sang à travers les petits vaisseaux, sous Uinfluenee de la coui-se. On sait que, lorsqu'un muscle agit, le sang traverse avec plus de vitesse, soit qu'il y ait relâchement des vaisseaux soit que l'action des muscles, favorisant le courant veineux, diminue les résistances au devant des capillaires. Quelle que soit la cause immédiate de celte accélération du mouvement dn sang à travers les vaisseaux des muscles en action, elle n'est pas contestable après les expériences qui ont été faites sur ce point.

» Ainsi, de deux choses l'une, ou bien la puissance du cœur s'est primitivement accrue et sous quelque influence excitatrice le coeur a précipité ses battements, ou bien l'acte primitif a été un écoulement plus facile du sang par les petits vaisseaux; d'où abaissement de la tension artérielle et accélération secondaire du cœur. Un moyen de trancher la question, c'est de mesurer la tension artérielle à l'aide d'un manomètre. En effet, dans la première hypothèse, si c'est un excès d'impulsion qui constitue le phénomène initial, il doit s'ensuivre une élévation de la tension artérielle ; dans le second cas, la tension sera diminuée ». Marey, Circulaliou du sang.

238 DE l'ëntraipiement chez l homme

Sur l'homme, raugmentatioii apparente du pouls résulte essentielleoient de la même cause. 11 faut ajouter que Tartère qu'on explore a aussi subi une dilatation par relâchement de ses parois musculaires, qu*eLle est devenue plus volumineuse, et que, par suite, les effets mécaniques de la pulsation sont beaucoup plus considérables. A la dilatation vasculaire est encore liée la rougeur des téguments parcourus par une plus grande quantité de sang artériel qui circule beaucoup plus vite et conserve sa coloration rouge dans les plus petits vaisseaux : c'est le même phénomène que celui que Cl. Bernard a découvert dans la glande sous-maxillaire pendant la dilatation vasculaire produite par l'excitation de la corde du tympan. Le gonflement des tissus résulte aussi de Tapport d'une quantité de sang plus considérable; la chaleur des téguments est soumise à la même cause.

Enfin, si l'on voit les veines turgescentes à la suite d'un exercice musculaire, c'est que non seulement les muscles, dans leurs mouvements, ont chassé vers les veines superficielles une quantité surabondante de sang, mais aussi et surtout, parce que le passage du sang est beaucoup plus rapide des artères aux veines par les petits vaisseaux dilatés.

Quant à l'accélération du cœur, elle est souvent considérable chez les sujets non entraînés ; elle existe presque toujours même chez ceux qui ont des exercices physiques l'habitude la plus grande, mais chez ceux-ci elle ne constitue point la moindre gêne, tandis que ce sont de véritables palpitations, souvent très pénibles, qui se produisent chez les autres.

En s'accélérant, le cœur augmente-t-il réellement d'énergie impulsive, comme tendrait à le faire supposer la brusquerie augmentée du choc précordial? Cela n'est nullement démontré, la brièveté même et la rapidité

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