RELATIONS DES LYMPHATIQUES DE L'ESTOMAC AVEC LES LYMPHA
TIQUES DES ORGANES Voisins. — L'appareil lymphatique de l'estomac est loin d’être indépendant. Il contracte des relations importantes
(1) LeTULLE. Communic. Société anat., séance du 29 décembre 1899.
00 ue
avec les lymphatiques des organes voisins. Ces relations sont de deux ordres : les unes sont constituées par les anastomoses que présentent les différents réseaux gastriques avec les réseaux homologues des deux portions adjacentes du tube digestif: œsophage et duodenum ; — les autres sont le fait de l'existence de groupes ganglionnaires communs aux lymphatiques gastriques et aux lymphatiques des organes voisins : foie, rate, etc.
I. — Les deux réseaux principaux de l'estomac, le réseau sousmuqueux et le réseau, sous-séreux communiquent largement avec les deux réseaux homologues de la portion abdominale de l'œsophage. Comme le montrent les belles planches de Sappey, il ya même une véritable continuité des réseaux gastriques et œsophagiens. Cette disposition anatomique concorde en tout point avec les données de l'anatomie pathologique, qui signale la propagation facile des néoplasmes du cardia à la portion inférieure de l’œscphage et inversement.
En est-il de même au niveau du duodénum ? Il faut ici poser séparément la question pour le réseau sous-séreux et le réseau sousmuqueux.
La planche de Sappey montre une continuité absolue entre les réseaux sous-séreux de l'estomac et du duodénum. Pour Most, au contraire, il n’existerait aucune communication entre ces deux réseaux ; au niveau du pylore un tronc à direction plus ou moins annulaire formerait une limite très nette au réseau gastrique souspéritonéal.
Mes recherches m'ont amené à des conclusions identiques à celles de Most, en ce qui concerne l'absence de communication entre le réseau gastrique et le réseau duodénal, mais je n’ai jamais pu injec. ter le canal annulaire auquel il fait allusion. Dans un cas, j'ai vu un collecteur pylorique franchir la limite gastro-duodénale et cheminer, sur une étendue de quelques millimètres, sur la portion initiale du duodénum pour gagner un ganglion du groupe sous-pylorique, très reporté sur la droite.
Par contre, on ne saurait élever le moindre doute sur l'existence de communications entre les réseaux sous-muqueux de l'estomac et du duodénum. J’ai pu plusieurs fois constater ces communications, et Most a même réussi à remplir les collecteurs de la portion ini-
Aie
tiale du duodénum et leurs ganglions, en poussant une injection dans la muqueuse pylorique. 11 faut cependant reconnaître que ces anastomoses entre les lymphatiques de la muqueuse gastrique et ceux de la muqueuse duodénale ne présentent pas un grand développement. Elles n’en jouent pas moins un rôle très important dans les cas rares où le duodénum est envahi par le cancer du pylore.
IT. — Nous avons vu, en étudiant les ganglions péri-stomacaux, que certains de ces ganglions, comme ceux de la chaîne coronaire ou du groupe sous-pylorique, appartenaient exclusivement au système lymphatique de l'estomac. D'autres ganglions, au contraire, reçoivent en même temps que les lymphatiques gastriques les lymphatiques des organes voisins. C’est ainsi que les ganglions du hile de la rate dépendent et des lymphatiques de cet organe et, accessoirement, des lymphatiques émanés de la grosse tubérosité. De même les ganglions, placés au niveau de la partie initiale de l'artère hépatique, appartiennent en même temps au foie, à l’estomac et même au duodénum. L'existence de ces ganglions, communs aux lymphatiques de l’estomat et des organes voisins, a un certain intérêt pratique. On conçoit, en effet, que l’envahissement de ces ganglions par l'intermédiaire de leurs afférents gastriques puisse provoquer par thrombose rétrograde une infection de leurs autres afférents. Nous verrons plus loin que c’est là un des mécanismes par lesquels sont infectés les ganglions du hile du foie au cours du carcinome gastrique, iufection qui peut à son tour provoquer par un mécanisme identique un épithélioma secondaire de l'ombilic (voir ch. IV).