Musculcaire
plus altérés ; on retrouve bien l'artériole et sa veine satellite, mais les troncs lymphatiques ont disparu et un amas de cellules cancéreuses indique seulement la place qu'ils occupaient. Certes, ce mode d’envahissement n’est point absolument constant, et j'ai pu voir la propagation à l'épiploon gastro-hépatique se faire par irruption directe d’un bourgeon cancéreux, ayant dissocié les parois stomacales ; il n’en est pas moins vrai que l'infection lymphatique joue un
rôle important dans l’envahissement si fréquent de la racine du petit épiploon.
IT. L'INFECTION LYMPHATIQUE ET L'INTÉGRITÉ DU DUODÉNUM. — Par contre, ce n’est point dans la disparition des lymphatiques qu’il faut
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chercher l'explication de l'intégrité habituelle du duodénum. Nous allons voir en effet que cette intégrilé paraît surtout tenir aux modifications que présente la Sous-muqueuse au niveau de l’orifice
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Fi1&. 14. — Vaisseau lymphatique de la sous-muqueuse duodénale, contenant des cellules cancéreuses, (Pièce VI.)
1. Glandes de Brunner.— 2. Cellules néoplasiques,— 3. Veine.— 4, Artère,
pylorique. On sait que cette sous-muqueuse constitue la voie principale que suit le carcinome gastrique dans son extension en surface ; la progression des boyaux épithéliaux est facilitée, ici comme toujours, par la laxité du tissu conjonctif. Or il n’y a pas continuité où du moins communication facile entre la sous-muqueuse gastrique
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et la sous-muqueuse duodénale. Il est facile de s'en convaincre no l'expérience suivante : Lorsqu'on pousse une injection de gélatine dans la sous-muqueuse gastrique, on obtient une plaque de dimensions variables, s'étendant excentriquement d’une façon assez régulière autour de la piqûre.
Lorsqu'on pratique l'injection près de la zone pyloro-duodénale,
F1G. 15. — Traînées néoplasiques dans la musculaire duodénale, macroscopique- Ù ment saine, (Pièce VI.)
la masse semble rencontrer, au niveau du pylore, sinon un obstacle invincible, du moins unetrès notable résistance. L'examen histolo-
gique montre que la masse injectée s'arrête exactement à la limite de l'estomac et du duodénum. Cette absence de continuité entre l'espace décollable sous-muqueux de l'estomac et l’espace homologue du
duodénum tient surtout à la condensation du tissu cellulaire en ce
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point. Il tient aussi à la saillie en sens inverse que forment l'anneau musculaire du pylore et les glandes de Brunner.
I1y a donc au niveau du pylore une accumulation d’obstacles qui arrêtent, je dirai presque mécaniquement, les boyaux épithéliaux dans leur progression sous-muqueuse. La figure 13 montre bien cet arrêt brusque du néoplasme à la jonction du pylore et du duodénum. Il serait évidemment puéril de considérer cet obstacle comme Opposant aux épithéliomas de l'estomac une barrière absolue ; mais il n’en joue pas moins le rôle principal dans la protection du duodénum contre l’envahissement néoplasique.
Par contre, les vaisseaux lymphatiques fournissent aux cellules néoplasiques, ainsi arrêtées, une voie toute frayée pour tourner cet obstacle et envahir le duodénum. C'est ainsi que dans 3 cas (pièces VI, VHI et XID), où l'infiltration néoplasique paraissait s'arrêter brusquement au niveau du pylore, j'ai pu trouver dans la sous-muqueuse et dans la musculaire du duodénum des traînées épithéliales, Or, il était facile de se convaincre, surtout sur la pièce VI, que ces traînées n'élaient autres que des lymphatiques infectés. (V. fig. 14 et 15.)
Cet envahissement des lymphatiques duodénaux se comprend d’ailleurs aisément. Nous avons vu, en effet, que les recherches de Most ont démontré l'existence de communications entre les Iymphatiques de la sous-muqueuse gastrique et les lymphatiques duodénaux. Je ferai d’ailleurs remarquer qu’alors même que les muqueuses pylorique et duodénale possèderaient des réseaux lymphatiques absolument distincts, l'infection du duodénum par voie lymphatique n'en pourrait pas moins se produire. Il ne faut pas oublier, en effet, que les lymphatiques de la portion initiale du duodénum vont aboutir aux mêmes ganglions (groupe rétro-pylorique de la chaîne gastro-pylorique droite) que certains lymphatiques du pylore. En cas d'infection de ces ganglions par les afférents pyloriques, linfection rétrograde des afférents duodénaux est toujours une éventualité possible. | ;
J'ignore quelle est la fréquence réciproque de ces deux processus ; mais dans l’un et l’autre cas on assiste, au niveau de l’orifice pylorique, à une véritable dissociation entre la progression de l'épithélioma dans les espaces conjonctifs et sa propagalion par les voies Iymphatiques.
On peut résumer ce chapitre de la façon suivante :