‹ De L'EpicondylalgieChapitre 22 sur 31 · PATES · texte numérisé non relu

PATES

pliage de la buanderie ; accidentellement, il est employé à porter du linge. Le {1 juillet, il portait une charge de Jinge sur les avant-bras en supination quand il fit un faux pas ; dans l'effort qu’il fit pour se redresser, il sentit une douleur violente en. avant de l'articulation du coude droit, et laissa tomber sa charge. :

Le lendemain ilest dans le même état qu'après l'accident, incapable de bouger l’avant-bras à cause de la douleur au moindre mouvement. La douleur siège immédiatement en avant de. la partie interne de l'articulation du coude, la pression sur ce point est très douloureuse, elle l’est aussi autour de la tête radiale et très légèrement en avant de l'épicondyle. Le long supinatement peu sensible. Aucune douleur sur le trajet des nerfs, Le malade a èté surveillé. Chaque jour on s'attendait à voirsurvenir une ecchymose ayant porté le diagnostic de rupture musculaire du court supinateur. Mais on n'observa aucun changement de couleur ni d’aspect. Les mouvements sont restès douloureux pendant plus de six semaines, cependant quand jequittai le service le 29 août 1896 il n’y avait plus de douleur à

la pression aux points indiqués.

OBSERVATION XV {Inédite ),

(Due à l’obligeance de M, le Dr Triboulet).

M. F.T..,38ans, de bonne constitution, sans antécédents rhumatismaux héréditaires ou personnels.

Pas de traumatisme, pas d'efforts prolongés ou violents, pas, de refroidissements (bras droit).

Progressivement douleur et gêne fonctionnelle pour certains mouvements ; en particulier, mouvements de préhension avec: effort. La sensation douloureuse d’abord intermittente devient

lee permanente à Ja suite d’une fatigue légère ; la malade ayant eu à transporter à une faible distance une valise assez lourde.

Depuis ce jour il s’établit une différence très nette entre les mouvements de pronation qui sont indolores, et ceux de supination qui sont franchement pénibles. Le malade rend bien compte de ses sensations, il peut aisément ouvrir une serrure de droite à gauche, il se trouve arrêté, au contraire pour le mouvement en sens inverse. La douleur spontanée se montre plus fréquente; le malade s’en plaint deux ou trois nuits de suite et se décide alors à consulter.

A l'examen, rien de spécial, pas de gonflement, pas de rougeur. La palpation est indolente sauf en un point; et comme le sujet est très maigre il est facile de reconnaître que ce point répond exactement à la partie antérieure et latérale de la tête de l'épicondyle, c'est encore exactement au même endroit que les mouvements de supination réveillent de la douleur. Ces mouvements sont d’ailleurs très libres et on ne constate ni raideur nicraquements articulaires. :

Le malade pratique pendant huit jours de suite l’enveloppement ouaté humide de la région sensible durant toute la nuit sans éprouver aucune amélioration. L’antipyrine, le salicylate de soude et l’exalgine restent sans effet. Au contraire les frictions excilantes avec le liniment volatil camphré ammoniacal,

suivies de massage amènent une détente et la guérison défini-

tive.

Janvier 1897.

OBSERVATION XVI (inédite).

Due à l’obligeance de M. le D° Paul Raymond.

Au mois d'octobre je fus prié d'examiner un cocher qui se

plaignait : 4° d’une douleur spontanée au niveau de lépicondyle

au côté gauche el de la masse musculaire qui s’y insère; 2e d’une impossibilité absolue de relever le pouce du même côté.

Cet homme raconte qu’il est cocher de maison bourgeoise, qu'il conduit deux chevaux vifs, qu'il a eu fort affaire aux dernières vacances et que vers la fin du mois de septembre ik a été ‘ pris de parésie’de l’extenseur du pouce en même temps que de sa douleur à la région épicondylienne.

On ne trouve aucune trace dans ses antécédents, ni aucune maladie. Get homme est vigoureux, dans la force de l’âge. Il conduit ses chevaux sans jamais passer les guides sur son avant-bras, mais en raison de leur allure il les a toujours «en main ». Il est fort gêné de cette parésie de l’extenseur du pouce qui l'empêche non seulement de conduire mais aussi de porter les sceaux d’eau dont il a besoin.

J'apprends aussi qu’il a fait fréquemment claquer son fouet aussi bien en se servant de la main droite que de la main gau-

che.

A l'examen on ne constate rien d’anormal du côté de la museulature de l’avant-bras.

Le pouce du côté gauche est demi-fléchi et ce n’est qu'avec la plus grande difficulté que le malade ébauche un mouvement d'extension. D’autre part il ne le porte que très difficilement vers le petit doigt et les mouvements d'opposition sont presque aussi difficiles que ceux d'extension.

La masse même du muscle extenseur de même que son ten- don ne sont aucunement sensibles. Au niveau de l’épicondyle la pression exagère la douleur que le malade y accuse, de même que sur les muscles épicondyliens.

Le malade présente un peu de diminution de la sensibilité au niveau des dernières phalanges de chaque main. Je cherche les antécédents d'intoxication alcoolique, saturnisme, etc., el

je suis forcé de les éliminer.

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