‹ De L'EpicondylalgieChapitre 23 sur 31 · LOUE · texte numérisé non relu

LOUE

J'écarte de même toute idée de névralgie brachiale et j'arrive à l’idée de parésie musculaire à la suite de mouvements exagérés de l'extonseur du pouce, mais je n’explique pas la douleur de l’épicondyle ni de la masse musculaire qui s’y attache.

Comme traitement : Douches sulfureuses, massage, repos | musculaire, Mouche de Milan sur l’épicondyle.

Ce n’est qu’au mois de décembre en lisant l'analyse du travail de M. Molle, que je portai le vrai diagnostic et que fe recher-

chai ces cas beaucoup plus fréquents qu’on ne le croirait.

OBSERVATION XVII (personnelle),

Recueillie dans le service de consultation de M. Le Dr Paul

Raymond.

B..., 45 ans, peintre en bâtiments. Les antécédents héréditaires n'offrent rien de particulier. Gomme antécédent personnel, il a eu la syphilis à 25 ans.

Ce malade vient à la consultation de l’Hôtel-Dieu, se plaignant d’une douleur spontanée qu’il localise très exactement lui-mê-

-me à l'épicondyle avec irradiations à l’avant-bras.

A la vue, pas de rougeur limitée ou généralisée à l’articulation du coude, pas de gonflement, pas de déformation. Au palper, cette douleur qui est ressentie spontanément s'exaspère même sous une pression légère.

Pas de raideur dans l'articulation du coude, pas de craquements.

La sensibilité de tout son avant-bras est intacte.

Rien d'anormal du côté de la sensibilité, au toucher, à la chaleur. On constate, et cela d’une façon appréciable, en se faisant serrer simultanément les mains par celles du malade, qu'il

existe une diminution de force musculaire du côté douloureux,

A Viper

Le malade accuse une impotence fonctionnelle de l'avant-bras suffisante pour lui enlever toute assurance, quand il est forcé de se maintenir dans son échelle avec ce bras.

On constate encore une certaine difficulté dans l'opposition de son pouce avec l’annulaire et le petit doigt.

Le malade ne peut exercer qu’une pression très légère entre ces doigts et bien inférieure à celle du côté opposé. La douleur survient surtout dans les mouvements d'extension de l'avant bras avec préhension, mouvements qu’il fait du bras gauche quand, monté dans son échelle et penché en dehors d'elle, il peint du bras droit à une certaine distance.

Ce malade se plaint de sa douleur depuis trois mois, et elle est arrivée à un degré tel d’acuilé spontanément, et au moindre mouvement, qu'il s'est vu forcé d'interrompre son travail pen-

dant quelque Lemps.

OBSERVATION XVIII (personnelle).

Recueillie dans le service de consultation de M. le D* Paul

Raymond.

Mme H..., 35 ans, femme très nerveuse, souffre très souvent de douleurs rhumatismales. Elle se présente à la consultation le bras droit demi-fléchi et légèrement écarté du corps Elle accuse une douleur très vive ec spontanée s'irradiant sur la région antéro-externe de l’avant-bras et s’exaltant sous l'influence de certains mouvements. Cette douleur a son siège le plus intense sur l'épicondyle. La malade que l'on interroge sur le siège exact le localise d’une façon précise, juste sur l’extrémité épicondylienne.

A l'examen l’avant-bras paraît normal, pas de rougeur limitée ou généralisée, pas de gonflement, aucune déformation.

Une pression si légère qu’elle soit sur l’épicondyle détermine Rivière . 3

Mae © Le une très vive douleur. Nous ne trouvons aucune raideur, aucun craquement articulaire. La sensibilité à la douleur au froid, au toucher est conservée.

Chez cette maladecomme dans nos autres observations nous avons constaté une diminution notable de la face musculaire du côté malade. D'où une certaine impotence fonctionnelle qui la force à se servir du bras gauche.

Cette femme est placière. Depuis 8 heure du matin jusqu’à midi et depuis une heure jusqu’à 8 heure tenant dans sa main la poignée d’une boîte, le bras en extension, elle porte la valeur de 4 kilogrammes, et cela chaque jour depuis de nombreuses années. Elle a été prise de cette douleur il y a à peu près six mois ; douleur qu'elle a conservée depuis, peut-être moins intense mais suffisamment forte pour l’obliger à se Servir encore de sa main gauche.

Elle semble ne porter qu'une attention secondaire à cette impotence fonctionnelle n’attribuant d'importance qu’à la douleur de l’épicondyle.

Comme dans l’observation précédente le pouce ne s'oppose

que très faiblement à l’annulaire et au petit doigt.

Plusieurs fois elle a consulté. Elle prit du salicylate de soude;

de lantipyrine, puis on lui a fait de la révulsion, vésicatoire, pointes de leu. Tout cela en vain.

Nous lui avons alors recommandé le repos el le massage, sur

lequel nous reviendrons au sujet du traitement.

OBSERVATION XIX (Personnelle) :

(Recueillie dans le service de consultation de M. le Dr Paul Raymond à l'Hôtel-Dieu).

Emile D..., 15 ans. Garçon marchand de vin.

Antécedents héréditaires. — Le père a eu plusieurs attaques

de rhumatismes. La mère a de fréquentes névralgies,

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Le malade est venu le 21 mars à la consultation de l’Hôtel- Dieu se plaignant de troubles cardiaques (il a un rélrécissement mitral) et d’une douleur dans le bras gauche siégeant sur l’'épicondyle et se produisant à l'occasion de certains mouvements. j

Spontanément il n’'éprouve rien quand son bras est au repos.

Il n'a fait aucun effort violent, n’a pas eu de traumatismes sur le bras mais a fréquemment les mains dans l’eau.

Son travail consiste à rincer les verres et à les placer sur une planche située au-dessus de sa tête. Pour accomplir cette deuxième partie de son travail il se servait de son bras gauche etpour cela faisait des mouvements d'extension et de préhension.

Cette douleur est survenue un mois après son entrée en service. Il existe une différence très appréciable dans la force musculaire des deux bras, que l’on peut facilement constater en lui faisant serrer simultanément les deux mains qu’on lui tend. Sensibilités intactes.

A l'examen onne voit ni rougeur, ni gonflement. La palpation

de son avant-bras est indolente. Mais les muscles épicondyliens viennent-ils à se contracter que la douleur apparaît intense sur Pépicondyle.

On ne constate chez lui qu'une très faible différence dans l'opposition du pouce avec les deux derniers doigts.

Nous l’avons soumis au traitement. Repos et massage. Au bout du dixième jour sa douleur avait disparu et il pouvait se servir

de son bras sans difficulté.

Me.

OBSERVATION XX (personnelle).

Recueillie dans le service de consultation de M. le D" Paul Raymond à l’Hôtel-Dieu.

Berthe G..., 28 ans. Trieuse de légumes secs.

Antécèdents héréditaires. — Une sœur a eu des douleurs articulaires. Un frère de 24 ans a eu une coxalgie.

Antécédents personnels. — 1] y asepl ans elle a eu des douleurs articulaires au même bras qui est malade aujourd'hui.

Elle a été soignée à l'hôpital pendant trois mois pour cette affection qui s’est uniquement localisée au bras droit.

Il y a huit ans, elle a eu la syphilis puis successivement fit trois fausses couches de trois mois. Il y a eu un an au mois de décembre dernier 1896 qu'elle est trieuse de pois secs, métier qui exige des mouvements peu violents mais répétés. Ils consistent à étendre l’avant-bras avec préhension, pronation et supination.

Elle commença par éprouver de la fatigue dans le pouce droit. Dans l’espace de huit jours l’avant-bras fut pris et la douleur à l’épicondyle apparut. Son état reste stationnaire jusqu’au

10 mars où elle revint à la consultation de l’'Hôtel-Dieu.

A l'examen cette femme paraît bien portante, est bien consti-

tuée. Son bras droit n’est ni gonflé ni atrophié. Il a la grosseur de l’autre. Au repos elle éprouve une sensation de gêne dans l’avant-bras mais la douleur est peu intense el plutôt sourde. Elle ne se réveille véritablement qu'à la suite d'un mouvement. Elle va du pouce qui ne peut plus faire de mouvements d'opposition, de circumduction jusqu’à l'épicondyle qui est extrêmement douloureux à la pression. Cette douleur s'étend à la Lête du radius.

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Où constate chez elle une diminution de forces notible du côté malade,

OBSERVATION XXI (personnelle).

Recugillie dans le service de consultation de M. le Dr Paul Raymond.

D..., 22 ans, corroyeur.

Antecédents héréditaires. — Le père a des douleurs rhumatismales, la mère a souvent des migraines.

Il travaille s'ésialement du bras droit. Il fait avec le couteau qui sert à gratter les peaux des mouvements d’exlension avec préhension forcée.

Il se plaint de douleurs et d’inaplitude au travail. La douleur commence dans le pouce et suivant les muscles épicondyliens va jusqu’à l'épicondyle où il localise fort bien de lui-même le siège de sa douleur.

Le bras droit qui par suite de l'exercice est le plus développé, est bien moins fort que le gauche. Il serre bien moins de la main droite que de la gauche. Quand on le fait serrer, il ressent une douleur très vive à l’épicondyle. Les sensibilités sont

toutes conesrvées.

OBSERVATION XXII (personneile).

Recueillie dans le service de consultation de M. le Dr Paul Raymond

à l’'Hôtel-Dieu.

Elias R..., 38 ans, cordonnier.

Antécédents personnels.— A eu la syphilis.

Il est venu consulter à l’Hôtel-Dieu pour une douleur qu'il

avait dans la région antéro-externe de l’avant-bras droit douleur résultant sous l’action des mouvements qu'il est obligé de faire pour frapper avec son marteau.

La douleur à l’épicondyle est chez lui spontanée, et il nous dit : « C’est surtout là que j'ai mal. » A la pression on la rend très vive.

La différe nce de force entre les deux bras est considérable quand il serre. |

L'opposition de son pouce avec les deux derniers doigts est à peu près intacte.

On trouve son avant-bras normal. Pas de rougeur, pas de gonflement. Les sensibilités sont toutes conservées. |

11 n’a fait aucun effort brusque, n’a reçu aucun traumatisme

sur l’avant-bras,

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