‹ De l'épiderme et des épithéliumsChapitre 17 sur 17 · i DES ÉPITHÉf.IUMS EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

i DES ÉPITHÉf.IUMS EN PARTICULIER

occasionnent, au bout de cinq minutes, une dilatation pupillaire très-manifeste; la peau est rouge et brûlante.

Si, au lieu de chloroforme, on emploie l’alcool, la peau rougit un peu, et les pupilles se dilatent au bout de trente minutes ; enfin la dissolution dans 1 eau acidulée ne pioduit aucun effet. Waller était arrivé antérieurement à des résultats analogues.

Les frictions favorisent considérablement 1 absorption , comme l’indiquent les résultats qu’on obtient par la méthode iatralrp tique. Ajoutons que certains médicaments (huile de croton) irritent la peau sans pénétrer dans le sang.

Enfin arrivent les récents travaux de Rœhrig (1) qui ont conduit leur auteur à nier, d’une manière formelle, la pénétration de substances liquides ou solides à travers l’épiderme intact.

Quant aux substances finement pulvérisées , si elles ne sont point volatiles, elles ne peuvent traverser la couche épidermique.

Fonction sensorielle. — Naguère encore, on pouvait considérer cette fonction comme purement passive en ce qui concerne l’épiderme, car les terminaisons nerveuses si remarquables qu’on a récemment découvertes au milieu des cellules du tégument n’étaient pas connues, mais seulement soupçonnées (Malgaigne)! Aujourd’hui, il paraît démontré; que l’épiderme est sensible par lui-même, .le ne reviendrai pas sur la disposition anatomique de ces filaments nerveux terminaux, sur lesquels j’ai déjà insisté.

Je veux seulement faire remarquer ici que cette sensibilité propre du revêtement épidermique explique mieux que toute autre théorie les sensations très-nettes que nous percevons à la suite des attouchements les plus légers, ceux d'une barbe de

(1) llnnliriçr. Inc. pif.

ÉPI I IIÉUUMS ÉAVIMIÏNTÉIJX.

plume par exemple. 11 était impossible d'invoquer, en pareil cas, la compression des corpuscules de Meissner contenus dans les papilles; on peut comprendre désormais qu’en effleurant l’épiderme et en ne touchant «pie lui, une sensation soit nettement perçue.

Mais l’épiderme joue aussi un rôle important dans l’exercice de la sensibilité du derme lui-même. Nous venons de parler de lït compression des corpuscules de Meissner. C’est en effet à la vibration de ces petits corps intra-papillaires sous l'influence des contacts extérieurs, qu’on attribue la production des sensations cutanées. Ici, l’épiderme joue évidemment un rôle modérateur; il atténue les impressions trop vives, et prévient la douleur qui résulterait du contact direct des papilles. Celle fonction apparaît bien clairement dans les cas où le derme est dénudé, et devient, sous l’influence des moindres attouchements, le siège de douleurs excessives. Un fait anatomique remarquable la met aussi en évidence. C’est, en effet, à la paume des mains et à la plante des pieds, c’està-dire là où le sens du tact est le plus développé, que l’épiderme acquiert la plus grande épaisseur. Que la marche et les travaux manuels soient pour beaucoup dans cette disposition, je le veux bien; mais elle se remarque aussi chez le fœtus, et acquiert par là même une réelle importance physiologique, il semble que l’épiderme s’étende en couches plus épaisses précisément dans les points où la sensibilité du derme est extrême, afin de modérer d’autant mieux les impressions de contact et de protégea' plus efficacement les papilles cutanées.

D’ailleurs, si la sensibilité de la peau est généralement en rapport avec la délicatesse de son tissu, il n'en est pas moins vrai que les poils, les productions cornées ou calcaires dont elle est parfois revêtue ne l’empêchent pas d’être un organe de tact. Les parties qui, chez un grand nombre d’espèces, sont recouvertes par des productions épidermiques, n’en sont pas moins des parties sensibles. L’impression est tellement

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lieu dénaturée en traversant une couche épaisse d’épiderme, que Bouley (1), qui a peint sous des couleurs si vives la sensibilité tactile du pied du cheval, a pu dire que cet animal a la faculté de « voir par le pied » . De môme, le bec des oiseaux, la carapace de la tortue, celle du tatou, les écailles du pangolin, les enveloppes solides des insectes, îles crustacés, et même les coquilles des mollusques, en transmettant à la peau les impressions de contact, jouent encore un rôle dans l’exercice de la sensibilité.

(1) Bouley, Traité de V organisation du pied du cheval.

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