‹ De l'Épididymite syphilitique: tertiaireChapitre 3 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

C'est à M. le professeur agrégé Etienne Rollet, que nous sommes redevable de l’idée première de ce modeste travail. En 1894, pendant Le dernier mois que nous avons passé dans le service de M. le professeur Poncet, M. Rollet qui avait la direction de ce service, eut l’obligeance de nous communiquer un cas très intéressant qu'il avait observé à l'hôpital de l’Antiquaille.

Il s'agissait d’un individu qui, en même temps qu'une lésion ulcéreuse du gland, présentait une épididymite unilatérale diffuse à forme subaiguë ; d’autre part ce malade maigrissait d’une façon inquiétante depuis quelques semaines et avait presque journellement d’abondantes hémoptysies.

En pareil cas, le diagnostic de tuberculose génitale et pulmonaire s’imposait de prime abord. Néanmoins le

malade avouant une syphilis contractée dix ans aupara-

MCE vant, le traitement mixte antisyphilitique fut institué et en moins de quatre semaines, ulcération du gland, épididymite, hémoptysies, tout avait disparu.

Il s’agissait évidemment de manifestations syphilitiques tertiaires; et pourtant, si l'existence de la syphilose ter taire du poumon est nettement établie, presque tous les auteurs sont muets sur les localisations de la vérole ter tiaire à l’épididyme. Il y avait là un sujet d'étude du plus haut intérêt et que nous n’avons pas hésité un instant à entreprendre.

Deux ans auparavant (avril 18931), dans une communication au Congrès des Sociétés savantes (communication que certains journaux ont attribuée par erreur typographique à M. Dron), M. Etienne Rollet avait déja présenté un cas d’épididymite tertiaire non moins intéressant que celui dont nous venons d’esquisser à grands traits l’histoire clinique. En publiant cette observation dans les Archives provinciales de chirurgie, M. Rollet s’exprimait ainsi :

« Les auteurs classiques, dit-il, divisent les affections syphilitiques du testicule et de l’épididyme en épididymite secondaire et orchite scléro-gommeuse tertiaire ; il y a lieu selon nous, d'adopter une nouvelle classification et de réserver à l’épididymite syphilitique tertiaire une place et

une description à part. »

1 Progrès médical, avril 1893.

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C’est cette assertion que nous allons essayer de justifier dans le cours de notre travail.

Le plan de cette étude s'offre naturellement à l’esprit. Nous suivrons l'ordre généralement adopté par les auteurs classiques lorsqu'ils décrivent une affection quelconque chirurgicale ou médicale.

Nos deux premiers chapitres seront consacrés l’un à l’Historique, l’autre àl Æhiologie de l’épididymitetertiaire. Nous exposerons ensuite les cas cliniques que nous avons réunis et qui nous permettront, dans le chapitre suivant, de dresser le tableau symptomatique de cette affection. Après quelques considérations d’Analomie pathologique nous aborderons l'importante question du Diagnostic sûr laquelle nous insisterons davantage. Enfin, nous envisagerons successivement le Pronostic et le Traitement de

cette épididymite syphilitique.

Mais avant d'aborder notre sujet nous avons à cœur d’acquitter les dettes de reconnaissance contractées pendant nos trois années d’études à Lyon.

M. le professeur Poncet, dont nous avons eu la bonne fortune d’être l’élève pendant deux semestres, a bien voulu nous faire l’insigne honneur d'accepter la présidence de notre thèse. Qu'il recoive ici l'expression de nos remercie ments. C’est lui qui, par son haut enseignement clinique,

nous à fait connaitre et aimer la chirurgie. Dans l’aveuir

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tous nos efforts tendront vers ce seul but : nous montrer digne d’un tel maitre.

Depuis l’époque où il nous a inspiré ce travail, M. le professeur agrégé Etienne Rollet n’a pas cessé de nous prodiguer les conseils de son expérience et Les ressources de son érudition. Qu'il soit assuré de notre profonde gratitude pour la sympathie qu'il nous a témoignée. Jamais nous n’oublierons ses intéressantes leçons à l’Antiquaille et à l’'Hôtel-Dieu et ses attrayantes causeries chirurgicales au lit du malade. |

Nous remercions aussi ceux de nos maîtres de la Faculté et ceux de nos supérieurs de l’École de Santé militaire qui ont bien voulu s’intéresser à nous.

Merci aussi à nos camarades de promotion chez les.quels nous avons rencontré tant de sympathies.

Merci enfin à notre excellent ami le D' Henri Cadiot à qui nous devons les meilleurs moments de notre existence

à l’Ecole et à Lyon.

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