CHAPITRE PREMIER
Historique.
Pendant longtemps la tuberculose et la blennorragie ont eu seules le privilège de s’attaquer à l’épididyme. Ricord en 1845 avait émis cet aphorisme que : « l’intégrité de l’épididyme est un signe de la plus haute importance pour le diagnostic du sarcocèle syphilitique ». C’est a l'Ecole lyonnaise, représentée par Dron, que revient le mérite d’avoir signalé et étudié la syphilis secondaire de l’épididyme (1863).
Parmi les syphiligraphes qui l’ont précédé, les uns (Hunter, Ricord, Melchior Robert) ont nié toute affection syphilitique de l’épididyme, les autres (Astruc, Astley Cooper, Hélot, Nélaton, Diday, Maisonneuve et Montannier) ont admis que cet organe pouvait être atteint par propagation de la maladie testiculaire, mais aucun n’a reconnu de lésion épididymaire isolée.
AU
De nos jours, l’épididymite secondaire, contestée par quelques rares auteurs étrangers (Sigmund, 1868, Kocher, 1871, Zeissl, 1888), est généralement admise par les syphiligraphes français.
Il n’en est pas de même de l’épididymite tertiaire. Parmi les nombreux auteurs que nous avons consultés, un grand nombre signalent les lésions possibles de l’épididyme dans l’orchite scléro-gommeuse, mais bien ‘peu font allusion au syphilome tertiaire localisé à l’épididyme avec intégrité du testicule.
Curling, dans son 7raité pratique des maladies du testicule (1858), considère Paltération de l’épididyme comme plus fréquente à la période tertiaire qu’à la période secondaire. Il note dans quelques observations d’orchite chronique le début par la queue de l’épididyme et la disparition de l’induration par le traitement spécifique.
En 18653, Dron ayant vu l’épididymite apparaître tardivement après les accidents secondaires, se demande s’il n'existe pas une épididymite tertiaire.
Le mémoire de Dron est basé sur 16 observations recueillies, dans le service de J, Rollet, en moins deG mois sur 200 syphilitiques. Dron décrit avec une rigueur scientifique la lésion syphilitique de l’épididyme, sans lésion du testicule, Voici les faits qu’il établit nettement :
1° L’épididyme peut être atteint primitivement dans la syphilis comme dans la tuberculose ;
2 L’épididyme peut être atteint iso/ément dans la syphilis, sans lésion concomitante du testicule ;
3° L’épididyme syphilitique se montre de préférence à la période secondaire de la syphilis.
Sur 16 observations il y en a 10 où la constatation de
ST tee
la lésion épididymaire a été faite en moyenne 3 mois 1/2 après l’apparition du chancre. « Cependant dans-6 cas, dit M. Dron, la lésion n’a été reconnue que beaucoup plus tard, au bout d’un an (obs. XV), de 14 mois (obs. XD), de 2 ans (obs. XIV), de 3 ans (obs. IX), de 4 ans (obs. XVI), de plusieurs années (obs. XIIT), soit que les malades l’aient porté longtemps sans s’en apercevoir, soit enfin qu’elle puisse, comme Hamilton et Curling l’ont noté pour le testicule syphilitique, se montrer endistinctement aux périodes secondaire et tertiaire de la syphalis. »
« En tout cas, même lorsqu'il parait de bonne heure, l’épididyme syphilitique ne se montre qu’avec les formes graves ou tardives des accidents secondaires. »
Le professeur J. Rollet dans son 7'raité des maladies vénériennes (1866) et avec lui Lancereaux, Cuillerier, confirma les faits établis par Dron et soutint la même opiunion.
Il faut arriver en 1868 pour trouver une première observation incontestable de gomme épididymaire. Dans l’Union médicale, Berthole rapporte le cas d'un malade, syphilitique depuis vingt ans, atteint de fistules épididymaires coïncidant avec des périostoses humérale et cubitale. Le traitement ioduré dissipa tous ces accidents en quelques semaines.
Quelques années plus tard Tanturri (1872), Guel «(1873), sans citer d’observations à l’appui, ajoutent que l’épididyme peut être atteint alors que le testicule est respecté.
Néanmoins la plupart des auteurs qui, dans ces dernières années ont étudié la syphihs génitale (Fournier,
fa PASS
Cornil, Berkeley Hill et A. Cooper, Pinner) décrivent l’épididymite secondaire (appelée aussi épididymite de Dron), le sarcocele scléreux, le sarcocèle gommeux, mais restent silencieux au sujet de l’épididymite tertiaire.
Cependant Balme en 1876, Tédenat en 1881, Pascalis en 1888, citent des observations en présence desquelles ils s’avouent forcés de conclure, malgré le peu de cas observés, à la possibilité d’une épididymite gommeuse,
Reclus, dans son travail sur la Syphilis du testicule (1882), n’admet pas l’épididymite secondaire et en fait une gomme précoce. De plus, il considère comme une loi que : foules les fois que l’épididyme est affecté par la syphilis, le testicule est alleint plus profondément, Plus tard, dans une communication faite à la Société de chirurgie sur wne forme rare d'épididymite syphilitique, il conclut que la syphilis peut provoquer ‘une épididymite gommeuse, différant de l’épididymite décrite par Dron et Fournier, par la diffusion de ses lésions.
Nous lisons dans Diday (1886) à l’article ÉprnipyMITE SECONDAIRE : « Gomme cette lésion a une grande tendance à la résolution et cède rapidement au mercure, on ne lui attribue pas la gravité d’un accident tertiaire bien qu’elle puisse, si elle a persisté, devenir ultérieurement le siège d’une gomme. »
Pour Jullien, Monod et Terrillon, Mauriac, l’épididyme est souvent pris à la période tertiaire, mais ses lésions sont associées à celles du testicule. Rarement, disent-ils, le * syphilome est uniquement épididymaire.
En 1890 parut à Lyon une thèse remarquable de M. Cuilleretsur lÆpididymite secondaire. Nous y trouvons quelques observations d'épididymites tardives chrono-
AE SOS PA AC a LS