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crivant un espace circulaire, souple, grand comme une pièce de 1 franc dont la pression ne détermine aucun phénomène.
Force musculaire indique 26 du côté droit, 33 du côté gauche au dynamomètre . Muscles du côté droit intacts. Le foie est un peu gros et légèrement sensible à la palpation.
La sensibilité et les réflexes paraissent intacts. Les facultés intellectuelles sont légèrement affaiblies. Pas d’appétit sexuel.
Nous éprouvons le plus grand regret de n'avoir pu suivre le malade plus longtemps : muni d'un certificat de l’'Hôtel- Dieu, il était venu nous voir pour que nous l'admettions à Beaujon. On lui formula une potion polybromurée, en le renvoyant avec un secours, mais on ne le revit plus.
Résumé. — Crises d’épilepsie, d'abord Bravais- Jacksonnienne, type brachio-céphalique, puis généralisée, et accidents comitaux survenant trois semaines après latrépanation.
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Considérations générales et Discussto
De toutes les observations que nous venons de citer, 1[ ressort de la façon la plus évidente que des convulsions épileptiques se sont trouvées consécutivement à la craniectomie. Tous nos malades, en effet, qui,jusqu’à leur opération, s'étaient trouvés indemnes de toute manifestation convulsive, ont eu des crises de morbus sacer immédiatement ou quelque temps après la trépanation.
Malgré toutes nos recherches, il nous a été impossible de réunir d’autres observations sur ce sujet, d’ailleurs encore peu étudié jusqu’à aujourd’hui. Et cepéndant, si l’on en croit le docteur Antheaume, et nous-même en sommes persuadés, les cas d’épilepsie consécutifs à l'opération du trépan sont plus nombreux qu’on ne pense !
Il nous reste maintenant à discuter brièvement les conditions dans lesquelles ces crises de mal caduc sont apparues, et à chercher à savoir, si la trépanation est la cause efficiente de l’épilepsie, ou si elle
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n’en est que la cause occasionnelle. En un mot, la trépanation peut-elle créer de toutes pièces l’épilepsie, tout comme la thyroïdectomie totale, par exemple, crée le myxædème ?
Pour tâcher d’éclaireir la question que nous nous sommes posée, nous nous appuierons sur l'autorité de M. le professeur Joffroy, qui, tout récemment encore, dans un de ses cours à l’Asile clinique, a étudié, en 1899, les rapports qui existent entre les crises d’épilepsie et les causes qui semblent Jui avoir donné naissance (1), et nous pensons que rien n’aura plus de valeur que les extraits que nous pourrons citer de cette leçon.
Pour notre professeur, les différentes affections en général peuvent se diviser en deux groupes
«& Dans Île premier, l’existénce de la maladie ne relève que des causes extérieures : tout individu exposé à ces causes, quelle que soit sa constitution, sera atteint. »
Tout individu, dans ce cas, exposé à l’inoculation des germes varioleux ou syphilitiques, s'il n’a déjà l’immunité donnée par une atteinte antérieure, verra se développer en lui la variole ou la syphilis. « Peu
importe le terrain.... les germes morbides s’en
(1) Joffroy. — Clinique de Sainte-Anne. In Gazette hebd. de méd. et de chir., 11 février 1900.
accommodent toujours... leur développement ne dépend que de l'atteinte des causes extérieures. »
Mais il n’en va pas de même pour les affections du second groupe. lei, action des germes morbides ne suffit plus à produire la maladie, elle ne constitue plus une cause suffisante : elle est plus exigeante (il faut qu’elle soit favorisée par un état spécial, une attitude particulière de l’organisme. »
Et dans ce second groupe M. le Professeur Joffroy cite la tuberculose, les affections arthritiques (goutte, gravelle, obésité, eczéma, etc)... les maladies du système nerveux, etc. Pourque de pareillesaffectionssedéveloppent, il faut une aptitude particulière, un terrain préparé ét disons le mot prédisposé. « L’hystérie, l’épilepsie, lachorée, les vésanies, les démences, toutes les maladies nerveuses et mentales en un mot, demandent pour se développer un terrain spécial, modifié de longue date. Il suffit pour vous en convaincre de vous rappeler combien parfois sont futiles les causes occasionnelles que l’on rencontre dans l’étiologie des psychoses : une grippe légère, un surmenage de quelques jours, une émotion telle qu’un individu normal en supporte presque quotidiennement sans dommages, peuvent suffire à rompre l'équilibre très instable de certains cerveaux et à les troubler, soit temporairement. soit d’une façon définitive. Les faits de ce genre, si nombreux en neurologie et en psychiâtrie,
témoignent de l’aptitude spéciale de certains orga-
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hismes à réagir aux causes extérieures, en apparencé les plus insignifiantes, par des troubles profonds du système nerveux » (1).
Or, qu’entend-on par terrain spécial ?
Quelle est la nature de cette prédisposition individuelle ?
Magnan (2) a très nettement défini ces conditions anormales qui constituent la prédisposition.
Il a démontré qu’elles sont le plus souvent héréditairés et qu'elles font des sujets qui en sont porteurs des êtres de moindre résistance. C’est àces sujets qu'il a donné le nom de dégénérés, caractérisés par un développement moral irrégulier et anormal, et comprenant, eu partant des degrésles plus bas de l'échelle les idiots, les imbéciles, les débiles intellectuels et enfin les dégénérés supérieurs.
Quelle sera donc la résistance de ces sujets vis àvis des causes extérieures qui viendront fondre sur eux ?
Il est facile de voir que l'ensemble de toutes ces défectuosités organiques, d’origine le plus souvent héréditaires, vont créer chez eux des aptitudes morbides nouvelles, et rendre pathogènes ces causes qui, vis-à-
vis d’un organisme sain et bien constitué seraient restées sans eflet.
(1) Joffroy. -: Loc, cit,
(21 Magnan. — Encéphale 1885, p. 596. Magnan et Legrain : Les dégénérés.
(€ Etcette dégénérescence elle-même peut résulter de troubles survenant aux diverses périodes de l’évolution de la vie des organismes. Elle peut relever de causes originelles, exerçant leur action au moment de la conception et c’est à ces seuls cas qu'il convient d'appliquer la dénomination de dégénérescence héréditaire (1) ».
Parmi ces dégénérés héréditaires nous trouverons donc tous ceux qui auront subi les conséquences d’une aflection qui aura atteint ses ancêtres Ce seront les enfants des intoxiqués par l'alcool, le plomb, le mercure, la tuberculose, la syphilis, des individus affaiblis par l’âge ou une diathèse,comme les arthritiques, des parents épuisés au moment de la conception, d'une mère atteinte de maladie infectieuse au cours de la grossesse.
Et ces signes de dégénérescence pourront rester latents ; le sujet pourra très bien se conduire dans la vie, en apparence normal et bien constitué cérébralement, et un beau jour, sous l'influence d’une cause occasionnelle, d’un traumatisme, d’une fièvre, d’une émotion, d’un excès quelconque, toutes les défectuosités dont ilest porteur en puissance se feront jour générescence se
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et & c’est seulement alors que la dé révèlera. »
Mais ces causes occasionnelles ne se traduiront pas
{1} Joffray — Loe. cit,
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toujours par les mêmes résultats : chez tel individu, une ablation d’un kyste ou un accouchement produiront de la manie: chez tel autre, une hystérectomie ou la ponction d’une hydrocèle(r), produiront de la mélancolie : enfin chez tel autre, une amputation ou une laparotomie se traduiront par des crises convul- SIves.
Or. pour ces dernières, les seules qui nous concernent, M. le professeur Joffroy a démontré que parmi «les héréditaires, un certain nombre sont plus spécialement exposés à l’épilepsie. » Ce sont, le plus souvent, des fils de convulsivants et surtout des convulsivants alcooliques : c’est-à-dire les « hérédo-alcooliques Secommenl Mestatappelés-MEtrceSestCerte prédisposition spéciale qu’il donne le nom d’aplitude convulsive. Chez ces malades, tout choc opératoire, tont traumatisme, se traduira par des crises d’épilepsie. ; |
Quant à la pathogénie de ces phénomènes, on nous permettra de l’effleurer simplement. Essayer d’expliquer la façon dont telle cause produit tel effet est, dans l'état actuel de la question, une chose trop ardue et trop compliquée. D'ailleurs, là n'est pas notre but, et si nous nous sommes étendu si complaisamment
sur les relations qui existent entre la cause occasion-
(1) Truelle. — Thèse de Paris.
role
nelle et la folie consécutive, c’est que cela nous a paru indispensable pour l'explication de nos observations. Ce
les sésanies survenant après un traumatisme, le résul-
qui cet certain, c'est quil ne faut pas voir dans
tat d'une cause cfficiente : l'opération n’engendre pas de toutes pièces un délire, et nous pouvons appliquer cette sorte d'aphorisme au sujet qui nous intéresse la trépanation n’engendre pas l'épilepsie. En disant ceia, nous assimilons la trépanation à un simple traumatisme opératoire.
Certainement, il serait plein d'intérêt de voir si cette opération n'emprunte pas une gravité plus particulhière a ce fait qu'elle porte directement sur le siège supposé de la cauce de l’épilepsie, mais comme nous avons vu des observations de malades devenus épileptiques après une opération quelconque, une ovariotomie, par exemple (1}, nous nous contenterons pour le moment de faire entrer notre épilepsie provoquée dans lecadre d25 psychoses dites post-opératoires.
Ceci étant posé, les relations existant entre les traumatismes opératoires et la folie, entre la trépanation et l’épilepsie étant bien établies, nous allons nous efforcer d'appliquer les données qui précèdent aux observations que nous venons d'exposer.
Et d'abord il est de toute évidence que les malades
(L, Truelle. — Tien.
dont nous avons raconté l’histoire, rentrent dans le cadre des dégénérés tels que les a définis Magnan. Tous sont des prédisposés, tous ont des tares névropathiques dans leurs familles. Celui-ci a parmi ses ancêtres des parents vésaniques, celui-là a un père alcoolique, cet autre des ascendants syphilitiques. Chacun d’eux offre toutes ces défectuosités qui en ont fait un terrain spécial; tous en un mot présentent l'aptitude convulsive comme l'appelle M. le professeur Joffroy. Ce sont des individus ayant une affection mentale en puissance, présentant peut être même des manifestations du mal sacré encore ignorées, ou rapportées à une autre affection, mais n’empruntant pas encore la symptomatologie de l’épilepsie essentielle.
Nous voyons Don Carlos coléreux, violent, emporté ; sa grand’mère était folle.
La malade de Marchand, fille d’alcooliques probablement, syphilitique elle-même, atteinte d'affection cardiaque avec lésion de la zône rolandique était un terrain tout préparé pour l'affection qui l’a amenée à l’Asile.
Le malade d’Antheaume est un débile, irritable, privé de sentiments affectifs, avec tendances impulsives manifestes, arrêt de développement des facultés intellectuelles, absence de langage articulé.
Celui du D° Wahl (observation IV), probablement fils d'alcoolique, est un débile, presque sans instruc-
tion. Une parente est atteinte d’aliénation mentale.
Enfin le nôtre, est un enfant naturel (et l’on sait quelle place les enfants illégitimes occupent dans les rangs de la folie), à hérédité très chargée: mère éthylique, une tante morte de délire aigu, un cousin germain maternel mort de convulsions, etc. etc.
Par conséquent, tous nos sujets étaient bien préparés à réagir sous l'influence de la trépanation: et celle-ci a joué chez eux le rôle de l'étincelle électrique qui met le feu aux poudres, le rôle de cause occasionnelle.
Il est facile de voir qu'il ne pouvait en être autrement, et si nous nous reportons à ce que nous avons dit précédemment, nous pourrons affirmer que sur un organisme normal, privé de tares héréditaires ou acquises, le traumatisme crânien opératoire serait resté sans effet, tandis que chez nos malades, présentant un terrain spécial, prédisposé, en puissance de l'aptitude convulsive, la trépanation a joué le rôle de cause occasionnelle et a produit chez ceux l’épilepsie, soit essentielle, soit Bravais-Jacksonnienne type généralisé.
Or, tous ces phénomènes nous étant connus, l'opération du trépan faite sur un sujet en possession de l'aptitude convulsive, en un mot, sur des dégénérés, conduisant à l'épilepsie, quelle conduite allons nous tenir toutes les fois que chez un de ces malades se posera la question de la craniec-
tomie ? Que ferons nous si un enfant à hérédité char-
OS
gée, privé de la parole, nous est présenté ? Que dirons-nous lorsque nous soupçonnerons une gomme de la zône rolandique chez un fils d’alcoolique ou un descendant de vésanique ? allons-nous prendre immédiatement notre trépan et enlever à nos malades quelques rondelles de leur boîte cranienne ?
Il ressort de tout ce que nous venons dire qu’il faut bien se garder d'agir aussi rapidement. Evoquant le souvenir des malades dont nous citons les observations nous nous demanderons si les conséquences de notre intervention ne seront pas désastreuses pour eux ; désireux de bénéficier des exemples que nous avons recueillis, nous examinerons le plus soigneusement possible la prédisposition que peuvent présenter nos malades ; nous rechercherons minutieusement s'ils ne sont pas porteurs de tares faisant d’eux un terrain favorable à l’éclosion d’une affection névropathique, en un mot, nous rechercherons si la puissance de résistance de leur organisme n’est pas en état d’infériorité et d’amoindrissement, s'ils ne présentent pas l'aptitude convulsive.
D'autre part nous rappelant que l’épilepsie est une maladie à peu près incurable, rendant celui qui en est porteur incapable de se diriger dans l'existence et de vivre de la vie commune, nous comparerons la situation actuelle du malade à celle que nous pourrons lui créer en lui provoquant des crises épileptiques.
nous réfléchirons bien avant de faire naître chez eux
une affection beaucoup plus grave que celle dont ils sont porteurs et nous nous abstiendrons de toute intervention.
Ceci est évidemment dans l'intérêt du malade. Mais il va sans dire que notre conclusion est aussi dans l'intérêt du chirurgien, car si nous envisageons la question au point de vue légal, il est certain que le malade peut attribuer. dans la suite, sa nouvelle affection à une faute opératoire et faire retomber la cause de son mal sur le praticien qui l’aura opéré et
de ce chef lui créer une source de désagréments.
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