‹ De L'Épilepsie Consécutive A La TrépanationChapitre 8 sur 12 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Recueillie par le D' Marchand, médecin adjoint des asiles d’aliénés, dans le service du docteur Toulouse, à Villejuif.

La malade La..., entre à l'asile de Villejuif, le 14 décembre 1898 avec le certificat « léucr affaiblissement intellectuel avec épilepsie jakesonnienne. » Elle est âgée de 38 ans.

Antécédents Héréditaires. — La mère de la malade est morte à 55 ans ; le père à l'âge de 36 ans d'une maladie de foie, qui fait songer à l'alcoolisme, cause héréditaire fréquente de l’épilepsie. La malade a 2 sœurs qui sont bien portantes. Son frère est mort d'un refroidissement (?) à l'âge de 23 ans. Personne de sa famille n’a eu d'attaques nerveuses.

Antécédents Personnels. — La... n'a eu aucune mala-

die grave pendant son jeune âge ; pas de convulsions. — A

12 ans, elle eût une première attaque de rhumatisme aigu et une seconde à l’âge de 14 ans. La malade a eu 4 enfants: le premier est mort-né; les deux autres sont venus avant terme ; le 4° seul vitet a neuf ans. Il est chétif.

La malade dit n’avoir jamais eu de taches sur le corps. On ne trouve aucun signe de syphilis.

La malade est mariée à l'âge de 26 ans; 27 jours après son

mariage, elle fut prise d'une attaque d’hémiplégie gauche.

avec contracture. Les traits de la face étaient déviés vers l'oreille gauche. La contracture disparut au bout de trois jours et il resta une paralysie flasque. Cette première attaque ne fut pas accompagnée de troubles de la parole.

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6 semaines après une deuxième attaque eut lieu. La contracture des membres réapparut et en plus elle fut atteinte d’aphasie. Elle était obligée d'écrire ce qu'elle voulait dire. La durée de l'aphasie et de la contracture fut de 7 semaines. Puis l’aphasie disparut et la contracture des membres fit place à une paralysie flasque.

Cinq ans après ces accidents, un chirurgien pensant probablement à une gomme syphilitique, lui fit l'opération du trépan, à droite, au niveau de la partic supérieure des circonvolutions rolandiques. Le chirurgien, après l'opération, aurait déclaré quil n'avait rien trouvé.

Le lendemain de l'opération, elle eut une crise d’épilepsie convulsive. Elle est tombée sans connaissance, a eu des mouvements convulsifs dans les deux bras, à moussé, n’a pas uriné sous elle. Depuis, les accès sont revenus à intervalles irréguliers.

Elat Actuel. — Ta malade a des menstrues régulières ; ses accès seraient, d'après clle, plus fréquents à cette époque, ce qui n’est pas justifié d'après sa feuille d'observation. Les accès sont assez rares (2? environ par mois). Les mouvements,durant ces crises convulsives,débutent du côté gauche (cô'é paralysé), puis apparaissent du côté opposé : mais les mouvements sont toujours plus forts du côté gauche ; dans ses accès la malade gàte et présente de l’amnésie consécutive.

A l’examen, on trouve le membre supérieur gauche contracluré ; les doigts sont fléchis dans la paume de la main. Quelques mouvements volontaires sont possibles, mais leur étendue est très limitée. Les réflexes du poignet sont très cxagérés ; le membre inférieur gauche présente une paraly-

sie flasque avec exagération du reflexe patellaire. Lesorteils sont cependant en flexion forcée, excepté le gros orteil qui est en extension. Du côté de la face, la paralysie est peu apparente. On ne trouve pas de déviation de la langue, ni de la luette, les traits de la face sont réguliers.

Dans l'acte de siffler, les plis péri-buccaux sont moins prononcés à gauche. On ne trouve aucune paralysie des muscles de l'œil. Le champ visuel de l'œil gauche est rétréci dans sa partie externe.

Le malade se plaint de crampes dans le bras paralysé.

Les réflexes pupillaires sont conservés et les pupilles égales.

Les appareils digestif et respiratoire ne présentent rien de particulier.

L'examen du cœur, montre que les impulsions cardiaques sont violentes; à l’auscultation on trouve une arythmie légère et ua gros souffle ràpeux au second temps, localisé au niveau de l’orifice aortique et se propageant vers l’appene dice xyphoïde. Il n’y a pas de pouls capillaire. Comme troubles fonctionnels, la malade se plaint d’essoufflements et de palpitations. Les jambes ne présentent pas d'œdème.

N'ayant pu rien relever chez elle au point de vue de la syphilis, nous pensons que l'hémiplégie a eu pour cause une embolie d’origine cardiaque.

Résumé. — Malade à hérédité névropathique, et alcoolique. Syphilis probable. Trépanation suivie de crises d’épilepsie essentielle 24 heures après l’opération.

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