‹ De l'épilepsie JacksonienneChapitre 19 sur 19 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

^ X*irAiteiiiLeiit

Divers Traitements ont été institués, dès la plus haute antiquité, contre les Convulsions débutant par un membre : ligature, compression d'un gros vaisseau, vésicatoires, cautères, sétons, extension forcée.

La Ligature au dessus du siège de VAura, la traction violente des pafties qui sont le siège de Taura, ou toute autre manœuvre analogue pratiquée sur un membre, arrêtent le plus souvent la crise ou la localisent au membre comprimé, si elles sont pratiquées à temps. Ces manœuvres, dit H. Jackson arrêtent la décharge nerveuse, empêchent les cellules de se décharger, ou rendent la décharge plus lente et par conséquent plus localisée.

Galien, Boerhaave, Maisonneuve, Odier, Bravais, H. Jackson, Brown-Séquard, Charcot, Hardy et d'autres observateurs ont rapporté de nombreux cas de ce genre. Nous nous souvenons avoir vu en 1873, dans le service de M. le professeur Azam, à l'Hôpital Saint-André de Bordeaux, un homme qui, après une blessure du radial, par arme à feu, avait des accès d'Epilepsie partielle. M. Azam ayant re-

connu refficacité de la ligature au niveau du poignet, fit confectionner un bracelet compressif qui amena les meilleurs résultats. La crise avortait toutes les fois que le malade, prévenu par son aura qui prenait naissance dans les doigts, pouvait opérer un tour de vis sur le bracelet.

La compression amène presque toujours une paralysie localisée du membre sur lequel a opéré la ligature, mais cette paralysie n'est que transitoire; elle est, peut-être, plus marquée que si Ton n'avait pas arrêté la crise ; mais elle est en revanche plus limitée, et, comme le dit H. Jackson, mieux vaut avoir un spasme continu dans une jambe, par exemple, qu'un spasme envahissant les muscles respiratoires ; et il vaut aussi mieux avoir une paralysie temporaire d'un membre après un accès, que aavoir ses centres cérébraux les plus 'élevés dans des conditions qui amènent une complète perte de connaissance.

L'arrêt des accès par la ligature est aussi quel-

3uefois, rarement cependant, suivi de vertiges, et 'autres sensations si dépressives, d'après Gowers et Hirt, que les malades préféraient leur attaque complète d'autrefois à l'arrêt des accès, et au bien être relatif actuel.

Ce traitement seul est évidemment insuffisant pour amener la guérison, mais il peut rendre de grands services aux malades, en leur évitant des accès, ou en rendant ceux-ci moins forts et moins étendus.

Trousseau pratiquait la compression de la carotide du côté opposé aux convulsions éclamptiques, quand celles-ci prédominaient à droite ou à gauche, et affirme avoir pu arrêter ainsi des attaaues.

Le traitement par les Vésicatoires ou les révulsifs appliqués au dessus du siège de l'aura, a été aussi appliqué par Galien, Alexandre de Tralles, Henricus ab Heer, Boerhaave, Wepfer, Maisonneuve, et surtout par Bravais qui cite trois cas de guérison d'Epilepsie hémiplégique par l'application de vésicatoires au niveau du point de départ de l'aura. Bravais note avec soin que, plus les accès sont légers et rapprochés, surtout s'ils débutent par l'un des

OEPARTMF {.tT OF NEUROPATHOLOGY

membres/ plus il sera facile d'apprécier Teffet des, vésicatoires et d'en obtenir de bons résultats. Pour» lui « leur application devra être continuée un nombre suffisant de semaines ou de mois, pour prévenir les récidives. »

L'emploi des vésicatoires, après Bravais, a été étudié par Robert Bentley Todd, en 1841 ; par Récamier, en 1848 ; puis par M. Browo-Séquard, en 186 1 ; et ces derniers temps, en 1882, par MM. Buzzard et Hirt. Ce dernier, ignorant les travaux des auteurs que nous venons de citer, i\ prétendu que ce traitement avait été découvert en Angleterre, et qu'il n'avit « trouvé ni dans la littérature allemande^ ni dans la littérature française quelque chose se rapprochant du sujet dont il s'est occupé». Nous avons cru devoir relever cette inexactitude et attribuer à Bravais l'honneur qui lui revient à ce sujet.

M. Pitres a repris, dès 1882, cette étude et a communiqué à un de sqs élèves, le D^ E. Crozes, un certain nombre d'Observations des plus interess?intes que ce dernier a publiées dans sa thèse.

M. Crozes cite 12 Observations d'Epilçpsie hémiplégique à aura périphérique, dans lesquelles l'application des vésicatoires au dessu^^ dq siège de l'aura, a amené la guérison, complète cbe^ 3 malades de Bravais, i de Récamier, 2 de Buzzard, 3 de Hirt et % de Pitres; ce mémoire contient aussi 3 Observations de M. Pitres cjans lesqueljes se pro-< duisit une amélioration sensible: les attaques furent moins fortes après l'apphcaiion de^, vésicatoires qu'elles ne l'étaient avant, et il y a^vait une plus grande distance entre les accès. Ce mode de traite*ment, en amenant la guérison des attaques épilep-r tiformes, peut faire aussi disparaître les douleurs, les troubles psychiques post-épi leptpïdjes : il supprime, en un mot, toqs les effets consécutifs de l'attaque. M. Croze^- cite aussi 12 Observations, 8 de Buzzard, 2 de Hirt et, 2 de Pitres daps lescnielles l'application de vécicatoires a amené des modifications notables dans les symptômes de Tattaque i dans toup ces cas, « l-aura ayant disparu da son siège primitif, après l'application d'im vécw:atQire'QU qujQlquefois de plu-

sieurs, se porte sur une autre partie du corps, sans qu'on puisse prévoir où se fera cette nouvelle apparition. Tantôt, en effet le transfert de Taura se produit du même côté, mais sur l'autre membre, tantôt il se présente sur le membre correspondant du côté opposé: d'autres fois, l'aura ayant disparu, les convulsions se généralisent immédiatement du côté opposé sans que le malade ait paru observer une aura sur aucun des membres de ce côté; d'autres fois enfin, l'aura n'ayant pas disparu sur le membre qui en était primitivement affecté, une nouvelle aura se montre sur le membre correspondant du côté opposé». L'on peut aussi observer le transfert des Convulsions ou des paralysies post-épileptoïdes, sous Tinfluence de cette excitation locale de la peau. |L,a révulsion cutanée fut toujours de longue duréefdes jours et même des semaines), avant que le transfert se produisit et le transfert de l'aura du côté opposé précède des mois durant, soit la guérison, soit la disparition des accès. Peut-être, en conséquence, le transfert, dans ces conditions est-il un signe pronostique favorable ; mais l'on ne doit attendre d'heureux résultats de ce mode de traitement que lorsqu'il existera une aura motrice périphérique.

« Bravais plaçait un vésicatoire circulaire, en bracelet entourant toute la circonférence du membre par où débute Tattaque, et sur les deux membres du côté paralysé lorsque l'attaque convulsive débutait par la face. Buzzard met le vésicatoire un ou deux centimètres au-dessus de l'aura. M. Pitres le met aussi sur le membre ou la partie du membre qui sert de point de départ à l'attaque. Mais au lieu de le mettre, comme les autres auteurs, à une certaine distance de l'aura, à l'endroit où l'on place la ligature, lorsqu'on veut arrêter l'attaque par ce moyen, il n'a pas hésité à mettre un vésicatoire sur le lieu même où était ressentie l'aura, et a obtenu des résultats aussi avantageux qu'en employant l'ancienne méthode.

« Quant à la forme du vésicatoire, tous les auteurs qui ont écrit sur ce sujet semblent s'accorder à dire que le vésicatoire à bracelet est le seul à employer.

Buzzard insiste beaucoup sur cette forme spe'ciale à donner au vésicatoire et cite même un cas dans lequel le vésicatoire n'ayant produit aucun effet, le vésicatoire en bracelet aamenélaguérison. M. Pitres a employé, dans plusieurs cas, les vésicatoires rectangulaires sans avoir les résultats désastreux observés par Buzzard.

€ Il se peut qu'après une ou plusieurs applications de vésicatoires, on observe le transfert de Tauramotrice et que les attaques se présentent avec leurs caractères primitifs en débutant sur un autre point. Dans ce cas, Récamier, le premier, applique des vésicatoires successivement sur le nouveau siège de l'aura, et a obtenu la guérison de son malade. M. Pitres a fait la même remarque. Peut-être seraitil bon, dans le cas où une amélioration sensible n'est pas obtenue, de faire suppurer le vésicatoire comme le faisait Bravais. »

Comment agissent les révulsifs et en particulier les vésicatoires dans l'Epilepsie Jacksonienne. Bravais pensait qu'ils agissaient « comme révulsifs dans un lieu d'élection où les sympathies exercent plus d'empire sur les maladies des centres nerveux. » D'après l'hypothèse de H. Jackson qui veut que les convulsions épileptiformes soient produites paf des décharges des cellules nerveuses de l'écorce, le vésicatoire pourrait, peut-être, modifier par son action révulsive la tension que présentent les cellules nerveuses. M. Vulpian a dit à ce sujet : « Il ne me semble pas impossible que des modifications moléculaires, non nutritives, au sens propre du mot, puissent avoir lieu directement dans les centres nerveux sous l'influence d'impressions spéciales. L'Aura Épiîeptica a en apparence son point de départ dans la partie du corps mise en rapport, par ses nerfs centripètes, avec la région du centre cérébro-spinal qui entre en souffrance au début de l'attaque ; or les excitations locales faites sur cette partie déterminent sans doute, dans les éléments de la région correspondante du centre nerveux, une modification suffisante pour faire avorter l'évolution

de cette soufirance, qui doit avoir pour terme Texplosion de l'attaque, »

Chez la malade de notre Observation iv, les vésicatoires circulaires appliqués au dessus du poignet Droit, siège de Taura, et ayant suppuré pendant plus •de huit )ours, n'otit absolument rien produit, ni transfert de Taura, ni transfert des Convulsions ou de la Paralysie, ni même atténué les Convulsions. Nous rappellerons pour mémoire, que l'autopsie a révélé la présence d'un abcès du cerveau, au niveau de la Frontale et de la Pariétale ascendantes, à leur partie supérieure, avec adhérance de la dure-mère à la substance corticale sous-jacente sur une étendue de quatre centimètres carrés environ ; ce qui nous ferait supposer que le traitement de l'Épilepsie Jacksonnienne par les vésicatoires ne peut produire de bons résultats que si la lésion est superficielle et de peu d'importance, et est inefficace dans les cas de tumeurs inflammatoires ou dans les cas de tumeurs comprimant fortement la substance cérébrale, et à plus forte raison dans les cas de lésions destructives de l'écorce.

Dans les scléroses lobaires infantiles, grâce à un traitement polybromurique à faibles doses quotidiennes et par petites cures successives ; en entourant les enfants de calme, en les soustrayant à toute excitation extérieure ; en y joignant l'emploi de bains dans certaines eaux thermales sédatives, en particulier celles de Bagnères-de-Bieorre, on peut, dit M. Jules Simon, espérer faire de la bonne prophylaxie, diminuer les processus irritatifs et prévenir la sclérose. Cependant les guérisons de sclérose cérébrale confirmée sont douteuses.

Dans tous les cas obscurs ou douteux on devra employer le Bromure de Potassium avec persévérance, ou la solution polybromurée (Bromure de Potassium, de Sodium et d'Ammonium), à doses successivement croissantes, 3, 4, 5, 6 grammes par jour et même plus ; ce traitement, comme on a pu le voir dans nos Observations iv et vu, s'il ne supprime pas complètement les accès, a cependant la propriété d'en diminuer considérablement le nombre. La

réfrigération crânienne au moyen de la glace et les sangsueSy qui paraissent produire de bons résultats dans les expériences de laboratoire, peuvent aussi être employées ; pour notre part, nous n'en avons retiré aucun avantage chez la malade qui fait le sujet de notre Observation vu. Quant aux inhalations anesthésiques d'éther ou de chloroforme, elles ont été conseillées par quelques auteurs et peuvent être employées sans inconvénients.

Observation vin

Par le D' Langlet (de Ponthivy). Concours Médical 19 Novembre 1887.

Homme de 45 ans^ sans antécédents nerveux, quoique d'une grande impressionnabilité. Atteint d'une contusion grave de la face dorsale de la main gauche, il eut un abcès de cette région avec sphacèle de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané. Au bout d^un mois, Tétat du blessé était excellent, la plaie presque cicatrisée, lorsqu'on accourut en toute hâte au milieu de la nuit me réveiller pour un accident imprévu: le malade, me disait-on, avait des convulsions, comme en ont les enfants.

A mon arrivée, la crise étant finie, X., me raconta ce qu'il venait de ressentir. Je dormais du sommeil le plus calme, dit-il; tout à coup une douleur atroce, indicible, m'a fait tressauter dans mon lit: il me semblait que les os de mon bras écartelô volaient en éclat. Epouvanté, j'ai poussé des cris à ébranler la maison. En même temps, des secousses brusques comme des décharges électriques, agitaient mon bras, qui se pliait par le coude malgré les plus énergiques efforts pour le maintenir étendu. Puis, la douleur, les secousses ont gagné l'épaule, la poitrine et le cœur, et j'ai perdu connaissance. Maintenant je ne souffre plus.

A peine achevait-il ces renseignements, que la scène se rexioUv^iait sous mes yeux. Pendant trois minutes environ, 66 fut une véritable torture avec rugissements, éclairs de douleurs remontant de la blessure vers Tépauie, soubresauts du membre. Le mal finit par arriver au cœur, suivant l'expression de ce malheureux : aussitôt perte de connaissance convulsions exactement limitées dans la moitié gauche du corps, cloniques d'emblée ; déviation de la tête à gauche, écume sanguinolente à iabooehe^ oeil gauche en strabisme.

La durée de cette seconde période fut aussi dé quelques minutes: puis le malade, sans passer par le coma, reprit ses sens, un peu étonné^ fatigué.

Il y eut ainsi, coup sur coup, une douzaine d'attaques. Aussi bien letype de lapremiôreattaqueest resté celui detoutes les autres: aura prolongée et consciente, absence de stertor final, convulsions invariablement hémiplégiques. Rarement Epilep&ie Jacksonienne fut aussi pure. Ce que je viens de décrire était bien autre chose que ces tremblements convulsifs signalés par Larrey dans la main après l'écrasement des doigts. Ce n'était pas non plus le tétanos clonique ou irradié de Jouan, spasmes secondaires deFollin, toujours graves souvent mortels. Un symptôme de la plus haute importance, la perte de connaissance, imprimait un cachet spécial aux accidents, et révélait la nature de TafTection: véritable Ëpilepsie suraiguê, comme Téclampsie, d'origine traumatique.

Les médecins aliénistes, dans leurs asiles, sont presque seuls à constater de temps en temps cet état de mal à crises subintrantes; les praticiens comme moi peuvent s'en faire une idée par le souvenir des éclampsies puerpérales qu'ils ont tous plus ou moins observées.

Grâce à cette ressemblance, je songeai tout de suite à recourir au chloroforme, d'une merveilleuse innocuité dans les convulsions des femmes en couches, et dont j'avais pu personnellement apprécier plus d'une fois les heureux effets. Malgrécetanesthésique, les attaques continuèrent sans doute puisqu'on trois jours on en compta 200, mais combien dififèrentes des premières!

D'abord, elles furent moins rapprochées ; puis, le plus souvent, après quelques inhalations de chloroforme, l'aura, surprise dans sa marche remontante, s'évanouissait, ou bien, si Torage ne pouvait être entièrement conjuré, il se réduisait en spasmes sans danger, et le sommeil anesthèsique remplaçait la perte de connaissance. Enfin, les menaces d'apoplexie, si inquiétantes au début, avaient été sans cesse en diminuant.

On peut dire, que durant trois jours, rinfluence du chloroforme fut à peu près continue, plusou moins active, selon les périodes de calme ou de paroxysmes. D'ailleurs, le malade redoutait de s'en séparer : il en consomma un kilogramme.

A partir du 4*^ jour, la santé se rétablit graduellement. Pendant un an, une crise par semaine, toujours la nuit, mais toujours avortée sous le chloroforme. Enfin, dans ces quatre dernières années, quatre crises seulement. Cependant, le malade sent qu'il est dans cet état spécial qu'on a désigné

sous le nom de tendance aux spasmes ; il ne s'endort jamais sans chloroforme près de son lit, et sa dernière action quotidienne est d'en respirei*, la tète sur Toreiller, quelques gouttes dans son mouchoir.

Le chloroforme, loin de déterminer de la suffocation pendant lapérioded*excitation, achassélesmenacesd'asphyxie, et produit la narcose d'emblée, sans prodromes d'agitation.

L'école de la Salpetrière et de Bicêtre et en particulier MM. Bourncville et Bricon ont essayé après Clarke, Tabbé Le Noble, Andry et Thouret, les aimants en fer à chevaLet les armatures magnétiques de diverses formes dans TEpilepsie vulgaire et l'Epilepsie partielle ; les résultats de leurs expérimentations décrites tout au long dans l'excellente thèse de M. Bricon, ne sont pas favorables au traitement par les aimants y et ces auteurs concluent « c^ue l'aimant en fer à cheval doit être absolument rejeté du traitement de l'Epilepsie. » Il n'en serait pas de même des armatures métalliques qui auraient donné d'assez bons résultats, tant au point de vue des accès eux-mêmes qu'au point de vue des contractures concomitantes.

MM. Bourneville et Bricon ont aussi expérimenté les courants continus qui produisent quelquefois une heureuse action, mais qu'il faut toutefois n'employer qu'avec une grande prudence, à cause des accidents redoutables qu'ils peuvent produire, en rappelant les accès et en les rendant-beaucoup plus forts.

V Hydrothérapie combinée avec les Bromures donne aussi de bons résultats.

Le traitement par les sétons peut aussi rendre de grands services. Nous devons à l'obligeance de M. L, Girard, auteur d'une étude sur VEpilepsie Jacksonienney l'Observation inédite suivante :

Observation ix

Communiquée par M. L. Girard, de Cannes,

Lel3 Février 1883, dit M. L. Girard, je fus appelé pendant la nuit auprès d'une jeune fille de 15 ans, forte et bien constituée; souffrant d'une céphalalgie frontale tellement forte

qu'il y avait des cris épouvantables, presque encéphaliques. N'étant pas le médecin de la maison, je me bornai à prescrire des compresses de cyanure de potassium, et tina-* lement je fis une injection de morphine.

Plus tard, en examinant et en interrogeant la malade, j'appris que depuis 7 ans, elle souffrait de cette manière et que les crises revenaient dans le commencement tous les* quinze jours environ -, que peu à peu elles s'étaient rapprochées et qu'en ce moment elles apparaissaient deux ou trois fois par semaine ; que de temps à autre, plus rarement, au début, presque toutes les semaines à cette époque, elle, tombait « du haut mal » • qu'on la soignait toujours pour cela, mais que les remèdes n'avaient jamais rien diminué^ Au contraire, douleurs et attaques avaient toujours augmenté. Je me fis détailler l'attaque -, c'était parfait : un vrai type d'Epilepsie partielle. Je passe par dessus.

L'enfant, à l'âge de 6 ans, avait fait une chute dans l'escalier, portant une cruche. Deux morceaux pénétrèrent dans le cuir chevelu : l'un au niveau du tiers gauche du frontal l'autre intéressant un peu plus le pariétal gauche, mais à» cbeval sur la suture; les deux cicatrices sont manifestes: l'une fronto-pariétale de deux centimètres et demi environ, l'autre de 1 centimètre à un centimètre un quart.

Je fis mes remarques à la famille et le lendemain on m'appelle en consultation avec le médecin traitant (c'était le sixième !). Mon diagnostic et mon traitement furent acceptés ; le 18 Février, séton à la nuque ; friction iodurée sur la région fronto-pariétale ; lodure de Potassium à l intérieur; toniques, etc. ; le 5 Mars, nouvelles douleurs, moins fortes, convulsions limitées â la main et au bras droits. Fourmillements nombreux et ne durant pas longtemps.

Le 11 Avril, j'enlève le séton et depuis lors je vois la malade presque toutes les semaines. Plus une seule attaque. Les douleurs n'ont pas complètement disparu, mais elles ont perdu de leur intensité, et à l'heure qu'il est (0 Mars 18S6j ne reviennent qu'une fois tous les 40 ou 50 jours.

J'ai passé sous silence les détails de l'attaque. C'était U&; vrai type parfait i^Epilepsie Jacksonienne,

Le véritable traitement de l'Epilepsie Jacksonienne est celui qui répond à l'indication causale, et dans un certain nombre de cas il est facile de la remplir. Sans parler des variétés diabétiques ou urémiques où l'on est loin d'être désarmé, c'est spécialement chez les syphilitiques et les blessés qju^

l'intervention médicale ou chirurgicale peut être heureuse, et qu'un traitement rationnel peut être établi.

Dans les cas où l'on a affaire à une otite moyenne chronique, des insufflations d'air et de vapeur dans la caisse, répétées pendant plusieurs mois, amènent le plus souvent la guérison.

Lorsqu'on se trouve en prJsence d'un malade ayant des accidents syphilitiques, ou toutes les fois que la nature de la lésion sera douteuse, il sera bon d'instituer le traitement antisyphilitique, parce que, comme le dit M. Fournier, « l'Kpilepsie est une conséquence fréquente de la syphilis ; parce qu'à Tàge adulte la syphilis est une des causes des plus fréquentes ; parce que le traitement anti-syphilitique est souvent suivi de succès. » Ce traitement antisyphilitique doit être, selon l'expression pittoresque de M. Charcot, « une attaque de vive force » ; il doit être extrêmement énergique: Frictions chaque jour avec 5 ou 6 grammes d'onguent napolitain ; lodure de Potassium à la dose de 6, 8 et lo grammes par jour, parla bouche ou en lavements, pendant une période de 20 jours ; puis suppression pendant quelques jours, et reprise du même traitement à 3 ou 4 reprises.

Ce traitement conduit avec vigueur amène le plus souvent la guérison de TEpilepsie Jacksonienne d'origine syphilitique.

Lorsque les Convulsions ont une origine périphérique, comme dans des lésions des troncs nerveux des membres, par suite de plaies, armes à feu ou autres, l'élongation de plusieurs troncs nerveux peut amener quelquefois une guérison complète et rapide.

Dansjles cas de traumatisme du crâne la question du trépan a été très diversement jugée par les chirurgiens qui se sont divisés en trois parties ; ceux gui trépanent toujours, ceux qui ne trépanent jamais, et ceux qui trépanent quelquefois. Nous croyons qu'il y a une distinction à établir entre les lésions d'origine traumatique récentes et les lésions chroniques. Dans le premier cas la trépanation est absolument indiquée si des fragments osseux, des corps étrangers

ou un épanchement de sang compriment fortement le cerveau ; il résulte cependant d'une discussion récente à la Société de Chirurgie (i) que dans les cas de lésions chroniques^ il ne faut pas se hâter de trépaner, mais épuiser d'abord les ressources de la médication interne. A cette occasion, M. Perrin cita rObservation d'un infirmier du Val-de-Gràce qui eut une fracture du crâne avec enfoncement produite par une balle reçue dans la tête. La guénson fut parfaite, mais longtemps après survinrent des accès épileptiformes et des accidents cérébraux. Le malade refusa la trépanation et il guérit avec le Bromure de Potassium. M. Verneuil cita aussi le cas du fils de M. Brown-Séquard qui, à la suite d'un violent traumatisme sur la tête, a guéri avec le Bromure de Potassium. M. Verneuil émit à ce sujet l'avis que la trépanation pourrait être tentée et utile quand les médications internes ont été sans résultats.

Dans les cas de ce genre, il n'est pas besoin de tomber sur un foyer de fracture pour amener la guérison, et il existe un assez grand nombre d'Observations où l'Epilepsie partielle et la paralysie ont cédé aune simple trépanation ; ainsi M.Lefort(2) a pratiqué la trépanation chez un malade de son service, chez lequel, après une chute, les accidents épileptiformes se renouvelaient jusqu'à quatre fois par jour. Ayant trouvé la dure-mère intacte, M. Lefort ne crut pas devoir aller plus loin et cependant, 24 heures après, le malade, jusque là en plein coma, avait recouvré la parole et toute sa connaissance, et les attaques avaient cessé ; depuis elles se sont renouvelées une seule fois, sans gravité.

Nous n'avons pas besoin de dire quels progrès a fait la chirurgie du cerveau depuis la découverte de l'antisepsie. La trépanation qui était autrefois considérée comme une opération de la plus haute gravité, a perdu aujourd'hui beaucoup de ses dangers. De 63 °/o la mortalité est tombée à 3 %; aussi cette

(1) Séance du 17 MarslSSG.

(2) Société de Chirurgie, séance du 6 Juin 1883.

opération est-elle actuellement pratiquée très souvent, notamment en Angleterre, en Italie et en Amérique.

A notre avis, que le traumatisme soit récent ou ancien, il faut trépaner si des convulsions épilepti-

Fig. 24. — Topographie cranio-cérêbrale. — B, Bregma (point de rencontre des sutures sagittale et coronale) ; — C, point qui correspond à l'extrémité externe de la suture coronale ; — L, Lambda (point de rencontre des s tures sagittale et lambdoïde) correspondant à la scissure perpendiculaire externe ;

— S, scissure de Sylvius ; — RR', sillon de Rolando ; — R, son extrémité antérieure à 3 centimètres environ en arrière de rextrémité externe de la suture^coronale ; — R', son extrémité postérieure à 45 millimètres en arrière du bregma ; — AA, plan alvéolo-condylien : — OB, plan auriculo-bregmatique ;

— GL, plan passant parle diamètre transverse frontal minimum et le lambda ;

— KE, section passant sur les 2 plis de la 3™« circonv(4ution frontale au point G- qui correspond à l'extrémité externe de la suture coronale, et effleurant la tête du noyau caudé ; — R'H, section passant par l'extrémité postérieure du sillon de Rolando, et en arrière de la limite postérieure de la couche optique ; — NM, plan horizontal passant par la face supérieure du corps calleux et au dessus des noy:iux gris.

formes éclatent et si elles paraissent, d'après les commémoratifs en relation avec ce traumatisme. Dans ce cas, en tenant compte de la Topographie craniocérébrale (Fig. 24), on se guidera pour choisir la place de la couronne de trépan, beaucoup plus par

les données des Localisations cérébrales que par les signes physiques extérieurs, enfoncements, bosses, cicatrices, etc., comme Tont fait MM. Pitres et Démons dans le cas suivant, communiqué d'abord à la Société de Chirurgie (i 883), et ensuite au Congrès de Chirurgie (i885).

Dès que le siège d'un abcès cmj d'une tumeur est diagnostiqué, il ne faut pas hésiter non plus à trépaner, à donner issue au pus, s*il s'agit d'un abcès ou d'un ky*;te, et tenter lextirpaftion dans les cas de tumeur solide; dans certains cas même on pourra pratiquer une ablation partielle de la substance cérébrale.

Observation x Par le Professeur A. Démons, de Bordeaux.

Un mécanicien de 30 ans, après une chute au fond d'un puits, avait présenté des phénomènes cérébraux graves et avait gardé jiendant jdusieurs mois une paralysie inconij>lète du membre supérieur gauche et du membre inférieur droit, il était bien guéri, ne conservait plus qu'une légère parésie du membre inférieur droit, et à gauche une diminution notable de Touïe et une perte du sens du tact dans la main ; lorsque deux ans plus tard survinrent brusqueme.u des accès répétés d'épilepsie partielle, et peu a[>rès, une hémiplégie gauche. Ces convulsions et cette paralysie avaient tous les caractères attribués à celles qui sont sous la dépendance d'une lésion des centres moteurs corticaux du facial inférieur et des membres.

Les commémoratifs étaient vagues: d'autre part, il n'existait sur le côté droit de la tète, ni cicatrice, .li saillie, ni dépression, ni douleur spontanée ou provoquée en un point quelconque. Par contre, on voyait sur le coté gauche, en arrière de la bosse pariétale, une dépression à bords lisses et indolore, de la largueur d'une pièce de f» francs.

Le malade paraissait voué à une mort prochaine ; je me décidai à appliquer une couronne de trépan.

Dans l'espèce, à moins de tenter une opération hasardeuse, je ne pouvais prendre pour guide que la doctrine des Localisations cérébrales. Négligeant donc, et la parésie du membre inférieur droit qui n'avait subi depuis longtemps aucun changement, et la dépression du côté gauche du crâne qui ne paraissait jouer aucun rôle dans les accidents

observés, je résolus de mettre à découvert les circonvolutions motrices du côté droit. P^allait-il agir sur leur partie ^supérieure (centre des mouvements du membre inférieur), sur la partie moyenne (centre des mouvements du membre supérieur), ou sur la partie inférieure (centre des mouvements du facial inférieur)? Les accès ayant débuté d'abord par du fourmillement dans la main gauche, puis dans la région sous-maxillaire, je crus indiqué d'ouvrir le crâne au niveau de la partie moyenne du sillon de Rolando. J'étais d'ailleurs bien décidé, si besoin était, à ap[)li(|uer d'autres couronnes de trépan : M. Lucas Championnière ayant démontré que trois couronnes suffisaient à mettre au jour toute la région motrice en question. Je me servis des mensurations indiquées par ce chirurgien très distingu<S. Or, après avoir incisé les téguments, je tombai exactement^ mathématir|uement, si je puis parler ainsi, sur le point malade. Je trouvai une fracture linéaire, de 3 centimètres de longueur, puis un foyer de méni(igo-encé[)halite. J'enlevai les |>arties altérées comprenant les méninges et l'écorce cérébrale. L'opération fut faite d'a[)rès la méthode antiseptique.

Le patient n'eut cju'un accès épileptiforme léger, quelques heures après l'acte chirurgical. Un mois |»lus tanl, la i)laie était cicatrisée, et la paralysie avait disparu : le malade était guéri. La parésie, à peine sensible du membre inférieur droit, la perte du tact de la main gauche, et la diminution très accentuée de l'ouïe ^in même côté, n'avaient subi aucune modification ; aujourd'hui, après vingt-trois mois, la situation n'a pas changé. L'opéré a repris ses anciennes occupations; ses facultés intellectuelles sont intactes et sa santé générale est demeurée j)arfaite. La cicatric*3 est fibreuse, indolore; les mouvements du cerveau ne sont pas j)erçus. (1)

La section de la dure-mère est indispensable pour arriver sur le foyer du mal. et même l'ablation de la partie altérée de l'écorce cérébrale peut être utile pour arrêter les accidents qui menacent la vie. A la rigueur, on peut avoir atl'aire à une lésion du centre ovale (abcès). Si donc, après avoir suffisamment découvert par une opération bien réglée, les centres réputés atteints, on ne trouvait aucune altération corticale, ne serait-on pas autorisé à enfoncer un trocart explorateur un peu plus profondément dans la substance

(1) Depuis l'époque où cette communication a été faite, c'est-à-dire depuis le mois d'Avril ISHô, le malade régulièrement vu par M. Démons, n'a eu aucun accès, et est toujoui-s dans le même état très satisfaisant. (Juin 1887).

blanche, en suivant soigneusement les fibres des faisceaux de cette substance ?

Il est possible, pr(»bable même, que des connaissances plus étendues sur les localisations cérébrales, agrandissent un jour le champ des applications de la ductrine à la trépanation. Les études contemporaines sur le siège des lésions de Tagraphie, de la cécité verbale, de la surdité verbale, légitiment cette espérance.

Les prévisions du professur de la Faculté de Médecine de Bordeaux devaient bientôt se réaliser. Un an après la communication de M. Démons à la Société de Chirurgie, en 1884, une semblable opération fut pratiquée, en Angleterre, sur un épileptique, à la suite d'une longue série d'expériences faites sur des animaux. Elle eut pour résultat d'arrêter net les accès; malheureusement, au bout d'un mois environ, le malade mourut au moment même où sa guérisôn paraissait assurée, par des causes tout à fait étrangères à l'opération.

Dans la troisième réunion de la Brttish Médical association, tenue à Brighton en Août 1886, la section de chirurgie s'est occupée dans sa séance du i3 Août, de la Chirurgie des centres nerveux et M. Horsley, professeur et directeur de Brown- Institution, chirurgien de l'Hôpital national des Paralytiques et Epiicptiques de Londres, communiqua trois cas de trépanation, que l'on trouvera plus loin, 2iYQ.z ablation partielle de la substance cérébrale^ ou extraction de tumeurs du cerveau, suivis d'un quatrième cas quelques mois plus tard. Bientôt après a paru un cas des D^^ Bennett et Godle, deux de MM. Durante et Casselli, et deux de M. Cecherelli.

Voici la méthode employée par M. V. Horsley, telle qu'il Ta exposée lui-même au Congrès de Brighton, et qu'il a modifiée depuis dans quelques uns de ses détails. *

Préparation du malade : — La veille de l'opération, la tête du malade est rasée et lavée avec du savon et de l'éther; puis la place de la lésion est constatée par des mensurations et marquée sur le

cuir chevelu, puis la tête est couverte avec de la charpie imbibée d'une solution au 20^ d'acide phénique. La veille aussi, purgatif ordinaire suivi d'un lavement le matin de l'opération.

Anesthésie : — Avant de chloroformer le malade (le chloroforme est préférable à Téther qui pourrait amener de Tirritation cérébrale), on lui fait une injection hypodermique de 16 milligr. de morphine, ce qui permet de faire une longue opération sans donner une grande quantité de chloroforme, et ce qui amène une constriction très marquée des artérioles du système nerveux central ; 3 millig. suffisent chez les tout jeunes enfants.

Traitement de la plaie : — Pansement de Lister le plus strict : vapeurs phéniquées, lotions au 20^, gazephéniquée, ouate sublimée, la peau citant protégée par la gaze phéniquée ; cette manière d'opérer peut être remplacée avec avantage par des irrigations désinfectantes continues.

Lignes de V incision : Lambeau circulaire qui ne nécessite pas l'emploi de 4 mains pour relever les quatre lambeaux comme dans Tmcision cruciale, et qui permet de respecter les branches superficielles des artères temporales ou occipitales; on n'a plus qu'à rejeter simplement le lambeau circulaire en arrière sans autre aide. 1° Incision verticale sur l'os ; toutes les parties superficielles au périoste devront être relevées avec le lambeau ; 2^ Incision ^<?w profonde pour éviter de couper les vaisseaux collatéraux ; 3^ Incision dessinée de façon à ne point diviser les gros vaisseaux artériels qui fournissent le sang au lambeau de cuir chevelu.

Horsley enlevait d'abord et dans un second temps de l'opération le périoste par une incision cruciale dans un espace correspondant à la première- couronne de trépan ; depuis il a modifié ce temps de l'opération et conseillé, pour obvier aux inévitables déchirures du périoste, de l'enlever en niasse avec le lambeau de peau.

Trépanation de ïos\ — Appliquer deux couronnes de trépan de cinq centimètres aux extrémités opposées de la surface osseuse à enlever, puis cou-

per à moitié les côtés avec la scie circulaire de Hey ou celle de Bonwil, perfectionnée par Meyer et Melzer, et compléter la section avec de fortes pinces. Toutes les portions d'os enlevé doivent être conservées dans des éponges aseptiques chaudes si Ton peut conserver la dure-mère intacte, et être replacées à la fin de l'opération entre la peau et la dure-mère, quoique Horsley n'ait pas encore observé l'ossification de la cicatrice, (i)

Traitement de la Dure-mère : — L'inciser sur les 4/5"^^* de la circonférence de la surface dénudée, à 3 millimètres du bord de l'os, pour l'empêcher de se pi(}uer sur ce bord. Ouvrir la dure-mère avec une incision au scalpel et ensuite avec des ciseaux mousses. Lier préalablement les principales branches de la Méningée moyenne à travers la duremère, et enlever complètement toute portion de dure-mère adhérente à la tumeur.

Traitement du cerveau : — Après la division de la dure-mère, i^ s'assurer si le cerveau fait hernie ou non par l'ouverture du trépan — une saillie très proéminente du cerveau dans la plaie, signe d'une tension pathologique intra-crânienne, indique l'existense d'une tumeur ; — 2° voir s'il n'y a rien d'anormal sur les membranes — une légère teinte jaunâtre, ou peut-être une teinte livide, seraient le signe d une tumeur sur l'écorce, dans la couronne rayonnante ; 3"^ examiner ensuite l'état des vaisseaux et des lymphatiques péri-vasculaires — des taches blanc jaunâtres sur leurs parois ou une coloration rouge sale, indiqueront une lésion ancienne ; une vascularisation seulement exagérée, une lésion récente ; 4° observer ensuite les altérations dans l'épaisseur du cerveau, et se rappeler que les tumeurs situées sur l'écorce sont à peine visibles sans incision exploratrice.

Tout gros vaisseau sera respecté, autant que possible. Les incisions dans l'écorce devront être

\\) Dans une i\>ccnte communication & la Société de Médecine interne de Berlin (î>éimce du 28 Novembre ISî^T) M. von Bergmann a recommandé de pratiquer une tix^s large ouverture an crâne. Le D' Jastrowitx, partage cette m:uiière de voir, malgré Toeième cérébral qui peut en être la conséquence.

absolument perpendiculaire à la surface et dirigées sur la couronne rayonnante pour éviter de léser les libres venant de récorce, et circonscrire le champ de ropération ; laisser intactes, si c'est possible, les parties de chaque centre moteur, de façon que la représentation des mouvements des membres ne soit pas entièrement détruite, car la destruction totale implique naturellement une paralysie permanente des mouvements du côté opposé, mais ne pas hésiter à pratiquer de larges ablations de matière cérébrale, jusque dans les laisceaux blancs, dans les cas de tumeurs récentes, surtout de tumeurs malignes.

Fermeture de la plaie : — Arrêter tout suintement par des pressions avec des éponges fines, replacer les fragments d'os enlevés, entre la peau et la dure-mère ; rabattre le lambeau de cuir chevelu, et pratiquer des sutures avec des crins de cheval, à la distance de i centimètre. Le malade étant couché sur son lit, placer un tube à drainage au point le plus décli\ede l'incision ; ne pas drainer plus de 24 heures les cavités formées par l'ablation de substance cérébrale ; puis, si l'exsudation est devenue considérable, produit une trop grande pression et menace d'empêcher la réunion par première intention, on ouvre avec précaution au moyen d'une sonde le trajet du drain enlevé, ensuite on laisse s'écouler un peu de l'exsudat; le reste de Texsudat d'après les expériences faites sur les animaux se transforme en tissu connectif assez épais et assez dense qui formera barri ère 'entre la peau et le cerveau. Règle générale, il n'est jamais nécessaire de dégager la tension plus d'une fois.

Au bout de 5 ou 6 jours on peut recouvrir légèrement la plaie avec de l'acide borique finement pulvérisé, de la ouate et du coUodion. Après la première semaine on peut enlever les sutures.

Traitement consécutif à l opération : — Le cuir chevelu tend toujours à se déprimer à l'endroit de l'opération, ce qui est de bien peu d'importance; dans le cas où on a dû enlever d'énormes fragments osseux, on fait porter au malade une calotte en cel-

luloïde qui, quoique très légère, est très résistante. Apre Topération les malades souffrent surtout de la soif; ce qui est probablement dû à la morphine. La diète liquide que Ton est obligé d'imposer aux malades les premiers jours de Tope'ration, dessèche la langue et la bouche ; on peut obvier à ce léger inconvénient en touchant plusieurs fois par jour la langue avec une solution de chlorate de potasse, et en donnant aux malades des aliments solides aussitôt qu'ils le demandent. Dans la majorité des cas on

f)0urra faire lever le malade lo ou i5 jours après 'opération.

La faradisation à partir du vertex jusqu'aux muscles affaiblis, accélérera le recouvrement de l'activité musculaire affaiblie ou perdue (Ferrier).

A l'appui de cette méthode et pour montrer que Ton peut, sans porter atteinte aux facultés intellectuelles et sans danger pour la vie, pratiquer l'ablation de tumeurs du cerveau et même d'une portion considérable de substance cérébrale, M. Horsley donna connaissance des trois Observations suivantes, bientôt suivies de 7 autres que nous analyserons très brièvement.

Observation xi (résumée)

J. B. âgé de 22 ans. A 15 ans accès épileptiformes très intermittents. A 17 ans, fracture en éclats, avec enfoncement et perte de substance cérébrale ; les fragments osseux furent enlevés, et la plaie guérit après suppuration et malgré la hernie du cerveau. Hémiplégie et parai jrsie consécutive à droite qui disparait au bout de sept semaines. En 1885, dans le service du D*" H. Jackson et du D' D. Ferrier, il fut plusieurs fois en état de mal ; il eut 2.870 accès pendant les 13 premiers jours. A sa sortie de l'hôpital il resta sept semaines sans attaques ; à la fin de cette période elles revinrent, et pendant trois jours avant sa seconde entrée à l'hôpital, il se trouvait de nouveau en état de mal.

État actuel, — Sur le côté gauche du sommet de la tète, derrière la terminaison postérieure du sillon frontal supérieur, au niveau par conséquent du tiers supérieur de la frontale ascendante se trouvait une cicatrice carrée, au centre de laquelle Ton pouvait apercevoir Tabsence de Tos, qui

formait une ouverture ovale dans le crâne, dont le grand diamètre avait à peu près 25 millim. et était parallèle à la suture sagittale. La pression sur la cicatrice était toujours douloureuse, surtout pendant les accès. Ceux-ci qui survenaient toujours par série? avaient toujours le même caractère ; ils commençaient habituellement dans le membre inférieur droit ; d'autres fois dans les deux membres droits simultanément.

Description d'un accès. -- Le membre inférieur droit était étendu toniquement, puis il devenait le siège d'un spasme cloniqne. Le membre supérieur était alors lentement étendu à angle droit, fixé au corps, le poignet et les doigts fléchis ; les doigts s'étendaient ensuite : et tout le membre était pris de spasmes cloniques de flexion et d'extension, le coude se fléchissant graduellement. Un moment, les spasmes cessaient dans le membre inférieur ; mais ceux du membre supérieur continuaient avec vigueur ; le spasme affectait graduellement Tangle droit de la bouche, s'étendait sur le côté droit de la face et faisait tourner la tète et les yeux à droite.

En somme, le membre inférieur était d'abord pris, puis le membre supérieur, la face et enfin le cou ; d'abord mouvements d'extension, ensuite une certaine confusion^ et enfin la flexion : ce qui montre clairement que le point de départ était situé vers la terminaison postréieure du sillon frontal supérieur, point qui coïncide, comme nous l'avons vu plus haut, avec celui qu'on trouve par mensuration. Le malade était nettement hémiplégique, même dix jours après sa dernière attaque ; puis les mouvements étaient possibles, mais avec moins de force que du côté gauche. Sensibilité intacte ; réflexes superficiels et profonds exagérés dans les deux membres droits.

Opération (25 mai 1886). — Ablation de l'os autour de Fancienne fracture ; la dure-mère, l'arachnoïde et la peau formaient une masse homogène de tissu fibreux ; la duremère fut relevée avec le lambeau; la cicatrice du cerveau était très vasculaire, de couleur rouge, d'à peu près 3 cent, de long et 2 de large. La membrane qui couvrait la partie avoisinante du cerveau était très opaque, et le cerveau était uu peu plus jaunâtre que normalement. La cicatrice à peu près à. un demi centimètre de la substance cérébrale avoisinante, fut incisée sur une profondeur de deux centimètres. Le tissu cicatriciel pénétrait au dessous des fibres de la circonvolution marginale de quelques millimètres dans la couronne royonnante. Cette portion fut aussi enlevée et la plaie fermée. En enlevant la substance cérébrale on dut lier trois

grosses veines venant du centre du membre supérieur, parce qu'elles traversaient directement la cicatrice.

Pansement strict de Lister avec sprey à 5 0/0 et gaze phèniquée. Drain enlevé le second jour. Réunion immédiate ; la plaie fut complètement guérie en une semaine. Température maxlma S?**?. La pression du sérum fut deux fois relâchée ( une fois probablement sans nécessité.) Après Topération, le malade fut d'abord complètement paralysé des doigts du membre supérieur droit ; de plus, il y avait une grande flexion du poignet ; Tavant-bras était en supination. Il y eut encore perte de la sensibilité tactile du dos de deux phalanges des doigts ; exemple très net de la perce de la sensibilité tactile et du sens musculaire, accompagnée de paralysie motrice, due aune lésion de l'écorce. Quelques fibres allant du gyrus fornicatus à la couronne radiée avaient probablement été détruites. Cette paralysie sensitive et motrice avait disparu graduellement à la fin du second mois suivant. Jusqu'en avril 1887 le malade n'a pas eu d'attaques.

Observation xii (résumée.)

T. W. âgé de 20;ans, fut admis à l'hôpital National dans le service du D^ Jackson. Rien d'important à noter au point de vue de l'hérédité, à l'exception d'une tante paternelle morte phthisique ; le malade à eu plusieurs pleurésies après Tâçe de 15 ans.

Etat actuel, — Il commença en janvier 1884, à avoir des <( crampres » dans le pouce et l'index gauches, qui consistaient en une opposition clonique de ces doigts, et qui se répétèrent deux fois par jour pendant trois mois. La première attaque grave eut heu en mars 1884. Les convulsions s'étendaient au bras et le malade tombait. Il eut une seconde attaque iBu janvier 1885. Après survint une série de rémissions ; en août 1885^ une autre forte attaque commença une nouvelle série d'attaques qui arrivaient une ou trois fois par semaine jusqu'à son entrée le 4 décembre 1885. La nature de ces attaques était toujours la même. Elles commençaient

Far une opposition sçasmodigue clonique du pouce et de index gauche, ensuite le poignet, le coude et Tépaule se fléchissaient cloniquement ; alors la face se contractait et le malade perdait connaissance. La main et les yeux étaient tournés à gauche et le membre inférieur gauche était élevé. Le membre inférieur droit était ensuite pris et enfin le membre supérieur droit. La paralysie du membre supérieur gauche succédait souvent à l'attaque. A de fréquents intervalles tous les jours, le pouce du malade commençait à se con-

tracter ; mais l'attaque pouvait souvent être arrêtée en étendant le pouce ou en appliquant une ligature. En février et en mars 1886, les contractures commençaient souvent par la l'ace, mais en avril le pouce redevint le siège le plus fréquent du commencement de l'attaque. La force de la main G. était égale à 45 ; celle de la main D. à 85. Le malade pouvait exécuter tous les mouvements avec le membre supérieur gauche ; ceux de la main étaient un peu affaiblis. Le pouce gauche était souvent dans un état de rigidité, alternant avec un spasme clonique. Cet état pouvait être produit en manipulant le pouce.

Pas d'altérations de la sensibilité ; cependant il y avait perte du sens musculaire dans le pouce gauche. Les réflexes profonds étaient exnoèr.^s dans le membre supérieur gauche. Le malade avuc souvent des maux de tète intenses, commençant à rocciput et s'étendant surtout dans la région pariétale droite.

Diagnostic. — Le D"" Beevor et moi nous avons montré que les mouvements d'opposition du nouce et des doigts peuvent être produits par une légère excitation des circon/olutions frontale et pariétale ascendantes à la réunion du tiers inférieur et du tiers moyen. Le D' H. Jackson a été témoin^ d'une de nos expériiinces démontrant ce fait et nous a dit qu'il croyait que ce malade souffrait d'une lésion irritative de nature inconnue, située dans la région "indiquée ci-dessus. Une opération exploratrice fut décidée. .

0/>(^ra^/on (22 juin 1886). — Le siège de la lésion ayant été déterminé par la mensuration^ une large couronne de trépan fut appliquée, et en enlevant la dure-mère on vit une tumeur. On enleva un peu plus d'os en avant et en arrière, pour mettre complètement à nu la tumeur à laquelle la duremère était adhérente. La tumeur faisait saillie de près de trois millimètres au dessus du niveau du cerveau et elle était plus dure que la substance cérébrale. Elle paraissait n'avoir environ que douze millimètres de largeur ; mais, comme la substance cérébrale qui l'entourait paraissait sombre et livide sur une plus large étendue, j'enlevai largement toutes les parties qui me parurent malades : j'eus raison d'agir ainsi, car la tumeur (un tubercule) s'étendait laigement sous l'écorce. Avant de fermer la plaie, le centre de la région du pouce fut enlevé par une libre incision. Le D' H. Jackson et moi nous avions décidé d'exécuter ce détail dans le cas possible où il n'y auroit pas de grosse altération pathologique évidente, pour empêcher, autant que possible, le retour des accès d'épilepsie. Dtj nombreux vaisseaux furent ligaturés, surtout trois ou quatre sur le bord supérieur de la tumeur et venant de la région de l'écorce correspon-

dant au centre des mouvements du membre supérieur. La plaie fut refermée comme ci-dessus. Le drain fut enlevé le second jour. Les 5/6 de la plaie guérirent par première intention en une semaine, quoiqu'il y eut un œdème considérable du cuir chevelu, dû à Tirritation de la gaze phéniquée; cet œdème disparut rapidement en employant de la gaze à Tacide borique et à l'eucalyptus. L'autre sixième, à l'extrémité inférieure du lambeau, cède et guérit par bourgeonnement, après la réparation d'un petit morceau de peau sur le bord. L'état du malade après l'opération fut très satisfaisant. Température maxima 38° 2.

La tumeur était composée d'un tissu fibreux dense, avec deux foyers casèeux^ reconnus tuberculeux à l'examen microscopique.

Le lendemain de Topération il y eut de la paralysie motric® partielle de la face du côté ganche, et paralysie complet® du membre supérieur gauche depuis et y compris l'épaule. Le 27 juin, on remarqua de l'hémianesthèsie gauche à un léger attouchement ; la sensibilité à la douleur était conservée ; la localisation de la piqûre d'épingle était très défectueuse sur tout le côté gauche, intacte à droite, et il y avait perte complète au sens musculaire dans le membre supérieur gauche au dessous de l'èpauIe. Le 24 juin, en faisartt un effort pour remuer son membre supérieur gauche, le malade mit tout d'un coup sa main à la blessure et dit qu'il sentait un «bourdonnement.» Quand on remuait le membre supérieur gauche, il se plaignait que la douleur semblait frapper l'os du membre, le côté du cou, et s'étendre de la main à la blessure. Les réflexes profonds étaient très exagérés du côté gauche dans les deux membres. Cet état alla en s'améliorant, et peu à peu tout rentra dans l'ordre ; cependant l'étreinte de la main était moins forte qu'auparavant, et les mouvements des doigts étaient un peu gènes. Le malade eut aussi en juillet quelques légères contractions dans les trois derniers doigts de la main gauche, aucune dans le pouce ni dans l'index.

Pas d accès pendant les trois premiers mois ; depuis il y en a eu 8, tous limités au bras, en septembre, octobre et décembre 1886. Aucun accès jusqu'au mois d'avril 1887.

Ce même malade a été présenté par M. H. Jackson dans la séance du 31 octobre 1887 de la, Société de Médecine de Londres. Depuis l'opération les attaques n^ont pas cessé complètement, jnais elles sont devenues beaucoup moins fortes et moins fréquentes. Il existe une paralysie complète de la jambe et du bras gauche.

Observation xiii (résumée.)

6. W. J. âgé de 24 ans, fut admis à l'hôpital National dans le service du D' Buzzard. Antécédents héréditaires : Rien d'important à noter. Antécédents personnels : Aucun, excepté une otite moyenne.

Histoire de la maladie actuelle, — A 5 ans, la flèche d'une voiture lui tomha sur la tête, lui lit une légère blessure et une légère fracture. A 13 ans, le malade reçut un coup de pied de cheval au même endroit. Trois mois après, les attaques commençaient. Elles survenaient par séries de trois ou quatre toutes les trois semaines.

État actuel. — Le malade est grand, fort ; il porte de nombreuses cicatrices sur la tète, dues à des chûtes, etc. : quand les attaques arrivèrent il avait aussi la plupart de ses dents enlevées par des coups de pieds de chevaux quand il tombait auprès d'eux, étant garçon d'écurie. Il existait une cicatrice et une légère dépression produite par une fracture à l'angle supérieur et antérieur du pariétal gauche, près de la ligne médiane. La cicatrice et le cuir chevelu environnant étaient très sensibles à la pression. Ce point était souvent le siège de très violents maux de tète qui s'exagéraient ainsi que la sensibilité, à rapproche des attaques. Il existait aussi une hémianesthésie droite presque complète au toucher et à la piqûre. Le D"" Buzzard fît disparaître complètement l'hèmianesthésie au moyen d'un fort courant faradique qui n'eut aucune influence sur les attaques.

Caractère des attaques. — Aura abdominale : besoin de défécation, accompagné quelquefois d'une douleur vive dans le côté gauche de l'abdomen et suivi d'un reserrement de la gorge, quelquefois d'une toux spasmodique. La tète et les yeux se tournaient vers la droite ; le bras droit était étendu par secousses, et le malade perdait connaissance. Tous les membres étaient pris dans l'extension généralement ; les membres inférieurs, cependant, sont quelquefois fléchis. Après l'attaque, le malade disait que son bras droit restait faible pendant quelque temps.

Diagnostic. — Dans une communication {Proceedinas of the Royal Society n°231, 1884), le professeur Schafer et moi nous avons montré que le centre des muscles du tronc gtait situé dans la circonvolution marginale sur la surface moyenne de l'hémisphère, et que celui des muscles de l'abdomen est juste à l'extrémité postérieure du sillon frontal supérieur. Le professeur D. Ferrier a montré que le centre des mouvements de la tète et du cou est au dessous de ce sillon, et que celui de l'extension du bras était à peu près à

son extrr'mité postérieure. Ce dernier point a été confirmé par le D"" Beevors et moi. Ces considérations amenèrent le D^ Buzzard à diagnostiquer une lésion située dans le tiers postérieur de la circonvolution frontale supérieure, c'est-àdire juste au dessous de la légère d'' pression du crâne.

Opération ( 13 juillet 1886). — Un lambeau est relevé et Tos trépané près de la dépression gauche : la table interne de l'os a été brisée en éclats, ces éclats forment une couronne dure autour de l'orifice interne de Touverture du crâne -, cette ouverture est remplie de tissu cicatriciel. La duremère avait été déchire e par la fracture primitive, et un petit morceau d'os avait été projeté dans une cavité du cerveau. Les fragments osseux furent enlevés ; la dure-mère incisée, on trouva que cette cavité était cunéiforme et avait de un à cinq centimètres de profondeur, sur un centimètre de large, et était remplie de tissu connectif lâche. Elle était exactement située à l'endroit diagnostiqué, etfut enlevée au moyen d'une incision circulaire faite à la distance de cinq millimètres.

Pansement comme ci-dessus ; réunion immédiate et complète obtenue en trois jours ; enlèvement du drain le second jour. Température maxima 39°. Une semaine après l'opération le malade se plaignait de faiblesse dans tout le membre inférieur droit. Tous les mouvements étaient atteints, surtout ceux de la main. Cette parésie avait complètement disparu en août.

Pas d'accès depuis l'opération, jusqu'en avril 1887, si ce n'esi trois légers accès de petit mal.

Observation xiv (très résumée.)

J. H. âgé de 8 ans : violente douleur dans la tête, accès épileptiforme débutant dans l'épaule gauche. Un mois après, hémiplégie complète gauche, état demi-comateux.

Le D' Ferrier diagnostique une tumeur de l'écorce à la partie du centre du bras, dans Thémisphère droit.

Depuis 10 jours avant l'opération le malade était dans un état demi-comateux et avait une paralysie complète du bras et de la jambe gauches.

L'op" ration eut lieu le 24 septembre 1886. Couronne de trépan au dessus du centre du bras, ablation d'ungliôme pesant 140 grammes, ayant 76 millimètres de long^ 63 de large, et 51 d'épaisseur.

Pansement strict de Lister avec sprey et gaze phéniquèe. Drain enlevé le second jour. — Réunion immédiate pour la plus grande partie ; une faible po'^tion de la plaie se rouvrit le 8® jour, resta ouverte pendant 30 jours -, une grande

quantité de liquide séreux et clair s'écoula pendant ce temps. Température maxima du côté normal (droit) 38® 3 ; du côté paralysé (gauche) S8° 8.

Amélioration considérable de l'état général^ retour complet de la conscience ; l'état mental était encore parfait 3 mois après. Amélioration considérable graduelle ; le malade peut marcher avec une certaine assistance deux mois 1/2 après l'opération. — Aucune crise après l'opération ; le malade est graduellement mieux pendant trois mois ; au bout ce temps symptôme de récidive, et le malade meurt le 18 mars 1887, six mois après l'opération.

Observation xv (très résumée.)

O. S. H. âgé de 10 ans, imbécile. — Accès épileptiformes débutant à l'angle gauche de la bouche ; 3 à 6 par jour. Paralysie incomplète de la face, de la langue et de l'articulation. Le D"" Ferrier diagnostioue une lésion dans la région motrice du cortex, petit kyste iémorrhagiqae (?).

L'opération est pratiquée le 19 octobre 1886. Couronne de trépan au dessus du «centre du facial»; ablation du cortex composant ce centre, déterminé au moyen du courant faradique.

Pansement strict de Lister avec sprey 5 pour cent : gaze phéniquée. Drain enlevé le second jour. Réunion immédiate. Température maxima 37** 5.

Amélioration de l'état g^^néral et de l'état mental. La paralysie resta stationnaire. Tiraillements à Tangle gauche de la bouche la seconde nuit après l'opération ; accès la 3'' nuit ; crises moitié moins fréquentes qu'auparavant ; le malade est resté trois nuits sans crises. Amélioration générale.

Observation xvi (très résumée.)

G. W. âgé de 37 ans. Coup sur la tète à l'âge de 14 à 15 ans ; premier accès 4 ans plus tard ; le malade est très borné, a le moral très affaibli. Parésie du bras et de la jambe droite particulièrement du gros orteil, parésie sensitive et motrice.

Le D' Savili diagnostique une lésion cicatricielle dans le centre moteur du gros orteil, ( partie supérieure de la scissure de Rolando, d'après Beevors et Horsley.)

L'opération est pratiquée le 8 novembre 1886. Couronne de trépan au niveau du centre présumé. Os normal. L'excision de la dure-mère montre une large cicatrice cystique ancienne du cortex. Excision incomplète de la lésion à cause de l'état de calapsus du malade.

Pansement strict de Lister avec sprey et gaze phéniquée. Drain supprimé le lendemain de Topération. Réunion immédiate. Température maxima 37 °7.

Amélioration considérable de Tétat général et de i*état mental. La paralysie motrice est diminuée dans le membre supérieur ; elle reste stationnaire dans le membre inférieur. La parésie sensorielle est considérablement amendée. Quatre accès le lendemain de Topération ; 2 le sixième jour, et une petite attaque la semaine suivante, sans perte de connaissance.

Observation xvii (très résumée.)

J. W. âgé de 37 ans, état mental excellent, pas de paralysie ; céphalalgie des plus intenses localisée et rebelle à tout traitement depuis trois ans, rendant tout travail impossible au malade.

Sur le conseil du D' H.Jackson on applique une couronne de trépan sur le siège de la douleur. Ablation d'un fragment du pariétal dont la table a été perforée et érodée par des corpuscules de Pacchioni.

Pansement strict de Lister avec sprey. Pas de drain. Réunion immédiate. Température maxima 37° 2. La douleur diminue après l'opération; pour disparaître complètement plus tard.

Observation xviii (très résumée.)

F, W. âgé de 4 ans, paralysie presque complète du bras et de la jambe droits ; état semi-comateux presque habituel ; de 13 à 14 accès épileptiformes par jour.

Le D*" Bastian diagnostique 'une lésion profonde de la zone motrice corticale probablement un vieux kyste hémorrhagique.

L'opération est pratiquée le 29 novembre 1886. Une couronne de trépan est appliquée au niveau de « Taire motrice. )) Exploration du cerveau au moyen d'une incision.

Pansement strict de Lister avec sprey. Pas de drain ; une partie de l'incision reste libre. Réunion immédiate. Température maxima 37° 4. L'état général et la paralysie demeulent stationnaires. Pas de crises pendant un mois, puis six règères seulement ; puis plus du tout.

Observation xix (très résumée.)

W. L âgé de 37 ans céphalalgie persistante ; paralysie de la main et de l'avant bras droit ; paralysie incomplète

dans la jambe ; léger trouble du langage ; hémiplégie graduelle à droite ; accès épileptiforme commençant dans l'index de la main droite ; pas d'accès trois mois avant Topération.

Le D"" Ferrier diagnostique une tumeur dans la région motrice de l'écorce au niveau du centre de la main droite.

L'opération est pratiquée le .7 décembre 1886. Trépanation au niveau du centre désigné, et ablation d'une tumeur pesant 131 grammes.

Pansement strict de Lister avec sprey. Un pouce environ de la plaie reste sans suture pour le drain. Réunion immédiate excepté au niveau du drain. Température maxima 37* 7. Amélioration de l'état général. L'état mental reste sta* tionnaire ainsi que la naralysie du bras et de la jambe ; légère augmentation de l'embarras de la parole. Depuis l'opération le malade n'eut plus de céphalalgie ; la paralysie ne fit plus de progrès.

Observation xx (résumée.)

J. B. âgé de 18 ans, paralysie incomplète des Quatre membres, plus particulièrement du bras et de la jambe gauches, accès épi leptoïde avec rotation de la tète et des yeux à droite.

Le D"" Bastian diagnostique une tumeur ayant envahi principalement le lobe droit du cervelet.

L'opération est pratiquée le 17 décembre 1886. On trépane au dessus du lobe droit du cervelet et on enlève une tumeur tuberculeuse pesant 7 drachmes.

Pansement strict de Lister, avec sprey. Mort 19 heures après l'opération, après avoir partiellement recouvré la conscience pendant quelques instants. Le malade était resté un an au lit. Op» ration en dernier ressort. L'autopsie a démontré une tuberculisation chronique et généralisée dans les viscères.

Comme on a pu s'en rendre compte par la lecture des Observations de M. Horsley, et comme Ta fait remarquer tout récemment M. Jastrowitz, de Berlin ( I ), Tinte rvention chirurgicale n'est justifie'e qu'autant qu'on a la certitude de l'existence d'une lésion organique. Quand cette condition est remplie, il faut encore tenir compte de la durée de l'affection,

(1) Société de Médecine interne de Berlin, séance du 28 novembre 1887,

car dans certains cas d'Epilepsie Jacksonienne symptomatique d'une lésion corticale, il s'établit à la longue une sorte de constitution épileptique, qui fait que des accidents convulsifs continuent de se produire après extirpation du foyer épileptogène.(i) Quand les choses en sont là, il n'y a qu'un avantage relatif à recourir à l'intervention chirurgicale. Il faut aussi tenir compte de cette circonstance, que TEpilepsie Jacksonienne peut survenir à la suite de lésions périphériques agissant par Tintermédiaire des centres autres que les centres moteurs corticaux; que, d'autre part, il existe des exemples de spasmes localisés, compliqués ou non de parésie, où, à l'autopsie on ne trouva aucune trace de lésions cérébrales. Bref, on ne peut diagnostiquer avec certitude une lésion en foyer de l'écorce, que dans les cas d'Epilepsie Jacksonienne qui s'accompagnent d'accidents paralytiques chroniques. Il faut savoir aussi qu'au siège d'une tumeur il n'existe pas toujours, comme on pourrait le croire, un soulèvement de la dure-mère et une tuméfaction de l'hémisphère correspondant.

Quant on se décide à recourir à la trépanation, il faut, comme nous l'avons dit plus haut, en décrivant le manuel opératoire, pratiquer une ouverture relativement grande ; comme, d'autre part, en mettant à nu l'encéphale sur une étendue trop considérable, il y a lieu de craindre un œdème cérébral mortel, il en résulte que l'on ne doit opérer que les foyers qui ne dépassent pas certaines dimensions. De plus, il faut, quand il s'agit d'une tumeur, que celle-ci siège à la périphérie du cerveau, et qu'elle n'intéresse pas des organes d'une importance fonctionnelle de premier ordre, eu égard à la conservation de la vie ; toutes choses qui ne peuvent être élucidées que dans le cours de l'opération. Enfin, quand il s'agit d'extirper une. portion du tissu cérébral, il importe de se préoccuper de l'éventualité des dégénérescences secondaires, et de celle des hémorrhagies consécutives.

(1) Voir les Observations de Horsley.

Maleré les récents progrès qui, comme nous Tavons aéjà dit, ont été faits dans la pratique chirurgicale des affections cérébrales, nous croyons qu'il ne faut aborder les opérations sur le cerveau qu'avec les plus grandes précautions et la plus grande prudence. Il peut arriver, en effet, qu'après avoir diagnostiqué une tumeur, on en trouve une énorme, ou même plusieurs, au moment de l'opération; de sorte que on peut être entrainé beaucoup plus loin qu'on ne l'avait pensé primitivement.

Chez les enfants, comme l'a fait remarquer M. A Baginsky, (i) il est très difficile de localiser exactement les affections cérébrales, car la plupart du temps ces affections se généralisent et l'étude des troubles de la sensibilité, du langage et des sens présentent chez eux des difficultés beaucoup plus considérables que chez l'adulte.

Ul Soc. de Méd. int. de Berlin, séance du 6 décembre 1887.

c:orvc;iLmsio]%^S(

1° UEpilepsie Jacksonienne n'a absolument rien de commun avec TEpilepsie que le nom.

2"" h'EpilepsieJacksonienne est presque toujours symptomatique d'une lésion cérébrale. Cette lésion siège, le plus souvent, dans la zone psycho-motrice de récorce cérébrale, ou au voisinage de la zone motrice; il est rare qu'on l'observe à la suite de lésions isolées du centre ovale ; il est extrêmement ^rare qu'elle coïncide avec des lésions profondes de la région capsulaire ou des noyaux centraux.

3° La nature de la lésion est secondaire et n'influe en rien sur la production des symptômes : son siège est tout. UEpilepsie Jacksonienne est un syndrome clinique qui se présente toujours avec des phénomènes constants, identiques et assez caractérisés pour constituer une affection à part ; c'est donc à tort que l'on a décrit l'Epilepsie Jacksonienne syphilitique, traumatique, etc..

4^ Le début des Convulsions épileptifoçmes permet de diagnostiquer à peu près sûrement le siège de la lésion, sinon la nature de cette lésion. Les lésions irritatives ou convulsivantes produisent des effets toujours plus ou moins variables, mobiles

et intermittents : en particulier des Paralysies transitoires postépileptoïdes; ces Paralysies ne sont que d'une utilité secondaire au point de vue du diagnostic ; leur existence prouve seulement que la lésion siège à la partie superficielle de la zone motrice ou au voisinage de la zone motrice. Les lésions destructives ou paralysantes produisent au contraire des effets certains, constants et permanents qui ont un rapport direct avec la distribution des symptômes paralytiques qu'elles provoquent.

5° Les lésions capables de déterminer VEpilepste Jacksonienne ne siègent donc pas nécessairement au niveau des centres moteurs correspondant aux muscles exclusivement ou primitivement convulsés. L'on peut cependant établir en thèse générale queles Convulsions épileptiformes débutant par les muscles des membres sont produites, en général, par des lésions situées au niveau des deux tiers supérieurs de la zone motrice, ou dans leur voisinage ; les convulsions débutant par les muscles de la face sont ordinairement le résultat de lésions occupant le tiers inférieur de la zone motrice ou les parties avoisinant cette extrémité inférieure. La coexistence ou l'absence de troubles paralytiques permanents indique si la lésion siège ou non dans Taire des circonvolutions motrices.

6° Le Traitement de YEpilepsie Jacksonienne^ comme celui de TEpilcpsie, est le plus souvent inefficace. Il n'y a d exception que pour l'Epilepsie Jacksonienne d'origine syphilitique qui guérit sous rinfluenced'un traitement spécifique et pour l'Epilepsie Jacksonienne traumatique. Cependant lorsque le début des Convulsions sera absolument bien déterminé, le traitement chirurgical par la trépanation institué par M. V. Horsley pourra rendre les plus grands services.

7° Les Réflexes sont presque toujours exagérés dans les membres atteints ; ce fait constaté par la plupart des observateurs n'a pas encore pu être expliqué par Fanatomie pathologique.

Iiide:x: Blblio^irapliiqiio

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lire frontales externes.

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narines.

Page 40, ligne 18, au lieu de x^ y'^ 2^ Jipe x^ y- ^. Page 47, ligne 22, au lieu de 1885, lire 1886. Page 59, ligne 4, au lieu de oreilles, lire ortcib. Page 60, ligne 19, au lieu de L'Asphasie , lire

L'Aphasie.

Page 66, ligne 5, au lieu de fait de chute), deux accèsi

lire, fait de chute), a deux accès. Page 75, ligne 3, au lieu de 107 Observations,

lire 112 Observations.

Page 77, Observation 2, colonne des symptômes,

au lieu de membres du côté D., lire nmsi-les

du côté D.

Page ii5. Légende de la F ig., au lieu de observiition w.

lire Observation 99.

Page 1 16, Légende de la Fig., au lieu de la lùsion uit

lire la lésion était.

Page i53, ligne i3 au lieu de iln'avit, lire il n'avait.

Page 1 53, dernière ligne, au lieu de vécicatoirc, lire vésicatoire.

Page 177, dernière ligne, au lieu de calapsus, lire colapsus.

Page 178, ligne 37, au lieu de demeulent, lire demeurent.

Page 178, ligne 38, au lieu de règéres, lire légères.

Sainte-Foy. — Imp. roche.

Jraitement JIationnel

]^E l'Bpilepsie

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"^iides 1res, )l)aéra-

uate sont ianlile, lime

une herbe «(lisible êioulït* la foi dans la théraïKiiiltrjue, » Or c'est cette confiance en lui-même qui, seule, soutient le médecin aux prisse fï avec c^tte terrible maladie, si rebelle, si tenace que beaucoup d'entre nous évitent de la traiter et n'hésitent point à la déclarer incurable.

Le bromure de potassium est certainement indiqué quand rÉpilepsie est idiopathique ou simplement névrosiqiie, c'est-àdire quand les causes qui Tout fait naître sont une impressionnabilité excessive, des émotions déprimantes comme la peur, Tonanisme, les excès vénériens; lorsque les malades sont issus de pai^nts hystériques ou choréiques.

Dans cet ordre éliolojfique, le bïomure de potassium en calmant Texagéralion de la force excito-motrice de la moelle, contribue larirement à une amélioration qui peut devenir définitive ■ mais, quand ces mêmes eauses ont exercé pendant longtemps leur influence, qu'on a affaire à des lésions organiques, quand la moelle albm^t^ et les ruénin^os sont le sièjîe de vascularisation^, d*cedènie, d'adhérences, de dégénérescences seléreuses provoquant sans cesse de nouveaux accès, ouand la névixjse dépend d'une hérédité tuberculeuse ou sotifuleuse, d'une mal conformation du crâne ou de ses blessures, de troubles de la menstruation, de rhelminthiase et de la dentition, la médication bromurée est insuffisante.

Cependant, le malade veut guérir; découragée de Finsuccès de son premier médecin, il va en trouver un second, un imlsième et, comparant leurs ordonnances, il se désespère en voyant qu'à quelques ^^rammes près, c'est toujours le même médicament qui lui est ordonné.

C'est à jx^ine si l'un d'eux, plus hardi, a réuni les trois bromures espérant de meillem's résultats de leur réunion que de leur isolement

Disons- le hautement, Fespérance de ^lérir FÉpilepsie à l'aide d'un seul médicament, spécifique, réussissant dans la plupart des cas, est un rêve décevant, irréalisable. Celte afleclion a i^énéralemeni des origines trop mystérieuses, tnij^ pru-

Sainte-Foy, — Imp. iiycHB.

fonife, trop ctimplexes^ trop nombreuses pour qu'on réussisse nvet: un senl élément ^ le bmmure de potassium.

Voilà un premier point acquis. ^

Exiiminons-en un second :

N'y a-t-iï pas dès lors utilité à employer une méflication fcamplexé, composée de plusieurs facteurs destinés à fortifier, à augmenter raction du bmmure de potassium ?

11 n'est pas douteux aujourd'hui que Tassociation des médicajnents aujimente de beaucoup leui-s vertus thérapeutiques. Jamais une préparation de zinc, dojinée isolément, n'aura la Ycrtu des pilules de Méglïn. Aux colonies, les médecins qui ont à cumliatlre des fièvres intermittentes ou rémittentes, décuplent la puissance du sulfate de quinine en Tassociant à Fextratt alcoolique de noix vomique. Dans les hypogbbulieBj Tarsenic uni yu fer ne donnent iî pnis lîes résultat^ autrement piussunls cjue ïe fer seul. De ces exemples que nous pourrions muHi|>lier à Tiufini^ nous concluons qu'il est absolument ratiruKRH d'associer ensemble divers agents thérapeutiques très ildifs dans le but de comJmttre TEpilepsie^ la plus opiniâtre des névroses.

De quels facteurs sera composée cette médication? quels sont les titres qiti les recouimandenr? c'est ce que nous allons examiner.

Disons, tout d'abord,' qu'il est un alcaloïde qui, à haute doiif\ agit sur le système nerveux cêrébro -spinal, le bulbe et la niOL'lle, tout en épargnant le cerveau et les cellules idéo -motrices, f[ui surexite leurs éléments et provoque, il est vrai, par Une dépense excessive d'inttux nerveux des convulsions, cet Ulcalfude, c'est la picrotoxîue ou alcaloïde de la Coque du Levant*

Employée à pHUcs domsj au contraire, la picrtdoxine enraye tes acc^s eu s' opposant à la contraction apasmofliL|Ue des vaisseaux de l'encépbale et par consér[uent en prèvcuaut rcinémic céiébrale qui accoiupaj^iie ou provoque presque toujours l'at- 'laque.

L'Épilepsie, dit le docteur Gouyba, étant une maladie tétanisante au premier chef, et la picrotôxine entravant le système moteur et les muscles, son emploi substitue au tetanisme agité de rÉpilepsie, le tetanisme immobilisateur (catalepsiant de Gubler ) que ce médicament tend à établir.

plusieurs auteurs, MM. Planât, Gouyba, Hambursin, lui ont dû de hombreux succès ; nous avons donc pensé à ajouter au bromure ce nouvel agent très actif, destiné a opposer un obstacle sérieux à Tailémie bulbaire.

Mais cette union n'était pas encore suffisante a constituer une médication générale, puissante, capable de triompher dans la plupart des cas. L'Épilepsie relève de causes trop innombrables, pour être une entité morbide unique, simple, en un mot toujours identique à elle-même.

Nous avons dû rechercher la cause la plus fréqueote, la plus générale de cette névrose, celle qu'on doit soupçonner dans la majeure partie des cas, et cette cause dominante, prépondérante, sur laquelle dans diverses publications déjà noua avon* appelé l'attention du corps médical, c'est la diatfiése déposant en nous ce grain funeste appelé à lever, à grandir fet à envahir l'organisme, pour y faire éclater au moindre incldeht favorable la tare épileptique.

Que cette diathèse s'appeUe. tubercule, qancer, herpétisme, goutte, syphilis, alcoolisme, folie ou manie, scrofule ou nervosisme, il est certai» que la diathèse marque presque toujours, de son empreinte fatale, les enfants issus de parents dyscrasiques et sans pouvoir dire d'une façon absolue : « Epilepticus autem genuit epilepticum » on peut soutenir hardiment que les diathèses sont les grandes pota^'Ofjeuses d'Épileptiques,

Cet anti-diathésique puissant, ce modificateur profond s'appliquant à la généralité des diathèses, c'est Varsenic,

Contre quelle diathèse, en effet, n'a-t-il pas été empbyé avec succès ?

Qu'il s'agisse de l'herpétisme, de la scrofule, de la tuberculose, du cancer, du rhumatisme, du nervosisme lui-même, ou

Sainte-Foy. — Imp. roche.

s'en est servi avec avantage et ses paHis^ms ss'i^ij>elleiil : Peiirson, Biett, Hardy, Devergie, Béhier,Sée, r^re*ûnuea«i,TmiJsseaii, Garin, Sajidras, Quersant, Anan, Rog^i\ ï^^narri. Millet, Pafjillaad, Guéneau deMussy, Gahen, Beau, Hihm fmh

Qiiel aiitre médicament a des parrains apissi illn^tres?

Nous avons été d'autant plus^ porté.s A fi^ii'e dt* l'nr^^t'nii.: uni au bromure de potassium et à la picrotoxint^ mit* s^nde fl niL^jnt* préparation que le bromure de potassiujn i-jupiny*'' tro)» longtemps ou à des doses massives, détermine infMiÏHliU-nïent \v bix>misme c'est-à-dire un àffaissemeni physique el jni»r;il fjni fait le désespoir des%ialades et de leur entiniriÉge,

Or, l'arsenic en excitant l'appétit des maladt^s, eu iiplev^nit Jeur force musculaire et l€jur énergie, coniUrtl nn prévient cet état maladif.

D'un autre côté, c'est aussi prévenir cew érnptinu^ acnéilnmies fort désagréables, dont le siège de prédihv tion v\wt îesi nifil-ides bromures est le visage.

Si nous considérons de plus, combien de l'ois rK|}ileiisjo l'evél ' le caractère périodique hebdomadaire, MieJisni.^1 et uièhio annuel, reparaissant à des heures déterminées, ori (.'nrn prendra encore mieux l'utilité de l'arsenic dans cette né\ m.se.

Ajoutons qu'il a en outre une action èfcctïVL* l'éelle *^in' les nerfs vaso-moteurs et, par conséquent, snt lo syslènie vascnlaire comme régulateur cardiaque ; c\*M iùnti'i t[n\] prévifmt et modifie les prédispositions aux congédiions el aux apoplexies cérébrales. C'est pourquoi M. Lamarre- F^iquol insiste snrl'uli* lité de la médication arsenicale pour C4>iii lia lire et éi"ii-tef rette tendance du sang à distendre et rompre le,s vaisseaux on iï circule. Voilà donc une raison de plus, et iVune ^larule importance pour associer l'arsenic aux médiciuiient-s^erAff^/M du bulbe.

Nous ne devons pas oublier l'espèce (P.jfnuilê que Tar^enif* a pour la matière cérébrale dans laquelli^ il se rvparid en plus grande proportion que dans le foie lut-riariie.

Sous r influence du traitement arseiijc;iL raciile pliiispUon-

que anjimeiîtê considéra bl*?ment dans les urines. Il y a rionc] drms Fw^onomie comme nue sulïstïtutioii de î'aï-seTJÎc au jihcK^-! phore. Celte substitution ne doit-elle pas, à b lon^nie, siRiaiJ JluJUieiice d'une laédiimtion lou^rteiiips continuée, délennîneFj une sorle de métal lisation de la îibi^ nerveuse et, par conséquent, émousser ou éteindre la tondanœ A la œnvulsibilîté daj mésocéphale ou, tout au moins, rL4Tipcclier de .se réveiller sous rinfluenee de la moindre cause?

C'est une explication qui nous semble rationnelle et qui nel sera plus mise en doute tjuand on aui-u démontré ultérieure-J nientj comme nous Tesjwrons-, que c'est surtout dans le bull que se condense Tarsenic.

Nous ne sommes pas le seul à reconnaître que radjonctionj de l'arsenic est une pratique avanta^^euse, et voici ce que dit al cet égalai le professeur Canlani dans son manuel de matièref médicale :

<i Je crois de mon devoir de déclarer que je me suis, dans j des cas assez nombreux, servi avec avantagée des prepanitions ai-î^enicales contre rÉpilepsie, et c'est par leur usaj|;e constant que j'ai pu arriver à réituire à trois ou quatre par an des paroxysmes qui étaient bien plus fréquents auf>aiavant.

(ï En adminiislrant rarsenic en même temps que le bromures j'ai observé que Le! le additioit au^^^mentait considérablement la ! valeur tliérapeutirpie de ce dernier aîreut et, flans des c^is où lêi bromure ne m'avait donné que des résultats bien ordinaiiTes^^ l'usage simultané d'une préparation arsenicale a augmenté del beaucoup son efi'et préservatif, y*

Aj outerai -j e e ncore , ]kiu r proi i v er Vu t i I i t ê de l 'arsen i c , que ] chez les Épileplïfjues, roinme cliez tous les névrosiqueSj îî y a, < comme dit Jltjueliut, (îiinimition de qualité ou de quantité tlela'j masse du san^f et <liMiîui*lion de Tun on <lc Tautt^ de ces élé-"^ mentit, suriout des globules ; qu'après les attaques il y a épui-, seuieut et piostiatiou extrêmes, aversion pour le mouvement^ et le travail? Quel autre médicament mieux que rai-seaicj

Siiînte-Foy. — Imp, fiu€HE.

répareiM œtte Jépeiiiw excessive de t'inilux nerveux ot c:ette agiobulic i{u\ renil les rpdiiitefi prochaines ininiinerite8, fataies et les fait se .^ue^éder par séries ?

Ce n'esl donc point le hasard qui nous a inspiré le premier la pensée cra^^ïiacier ces divers médicaïnents pour combatire l'Épilepsic. G€'lte idée est iiéeirnne observât ion attentive^ d'une étude longue, niînntieuse et persévérante.

Une re('her< lie approfondie du mode d'action de dmciin de i:ef> éléments, les résultats partiels souvent excellents mais lïien souvent aussi incomplets obtenus par Tetnploi de chacun pd'fiux isolément, le désir de œuibattre avœ suc^-ès ce t< qmd If^ioùiiM » Liue nous croyons éti'e le fermant iHathémiue, Comîiai^nmi presr|ue toujours inséi>amble de celte névrose, nous ont coîHlnil à re^^^anier couirne iiidispeasidjle radjonclion de ces tmis facteurs (Bromure fie potassrnni aussi pnr que pi^ssible. Arsenic et Picroloxine) pour conibattre avec succès dans la luajenre partie des cas cette terrible névrase.

Un iibarmacien consciencieux et sêtueux a spécialisé cette fonnule sous le nom de

Dragées Anti - Nerveuses

ou

Dragées Gélineau

et on ne saurait nier que c'est à remploi de cette médication que sont dus les succès incontestables et indéniables que bien des confrères^ et nous-mêmes, avons obtenus depuis quelques années dans le traitement de cette terrible névrose ï^i^ârdée jadis comme incurable, i

jjCF PR SyRGÈftai tCh-liit) — l, Tkssir*

àftînte-Foy. — Imp. roche.

^AUlU}'Vt\\\ - Ju]|K Jji.fLIU.

IV ' :' ' j '* '. ?*î r«fl ' - î ^■"'^ <^"^ *^ '"^ -

Ûr^AWTMKNT OF *Jf:-UWO^*^.THOLOGÏÏ:,

OeFARTMENT OF NEUROPATHOLOOY

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