‹ De l'épilepsie JacksonienneChapitre 2 sur 19 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

La publication du mémoire du Docteur Rolland,

Îremier travail scientifiquequi émane des Asiles OHN BosT^ nous offre une occasion toute naturelle et que nous saisissons avec empressement d'attirer l'attention de nos confrères sur une œuvre digne d'être connue du public médical.

. En 1848 un grand philanthrope, John Bost, alors pasteur au village de Laforce, situé à huit kilomètres de Bergerac (Dordogne), fondait avec les ressources qu'il tenait de la charité privée un premier établissement, La Famille, destiné à recevoir des jeunes filles orphelines ou abandonnées.

Le bon renom de ce modeste Asile ne tarda pas à se répandre d;uis le public, et de tous côtés les demandes d'admission affluèrent en faveur de catégories diverses de souffrances physiques (infirmes, idiots, épileptiques) qui ne rentraient pas dans le cadre de l'institution primitive.

Pour répondre à ces appels multipliés John Bost fut forcément amené à étendre et a agrandir son œuvre. Doué d'une rare énergie il ne cessa pas de plaider sa cause non seulement en France mais à Vétranger, et le succès dépassant ses espérances il fonda successivement huit autres Asiles qui vinrent se grouper autour du premier. Nous nous contenterons de nommer ceux qui intéressent particulièrement le public médical.

Béthesda. — Asile pour des jeunes filles 1* infirmes ou incurables ; 2* aveugles ou menacées de cécité ; 3* idiotes, imbéciles ou faibles d'esprit ;

Eben-Hézer, — Asile pour des jeunes filles épileptiques;

La Miséricorde. — Asile pour des filles 1* idiotes gâteuses, ayant perdu toute leur intelligence ; 2* épileptiques qui sont idiotes, infirmes et aveugles.

Trois asiles similaires : Siloéy Béthely La Compassion^ sont consacrés aux garçons.

Ces six établissements réunis comptent 330 pensionnaires, dont 150 épileptiques.

Les Asiles de Laforceont été reconnus établissement d'utilité publique depuis 1877. Ils sont administrés par un Conseil de vingt-cinq membres.

On peut juger par cette courte notice du nombre et de la variété des matériaux scientifiçïues que renferment les Asiles John Bost. Nous invitons ceux de nos confrères qui se livrent spécialement à l'étude des maladies nerveuses à venir^ si les circonstances le leur permettent, honorer nos établissements d'une visite ; ils trouveront à Laforce un accueil cordial et retireront de ce qu'ils y auront vu intérêt et profit.

D' Eugène MONOD.

Membre du Conseil d^ Administration des Asiles JOHN BOST.

iNx*Ronvcx*ioBr

Mon cher Confrère et Ami,

Vous me demandez s'il, est opportun de publier votre mémoire sur TÉpilepsie Jacksonienne. J'ai bien peu de titres et bien peu de compétence pour répondre avec autorité à votre question ; je n'ai jamais étudié ce sujet d'une façon spéciale : je n'ai rien écrit sur la matière ; et mon nom est absolument inconnu de ceux qui l'ont particulièrement travaillée. Seulement la commissionde la Société de Médecine et de Chirurgie de Bordeaux qui a couronné votre mémoire m'a choisi pour son rapporteur. Il m'a fallu à ce titre lire, relire et méditer les travaux soumis à notre jugement; et en résumant les impressions que m'a laissées cette étude, je n'hésite pas à vous dire : Vous avez raison de faire imprimer votre œuvre.

L'Epilepsie Jacksonienne, l'Épilepsie unilatérale ou partielle, n'a pas encore ae monographie.

vm

Les travaux successifs qui ont contribué peu à peu à faire connaître son histoire ont toujours visé quelque point spécial. Bravais nous avait appris depuis longtemps la symptomatologie de ces attaques convulsives; Hughlings-Jackson a découvert le lien qui les rattacne aux lésions corticales; Fournier nous a montré qu'elles peuvent relever de la syphilis; Franck et Pitres, Luciani ont créé leur physiologie j)athologique; Dutil a fait connaître les paralysies post-épileptoïdes; chacun en un mot a pris à tâche de aéfricherun petit coin de ce terram encore vierge. L'un a patiemment relevé les symptômes; Tautre a pris f)Our lui la pathogénie; celui-ci s'est attaché à 'anatomie pathologique; celui-là à la thérapeutique; etc^e travail d'analyse a été si méthodique, si patiemment développé et si fécond, que la question, sans être épuisée, a déjà été traitée dans toutes ses parties. Mais personne n'était encore venu faire la synthèse de toutes ces recherches, personne n'était venu prendre les résultats partiels obtenus, les coordonner, les comparer, s'assurer si tous étaient d'accord entre eux^ si tous les détails sympathisaient avec l'ensemble. En un mot, comme je vous le disais, il n'y avait pas de monographie sur ce sujet. En traitant comme vous l'avez fait, la question posée par la Société de Médecine, vous avez comblé cette lacune.

Mais pour la combler d'une façon effective, il ne faut pas laisser votre travail dormir Jionorablement dans nos archives ; il faut absolument le publier.

En effet, s'il est un point de la pratique médicale où l'intervention d'un travail d'ensemble bien fait soit indispensable c'est bien l'Epilepsie partielle. Il est des questions privilégiées que chaque médecin apprend peu à peu, malgré lui, s' assimilant au jour le jour les notions nouvelles

à mesure que les faits sont publiés. Ce sont les questions a la mode, celles qui passionaent To-, pinion, comme la rage, le choléra. Je uq veux point dire que sur ces sujets les monographies soient inutiles. Mais on en parle tellement, les sociétés savantes en retentissent si souvent, le public même extra médical s'y intéresse avec iant de vivacité, que bon gré mal gré chacun est à peu près au courant des idées et des faits les çlus récents. ï^n est-il de même pour TEpilepsie Jacksonienne? Non sans doute. L'élabor ration de la question a été longue et difficile; elle a demandé plusieurs généçations médicales pour s'accomplir; des années se sont écoulées entre les premières recherches successivement publiées; elles n'ont d'abord intéressé qu'un petit nombre de curieux. Mais la majorité des praticiens est restée indifférente, et je suppose que plus d'un aura parcourud'un œil indifférentlecompte-rendu d'une Société où l'on annonçait que 1 Epilepsie hémiplégique dépend de la lésion des circonvolutions rolandiques, qu'elle peut être artificiellement provoquée chez les animaux, que Técorce cérébrale n'est pas inexcitable comme on le croyait autrefois. Tous ces détails, au premier abord peuvent sembler n'être que des subtilités de diagnostic ou des curiosités de laboratoire; en réalité ils appartiennent à la clinique de tous les jours. Reconnaitro l'Epilepsie partielle généralisée de l'Epilepsie d'emolée générale est un diagnostic que chaque médecin doit être désormais en mesure de porter. Car de ce diagnostic différentiel découlent des conséquences pratiques de la plus haute importance, au point de vue du pronostic et du traitement. Si d'une part l'avenir le plus sombre est réservé aux malheureux enfants frap-

})és d'encéphalite interstitielle, d'un autre côté es convulsions jacksoniennes liées à la syphilis

cérébrale, à un traumatisme o'rânien, peut être à Turémie, peut-être même à une tumeur corticale entraînent avec elles un pronostic beaucoup moins fâcheux. Des succès récents nous montrent tout ce qu*en pareil cas on peut attendre d*un traitement judicieux, appuyé sur un diagnostic précis.

Votre œuvre est donc utile en nous initiant à Fart de traiter et parfois de guérir ces malheureux malades pour lesquels la médecine eût été jadis impuissante. Une médication antisyphilitique énergique, poussée à des doses qui pour être efficaces ont besoin d'être presque invraisemblables, est sans doute une chose qu'on aurait du faire autrefois, mais qui n'avait pas été méthoaisée comme elle l'est aujourd'hui. Ce qu'on n'avait pas songé à faire, même dans des temps où l'on était prodigue à l'excès du trépan préventif, c'est d'ouvrir la cavité crânienne plusieurs années après un traumatisme pour mettre à nu un kyste cicatriciel de la dure-mère. On peut le faire aujourd'hui en se guidant non pas sur les indices plus ou moins trompeurs d'une asymétrie, d'un enfoncement de la boîte crânienne, mais en se guidant d'après les enseignements de la doctrine localisatrice, grâce à laquelle nous connaissons lepoint malade de Técorce, et d'après une nouvelle anatomie topographique qui nous apprend sur quel point du crâne il faut enlever une rondelle osseuse pour mettre à découvert le point suspect. Bien plus encore, n'a-t-on pas extirpé des tumeurs cérébrales, n'a-t-on pas fait des résections delà substance cérébrale — et avec succès ! — pour combattre l'Epilepsie Jacksonienne.

L'étude clinique de toutes ces tentatives dont les unes sont peut-être trop audacieuses pour être assurées d'un long avenir, dont les autres deviennent déjà classiques^ forme à votre travail

une péroraison pleine d'intérêt. On comprend en le lisant qu'aucun des détails énumérés au cours de Touvrage n'est inutile, (|ue les moindres points de Tétiologie, de Fanatomie pathologique, de la symptomatologie doivent être connsu de quiconque veut traiter rationnellement un épileptiaue partiel. Votre monographie rendra à cet égara les plus importants services.

Enfin une dernière circonstance me semble créer pour la publication de votre travail l'opportunité la plus parfaite qu'on puisse désirer. Mon excellent ami François Franck vient de faire paraître un ouvrage aussi remarquable que considérable sur les fonctions motrices du cerveau. A la fois œuvre de critique et de recherches, œuvre d^érudition et de progrès, cette série de leçons faites au collège de France (1884-1885) a trait surtout au coté expérimental de la physiologie cérébrale. L'Epilepsie corticale y a naturellement une large part, et les expériences de Franck et Pitres que vous avez rapportées, y sont étudiées et interprétées dans leur moindre détail. Ainsi l'éitat de la science au point do vue physiologique est nettement établi dans cet ouvrage magistral. Il est intéressant de savoir où la clinique en est arrivée sur cette même question, au même moment. En publiant votre monographie actuellement, vous allez au devant du désir que j'exprime et le hasard ne pouvait mieux vous servir. Ceux (jui liront ces deux ouvrages (ils seront nombreux je l'espère) verront comment les expériences bien faites et les observations bien prises sont susceptibles d'arriver à une concordance parfaite; comment raccord entre le laboratoire et la clinique n'est ni un rêve ni une utopie, mais peut être au contraire, la plus saisissante des réalités. Et, chose curieuse, imprévue il y a quelques années

ils apprendront que c'est sur une question de système nerveux que cette harmonie parfaite se constate le mieux.

A toutes ses qualités intrinsèques, aux services qu'il rendra sûrement aux praticien^, votre travail joint donc en outre le mérite d'arriver au moment favorable; le succès lui est donc assuré; il sera sans nul doute aussi grand que je le souhaite .

Je vous serre la main.

D' X. Arnozan.

Juillet 1887.

ADâtomie et Physiologie des Circoevolulions cérébrales

A. description sommaire des Hémisphères cérébraux

Divisé en deux parties à peu près symétriques, qu'on nomme Hémisphères ou lobes cérébraux, le cerveau de l'homme présente à sa surface des sillons et des anfractuosités qui séparent des reliefs désignés sous le nom de circonvolutions et résultent du plissement du manteau de l'Hémisphère.

L'écorce cérébrale peut se diviser en trois régions : une externe, une interne et une inférieure. Jetons un coup d'œil rapide sur chacune de ces régions.

Fig. 1. Face externe de l'hémisphère gauche. — ës, scissure de Sylvius ; — R, sillon de Rolando ; — ip, scissure interpariétale ; — op, scissure occipitale externe ; — sp, scissure parallèle; — A, frontale ascendante: — B, pariétale ascendante ; — FI, F2, F3, 1% 2«, 3« frontales ; — PI, lobule pariétal supérieur ; — P2, lobule du pli courbe ; — P3, pli courbe ; — Tl, T2, T3, 1% 2% 3« temporo-sphénoïdales.

La face externe (Fig. i) dont la forme est assez semblable à celle d'un bonnet grec, se moule sur la cavité crânienne et est en rapport avec la concavité

formée par le Frontal^ le Pariétal^ et la partie su-

f)érieure à^V Occipital ; elle est limitée en dedans par a scissure interhémisphérique (Fig. 2). Cette face est profondément entamée, vers son bord inférieur par

Fig. 2 (d'après M. Richer). Face supérieure du cerveau. — 1, scissure de Sylvius ; — 2, sillon de Rolando ; — 3, scissuro in ter-pariétale ; — 4, scissure parallèle ; — 5, scissure perpendiculaire externe.

FI, F2, F3, 1% 2«, 3« frontales ; — Fa, frontale ascendante ; — Pa, pariétale ascendante ; — Ps, lobule pariétal supérieur ; — Pi, lobule pariétal inférieur ; — Pc, pli courbe ; — 01, 02, 03, 1«, 2«, 3« occipitales.

(Deux traits ponctués divisent par tiers les circonvolutions ascendantes.)

une scissure horizontale, la scissure de Sylvius (Fig. I, ss.) qui présente à sa partie antérieure et sur son bord supérieur deux petits sillons secondaires.

la branche antérieure (SA, Fig. 3), et la branche postérieure ou verticale (SV, Fie. 3). Si Ton écarte les lèvres de la scissure de Sylvius on voit un groupe de circonvolutions qui sont profondément situées, et en rapports intimes avec les centres gris ; ce sont celles de VInsula de Reil ou du lobule du corps strié (/, Fig. '3).

Fig. 3. Figure destinée a montrer les limites postéro-

INFÉRIEURES DE l'iNSULA DE REIL. — F', F", F'", leS tl'Ois ciP-

convolutions frontales ; — SA, l)ranche antérieure de la scissure de Sylvius ; — SV, hrancîhe ascendante ou verticale de la scissure de Sylvius ; — D, B, scissure de Sylvius ouverte pour montrer l'insula ; — R, R, sillon de Rolande ; — FA, frontale ascendante ; — PA, pariétale ascendante ; — SI, SI', scissure interpariétale ; — OE, scissure oc.cipitale externe ; — EB P, lobule pariétal inférieur ; — T', T", T"*, les trois circonvolutions temporales ; — I, insula, et 1, 2, 3, ses trois plis principaux ; — M, pli temporo-pariétal.

Dans une direction parallèle à celle de la scissure de Sylvius, et au dessous d'elle se dirige la scissure parallèle {sp, Fig i) qui surmonte à son tour le deuxième sillon temporal. Ces scissures forment ainsi trois circonvolutions de l'espace de la face externe qui s'étend sous la scissure de S3'lvius ; ce sont les trois temporales (Ti, T2, Tj, Fig. i .

Au dessus de la scissure de bylvius, mais séparée d'elle par un pont de matière cérébrale, et un peu en avant de la partie moyenne de l'hémisphère, existe

une autre scissure assez profonde, oblique de bas en haut et d'avant en arrière, c'est le sillon de Rolando (Ry FiG. i). En avant de ce sillon et dirigée dans un sens un peu oblique comme lui, se trouve la circonvolution Frontale ascendante (A, Fig. i) qui est presque perpendiculaire aux autres circonvolutions du lobe frontal, aussi appelée marginale antérieure , centrale antérieure^ ou quatrième frontale^ quoiqu'elle n'ait absolument aucun rapport avec le frontal.

Immédiatement en arrière du sillon de Rolando se trouve une deuxième circonvolution marginale, parallèle à la précédente et dont elle n'est séparée que par le sillon, c'est la Pariétale ascendante (5, Fig. i), appelée aussi centrale postérieure. Le sillon de Rolando n'allant pas jusqu'à la scissure de Sylvius, les deux marginales se confondent en bas ; elles se confondent aussi en haut et à la face interne de l'Hémisphère, pour former le Lobule ParacentraL

En avant de la Frontale ascendante, et sans qu'il y ait de délimitations bien nettes, naissent par un pédicule variable les trois circonvolutions frontales^ séparées par deux scissures frontales, désignées en France de haut en bas sous le nom de i^, 2^, 3^ frontaies internes (Fi, F2, F3, Fig, i). La troisième frontale porte aussi le nom de circonvolution de Broca, et, comme les deux autres du reste, mais à un degré plus marqué, se bifurque, en général, à sa partie antérieure, d'après les sillons que nous avons décrits dans la scissure de Sylvius (5A, 5 F, Fig. 3), pour former une portion ascendante ou postérieure (LA, Fig. 3), une portion moyenne, recourbée en V, c'est le cap (C, Fig. 3), et une portion antérieure située en avant de la branche antérieure.

Derrière la Pariétale ascendante naît une grande scissure en arc de cercle, à concavité dirigée en bas et en avant ; cette scissure remonte au voisinage de la convexité du cerveau, puis se recourbe pour redescendre (3, Fig, 4), c'est la scissure inter pariétale (ip, Fig. i); l'espace compris entre sa concavité, l'extrémité postérieure de la scissure de Sylvius, et la scissure temporale parallèle, porte le nom de Lobule pariétal inférieur (P2, Fig. i), lobule du

pli courbcy et le pli courbe ou gyrus angularis (Pc, FiG. 4), est situé juste au dessus de la scissure temporale parallèle. Le lobule pariétal supérieur (Ps, FiG. 4), comprend tout ce cjui est situé au dessus de cette scissure interpariétale ; aux deux

Fig. 4 (d'après M. Richer). Face EXTERNE. Hémisphère gauche.

— 1, scissure de Sylvius ; — 2, sillon de Rolande ; — 3, scissure inter-pariétalê ; — 4 scissure parallèle ; — 5, scissure perpendiculaire externe. ■

FI, F2, F3, 1% 2% 3« frontales ; -— Fa, frontale ascendante ;

— Pa, pariétale ascendante ; — Ps, lobule pariétal supérieur;

— Pi, lobule pariétal inférieur ; — Pc, lobule du pli courbe ; —

— Tl, T2, T3, 1% 2% 3« temporales ; — 01, 02, 03, 1% 2«, 3« occipitales.

extrémités de ce lobule se voient deux encoches qui sont la trace des scissures creusées sur la face interne de rhémisphère : la plus rapprochée du sillon de Rolando, c'est la scissure calioso -marginale {Scm, Fig. 5) ; la plus éloignée, c'est la scissure pariétO'Occipitale (Spo, Fig. 5).

En arrière des circonvolutions temporales et au dessous de la scissure occipitale externe {op, Fig. i), sont les trois circonvolutions occipitales qui forment comme les branches d'une étoile qui divergent de Tex-

trémité occipitale de rhe'misphère (O i , O2, O3, Fig. 4).

La face interne de 1 hémisphère cérébral est beaucoup plus simple (Fig. 5) ; au centre se trouve la coupe du pédoncule cérébral (4, Fig. 5), le profil de la couche optique (3, Fig. 5) et du noyau caudé du corps strié, puis la coupe du corps calleux (i, Fig. 5).

Cette face présente à considérer un sillon régulièrement curviligne qui sépare le manteau de Thémis-

Fig. 5. Face interne de l'hémisphère droit. — 5'm, sillon calloso-marginal ; — fi^r, sillon de Rolando ; — ^po^ scissure pariéto-occipitale ou occipitale interne ; — 5c, scissure calcarine;

— CF, circonvolution frontale interne ; — LP, lobule paracentral ; — ^t, sillon longitudinal du lobule paracentral ; — CC, circonvolution crètée ; — LQ, lobule quadrilatère; LC, coin;

— CH, circonvolution de l'hippocampe ; — CA, corne d'Ammon ; — LO, lobe occipital ; —1, corps calleux ;— 2, ventricule latéral ; — 3, couche optique ; — 4, coupe du pédoncule cérébral ; — 5 corps godronné.

phère du corps calleux, c'est le sillon du corps calleux ; un peu en arrière de Textrémité supérieure du sillon de Rolando, on voit naître un autre sillon qui se dirige ensuite brusquement en bas et en

avant, contourne la face inférieure de la grande commissure cérébrale, en lui restant à peu près parallèle et vient se terminer en avant au dessous du bec du corps calleux, c'est le sillon callosomarginal [Scrrij Fig. 5). La circonvolution située entre lui et le corps calleux porte le nom de cir^ convolution crêtes (CCj Fig. 5) ou deuxième circonvolution frontale interne (F2, Fig. 6). Au dessus du sillon calloso-marginal se trouve la première circonvolution frontale iuterne (Fiy Fig. 6) séparée par un sillon vertical du lobule Paracentral. Le lobule Paracentral, ou ovalaire (ZP, Fig. b)

Fig. 6. (d'après M. Ricliei-). Face interne de l'hémisphère GAUCHE. — 1, sillon de Rolando ; — 2, scissure fronto-pariétale interne ; — 3, scissure calloso-marginale ; — 4, scissure pei^ pendiculaire interne, — 5, fissure (îalcarine.

FI, F2, 1®, 2® frontales internes; — P, lobule paracentral; — AC, lobule quadrilatère ou avant-coin : — C, (;oin, ou lobule occipital interne : — T02, 2® tempo ro-occipi taie, ou lobule lingual : — TOI, 1*^ temporo-occipitale ou lobule fusiforme.

n'est que la terminaison des deux marginales A et B de la face externe.

En arrière du corps calleux, en haut de lui, en

bas et en arrière du lobule paracentral et se continuant avec la circonvolution du corps calleux se

Fig. 7. (d'après M. Duret). Face inférieure du cerveau. — Fl, gyrus reclus : — F2, circonvolution orbitaire moyenne : — F3, circonvolution orbitaire externe : — /4, sillon olfactif : — /5, sillon orbitaire : — T2, T3, 2% 3« temporales : — T4, lobule fusiforme : — T5, lobule lingual : — <5, sillon temporal inférieur : — t2^ sillon temporal moyen: — po^ scissure pariétooccipitale '- — oc^ scissure calcarine : — H, gyrus de Thippocampe : — l\ gyi'us uncinnatus : — Ch, cliiasma : — cc^ tuoercules mamillaires : — KK^ pédoncules cérébraux : — G, genou du corps calleux.

trouve le Lobe carré {LQ, Fig. 5) ou Avant Coin (AC, Fig. 6) séparé du coin (C, Fig. 5) ou lobe

cunéiforme. [LC, Fig. 5) par la scissure pariétooccipitale [Spo^ Fig, 5) dont une des branches, la scissure calcarine {Se, Fig. 5), circonscrit Tangle et le côté inférieur du coin. Le bas de la face interne est occupé p^r h gy rus uneinnatus {U , Fig. 7). ou eorne dkmmon [CA. Fig. 5) THippocampe ÇH, Fig. 5), le lobe fusiforme {T4, Fig. 7) et le lobe lingual (75, Fig. 7).

-La face inférieurs de rhémisphère (Fig. 7) est divisée naturellement en deux parties très distinctes par la scissure de Sylvius. La partie antérieure constitue le lobe orbitaire et présente deux sillons : un droit, destiné à loger le lobule du nerf olfactif (/"4, Fig. 7); la circonvolution olfactive ou gyrus rectus (Fi, Fig. 7) est en dedans de ce sillon ; en dehors on trouve la 1^ frontale inférieure {F2, Fig. 7), séparée de la 3^ frontale inférieure par le sillon orbitaire (/5, Fig. 7).

En arrière de la scissure de Sylvius se voient les circonvolutions temporo-occipitales ; et plus en dehors le profil des circonvolutions temporo-sphénoïdales, la temporale moyenne (r2, Fig. 7), la temporale inférieure (T?>). Les circonvolutions temporo-occipitales sont au nombre de deux : la première et la seconde, en allant de dehors en dedans ou de bas en haut. La première circonvolution temporosphénoïdale est aussi désignée sous le nom de lobule fusiforme, 74), et la seconde sous le nom de lobe lingual {Tb],

On pourrait aussi considérer le cerveau par sa face supérieure, comme on l'a représenté dans la Fig. 2 ; on voit de cette façon toute la partie supérieure de la face externe sous un aspect qu'on doit s'habituer à connaître, car c'est celui sous lequel le cerveau se présente .quand on vient d'ouvrir le crâne ou quand il repose sur sa base.

B. Structure des Circonvolutions.

Les circonvolutions cérébrales sont toutes formées d'une couche grise enveloppant un faisceau de fibres blanches ; cette couche grise est elle-même dé-

composable en un certain nombre de couches secondaires, 6 d'après Baillarger, 5 d'après Meynert et Bewan- Lewis ; ce sont principalement des cellulesnerveuses disposées dans une Îfangue conjonctive, a névroglie.

Ces cellules nerveiises ont pour la plupart une forme pyramidale, rarement fu si forme (FiG.8).Pourrétude de ces couches nous renverrons aux traités d'histologie classiques, dMY. Leçons sur les localisa- //^«5deM.Gharcot, à lathèsedeM. Gh.

Richet, au traité récent d'anatomie de M. Ch. Féré. Cette forme est d'ailleurs reproduite dans la - figure que nous empruntons aux leçons de M. Charcot qui

contenant un" noyaiT et un ^f donne |ui-mi nucléole : — b, prolongement axile. d après Meynert

(FiG. 9).

Nous nous bornerons à rappeler qu^ lés cellules

Fig. 8. Cellules PYRAMIDALES DE l'è- ^ ,*cvxwvyc «x

ORGE GRISE DU CERVEAU .* a, COrpS Cel- ^"' j"^' vui**çx wv^c v^«x

lulaire contenant un noyau et un ^^ cionne lui-meme

géantes sont répandues en plus grand nombre au niveau des re'gions supposées motrices, sans pour cela qu'il y ait une différence complètement tranchée entre ces centres et les régions toutes voisines ; de même qu'il n'y a pas non plus d'îlots séparés d une manière abrupte, mais bien plutôt des points oùprédomineront tantôt Tune, tantôt Tautre des deux variétésde cellules.

Développées surtout chez, rhomme au niveau du lobule paracentral et des deux marginales antérieures qui dépendent du même système en anatomie, et, nous le verrons plus tard, aussi en clinique, les cellulesgéantes semblent douées des propriétés de centres distincts et avoir une action spéciale sur la motilité ; elles semblent aussi douées d'une structure comparable à celle des cornes antérieures de la moelle.

Quant à la substance

Fig. 9 (d'après Meynert).

Les numéros 1, 2, 3, 4, 5, désignent les couches de Técorcc grise : »w, la subtancG médullaire.

blanche elle est constituée principalement, comme celle du centre ovale, de tubes nerveux qui, partis de la base des cellules corticales à Tétat de cylindres-axes, se recouvrent d'une gaine de myéline.

C. Résumé des opinions émises sur la Physiologie des Circonvolutions.

On trouvera plus loin Thistorique à peu près complet des différentes expériences entreprises chez les animaux pour fixer la physiologie des circonvolutions ; nous nous bornerons dans ce chapitre à résumer aussi brièvement que possible les notions précises et au-dessus de toute contestation, qui nous sont fournies par l'expérimentation (Excitation électriûue, destructions partielles, injections interstitielles, oblitérations artérielles, destructions par aquapuncture, dilacérations limitées, congélations partielles, cautérisations, incisions profondes, abrasions superficielles, etc.).

1° Le cerveau ne jouit pas chez tous les Vertébrés des mêmes attributions fonctionnelles. Entre le cerveau des oiseaux et des poissons et celui des chiens ou des singes, il existe des différences fondamentales, non pas seulement de degré, mais de nature. Il est possible que les phénomènes élémentaires qui se passent au sein des cellules nerveuses soient identiques chez tous les animaux, mais il est certain que la structure et les adaptations fonctionnelles des appareils nerveux centraux varient d'une espèce animale à l'autre. D'une façon générale, les centres nerveux ont des fonctions d'autant plus complexes et d'autant plus spécialisées que Tanimal est plus élevé en organisation.

2^ Chez les Vertébrés inférieurs, les hémisphères cérébraux proprement dits ne paraissent jouer aucun rôle dans les fonctions motrices et sensitives. Chez les Vertébrés supérieurs, au contraire, les hémisphères cérébraux prennent une part active à l'élaboration des mouvements volontaires et des perceptions sensitives. Leur intégrité est nécessaire à la conservation de la motilité et de la sensibilité.

3** La substance nerveuse dont Tensemble constitue le cerveau n'est pas fonctionnellement homogène, du moins chez les animaux supérieurs. Des régions distmctes ont des fonctions spéciales. La destruction ou l'excitation isolées de telle partie provoque tel symptôme cjue la destruction ou Fexciiation des parties voisines ne produisent pas. Le cerveau est donc un ensemble d'organes juxtaposés, plus ou moins directemeni solidaires les uns des autres, mais jouissant néanmoins d'une certaine indépendance physiologique.

4*^ La physiologie des centres nerveux des animaux supérieurs est loin de nous être complètement connue. Nous ignorons encore les fonctions des couches optiques, des noyaux caudés et lenticulaires, de l'avant-mur et de toute la portion la plus antérieure des circonvolutions ; parties que l'on désigne sous le nom de ^one latente.

5^ L'appareil moteur intra-cérébral comprend : A y les circonvolutions situées au voisinage du sillon crucial chez le chien (gyrus sigmoïde) et au voisinage du sillon de Rolando chez le singe (circonvolutions frontale et pariétale ascendantes) ; 5, les faisceaux du centre ovale sous-jacents à ces circonvolutions ; C, la partie antérieure et moyenne de la capsule interne. L'excitation électrique de l'une ou l'autre de ces parties, provoque des mouvements dans le côté opposé du corps ; leur destruction détermine des paralysies dans les muscles du côté opposé du corps, et des dégénérations secondaires du faisceau pyramidal.

6° Cet appareil moteur intra-cérébral est formé par la juxtaposition de plusieurs appareils secondaires présidant à la motilité des différents groupes musculaires du côté opposé du corps, de telle sorte qu'il est possible, en limitant suffisamment les excitations ou les destructions partielles, de provoquer des mouvements ou des paralysies dans un seul membre, ou dans un seul groupe musculaire du côté opposé du corps (i).

(l) Localisations motrices résumant les expériences de I). Février svr les singes , (d'après De Boyer). — L'application des électrodes sur les points indiqués dans les fi g. 10 et 11 produit les mouvements suivants : —

7^ L'appareil sensitif intra-cérébral comprend : A, les circonvolutions du lobe pariéto-occipital et du lobe temporal ; By les faisceaux blancs sous-jacents ; C, la partie postérieure de la capsule interne. L'excitation électrique de certaines de ces régions déter-

1. Sur le lobule postéro-pariétal. Le membre postérieur n'avance comme pour marcher; parfois l'action eut limitée au pied et à la cheville, le pied se fléchissant sur la jambe et les orteils s'écartant. — 2, Sur la partie supérieure de la circonvolution pariétale ascendante, et la partie adjacente de la frontale ascendante. Mouvements complexes de la cuisse, de la Jambe et du pied, avec mouvements adaptés du tronc, comme lorsque l'animal se gratte

Fig. 10

la poitrine ou le ventre. — .'i, Près de la portion frontale ascendante du centre précédent et près d'une légère scissure ou dépression de la partie supérieure de La fi-ontale ascendante. Mouvements de la queue, en général associés aux précédents ; jamais l'auteur n'a pu les obtenir isolément. — 4, En arrière du H et au-dessus du '2, sur les bords adjacents des circonvolutions ascendantes. Rétraction arec aMuction du bras opposé, la paume de la main étant dirigée en arrière, action analogue au mouvement natatoire (grand dorsal). — ô. Sur lîi frontale ascendante à son point de jonction avec la frontale supérieure. Extension en avant du bras et de la main oj)posés : a, h, c, d, situés sur h, pariétale ascendante. Mouvements individuels et combinés des doigts et du j>oignet, se terminant par la fermetiu*e des poings (en somme, Mouvements de préhension..) — (», Sur la frontale ascendante, à la courbe ou au genou du sillon antéro-pariétal. Supination et ^flexion de rarant bras, grâce auxquelles la main s'élève vers la bouche. — 7, Sur la frontale ascendante, au-dessous des derniers cercles. Action des zygomatiques qui tire eu arrière et élève l'angle de la bouche (cette action peut s'^ocier à la précédente.) — 8, Sur la frontale ascendante au-dessous du dernier

mine des réactions motrices complexes, semblables à celles que provoqueraient de fortes excitations sensorielles ; leur destruction est suivie de troubles manifestes de la sensibilité.

8** Dans la vaste région du cerveau qui paraît

cercle. Elévation de l'aile du nez et de la lèvre mpêi'ieure, avec abaissement de la lèvre inférieure, de manière à découvrir les dents canines du côté opposé. — 9 et 10, Sur l'extrémité inférieure de la frontale ascendante, au niveau de l'extrémité postérieure de la 3™» circonvolution frontale. Ouverture de la bouche avec projection au dehors (9) et rétraction de la langue (10). — 11. Du cercle 10 à l'extrémité inférieure de la pariétale ascendante. Rétrnv-

Fig. 11

tion de Vangle oppose de la bouche. — 12, Sur la moitié postérieure des circonvolutions frontales supérieure et moyenne. Les yeux sont yrands ouverts, les pupilles dilatées et les yeux et la tête dirigés du côté opposé. — 13, Les yeux se dirigent du côté opposé avec déviation en haut. — 13, Même mouvement, sauf que les yeux se dirigent en bas ; ces deux mouvements s'accompagnent de contractions pupillaires. — 14. L'oreille opposée se l'elresse, la tête et les yeux se tournent du côté opposé, les pupilles sont très dilatées. — lô, Torsion des lèvres et de la main du même côté.

On n'observe pas de résultats définis ou constants à la suite de l'excitation d'autres portions du cerveau, mais on a remarqué les faits suivants :

Lobes /"rontaux, comprenant tout ce qui est au-devant de 12, et les régions orbitaires frontales inférieures. Résultats généralement négatifs. Dans un cas, l'excitation de la région antéro-frontale était associée à la rotation des yeux du côté opposé. Outre ce mouvement, aucun effet ne fut produit par l'excitation de cette région.

Insula de Reil, Lobe central. Résultats également négatifs. Lobes occipitaux. Leur excitation ne donne lieu à aucun effet appréciable. Circonvolution marginale. Explorée une fois seulement, on trouva que l'excitation de cette circonvolution dans la région pariéto-frontale, donnait

jouer un rôle dans la perception des excitations sensitives, il faut distinguer des régions physiologiquement distinctes, puisque des lésions limitées à certains points peuvent abolir isolément un seul groupe de perceptions, les visuelles, par exemple,

naissance à des mouvements de la tête et des membres, en apparence analogues à ceux qui ont été déjà obtenus par l'excitation des régions correspondantes de la face externe,

Gyrus fornicatui, Corps calleux. Résultats négatifs.

Quelques tentatives ont été faites pour déterminer expérimentalement chez l'homme la topographie de la région excitable du cerveau. Dans un cas d'épithélioma du cuir chevelu et des os du crâne, ayant mis à nu la duremère dans une large étendue, au niveau de l'extrémité postérieure des pariétaux, un chirurgien américain, R. Bartholow, osa enfoncer des électrodes dans la substance cérébrale. Les résultats de cette expérience sont exposés de la façon suivante dans la thèse de De Variguy :

Expérience. I. On pique la dure-mère et le cerveau pour voir si cette irritation mécanique provoque de la douleur ou des mouvements. Pas de résultat.

Expérience. II. On pique dans la dure-mère du côté droit deux aiguilles où l'on fait passer le courant faradique. Mouvements du bras et de la jambe du côté gauche, ainsi que d;i cou. Même phénomène, mais de l'autre côté, lorsqu'on excite la dure-mère du côté gauche.

Expérience III. On introduit une aiguille à travers la dure-mère dans le cerveau (lobe postérieur gauche), l'autre reposant sur la dure-mère sans la traverser. On excite avec le courant faradique : mouvements comme dans la précédente expérience, avec contraction légère de l'orbiculaire des paupières. La malade se plaint d'une sensation très désagréable et de fourmillements dans les deux membres droits : elle frotte vigoureusement son bras droit de la main gauche. On opère de même sur l'hémisphère droit, mêmes effets, mais à gauche.

On augmente le courant : la figure de la malade manifeste une grande angoisse et elle commence à pleurer. Bientôt sa main gauche s'étendit comme pour prendre un objet placé devant elle ; le bras fut agité de spasmes cloniques, les yeux devinrent fixes, les pupilles largement dilatées, les lèvres bleues, l'écume vint à la bouche, la respiration devint stertoreuse, la malade perdit connaissance et eut des convulsions violentes du côté gauche. Celles-ci durèrent cinq minutes et furent suivies de coma. Vingt minutes après la malade revint à elle, se plaignant d'un peu de faiblesse et de vertige.

Expérience IV. La même que la précédente, sauf la dernière partie : mêmes résultats ; mouvements et fourmillements.

Expérience V. Interrompue dès le début : malade pâle , se mouvant difficilement. Le bras l'épaule et le pied droits sont engourdis et présentent des fourmillements ; parésie avec rigidité des muscljes du côté droit du cou. Mouvements rhythmiques de contraction et de relâchement des muscles du bras droit, gagnant l'épaule et le cou, et le tout marche en même temps.

Le lendemain la malade est plus mal encore : paroles absurdes, incohérentes ; convulsions le soir, de cinq minutes environ, du côté droit, puis syncope. Au réveil, paralysie et anesthésie complète de tout le côté droit. La mort survint bientôt.

Autopsie : — Hémisphères enflammés ; couche épaisse de pus sur tout l'hé-

^«-ARTMBNTOFNEUROPATH

— IT- OU les auditives, les autres perceptions sensitivosensorielles ne présentant aucun trouble appréciable (i).

Nous verrons, en étudiant TEpilepsie Jacksonnienne, que ces conclusions fournies par Texpérimentation chez les animaux, concordent absolument avec les données fournies chez Fhomme par Fanatomie pathologique.

misphère gauche. Les aiguilles ont (>énétré à gauche dans le lobule pariétal supérieur, & la profondeur de 25 millimètres, & droite, même circonvolution, à la profondeur de 37 miUimètres.

Sciammana a eu l'occasion de voir un homme chez lequel on pratiqua une trépanation dans la région pariétale droite pour enlever des fragments osseux.

Il a excité la dure-mère dans la partie ainsi découverte, soit avec des excitations unipolaires, soit en plaçant les deux électrodes sur elle. Il reconnut une partie non motrice et une excitable, cette dernière donnant toujours des mouvements identiques dans les yeux, la bouche,«la tête, les membres supérieurs, selon les points excités.

A l'autopsie il put s'assurer que les territoires provoquant ces mouvements, correspondaient à la pariétale et à la frontale ascendantes ou à la temporo-sphénoïdale supérieure, dans des points identiques ou très voisins de ceux indiqués par D. Ferrier, sur le singe.

(1) François Franck et Pitres, Encéphale (Phyëiologie). Dictionnaire encyclopédique des êciences médicales.

DE

L'ÊPILEPSIE JACKSONNIENNE

Déûnition. — Synonymie. — Fréquence.

On désigne sous le nom (X Epilepsiejacksonnienne un syndrome clinique caractérisé par des convulsions limitées soit à toute une moitié du corps, soit circonscrites à une ou plusieurs régions du corps, appartenant toutes à un même côté : le bras, la jambe, la moitié de la face, les muscles du thorax ou de l'abdomen, soit du côté droit, soit du côté gauche, et dans différentes combinaisons. Il peut même se faire qu'elles se limitent à un seul muscle, ou à un groupe de muscles dont les fonctions concourent à des mouvements communs, comme aussi elles peuvent se généraliser et envahir l'autre côté du corps.

L'Épilepsie Jacksonienne porte aussi les |noms d'Épilepsie^^r//W/V, d'Yj'pWt^ÛQ sympathiquCy d'Épilepsie symptomatique, d'Épilepsie hémiplégique^ à^Hémiplégie épileptique temporaire \ H. Jackson lui donne le nom à' Accès épileptif orme unilatéral ou ûvn^XQVciQnxà^ Attaque épileptijormej «seizure»; il l'appelle aussi Convulsion épileptiforme.

Ce nom d'Épilepsie Jacksonienne, comme nous le verrons plus loin, ne veut pas dire qu'Hughlings- Jackson ait décrit le premier cette aff'ection, dont les principaux symptômes avaient été parfaitement notés bien avant lui ; mais c'est lui qui a posé, le premier, les bases de l'étiologie de l'Épilepsie par-

tielle sur le terrain solide, et encore bien inexploré avant lui, de Tanatomie pathologique. C'est en effet en i863 que H. Jackson publia ses premiers travaux sur les relations aui;,unissentrÉpilepsiepartielleavec les lésions çorticaWdu cerveau.

Les cas d'Épilepsie Jacksonienne sont relativement assez rares: Maisonneuve avait bien observé « i3 Épilepsies hémiplégiques pour 84 n^pilepsies générales », sur 97 cas d'accès convulsifs, soit une moyenne de i cas pour 6 1/2 ; Bravais, de son côté, en avait noté bien davantage : sur 1 1 2 cas d'Épilepsie il avait rencontré « 25 Épilepsies hémiplégiques pour 87 Épilepsies générales, » soit une moyenne de 1 cas pour 3 1/2 ; il ajoutait même: « Cette Lpilepsie, très peu connue, pour ne pas dire méconnue, est fréquente. »

Nous pensons cependant que Maisonneuve et Bravais ont été heureux de tomber sur des séries d'Épilepsie hémiplégique, aussi considérables, ou que, de leur temps, cette affection était plus commune qu'aujourd hui, car sur plus de 200 épile^ptiques nous n'avons trouvé jusqu'ici que 3 cas d'Épilepsie Jacksonienne que nous rapportons plus loin.

jQpant à l'influence du sexe sur la production de l'Épilepsie Jacksonienne nous sommes de l'avis de Bravais qui ne savait « si elle était plus commune chez l'homme que chez la femme » ; car sur 140 cas relevés dans différents auteurs il y a eu 75 hommes d'atteints et 65 femmes ; l'écart qui existe entre ces deux chiffres n'est pas assez considérable pour que l'on puisse en tirer une conclusion bien fondée.

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