‹ De l'Épithélioma SublingualChapitre 12 sur 30 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Au point de vue clinique nous avons divisé notre description de la façon suivante : l

Étude du cancer épithélial parti de la muqueuse de la région sublinguale et propagé secondairement aux tissus avoisinants (y compris les glandules salivaires sublinguales).

Étude de l’épithélioma primitif des glandes sublinguales.

Nous suivons le même plan pour l'anatomie pathologique.

Il nous a paru intéressant de rechercher le point de départ de ces tumeurs, cliniquement très difficile à préciser, et de connaître la fréquence proportionnelle de celles qui naissent du plancher buccal ou de celles qui proviennent directement des glandes sublinguales. On ne s’est pour ainsi dire pas occupé de la question et nous sommes loin de penser que nous pourrons l’élucider, l'absence de coupes histologiques détaillées ne nous permettant pas d’être trop aflirmatif.

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Étudions d’abord les cas assez fréquents de l’envahissement secondaire des glandes sublinguales par une néoplasie partie de la muqueuse du plancher de la bouche.

Il s’agit alors d’épithélioma lobulé pavimenteux qui tend à se développer et à envahir les parties voisines. Une zône de tissu embryonnaire plus ou moins développé entoure les productions épithéliales ets’étend fort loin de la tumeur elle-même, dans les interstices musculaires, le long des vaisseaux. Ce tissu embryonnaire n’est que le prodrome en quelque sorte de la véritable tumeur; celle-c1, de nature épithéliale, se développe et bourgeonne dans tous les sens. On voit alors les tissus au contact des colonies épithéliales subir une sorte d’inflammation d’où résulte la production de tissu embryonnaire au niveau duquel se développent progressivement des bourgeons épithéliaux.

Les glandes sublinguales se laissent pénétrer par ces boyaux épithéliaux, de telle sorte que leurs éléments serrés et comprimés peuvent finir par disparaître ou bien subissent une inflammation apparente, due à l'irritation causée par la présence de la tumeur; la surface extérieure de leurs acini, au contact des éléments néoplasiques, sent très nettement des modifications anatomiques, en corrélation avec ce fait. :

Voici un exemple typique d’épithélioma de la muqueuse buccale propagé aux glandes salivaires sublinguales.

O8s. 1 — « Epithélioma pavimenteux lobulé du plancher de la bouche ayant envahi les ganglions de la

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région et les glandes sublinguales. » (Fait par

M. Suchard à la Pitié !.)

La tumeur est constituée par un tissu grisâtre paraissant formé de lobes et de lobules représentant assez bien des ganglions lymphatiques et des glandes modifiées, En pratiquant des coupes de ces masses, on reconnaît facilement que l’une d'entre elles est constituée par un ganglion très hypertrophié dont le tissu est complètement modifié. L'examen histologique prouve que ce ganglion est manifestement envahi par un épithélioma dont le point de départ sera indiqué tout à l'heure. En d’autres points de la tumeur, on retrouve des portions des glandes sublinguales dont le tissu conjonctif interstitiel présente des lésions inflammatoires très avancées; malgré cela, les cellules glandulaires proprement dites se reconnaissent très facilement. Dans une des glandes rapprochées de la surface de la muqueuse, on voit pénétrer dans les culs-de-sac glandulaires un boyau épithélial très apparent, constitué par des cellules pavimenteuses tassées les unes contre les autres. Le point de départ de ce boyau est facile à retrouver au niveau du revêtement épithélial de la muqueuse du plancher de la bouche, revêtement avec lequel 1l se continue sans aucune ligne de démarcation. En examinant la muqueuse buccale, aux environs de ce boyau et en d’autres points de son étendue, enlevés pendant le cours de l’opération, il est facile de retrouver, partant de l’épithélium de cette muqueuse, un très grand nombre de lobules épithéliaux qui descendent dans l’intérieur des tissus sous-jacents de la façon indiquée

ci-dessus.

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