‹ De l'Épithélioma SublingualChapitre 16 sur 30 · RO · texte numérisé non relu

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La récidive à la suite d'opération incomplète est done la règle invariable; c’est plutôt la continuation de la marche du mal qu’une récidive à proprement parler. Aussi Verneuil a-t-1il insisté sur cette obligation où se trouve le chirurgien « de n’avoir aucune confiance dans les opérations prétendues simples. Il faut que le chirurgien se rappelle toujours que l’épithélioma se développe dans ces trois foyers, lingual, buccal, ganglionnaire, et que pour avoir les meilleures chances de se mettre à l'abri des récidives, il faut détruire ces trois foyers. »

L'ablation des ganglions voisins de la tumeur est absolument nécessaire.

Maintenant se pose la question très importante des indications et des contre-indications ; pour les discuter, nous diviserons la marche de l’épithélioma sublingual en trois périodes. |

Sans vouloir donner une règle trop absolue, nous croyons que les difficultés du diagnostic dans la première période ne permettront pas d'emblée une intervention énergique. 51 la nature de la tumeur peut être immédiatement reconnue, il faut se hâter d'opérer.

Mais quand les douleurs ont apparu, si l’ulcération est nette et étendue, que les ganglions soient ou ne soient pas engorgés, l'indication est formelle : 1l faut opérer le plus largement et le plus rapidement possible.

Enfin, l’envahissement néoplasique à gagné non seulement les ganglions sous-maxillaires, mais encore les carotidiens ou les sous-claviculaires ; le maxillaire inférieur est envahi; il est trop tard; et, à moins de

SES 1 Res

circonstances spéciales qui peuvent influencer le chirur-

gien, ce dernier doit s'abstenir, c’est son devoir. Nous divisérons les procédés divers en deux grands

groupes : j ;

1° Voie buccale ou directe ; 20 Voie artificielle ou indirecte.

I. — De la voie buccale nous dirons peu de choses ; il nous semble qu’elle ne peut convenir qu'à des petites tumeurs limitées et non aux néoplasmes que nous avons en vue, c'est-à-dire aux tumeurs étendues du plancher buccal et des sublinguales. Cette méthode (Whitehead), que nous ne décrirons pas, a pourtant donné de bons résultats.

La cautérisation, si en vogue au siècle dernier et encore employée quelquefois maintenant pour les cancroïdes de la face, doit être absolument rejetée; elle active plutôt qu’elle ne ralentit la marche de la maladie. L'excision simple de la tumeur, soit par l’écraseur Hinéaire, le thermocautère ou le galvanocautère, est toujours insuffisante; car nous avons vu que pour obtenir de bons résultats 1l faut savoir dès le début faire de larges sacrifices et enlever beaucoup plus loin que la tumeur elle-même.

Aussi n’y a-t-il de procédés vraiment utiles que ceux qui permettent, par un accès facile dans la cavité buccale, d'enlever non seulement les parties cancéreuses, mais les tissus voisins paraissant sains.

II. — La voie artificielle qui se crée un chemin à travers les tissus pour arriver sur les parties dégénérées,

Poe est la seule dont nous nous occuperons avec détail. « Elle seule, dit Kocher, peut assurer un nettoyage complet du plancher buccal et permettre, en présence d’une lésion même minime, d’aller à la recherche des ganglions dont la moindre parcelle dégénérée suffira à elle seule pour assurer la récidive. »

Plusieurs des procédés que nous allons citer s’appliquent surtout aux tumeurs de la langue mais peuvent aussi, le cas échéant, permettre l’ablation des sublinguales et du plancher buccal.

Nous ne citerons que pour mémoire le procédé de Jaeger qui consiste à fendre largement la joue depuis la commissure labiale jusqu’au bord antérieur du masséter. Voici la technique résumée des autres procédés ordinairement employés.

Incision en T dela région sus-hyoïdienne.

PROCÉDÉ DE REGNOLI

Regnoli commençait par faire aux téguments de la partie antérieure du cou, une incision médiane partant de la symphyse mentonnière pour aboutir à l'os hyoïde. Une autre incision perpendiculaire à la première, coupait celle-ci à son sommet et s’étendait du bord antérieur du masséter à celui du côté opposé en longeant le bord inférieur de la mâchoire. Les deux lambeaux tégumentaires disséqués et renversés de haut en bas, l'opérateur plongeait un bistouri de bas en haut, immédiatement derrière la symphyse du menton. Il coupait ainsi les insertions musculaires du maxillaire inférieur :

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