‹ De l'Épithélioma SublingualChapitre 20 sur 30 · DU CHOIX DU PROCÉDÉ · texte numérisé non relu

DU CHOIX DU PROCÉDÉ

Le procédé de Whitehead a de réels avantages dans les cas d'épithéliomas très limités du plancher buccal, mais seulement dans ce cas, caril ne permet pas le nettoyage complet du plancher; de plus, il réduit à de très faibles proportions l’hémorrhagie « cette bête noire des chirurgens», ainsi que le dit Whitehead qui prétend avoir opéré quelquefois, sans lier aucun vaisseau. Il nous semble que ce procédé peut être mis en pratique dans les cas d'opération palliative, destinée simplement à atténuer les hémorrhagies, les douleurs et l’empoisonnement putride dans un néoplasme diffus. Nous l’emploierons peu.

Le procédé de Regnoli semble donner beaucoup de jour à l'opérateur, mais 1l détermine de très grands délabrements et détermine une vaste hémorrhagie qui, pendant toute l'opération, crée pour le malade une menace constante d’asphyxie. De plus, d’après Loison, 1l semblerait que cette opération prédispose à la pneumonie infectieuse.

Le procédé Roux-Sédillot est une combinaison du précédent avec la section médiane du maxillaire inférieur. L'agrandissement considérable du champ opératoire par cette manœuvre permet le nettoyage complet du plancher buccal et serait une des meilleures opérations pour empêcher la récidive locale sans les complications post-opératoires. La consolidation osseuse est

RE lente, très difficile, quelquefois même impossible, malgré les modifications qu'on y a apportées au point de vue de la section osseuse. Cette opération présente cependant de réels avantages confirmés par quelques bons résultats.

Les divers procédés dont la technique consiste en des resections soit totales, soit partielles, définitives ou temporaires du maxillaire inférieur, constituent de véritables délabrements et ne doivent être employées que lorsque l'os est lui-même envahi par la néoplasie. Les appareils prothétiques, les sutures osseuses indispensables après l'opération ne donnent jamais les résultats désirables. Et, si l'on ne fait pas cas de la complication du manuél opératoire, l'extrême lenteur de la guérison doit les faire rejeter, sauf dans les cas de nécessité. |

Le procédé de Verneuil permet au chirurgien d’enlever tout le mal sans graves dangers ; 1l est d’une exécution facile et peut d’ailleurs dans certains cas être combiné à d’autres procédés.

L'opération par la voie trans-hyoïdienne (Vallas et Siraud) a donné d'excellents résultats dans les cas de cancer de la langue. (Voir Thèse d'Oullier, 1897.)

On ne l’a pas encore employée pour les néoplasies sublinguales, mais 1l nous semble que ce serait l’opération de choix, lorsque la propagation se serait faite à la base de la langue, et quand, avec le plancher buccal, on est forcé d'extraire une partie de la langue.

En résumé, nous dirons que le procédé de Whitehead doit être employé dans les cas de néoplasies au début ou Limitées aux sublinguales d’une part ; dans

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les vastes épithéliomas dont on veut seulement retarder l'issue fatale sans faire une grave opération, d'autre” part.

Les procédés de Regnoli, Roux-Sedillot, Verneuil ont donné quelques bons résultats car ils permettent l’évidement assez complet du plancher et l'extraction des ganglions voisins. Nous les emploierons donc pour les épithéliomas diffus sans retentissement ganglionnaire trop éloigné.

Quant aux opérations avec résection parüelle ou totale du maxillaire inférieur, nous les emploierons le plus rarement possible à cause des complications et des inconvénients post-opératoires.

La voie sus-hyoïdienne médiane ou trans-hyoïdienne a eu ses Indications énoncées plus haut, et si nous en jugeons par les résultats d'Oullier pour la langue nous pouvons admettre, sans preuves à l’appui malheureusement, que ce serait une opération de choix dans certains cas.

« Certaines de ces opérations donnent une survie telle qu'on peut la considérer comme une guérison, dit Verneuil. » Mais 1l ne faut pas se laisser aller au mirage des espérances improbables et les vastes cancers du plancher, qui s’accompagnent de ganglions le long de la carotide, ne fournissent matière qu’à une triste chirurgie. La mort par le collapsus, l’asphyxie, la récidive rapide, voilà le sort de ces opérés.

« L’espérance de rendre une vie moins navrante, de donner pendant un certain temps quelques illusions au malade, peut décider le chirurgien à opérer, autant que la chaîne carotidienne n’est pas prise. Mais l’inter-

PRES vention est illégitime, immorale même quand l’état général est considérablement affaibli et nous pourrons dire à Wôlfler, qui considère comme résultat « relativement heureux » dans ces cas, une mort plus prompte pour l’opéré, que si le chirurgien a la belle mission de soulager l'humanité, il n’a ni le devoir, ni le droit de lui supprimer une existence, si navrante, si amère fûtelle !

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