‹ De l'Épithélioma SublingualChapitre 21 sur 30 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I (tirée de la thèse de Margnat).

Au n° 61 de la salle Saint-Louis à la Pitié est couché le nommé D... Cet homme, âgé de 65 ans, est un vieillard pâle, amaigri. Il est entré pour se faire traiter un épithélioma des deux glandes sublinquales qui a gagné une partie du plancher buccal, le bord alvéolaire du maxillaire et la lèvre correspondante. Ce malade n’a pu nous fixer la date exacte du début de l'affection. Interrogé dans ce sens, il nous a répondu que son mal a commencé il y a quelque temps par une petite fumeur sublinquale et que depuis il a vu un très grand nombre de médecins qui lui ont refusé toute opération. Chez ce malade les douleurs sont peu vives; la mastication se fait d’une manière très incomplète. Seuls les aliments liquides sont ingérés. La salivation est incessante. La lèvre inférieure et la commissure labiale droite et une partie de la joue ont été envahies par du tissu épithélial ulcéré et bourgeonnant, duquel s'échappe une sanie fétide mêlée à de la salive. Le bord alvéolaire du maxillaire inférieur a été atteint par ce tissu morbide, Sion

écarte les deux mâchoires, on aperçoit deux tumeurs nette- M. Huweerr. — De l'Épithélioma sublingual. 4

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ment limitées, dures au toucher, reposant sur le plancher buccal en arrière du corps de l'os maxillaire et sous la langue qu'elles refoulent en haut. Verneuil refuse toute

intervention.

OBSERVATION Il (ibid).

Jacques T..; charpentier, est rentré à l'hôpital le

27 décembre 1876 où 1il a été admis dans le service de Verneuil. Ce malade, assez bien constitué, a Joui jusqu’à présent d’une assez bonne santé. Il est venu à l’hôpital pour se faire traiter une petite {umeur sublingquale qu'il porte depuis un certain temps. Cette grosseur ne l'aurait inquiété que vers le mois de juillet 1876. A cette époque, en effet, sa tumeur avait pris le volume d’un gros pois et lui occasionnait des douleurs tellement vives qu'il n’osait prendre sa nourriture. Le patient est pâle, ses traits sont étirés, sa physionomie est celle d’un individu qui a souffert pendant longtemps. Il parle en zézayant un peu. La tumeur est située sous la langue, sur la partie latérale droite du plancher de la bouche et du frein de la langue, en dedans de la partie moyenne du corps du maxillaire inférieur, en un mot au lieu anatomique exact de la glande sublinguale. Elle ne présente à sa surface aucune ulcération, elle soulève un peu le côté correspondant de la langue et, quoique contiguë à cet organe, elle ne l’intéresse point; sa couleur est la même que celles des parties voisines. En introduisant le doigt indicateur dans la cavité buccale, on sent une tumeur assez dure, douloureuse au toucher, un peu bosselée et reposant sur une base indurée; on ne peut point la sentir par la région sus-hyoïdienne; les ganglions ne sont point engorgés. Le malade est opéré, méthode de Verneuil. Au bout de quelque temps on craint la récidive de l’épithélioma.

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OBSERVATION III (in Capmas).

Charles D..., âgé de 68 ans, est admis à l’hôpital pour une tumeur du plancher de la bouche. Cette tumeur avait été remarquée par le malade la prémière fois en 1863 et était d’abord restée stationnaire; mais la deuxième année la douleur est devenue plus violente et inquiétante; la mastication et la déglutition sont difficiles.

Effrayé des progrès du mal et ne pouvant plus supporter les douleurs lancinantes qui accompagnent l’ingestion des aliments et le privent de tout sommeil, le malade vient réclamer une opération dont il espère un résultat favorable.

A l'examen de la tumeur, la mâchoire étant fortement écartée, on voit sur le côté gauche du plancher buccal une saillie ovoide qui soulève un peu le côté correspondant de la langue et qui ne présente à sa surface aucune trace d’ulcération. En introduisant le doigt dans la bouche, on sent une petite tumeur dure, lisse, à contours nettement dessinés, à base large et dont le siège paraît être dans la glande sublinguale gauche. Tillaux diagnostique un cancroïde de la sublinguale gauche.

Le malade subit l'opération de Roux-Sédillot (section médiane du maxillaire inférieur) qui réussit assez bien. La consolidation seulement n'eut lieu qu’au bout de six mois. Un an après le malade ne souffre plus, mange et boit sans peine. Pas de récidive. En plongeant le doigt à l’endroit où était la tumeur, on sent une petite cavité régulière à la place de la glande sublinguale.

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