OBSERVATION XIII
(inédite, résumée, due à l’obligeance de M. le professeur agrégé Bérard).
Césarine J..., 48 ans. Érysipèles fréquents. Entre à l'hôpital pour une tumeur occupant la partie droite du plancher buccal et ayant envahi la langue. Cette tumeur a débuté par une grosseur siégeant sur le plancher buccal, près du sillon qui le sépare de la langue. Induration. Pas d’engorgements ganglionnaires bien nets. On diagnostique un épithélioma du plancher de la bouche.
Opération (M. Bérard) par la voie buccale. Ligature préventive de la linguale droite. Ablation de la moitié droite du plancher buccal et de la partie secondairement atteinte de la langue. Suture aux fils métalliques.
La malade part un mois après, guérie. Seule une petite fistule sous-maxillaire n’est pas tout à fait cicatrisée.
M. le docteur Vidal, de Grasse, a eu l’amabilité de nous envoyer des nouvelles de l’opérée. Les voici résumées : État de la bouché satisfaisant. La cicatrice qui unit le bord de la langue au plancher lui laisse assez de mobilité. Il existe encore un peu d'induration au niveau du plancher de la bouche; aucune trace d'ulcération. Phonation bien conservée. La cicatrice sous-maxillaire est fermée. Pas de ganglions. État général parfait. :
OBSERVATION XIV (inédite, due à l’obligeance de M. le professeur agrégé
Bérard).
X..., 50 ans. Antécédents : père mort de paralysie ; mère morte de vieillesse. Frères et sœurs se portent bien.
Pas d’antécédents personnels : ni syphilis, ni tuberculose, ni impaludisme.
Début : très mauvaise dentition: il y a deux mois, fortes douleurs dentaires. Le malade ne prend aucun soin de sa bouche ; il fume beaucoup. |
À ce moment il se plaignit d’une douleur au-dessous de la langue, sur le plancher de la bouche, de chaque côté du frein. On découvre alors la tumeur actuelle.
Actuellement. 11 éprouve une sensation de brûlure aux lèvres et à l'extrémité de la langue, sensation beaucoup plus pénible la nuit que le jour. Salivation abondante. Parole moins facile qu'’autrefois. Aucune douleur du côté de l'oreille.
A l'inspection, on voit sur le plancher de la bouche, en arrière des gencives, une petite tumeur mamelonnée rouge, occupant tout l’espace compris entre les deux premières grosses molaires droite et gauche d’une part, la langue et la face postérieure des gencives d'autre part.
A la palpation, qui est douloureuse surtout à droite, où est le point de départ de l'affection, on a la même impression de saillie mamelonnée, de consistance élastique. La tumeur est intimement liée au maxillaire inférieur sur une longueur de 5 centimètres. Ganglions à peine perceptibles; pas indurés et indolores. — Diagnostic : carceimome du plancher buccal. Urines : ni sucre, ni albumine.
5 janvier 1898. — Opération (M. Bérard). Incision transversale sus-hyoïdienne. Ablation des deux glandes sousmaxillaires. Extirpation de fragments musculaires envahis. Curage de la loge sus-hyoïdienne; ligature des deux linguales pour parer à l’hémorrhagie qui est abondante. Ablation large du plancher buccal et d'une petite portion de la partie antérieure de la base de la langue.
Dégagement du maxillaire inférieur sur une longueur de