‹ De l'épithélium pulmonaireChapitre 8 sur 10 · MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

MAMMIFÈRES

Pour bien étudier l’épithélium pulmonaire des mammifères, il faut suivre le poumon dans le cours de son développement. Ses premiers rudiments se montrent très-tôt, sous la forme d’un bourgeon creux , implanté sur la partie supérieure du canal digestif (Remak). Quelques auteurs n’admettent pas ce premier état transitoire et disent qu’il existe dès le début deux vésicules (Bær). Cette disposition a été surtout vue sur l’embryon du poulet; Bischoff en a vu une semblable sur un embryon de chien. Coste et Kolliker font également constatée sur un embryon humain de quatre semaines.

Remak fit déjà voir que ces rudiments de poumon se composent des deux mêmes couches que la paroi intestinale, c’est-à-dire d’une membrane fibreuse et d’un revêtement épithélial interne (tuniques vasculaire et muqueuse de Bær).

Kolliker constate également une couche externe épaisse formée de cellules arrondies et de fibres en voie de formation, et une couche interne, moins épaisse, de nature épithéliale.

Le développement subséquent se fait de la manière suivante : tandis que la couche fibreuse continue à proliférer, la couche épithéliale pousse des bourgeons, qui, se multipliant rapidement, forment bientôt dans chaque poumon un arbre creux, à ramifications nombreuses,

dont les extrémités sont renflées en massue. Il ne faut pas confondre ces renflements, que Kôlliker appelle des vésicules glandulaires primitives, avec les véritables cellules aériennes, qui ne paraissent qu’au sixième mois, arrivent à l’état parfait vers la fin de la grossesse et représentent le dernier terme du travail de bourgeonnement.

Tous les auteurs admettent l’épithélium pulmonaire chez l’embryon. Mais on peut objecter avec raison que, si les véritables vésicules aériennes n’existent pas encore, on n’a affaire qu’aux extrémités dilatées des bronches. Cependant on constate déjà à cette époque une différence notable, suivant que la coupe porte sur un rameau principal ou sur l’extrémité d’une ramification terminale. Dans le premier cas, les cellules sont manifestement cylindriques et pourvues de cils vibratiles; dans le second cas, elles sont aplaties, polygonales ou irrégulièrement ovoïdes, avec un gros noyau qui remplit une grande partie de la cellule (fig. 10).

Sur des fœtus d’animaux, examinés immédiatement après la mort, nous avons pu isoler, sous forme de coque, le revêtement des culsde-sac terminaux, en pressant légèrement sur la plaque qui recouvre la préparation. Nous l’avons encore vu très-nettement sur des poumons de fœtus humains de quatre à six mois. Lorsqu’on fait durcir ces poumons dans l’alcool et l’acide chromique, on peut y pratiquer des coupes très-fines, qu’on examine dans la glycérine ou l’eau sucrée pour les rendre plus transparentes.

Le nitrate d’argent ne nous a pas donné de bons résultats sur les poumons de fœtus. Les cellules sont d’ailleurs si faciles à voir sur des poumons frais ou durcis dans l'acide chromique que toute autre préparation devient inutile.

Nous n’avons pas eu l’occasion d’examiner un fœtus à terme pour voir les changements que l’épithélium subit à cette époque.

Chez les mammifères nouveau-nés ou adultes, la structure du poumon se complique davantage, et la disposition de l’épithélium se voit plus difficilement.

En examinant le parenchyme pulmonaire frais par n'importe quel procédé, même en raclant simplement sa surface, il n’y a rien de plus facile à voir que des cellules épithéliales pavimenteuses, isolées ou réunies par groupes de deux ou trois et disséminées irrégulièrement dans les alvéoles. Ce fait brut est reconnu par tous les observateurs.

Aussi longtemps qu’on croyait les bronches tapissées dans toute leur étendue par un épithélium cylindrique vibratile, il était tout naturel de placer les cellules pavimenteuses dans les alvéoles. Mais lorsqu’on eut démontré que les dernières ramifications bronchiques possèdent un épithélium pavimenteux, l’incertitude et les discussions commencèrent.

Ceux qui pensent que l’épithélium alvéolaire ne doit pas exister, et qui ont cependant vu des cellules épithéliales dans les alvéoles, déclarent carrément qu’elles y sont tombées des bronches (Mandl, Deichler, Henle).

D’autres supposent que ces cellules ne sont que les restes d’un épithélium complet, qui s’est en partie détaché sous l'influence des manœuvres auxquelles le poumon a été soumis. Nous remarquons en effet que les partisans de l’épithélium régulier et complet avouent presque tous qu’ils n’ont vu que des lambeaux d’épithélium, mais pas une alvéole munie d’un revêtement uniforme et entier.

D’autres enfin , se bornant à décrire ce qu’ils ont constaté, admettent un épithélium incomplet, laissant les capillaires à nu et directement exposés à l’air (Eberth , Hertz , Arnold etc.).

Un nouveau moyen d’exploration suffit pour rectifier et compléter ces données. Nous arrivons de cette façon aux résultats qui servent de base à nos conclusions : épithélium complet, formé de deux espèces de cellules, les unes plus petites, constatées par tout le monde; les autres plus grandes, transparentes et à peu près invisibles sans le nitrate d’argent.

Nous avons examiné les poumons de plusieurs espèces de mammifères, de carnivores (chai), d’herbivores (veau, lapin) et d’omnivores

(porc), en employant tour à tour différents procédés, avant d’arriver à un résultat satisfaisant. L’injection des bronches ou des vaisseaux avec de la gélatine nous a paru altérer l’épithélium et même le décoller en partie. Sur les poumons durcis dans l’acide chromique on constate assez facilement les petites cellules épithéliales disséminées dans les alvéoles, mais il est impossible de voir leurs rapports exacts, et si on se bornait à cet examen on admettrait un épithélium interrompu , comme Eberth et ses partisans.

Le nitrate d’argent donne seul des préparations nettes; et l’on obtient encore les meilleurs résultats parle procédé d’Elenz, consistant dans l’injection d’une solution argentique dans la trachée.

Parmi les différents animaux, le chat, et surtout le jeune chat, se prête le mieux à cette étude. Le poumon de cet animal présente en effet plusieurs avantages : 1° il est assez petit pour pouvoir être manié facilement, ce qui n’a pas heu pour le poumon du veau ou du porc, où l’on arrive difficilement à une injection complète; 2° ses différents lobes sont indépendants, de sorte qu’on peut les injecter isolément; 3° les alvéoles sont assez grands pour qu’on puisse voir nettement la disposition de l’épithélium dans leur fond; et enfin 4° la plèvre est épaisse, dense et ne laisse pas transsuder l’injection, de sorte que le poumon reste bien distendu.

Avec une solution au 1/500, la coloration se fait assez rapidement pour qu’on puisse faire des préparations une heure après la mort de l’animal. Pour conserver le poumon et pouvoir de nouveau l’examiner plus tard, on n’a qu’à le placer dans l’alcool; les cellules épithéliales, stéréotypées par l’argent qui s’est précipité à leur surface, ne peuvent plus s’altérer.

Chez tous les mammifères que nous avons examinés, l’épithélium nous a présenté la même disposition générale. Nous ne l’avons qu’entrevu chez l’homme, dont nous ne pouvions nous procurer le poumon que vingt-quatre heures après la mort, temps plus que suffisant pour altérer les cellules et empêcher la réaction du nitrate d’argent. Reck-

linghausen a, du reste, déjà constaté que le nitrate d’argent n’a plus une action nette sur les cellules, quand il s’est écoulé un certain temps depuis la mort.

Pour avoir des préparations bien régulières et éviter en même temps de prendre des sections de bronches pour des alvéoles, il faut faire des coupes superficielles, parallèlement à la surface pleurale, de façon à abraser les vésicules terminales. On étale ces coupes, la face profonde en haut, et on les traite par une goutte de glycérine pour les rendre plus transparentes. Ordinairement les cellules de la plèvre ne sont pas colorées, mais on peut traiter également la surface pleurale par le nitrate d’argent, et enlever alors la plèvre par arrachement, ce qui se fait assez facilement sur le chat, où celte membrane est très-résistante. Après avoir constaté qu’elle est formée de cellules aplaties , irrégulières, à bords ondulés, on fait une coupe à l’endroit même où l’on vient de l’enlever, de façon à rendre impossible la confusion entre les cellules pleurales et alvéolaires.

Pour faire les 'coupes, on peut se servir simplement de ciseaux courbes, mais avec un peu d’habitude on en obtient des lambeaux plus réguliers et plus étendus à l’aide du rasoir, surtout quand le poumon a séjourné pendant quelque temps dans l’alcool et a acquis une certaine résistance.

En examinant une pareille préparation, provenant du poumon d’un jeune chat que nous allons prendre pour terme de comparaison, on aperçoit le fond des alvéoles. superficiels placés tous sur un même plan et circonscrits par des trabécules de fibres élastiques (fig. 8). Ces alvéoles sont assez régulièrement arrondis et mesurent en moyenne 0mm,06 à Omm,ll. Dans chacun d’eux on voit six à douze groupes de petites cellules épithéliales, réunies le plus souvent au nombre de deux, quelquefois isolées, d’autres fois agglomérées au nombre de trois, cinq, six et plus. Elles sont colorées en brun par le nitrate d’argent, mais leur noyau est encore assez distinct, et remplit près des deux tiers de la cellule. Leur forme est ovoïde, mais lorsqu’elles sont

réunies en groupes, elles s’aplatissent les unes contre les autres et deviennent polygonales. Elles mesurent 0mm, 010 à 0mm,012. Elles sont disséminées aussi bien dans le fond des alvéoles que sur les cloisons inleralvéolaires, où on les voit de profil sous forme d’un ménisque plan convexe assez épais. Elles paraissent du reste être très-élastiques, et se prêtent parfaitement à tous les changements de forme, suivant que les capillaires ou les vésicules sont plus ou moins distendus. Comme forme et comme grandeur elles présentent beaucoup d’analogie avec les cellules des tubes urinifères. D’après Eberth elles seraient séparées les unes des autres par de petites fentes. Nous avons toujours vu que les cellules d’un même groupe étaient exactement accolées. La disposition indiquée par Eberth ne peut être que le résultat d’une illusion d’optique, provenant de ce que la membrane de la cellule et son contenu réfractent inégalement la lumière.

Les différents groupes de cellules sont réunis par des lignes noires, un peu ondulées, qui circonscrivent des espaces transparents, de forme irrégulière et de grandeur variable. On en voit qui dépassent à peine les cellules épithéliales ordinaires, d’autres atteignent jusqu a 0mm,05 et 0mm,06 de diamètre, en moyenne ils mesurent 0mm,03. Ces espèces de plaques sont complètement transparentes, aplaties, sans noyau ni contenu granuleux, et à peu près invisibles sans le nitrate d’argent. Cependant nous les avons vues sur le poumon d’un enfant de quinze jours, examiné peu d’heures après la mort. On les obtenait en assez grand nombre, mais isolées, en raclant le parenchyme pulmonaire. Au milieu de cellules épithéliales ordinaires cylindriques et pavimenteuses , de globules de sang et de fibres élastiques, on voyait nager de grandes plaques irrégulières, transparentes, sans contenu, ressemblant assez pour la forme et la grandeur aux cellules épithéliales de la bouche.

Le seul, à notre connaissance, qui ait vu et décrit l’épithélium alvéolaire comme nous, est encore Elenz , avec lequel nous nous sommes trouvé d’accord dans tout le cours de ce travail. Cet observateur a en

outre remarqué que les petites cellules sont presque toujours placées dans les mailles des capillaires, qu’elles remplissent quelquefois complètement. Nous avons pu faire la même observation en quelques endroits de nos préparations, mais le plus souvent les capillaires restent invisibles, ce qui tient à la glycérine, qui rend tout à fait transparentes les parties non imprégnées par le nitrate d’argent.

Il va sans dire que l’on constate la même disposition sur des coupes faites au milieu du parenchyme pulmonaire. Mais comme les alvéoles ne sont pas sur le même plan , et que le plus souvent on n’obtient qu’une coupe des cloisons, les préparations ne sont jamais aussi régulières que lorsqu’on fait une coupe superficielle.

La membrane qui résulte de la réunion des grandes plaques épithéliales passe par dessus le bord libre des cloisons alvéolaires et se moule sur toutes les anfractuosités. Son extrême ténuité fait comprendre comment elle peut suivre les capillaires qui font saillie dans les alvéoles, et se prêter en un mot à tous les changements de forme qu’entraînent la circulation et la respiration dans un organe aussi mobile que le poumon. Cette extrême mobilité ne peut pas être un argument contre la présence de l’épithélium; sur d’autres organes, par exemple sur l’iris, qui est constamment en mouvement, nous voyons également un revêtement épithélial.

Nous n’avons pas pu nous procurer un embryon de chat, sur lequel nous aurions voulu voir la manière dont s’effectue la transformation de l’épithélium. Elle est décrite par Elenz : « Chez l’embryon du chat « on trouve un épithélium simple et uniforme, composé de petites cel- « Iules arrondies avec un noyau. Cet épithélium se transforme dans la « suite. Quelques cellules s’étendent en largeur, s’aplatissent et perdent « leur noyau, tandis que les autres restent telles quelles et se réunissent « par groupes. Je ne puis indiquer l’époque à laquelle se fait ce chan- «gement. J’ai vu les deux espèces de cellules sur des chats presque à «terme, et cet état ne pouvait exister depuis longtemps, puisqu’on « voyait encore l’épithélium primitif et uniforme au bord des alvéoles,

« et que les cellules des îlots étaient encore arrondies et les cellules « aplaties assez petites. Sur des embryons longs de 8 centimètres , je «n’ai trouvé qu’un épithélium uniforme.»

On voit qu’il existe une grande analogie entre l’épithélium du chat nouveau-né et celui des reptiles. Des deux côtés nous avons des groupes de petites cellules séparés par des cellules plus grandes. Seulement chez le chat les groupes se composent d’un plus petit nombre de cellules et les espaces qui les séparent sont formés par des cellules plus étendues, plus irrégulières, de véritables plaques membraneuses.

En examinant le poumon d’un chat adulte, on ne trouve plus une disposition aussi régulière. On voit encore les groupes de petites cellules, et surtout beaucoup de cellules isolées, mais les grandes cellules se sont étalées davantage et sont devenues plus irrégulières. Quelquefois on rencontre de petites cellules isolées, d’où l’on ne voit partir qu’une seule ligne noire et qui sont comme attachées à une petite tige (fig. 9). On pourrait en conclure que les grandes cellules peuvent se fusionner assez intimement pour que le nitrate d’argent n’indique plusieurs contours primitifs. Ces cellules se sont en partie transformées en une véritable membrane amorphe.

Pour terminer cette étude, nous avions formé le projet d’étudier le poumon de l’oiseau. Ici l’appareil respiratoire se perfectionne et se complique davantage.

Les contradictions des différents auteurs deviennent un véritable chaos, et jusqu’à ce moment nous avons fait de vains efforts pour chercher à le débrouiller.

Rainey et Zenker ont prétendu que les plus fines cavités aériennes des oiseaux sont trop petites pour contenir une seule cellule épithéliale.

Nous ferons seulement remarquer qu’un épithélium , tel que nous l’avons trouvé chez les mammifères adultes, c’est-à-dire une membrane très-tenue, parsemée de cellules assez rares, peut se placer dans n’importe quelle cavité. Le même raisonnement s’applique au

poumon de la souris et d’autres petits mammifères, dont les alvéoles ne mesurent quelquefois que 0mm,02.

Nous allons, pour finir, examiner les différentes objections qu’on a faites aux partisans de l’épithélium pulmonaire et les & sources de l’erreur » indiquées par Henle.

a) Corpuscules pyoïdes ou granuleux pris pour des cellules épithéliales.

Si l’on admet que ces corpuscules ne sont que des transformations des cellules épithéliales, il est évident qu’il doit y avoir un moment où la distinction est difficile et même impossible; mais évidemment cela ne peut arriver que sur un poumon malade, et la première condition pour faire de l’anatomie normale est d’étudier un organe sain. Si Addison a trouvé les cellules irrégulières et quelquefois à plusieurs noyaux , si Reinhardt et Virchow y ont constaté souvent la dégénérescence graisseuse, il n’y a rien qui doive nous étonner, et nous ne comprenons pas que Henle en ait tiré un argument en faveur de sa théorie.

b) Coupes de bronches prises pour des alvéoles.

C’est le reproche qu’on a fait à ceux qui admettent un épithélium régulier et complet et en particulier à Kôlliker, pour le dessin qu’il donne dans son histologie. Nous avons vu plus haut que ce dessin ne signifie rien et n’a pas même l’excuse d’être schématique. On se met du reste à l’abri de cette cause d’erreur en faisant des coupes superficielles de façon à n’intéresser que les alvéoles sous-pleuraux.

c) Noyaux de capillaires pris pour des noyaux de cellules épithéliales.

La distinction entre ces deux espèces de noyaux est assez facile, les premiers étant fusiformes et plus petits que les seconds. La confusion n’a du reste pas grande importance, du moment qu’on voit les contours des cellules épithéliales à l’aide du nitrate d’argent.

d) Noyaux des parois alvéolaires pris pour des noyaux de cellules épithéliales.

Cette confusion, indiquée par Henle, est selon lui la source la plus féconde des erreurs. Nous sommes en droit de retourner cet argument contre son auteur. Les noyaux ronds ou ovales qu’il place avec tant de régularité, d’après des préparations du professeur Müller, dans les mailles du réseau capillaire, ressemblent beaucoup plus par leur forme et leur grandeur à des noyaux de cellules épithéliales qu’à des corpuscules plasmatiques. Ici du reste, comme en d’autres endroits, Henle ne fait partager son opinion qu’à ceux qui se bornent à le copier. Tous les bons observateurs, et entre autres Deichler, qui nie cependant l’épithélium alvéolaire, disent que le tissu conjonctif est très-rare dans les parois alvéolaires, et ne contient que peu de noyaux difficiles à voir. Beaucoup d’auteurs, entre autres M. Morel, admettent même que les cellules plasmatiques n’existent pas dans les cloisons des alvéoles. Tout au plus pourrait-on supposer avec M. Villemin que ces noyaux sont « des corpuscules particuliers jouant un rôle spécial...» Mais sur quoi baser cette hypothèse ? Pourquoi faire des conjectures quand un fait s’explique tout naturellement?

Henle distingue du reste parfaitement les noyaux des capillaires qui sont allongés et fusiformes, des noyaux précédents qui sont plus gros et arrondis.

Dans tous les cas, l’imprégnation au nitrate d’argent, démontrant Périthélium par les contours des cellules, et non pas par leurs noyaux, nous met hors de cause.

e) Saillies des capillaires prises pour des cellules épithéliales.

Cette erreur est effectivement assez facile à commettre quand on examine le poumon frais, mais on l’évite par l’injection des vaisseaux, et beaucoup plus simplement par le nitrate d’argent, auquel nous sommes constamment forcé de revenir. On ne peut réellement pas supposer que les contours obtenus par ce moyen aient n’importe quoi de commun avec un réseau vasculaire.

f) Cellules pleurales prises pour des cellules alvéolaires. C’est peutêtre la seule objection qu’on puisse faire à notre procédé, aussi avons-

nous insisté à plusieurs reprises sur la manière dont nous avons fait la distinction entre les deux espèces de cellules. Il serait superflu d'y revenir de nouveau.

Conclusions.

i° Dans les trois classes de vertébrés que nous avons étudiées (poissons, reptiles, mammifères) toute l’étendue de l’appareil respiratoire est tapissée par une membrane épithéliale.

2° Les trabécules chez les reptiles et les bronches chez les mammifères sont revêtues d’un épithélium cylindrique vibratile.

3° Les parties terminales de l’appareil respiratoire (vésicules, alvéoles, cellules aériennnes), dans lesquelles se fait l’échange de gaz entre l’air et le sang, sont revêtues d’un épithélium pavimenteux simple, sans cils vibratiles.

4° Le passage de l’épithélium vibratile à l'épithélium pavimenteux se fait graduellement. Les dernières divisions des bronches ne possèdent que des cellules pavimenteuses non vibratiles.

5° L’épithélium alvéolaire est continu et complet. Il recouvre partout les capillaires. Les cellules qui le constituent offrent des variétés de disposition, suivant les différentes classes d’animaux.

6° Amphibies. Cellules de grandeur uniforme, aplaties dans la partie qui recouvre les capillaires, dilatées en ampoule, renfermant le noyau au niveau des intervalles capillaires.

7° Reptiles. Deux espèces de cellules. Les unes, plus petites, contenant un noyau, réunies par groupes dans les intervalles des capillaires; les autres, plus grandes, aplaties, sans contenu, placées entre les groupes de petites cellules et recouvrant les capillaires.

8° Mammifères.

Embryons. Cellules régulières et de grandeur uniforme.

Nouveau-nés. Une partie des cellules précédentes s’étale en largeur et recouvre les capillaires; les autres n’éprouvent pas de changement et restent réunies par groupes dans les mailles des capillaires.

Adultes. Les cellules sont réunies en plus petit nombre pour former les groupes; beaucoup d’entre elles sont isolées. Les grandes cellules qui les séparent semblent se fusionner en partie et prennent l’aspect de plaques membraneuses très-minces et presque amorphes.

Explication des figures.

Tous ces dessins sont faits d’après nos préparations. Le grossissement est de 300 diamètres.

Fig. I. Face interne du poumon du triton traitée par le nitrate d’argent.

1. Vaisseaux capillaires. 2. Interstices des capillaires. Tout ce qui est en blanc fait partie du réseau capillaire; les espaces ponctués représentent les mailles ou interstices de ce réseau. Il en est de même pour les fig. III et V. 3. Contours des cellules épithéliales. 4. Noyaux des cellules placées ordinairement dans une maille.

Fig. II. Épithélium pleural du triton.

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