REPTILES (SERPENT, LÉZARD, TORTUE ETC
Les serpents ne possèdent qu’un seul poumon, construit dans sa moitié supérieure sur le même type que le poumon de la grenouille. Sa
moitié inférieure au contraire est lisse et présente à peine des traces d’alvéoles. La transition entre les deux parties se fait insensiblement. La moitié inférieure paraît servir de réservoir, sans être destinée essentiellement à opérer l’échange entre l’air et le sang. Ce qui tendrait à le démontrer, c’est que le réseau capillaire de cette portion du poumon n’est pas une dépendance de l’artère pulmonaire; en effet, Hyrtl a pu l’injecter par des artères du tronc provenant directement de l’aorte.
Chez le serpent, les trabécules sont recouvertes d’un épithélium vibra tile comme chez la grenouille et le triton. Les cellules vibratiles se prolongent jusqu’à une certaine distance dans la partie non respirante.
Eberlh examine le poumon de l’orvet et trouve l’épithélium alvéolaire analogue à celui delà grenouille, c’est-à-dire disposé par groupes de cellules dans les mailles des capillaires. Les cellules étant plus petites et les mailles plus grandes que chez la grenouille, le nombre des cellules qui forment un groupe est plus considérable et peut atteindre soixante. Dans la partie inférieure du poumon, où les alvéoles sont entourés d’un simple cercle vasculaire, l’épithélium est complet et recouvre les vaisseaux.
Elenz constate chez la couleuvre un épithélium pavimenleux complet,composé de deux espèces de cellules, les unes plus petites contenant un noyau et placées généralement par groupes dans les mailles du réseau capillaire, les autres plus grandes, aplaties, ne paraissant pas contenir de noyau et réunissant les îlots de petites cellules entre eux. La disposition relative des grandes et des petites cellules est assez variable. Le plus souvent une partie des grandes cellules proémine dans l’interstice compris entre deux capillaires, d’autres fois on voit dans une même maille deux groupes distincts de petites cellules. Plus rarement on ne trouve que de grandes cellules dans une maille, ou bien deux îlots de petites cellules réunis par une rangée de petites cellules passant par-dessus les capillaires. Le nombre des cellules qui forment un groupe varie de deux à trente. La partie inférieure du pou-
mon possède également un épithélium complet, composé d’îlots de deux à quatre petites cellules, que des cellules plus grandes séparent les uns des autres.
Le lézard et la tortue, dont les poumons sont également construits sur le type de celui de la grenouille, ne présentent pas la division en deux parties que nous montre le poumon du serpent,. mais la disposition générale de l’épithélium est la même.
Nous avons également étudié l’épithélium pulmonaire sur le serpent, le lézard et la tortue, et nous avons constaté, comme Elenz, un revêtement continu formé de deux espèces de cellules, les unes plus petites, réunies par groupes dans les mailles des capillaires, et les autres plus grandes recouvrant les capillaires (fig. 7).
Eberth semble n’avoir vu que les petites cellules, et, supposant que les mailles devaient en être remplies, il admettait que là où il ne pouvait plus les constater, elles étaient tombées pendant la préparation. C’est ce qui explique la grande régularité de ses dessins.
Nous avons dit que la transition entre les deux parties du poumon du serpent se fait insensiblement. A mesure que les alvéoles diminuent de profondeur , on voit de même diminuer le nombre des grandes cellules, et vers l’extrémité du poumon on ne trouve plus qu’un épithélium régulier ressemblant exactement à celui de la vessie natatoire des poissons.
La tortue, que nous avons examinée, malade depuis quelque temps, était morte depuis une douzaine d’heures. Ses poumons étaient remplis d’un mucus épais et assez adhérent. Au-dessous de ce mucus les cellules alvéolaires étaient parfaitement conservées. Elles étaient assez petites , de grandeur uniforme , serrées les unes contre les autres , et formaient un revêtement continu; en quelques endroits elles présentaient même deux ou plusieurs couches superposées. Les cellules vibratiles des trabécules, également très-serrées, n’étaient pas moins apparentes. Sur une portion de ce poumon, durcie dans l’acide chromique,nous avons pu faire des coupes, suivant l’épaisseur des parois,
de façon à voir de profil les cellules cylindriques tapissant les deux côtés d’une trabécule.
Le travail inflammatoire, si nous pouvons donner ce nom à l’affection pulmonaire dont cette tortue était atteinte, paraît avoir eu pour premier effet de faire disparaître les grandes cellules qu’on trouve chez les autres animaux de cette classe, et de les remplacer par de petites cellules à noyau proliférant activement. Nous n’avons malheureusement pas pu nous procurer de tortue saine, qui nous eût permis de vérifier cette hypothèse sur la marche de l’inflammation pulmonaire chez les reptiles.