‹ De l'équateur à la Méditerranée;Chapitre 128 sur 197 · ENTRETIEN DE LA CANALISATION — CORVÉE · texte numérisé non relu

ENTRETIEN DE LA CANALISATION — CORVÉE

L'importance des dépôts formés par les eaux animées de différentes vitesses a été étudiée par M. l'ingénieur Willcocks et consignée dans un des rapports de M. le colonel MoncriefT, dont voici un extrait :

Vitesse moyenne de 0",450 par seconde . . Dépôt considérable.

— — de 0»>,450 à 0",500. ... — de 1 mètre.

— — do 0«,500 à 0°»,600. ... — léger.

— — supérieureà 0"»,630. ... — nul.

C'est en août et en septembre, c'est-à-dire pendant les mois où elles sont le plus chargées de limon, que les eaux coulent avec la plus grande vélocité. En octobre, elles deviennent moins boueuses ; à l'étiage, elles sont presque limpides. Les eaux des crues abandonnent partout où elles sont arrêtées, ralenties ou même seulement détournées, des quantités de limon proportionnées au volume d'eau débitée ; aussi Tentretien du réseau de canaux qui sert à leur distribution exige-t-il annuellement des travaux et des dépenses considérables. Certains canaux sont curés à la main, c'est le plus grand nombre ; d'autres sont dragués, ce sont ceux que l'on est obligé de conserver en eau. Il faut, chaque année, enlever un cube de terre qui varie entre 20 et 25 millions de mètres cubes et en draguer environ 2 millions de mètres cubes.

Négligés pendant quelques années et surtout en 1882, durant l'insurrection, quelques-uns des principaux canaux s'étaient envasés et n'étaient plus en état de fournir assez d'eau aux terres qu'ils devaient desservir. La récolte du coton de certaines provinces se trouvant compromise par suite de ce fâcheux état de choses, il fallut, dans ces derniers temps, faire les plus grands efforts pour redonner à ces canaux leur profil primitif et permettre aux travaux des champs de suivre leur cours normal. A cette époque, l'Egypte ne possédait cependant que des ressources insuffisantes pour réparer et construire les importants ouvrages d'art sans lesquels la réglementation rationnelle des eaux ne peut être obtenue, et pour compléter son réseau de canalisation. Sur la proposition du gouvernement égyptien, inspiré par le colonel sir Scott MoncrieflF, la Convention de Londres de 1885

décida de comprendre dans l'emprunt garanti par les puissances une somme d'un million de livres égyptiennes (26 millions de francs), destinée à faire face à toutes les exigences de la situation et à rendre l'abondance et, par conséquent, la prospérité au pays.

Corvée. — De tous temps, le creusement et le curage des canaux^ la construction et l'entretien des digues et, en un mot, tous les travaux intéressant Tagriculture et l'irrigation étaient eflTectués au moyen de la corvée, ou [)restation en nature. La répartition des travaux se faisait, pour chaque province, proportionnellement au nombre de corvéables qu'elle pouvait fournir, d'après des recensements qui eurent lieu en 4848 et 1882.

Nû 53. — CORVÉABLES

PROVINCES

RECEXSEMEXTS

Page 1