DE
Ësnch
Kenneh
Guinrueh
Assiout
Minieh
Boni-Souof
Fayoum
Guizeh
Kallioubieh
Charkieh
Dakahlich
Menoufieh
Gharbieh
Béhéra
Dans les villages où la culture du riz est prédominante et qui ont été comme tels l'objet d'une mesure spéciale en ce qui concerne les échéances de l'impôt, où la population est peu dense et les travaux agricoles plus pénibles qu'ailleurs, chaque habitant n'était tenu d'exécuter que la moitié du cube de terrassement imposé à chacun des habitants des localités ne possédant pas de rizières.
Le quart seul des cor\'éables était autrefois convoqué, soit plus
de 160,000 hommes, qui se renouvelaient quatre fois dans le cours de la période des travaux ; puis on n'en appela plus que le huitième, de sorte que la moitié des prestataires échappait à cette charge et que l'autre moitié en supportait tout le poids.
On remarquera, en outre, que, bien que la population se soit, sans aucun doute, accrue depuis le premier dénombrement, le chiffre des corvéables avait diminué de 25 0/0 lorsque fut opéré le second. Cela résulte de ce que beaucoup d'entre eux s'étaient transportés vers les « tcheflicks » et les « abadiehs », domaines dont les ouvriers étaient affranchis de la corvée.
Le nombre des prestataires était proportionnel non à l'étendue des terres que possédait une famille, mais au nombre des personnes valides dont elle se composait ; les étrangers, quantité de pachas, les wakfs (biens des communautés religieuses), de môme que les domaines tcheflicks ou abadiehs ne fournissaient aucun homme aux travaux de corvée qui retombaient à la seule charge de la classe la plus pauvre des cultivateurs. Aussi ces malheureux, transportés, sans paie ni nourriture, à de grandes distances de leurs villages, dont ils étaient absents de 90 à 190 jours, cx)mmettaient-ils mille déprédations partout où ils campaient.
La prestation en nature fut suffisante tant qu'elle n'eut à s'occuper que de l'entretien des digues du fleuve et du curage des canaux Nili, qui tous étaient à sec à l'époque des travaux. Elle gênait moins aussi les travaux agricoles qui se bornaient alors à la culture des produits nili ou chétoui, et n'avaient pas la lourde charge des cultures séfi. Plus tard, c'est-à-dire après la transformation des irrigations de la Basse-Egypte, les ouvriers, souvent dans l'eau jusqu'à la poitrine, durent transporter, à dos, la vase et le sable du curage à des distances de 10, 12 et 15 mètres en moyenne. La corvée ne suffit plus à l'entretien des canaux Séfi et, d'autre part, le recrutement des corvéables devint de plus en plus difficile, par suite du progrès des idées et des mœurs qui fait réprouver l'emploi de mesures de rigueur, que les autorités administratives ont d'ailleurs cessé d'appliquer.
La suppression de la corvée, décrétée par le Khédive Ismaïl-Pacha à son arrivée au pouvoir, ne reçut qu'un commencement d'exécution et coûta de grosses sommes que les fellahs eussent préféré acquitter en nature. En 1879, le gouvernement décréta l'égalité des charges et depuis tout cultivateur doit la corvée : l'ouvrier paie de sa per-
sonne, le propriétaire doit fournir un nombre d'hommes proportionnel à l'étendue de sa propriété, même s'il est étranger; mais, dans ce cas, il est personnellement exempt.
C'est seulement depuis trois ans, et dans le but de soulager les populations du lourd fardeau qui pesait sur elles depuis des siècles, que la suppression partielle de la cor\ée a été promulguée et appliquée. A cet effet, une somme de L. E. 2f)0,000 (6 millions et demi de francs), est chaque année, ajoutée au budget extraordinaire du Ministère des Travaux publics. (k)mme complément de la première mesure, le rachat est devenu facultatif pour tous les individus encore astreints à la corvée; le taux en est fixé comme suit :
Pays do riziènîs P. E. 20 environ Fr. 5 50
Haut^Ég>ple - 30 — — 8 »
Bass(v-Ég}'ple — 40 - — Il »
Une somme de près de 2 millions de francs pen^^ue de ce chef est ajoutée à la précédente. Ces 8 millions et demi de francs permettent de faire face à l'exécution, par l'industrie privée, des travaux qui incombaient naguère à la cordée.
La faculté de rachat, favorablement accueillie dans les provinces du Nord, n'a pas eu le même succès dans le Sud où les propriétaires fonciers n'ont pas confiance dans les travaux donnés à l'entreprise, et où les ingénieurs indigènes sont impuissants à combattre ce préjugé.
Lorsque, par suite des exigences de la situation, le Ministère des Travaux publics se voit dans l'obligation de faire appel à la corvée, il prend des mesures pour que le déplacement des corvéables soit réduit au strict nécessaire et pour leur assurer un salaire journalier.
Le nombre d'hommes qui doivent encore concourir aux travaux de corvée, le nombre de jours de travail à fournir et le cube de terrassements à effectuer sont approximativement fixés chaque année par les conseils d'agriculture, assemblées dont les attributions seront indiquées plus loin.
Comparés à ce qu'ils étaient avant la promulgation de la suppression partielle de la corvée, le nombre d'hommes levés en 1887 a été réduit de près de 60 0/0, le cube du curage qu'ils ont eu à exécuter n'a pas atteint les 33 0/0 de celui des années précédentes et la durée moyenne du travail n'a pas dépassé 100 jours. C'est un
progrès incontestable au point de vue de Témancipation des populations (1).
Le budget du Ministère des Travaux publics comprend :
1" Les sommes prévues au budget ordinaire L. E. 465.000
2® — — pour la suppression partielle de la corvée — 250.000
3® — — provenant du rachat de la prestation . . — 80.000 4® Une partie du million de livres égyptiennes prévu par la
Convention de 1885 — 300.000
Soit un peu plus de 28 millions de francs.
No 54. — PRÉVISIONS DES CONSEILS D'AGRICULTURE